Travail : Jeunesse sacrifiée, jeunesse révoltée
La question de la jeunesse en France est plus que préoccupante. Jamais les jeunes n’ont été aussi délaissés qu’aujourd’hui : nous avons du mal à trouver un logement décent et un travail stable et bien rémunéré. En moyenne, un jeune quitte le foyer familial à 27 ans. C’est aussi à cet âge que l’on obtient son premier CDI.
Au nom d’une crise créée de toutes pièces par le patronat et les grands pontes de la finance, ces derniers se permettent d’attaquer droits et acquis des salariés sous prétexte de relancer leur économie.
La lente destruction du travail
Dans le monde du travail, le patronat accroît la concurrence entre les salariés en y intégrant de nouvelles formes de travailleurs : les stagiaires et les apprentis font d’ores et déjà partie intégrante de la production dans l’entreprise. On leur demande de faire le même travail qu’un salarié qualifié alors qu’ils ne devraient qu’être en observation ou en formation. Tout bénef’ pour le patron qui, exonéré de payer des cotisations, s’offre des « travailleurs » peu ou pas rémunérés.
Avec 24% de jeunes chômeurs en France, la concurrence entre salariés est d’autant plus rude. Si on est en désaccord avec les décisions de l’entreprise, on nous fait comprendre qu’il y a du monde qui peut prendre notre place. Cette armée de réserve du patronat permet de faire pression pour allonger les horaires, geler les salaires. En effet, les contrats intérim et CDD sont devenus la norme pour la première embauche, et cela dure sur plusieurs mois voire plusieurs années. On assiste en fait à la destruction méthodique de l’ensemble des acquis sociaux ainsi que de la stabilité professionnelle.
Sortir les jeunes des sous-sols du travail
Comment mettre un terme à cette situation qui transforme petit à petit chaque salarié en chair à pognon pour les actionnaires ? Pour faire du CDI la norme dès la première embauche il faut empêcher le recours systématique et abusif aux contrats précaires dans l’entreprise. Ainsi, il faut très vite faire progresser les statuts des stagiaires et des apprentis. Sans droits et sans voix, ils produisent de la richesse en travaillant quasi gratuitement. Jeunes en formation, il faut faire progresser leur rémunération, encadrer leur travail et surtout contrôler les pratiques des entreprises.
Au-delà, alors que Pôle Emploi croule sous le nombre de cas à traiter, il faut repenser complètement l’insertion dans l’emploi. Pour sortir de la suspicion permanente d’assistanat faite à chaque chômeur un véritable service public de l’emploi doit proposer un suivi personnalisé pour chaque personne qui s’y présente tout en garantissant à celle-ci des conditions d’existence pour ne plus se soumettre à la précarité ou aux formations sans qualification.
Jérôme GRATCHOFF


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