Rencontre avec le père de Salah, symbole du combat pour la justice

28 avril 2011 by Rédaction  
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salahEn délégation avec d’autres jeunes en Palestine, j’ai eu l’honneur de rencontrer, l’espace d’une soirée, le père de Salah Hamouri. Une rencontre humaine, politique où l’âpreté de l’injustice se mêle à la volonté de résister et au désir de vaincre. Témoignage.

En visitant les quartiers de Jérusalem Est, pour se rendre compte de l’Etat de la colonisation de la capitale légitime du futur Etat palestinien, nous rencontrons Zyad. Membre du PPP (Parti Populaire Palestinien, l’équivalent du parti Communiste), il est le cousin du père de Salah Hamouri,  Hassen. Les échanges que nous avons avec lui sont forts, enrichissants et constructifs. Alors, comme nous lui parlons du combat du Mouvement des Jeunes Communistes de France (relayé par le journal Avant Garde) pour la libération de Salah, il nous propose de nous présenter à son cousin. Le lendemain le rendez-vous est pris et c’est le soir même que nous avons le plaisir de rencontrer cet homme de petite taille dont le visage rappelle presque trait pour trait celui de Salah. L’émotion est au rendez-vous. Chacun se présente. Commence alors l’échange.

Un prisonnier politique parmi 8 000

Hassen Hamouri nous parle de son fils qui refuse systématiquement d’aborder son cas personnel. Il met un point d’honneur à parler de la situation des prisonniers politiques en Palestine. Ils sont, encore aujourd’hui, 8 000 à croupir dans les geôles israélienne sans raison valable.

L’histoire de Salah, qu’il nous remémore, en est l’un des exemples. Salah se promène avec l’une de ses connaissances. Pas encore engagés politiquement, ils discutent de la situation et flânent dans Jérusalem. Sur le chemin, ils passent non loin de la maison d’un dignitaire religieux. Trop près semble-t-il. Les deux compères sont dénoncés par l’un des sbires du dit Rabin. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Salah est arrêté, son compagnon s’en sort.

Accusé d’avoir eu l’intention de porter atteinte à la vie du Rabin, Salah, 19 ans à peine, risque 14 ans de prison sauf à avouer. Cela diviserait sa peine probable par deux. Sous la pression, il cède bien qu’aucune preuve ne vienne étayer cette accusation. Salah Hamouri est condamné à 7 ans de prison.

Un combat pour la justice

Hassen Hamouri nous explique que Salah, âgé de 26 ans maintenant, n’est plus le même. Après 6 ans de prison, il a gagné en maturité et en réflexion. « La prison c’est une très bonne école de la vie». D’ailleurs, nous apprenons que Salah a côtoyé Marwan Barghouti pendant plus de 3 ans, ce qui l’a beaucoup aidé. Pour autant, Hassen nous souhaite de ne pas aller en prison, « l’université c’est quand même mieux ». Rire.

De plus en plus téméraire, Salah refuse de se taire, refuse de demander une grâce, refuse de s’excuser. Il veut être reconnu innocent. « Avant d’aller en prison, mon fils était un jeune Palestinien comme un autre. En le détenant sans aucune raison valable, les autorités israéliennes ont fait de lui un homme public. Il a aujourd’hui plus de poids, plus de volonté, plus de soutien ! » La fierté du père n’est pas feinte.

Le silence coupable du gouvernement français

Hassen Hamouri en veut au gouvernement français qui fait si peu pour le cas de son fils alors que pour Florence Cassez ou d’autres il a été si volontaire. Il ne comprend pas ce déni de justice. Ou peut-être que si… Il pense que l’Etat français ne veut pas de « mésentente » avec le gouvernement israélien. Pourtant, il sait que les Français sont pour la justice et que ceux qui connaissent la situation de son fils se prononcent pour sa libération. Il a vu les affiches. Nous en profitons pour lui montrer celle des jeunes communistes. Il ne la connaissait pas encore. Il souhaite en avoir des exemplaires pour lui et pour son fils quand il sortira. Salah sera normalement libéré le 28 novembre prochain au terme de ses 7 années d’emprisonnement.

Une vie à se réapproprier

Nous lui demandons ce que Salah compte faire à sa sortie : « Il ne sait pas très bien. Vous savez, il a passé presque toute sa jeunesse en prison. Il y a tant de choses à faire, à voir, à rattraper – même si on ne rattrape pas 7 ans coupé du monde -. »

Un Palestinien, membre du PPP, ancien prisonnier politique, qui assiste à la rencontre nous explique que celles et ceux qui sont restés trop longtemps « à l’ombre » ont besoin d’un temps d’adaptation. Il faut en général un an pour se réhabituer à la vie. « Quand pendant des années tu es enfermé dans une pièce de 3 mètres sur 3, cela attaque ton corps et ton esprit. Il faut du temps et de la force pour s’en remettre. »

La France ? Selon son père, Salah a très envie d’y retourner pour aller remercier toutes celles et tous ceux qui l’ont soutenu, qui l’ont fait connaître, qui lui ont écrit. Cela étant, Salah veut vivre en Palestine. Et son séjour en France dépendra des garanties qu’il obtiendra de pouvoir revenir à Jérusalem, sa ville. Les autorités israéliennes tentent de vider la ville des Palestinien et l’une de leurs méthodes consiste à ne pas laisser revenir ceux qui sont partis à l’étranger.

Après deux heures de discussion – la traduction a pris du temps,  Hassen ne parle pas beaucoup anglais, nous non plus d’ailleurs – nous nous séparons, heureux de cet échange. Poignées de main, embrassades, photos de famille, mais  pas d’adieu juste un « au revoir » car le combat continue.

Anthony Daguet

Rencontre avec Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire Français

20 avril 2011 by Rédaction  
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JL SPFAvant Garde : Pouvez-vous nous parler de l’ « urgence » que vous constatez pour la jeunesse en France ? Pourquoi avez-vous décidé d’en faire une priorité dans les prochains mois ?

Julien Lauprêtre : Notre travail est très décentralisé. Nous ne sommes pas une fondation, nous sommes au cœur du terrain. Nous avons près d’un million de membres, 82 000 bénévoles et 1 400 permanences d’accueil et de solidarité. Le message qui nous vient de partout c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes qui viennent demander de l’aide au Secours Populaire. Et je réponds toujours qu’il y a tous ceux qui osent venir demander mais il y a aussi tous ceux qui n’osent pas parce que, quand on est jeune, pousser la porte d’une association de solidarité c’est vraiment difficile. Il y a vraiment un drame de la jeunesse.

C’est pour cette raison que nous avons décidé de porter un grand effort de solidarité en direction des jeunes et avec les jeunes. Notre logo SPFconception n’est pas « d’insérer » mais de faire en sorte que les jeunes participent à la solidarité. Et nous avons du succès, jamais nous n’avons eu autant de jeunes. Il y a cette grande contradiction : de plus en plus de jeunes viennent demander mais, dans le même temps, il y a beaucoup de jeunes qui expriment leur volonté de faire quelque chose. Beaucoup s’engagent aussi pour la solidarité mondiale. Nous préparons, par exemple,  pour les mois de juillet et août des « vacances solidaire ».

Enfin, nous œuvrons beaucoup contre la déformation du visage de la jeunesse qui est donnée par les grands médias. Si on les écoute, il n’y a que des règlements de compte, que des voitures qui brûlent, que des malfrats. Malheureusement ça existe, mais il y a aussi tous ces jeunes, et la plus grande majorité, qui veulent participer, faire quelque chose. Nous, nous pensons que la solidarité ne règle pas tout mais qu’elle est un faisceau d’activités qui permet aux jeunes de peser sur leur situation et sur la situation des autres jeunes.

Avant Garde : Et vis-à-vis des étudiants, des jeunes travailleurs – on sait qu’au moins 10% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté – vous menez aussi des actions qui visent à réduire cette précarité ?

Julien Lauprêtre : On a beaucoup d’activités en direction des étudiants parce que c’est, quand même, le groupe qui est le plus facile à identifier. On ouvre des permanences d’accueil et de solidarité sur les campus. On en a maintenant dans presque une dizaine de villes. Mais on a aussi des activités en direction des foyers de jeunes.

On ne résout pas tout. On ne dit pas qu’au Secours Populaire on va changer la société, on est beaucoup plus modeste que ça.  Mais mes plus grandes satisfactions de président, c’est de voir des jeunes qui participent à des activités de solidarité et qui s’en sortent dans leur situation personnelle.

Les jeunes sont dans une société comme ça et il faut qu’ils participent eux aussi. Alors on a les « nouveaux cahiers de doléances ». On n’a pas l’intention de renverser la royauté puisque ça s’est fait en 89 mais on a l’intention de peser quand même sur l’événement.

Avant Garde : En quoi consisteront les « Assises Nationales de la Jeunesse Solidaire » que vous préparez pour novembre prochain?

Julien Lauprêtre : Parce qu’il y a tout ce domaine de cruauté de la société qui s’abat sur les jeunes, nous avons décidé que notre congrès mettrait vraiment au centre de ses activités ce problème de la jeunesse.

A chaque congrès du Secours Populaire nous avons un thème qui nous permet de mobiliser toute l’association dans un effort commun. Le dernier congrès était sur les droits de l’enfant  avec le mouvement, que nous avons créé, qui s’appelle « Enfants copains du monde ». Nous avons mis en mouvement 100 000 gosses, 100 000 gosses qui ont revendiqué leurs droits. Maintenant, dans tous les départements il y a des activités sur ce thème.

Et cette année nous voulons que ce soit un congrès sur la jeunesse. Quelque soit l’âge de nos responsables, on leur demande de faire un effort en direction des jeunes pour que les jeunes participent aux activités dans tous les départements de France. Sur place [les 24, 25, 26 novembre prochain, au Parc des Expositions à Nancy - NDLR], il y aura nos 1000 délégués mais, à côté, des milliers de participants. C’est très largement ouvert. Nous voulons en faire une grande manifestation. C’est l’idée du mouvement : des jeunes vont faire quelque chose dans leur département, dans leur coin et tout ça va se retrouver avec un grand nombre de délégués et de manifestations très populaires à Nancy.

Avant Garde : Vous parlez de la précarité grandissante des jeunes, avec ce type d’initiatives vous avez pour objectif d’interpeller les pouvoirs publics ?

Julien Lauprêtre : Nous ne sommes pas un syndicat ni un parti politique, nous sommes une association de solidarité. Mais nous sommes au cœur de la société et nous avons trouvé cette formule « nous sommes aiguillons des pouvoirs publics, avocats des pauvres ». Par exemple, en ce moment on approche de la campagne vacances, on vient leur dire : « toutes les statistiques le prouvent, il va y avoir encore un plus grand nombre de jeunes, d’enfants, de familles qui ne vont pas partir en vacances. On ne vous dit pas vous ce que vous devez faire mais la réalité est là. Qu’est-ce que vous pouvez faire ? ». En ce qui concerne le Secours Populaire, on va faire une campagne vacances encore plus importante que les autres années.

Avant Garde : Vous menez une campagne pour le droit aux vacances chaque année, pourquoi c’est important pour vous ?

Julien Lauprêtre : On tient beaucoup à cette campagne vacances parce qu’on a quelques slogans qui ont fait leur preuve : « les vacances c’est pas du luxe », « les vacances ça change la vie ». Il y a très peu de gens et de jeunes qui viennent en disant « on voudrait bien partir en vacances », c’est un autre monde. Ils viennent chercher à manger, à s’habiller, à se loger… C’est rare qu’ils pensent aux vacances. Mais depuis 1936 il y a le droit aux vacances. J’ai des souvenirs très douloureux de familles qui ne sont pas venus au rendez-vous malgré tout ce qu’on avait fait avant. Vous savez pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient pas de valises. Ca c’est la réalité. C’est tout un problème de culture, c’est la même chose que l’accès au théâtre « comment je vais m’habiller ? Est-ce que je vais comprendre quelque chose ? Et le regard des autres ? ». C’est là qu’on joue un rôle d’éducation populaire. Ca paie quand le jeune, la famille, ou l’enfant qui sort se dit qu’il voudrait bien revenir. Ca veut dire qu’on a gagné mais c’est très difficile. C’est là qu’on voit vraiment la société à deux vitesses.

Nous avons mis sur pied de grands efforts de communication et d’organisation pour qu’il y ait des milliers de jeunes, d’enfants, de familles qui puissent partir en vacances d’été. Je vous dis en vacances d’été mais nous avons décidé que « les vacances c’est toute l’année ». D’ailleurs, en ce moment c’est les vacances de pâques et on voit bien que c’est toujours les mêmes qui partent.

Mais l’été c’est quand même synonyme de vacances. Alors nous avons des grands moments forts de l’été. On aura une colonie d’un mois pour mille enfants  avec Finder-Ferrero. C’est  des colonies de riches pour enfants de pauvres : le môme arrive, ils lui demandent s’il sait nager et s’il ne sait pas, hop, ils lui apprennent. L’année dernière, ils ont aussi demandé aux mômes s’ils voulaient pratiquer le sport qu’ils avaient pratiqué pendant la colonie. 280 ont accepté, ils leur ont payé la licence pendant un an.

On a beaucoup de boîtes qui travaillent avec nous maintenant. Alors certains me disent que c’est leur intérêt. Bien sûr que c’est leur intérêt mais le principal c’est qu’on reste bien chacun dans notre domaine.  Alors c’est vrai, on ne dit pas « à bas celui-ci » ou « à bas celui-là » mais on dit « il y a un gosse sur trois qui ne part pas en vacances, ça suffit bien de dire  que ça ne va pas » alors après que les autres associations, que les partis prennent ça.

Avant Garde : Pour finir, vous pouvez nous parler des actions que vous menez au niveau européen ?

Julien Lauprêtre : On a créé une association qui s’appelle ESAN [European Social Action Network – NDLR] qui nous permet d’avoir une activité au niveau européen. Nous avons organisé une rencontre internationale des jeunes, où une quinzaine de pays européens étaient présents, qui nous a permis de voir que quelque soit les frontières les jeunes ont les mêmes aspirations, les mêmes soucis.

A l’heure actuelle,  avec tous les drames qu’il y a dans les pays autour de la méditerranée, nous avons des activités en direction des gens qui sont frappés par les événements. On est vraiment au cœur des problèmes de l’Europe.

On sent bien le lien entre la France et l’Europe, il faut donc que l’Europe des jeunes, l’Europe des pauvres, l’Europe des exclus trouvent aussi des chemins pour faire avancer leur situation.

SOLIDARITE PALESTINE

8 avril 2011 by Rédaction  
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logo bateau 1Dénoncer et briser le siège israélien contre Gaza ; promouvoir et faire respecter le droit international ; répondre à la crise humanitaire que subissent un million et demi de Palestiniens de Gaza : tels sont les objectifs de la campagne « Un bateau français pour Gaza » menée actuellement par plus de 60 organisations.

Gaza est aujourd’hui un territoire livré à lui-même. En 2006, suite à l’élection du Hamas et à sa prise de pouvoir légal dans la bande de Gaza, l’Etat israélien décrète, conjointement avec l’Egypte, un blocus qui isole ce territoire. Les conditions de vie de la population palestinienne s’y dégradent d’autant plus vite que démarre l’opération « Plomb durci » en 2008 en réplique à des tirs de roquettes non revendiqués et à la construction de tunnels. Entre décembre et janvier, cette opération militaire israélienne fera de nombreux morts et détruira nombre de maisons et d’infrastructures seulement en partie reconstruites depuis. Et déjà bombardées de nouveau fin mars 2011.

Un peuple isolé dans la misère

Le blocus et la guerre ont rendu la vie infernale à la population de Gaza. Selon les organisations participant à la campagne : « 80% de ses habitants dépendent de l’aide humanitaire internationale, 70% des foyers vivent avec moins d’un euro par jour, plus de 40% de la population est au chômage ».

Malgré de nombreuses déclarations dénonçant ce blocus – notamment de l’ONU – les dirigeants européens n’ont eu de cesse de rehausser le niveau de collaboration entre l’Union et Israël. Dénoncer cette situation et « la passivité, sinon la complicité directe, de nos gouvernements envers des actions qui constituent un crime contre l’humanité » sont parmi les principales motivations des acteurs de cette campagne. « Parce que la première Flottille de la liberté a montré qu’une action citoyenne peut rompre le mur de l’indifférence. »

« La flottille de la liberté » de retour

En effet, en mai 2010 la première « flottille de la liberté » faisait route vers Gaza chargée de matériel humanitaire. Elle a été arraisonnée par la marine israélienne dans les eaux internationales ce qui a provoqué la mort de 9 civils. Bien que tragique, cet événement a donné un écho médiatique sans précédent au drame vécu par les Gazaouis. De nombreuses organisations à travers le monde se sont ensuite réunies au sein d’une « Coalition Internationale » pour renouveler l’opération en mai 2011. Leur objectif est de réunir plus de bateaux, de matériel, d’organisations, de citoyens, d’élus, de journalistes… C’est dans ce cadre que le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ont lancée la campagne « Un bateau français pour Gaza » en novembre 2010.

Plus de 60 organisations, syndicats, partis politique – dont l’Association France Palestine solidarité,

Attac, la CGT, Génération Palestine, le Mouvement des jeunes communistes de France, le PCF, le Mrap… – y participent aujourd’hui.

Des initiatives partout en France

Depuis plusieurs mois les débats, projections, concerts, conférences, distributions de tracts, repas, journées de solidarité se multiplient partout en France. Pour faire connaître la situation, bien sûr, mais aussi pour réunir les fonds nécessaires au départ du bateau. Le montant est estimé à 500 000 euros (achat du bateau, matériel, équipage, gasoil, etc.) dont déjà 300 000 ont été récoltés grâce à la mobilisation de nombreux militants. Mais la date approche alors rendez-vous sur le site : www.unbateaupourgaza.fr

Cynthia Traoré

Témoignages palestiniens

8 avril 2011 by Rédaction  
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carte bateauSumud. Etudiante et militante dans la campagne anti-apartheid, 21 ans.

Ce genre d’actions nous rappelle qu’il y a des gens qui n’ont même pas accès à des médicaments ou de la nourriture, qu’il y a encore des gens qui vivent comme dans une cage. Nous sommes tous dans une cage mais eux c’est pire. Même si nous sommes Palestiniens, ça nous permet de nous rappeler car parfois, même-nous, nous l’oublions. J’espère aller à Gaza un jour, mais pour l’instant je ne peux pas. Je crois en une troisième intifada [grands mouvements populaires de contestation contre l’armée israélienne, NDLR]. Je pense qu’elle est en train d’arriver. Je ne sais pas quand, ça arrive doucement. Le matin, quand on parle avec les étudiants, ils nous disent qu’ils ont été coincés à tel ou tel checkpoint. C’est ce qui arrivait avant la première intifada. C’est en train d’arriver.

Lu’ay. Etudiant en quatrième année d’anglais, 23 ans.

Les internationaux font un bon travail avec les « flottilles de la liberté ». Elles permettent d’entendre ce qui arrive à Gaza : des familles, des enfants ont été tués. C’est terrible. Les gens doivent utiliser les tunnels entre Gaza et Rafa pour rapporter des biens, de l’huile, du gaz. L’année dernière l’attaque de la première flottille a eu lieu dans les eaux internationales. Ca a eu une répercussion importante. Malgré la violence c’est positif car beaucoup d’étrangers ne savaient pas ce qui se passait ici. On ne peut pas savoir ce que va faire Israël. Mais en tout cas, nous sommes en colère. J’espère qu’avec les révolutions récentes, les frontières entre l’Egypte et Gaza vont s’ouvrir.

Asma. Etudiante, 22 ans.

Depuis trois ans, depuis la guerre à Gaza, la situation est extrêmement grave pour les civils. Mais les politiciens n’arrivent pas à maîtriser la situation. Ils soutiennent toujours leurs propres mouvements mais pas le peuple en lui-même. Pourtant il faut assurer la nourriture, les besoins vitaux, c’est la priorité. Après arrivent la question de la décolonisation, les négociations politiques avec Israël ou l’Egypte. Il faut vraiment mettre les besoins de ce peuple là en priorité. En ce qui concerne la relation entre la Cisjordanie et les habitants de Gaza : j’ai l’impression, des fois, qu’ils ne font pas parti de la Palestine. Par exemple, à l’université quand il y a eu la guerre, j’avais l’impression d’être aux EU, en France ou au Japon sans connaître la situation réelle là-bas. C’est extrêmement négatif. Nous avons à peine brûlé une bougie pour les victimes. En ce sens, la manifestation pour l’unité de la Palestine est une idée à soutenir. C’est une étape, un premier pas nécessaire et qui mérite l’appréciation de tous les Palestiniens. Mais moi je suis avec les faits, non avec les paroles, donc j’attends la suite ! C’est pourquoi les actions pour soutenir les habitants de Gaza sont extrêmement appréciées. On montre qu’il y a un cas grave, dramatique et unique. Ces actions mettent un peu de lumière sur la situation à Gaza. Hélas nous n’avons pas réussi à briser le blocus, mais avec beaucoup d’actions comme celle-là, nous arriverons à ce que l’on veut vraiment. Alors on attends le bateau français pour Gaza.

Ro’a. Etudiante, 21 ans.

L’occupation et la situation à Gaza sont terribles. Il s’agit de notre territoire, les Israéliens n’ont aucun droit dessus selon les résolutions de l’ONU. Nous avons le droit de vivre comme les autres, de vivre libres. Alors on se bat pour atteindre ce but. Les bateaux pour Gaza seraient pleinement efficaces s’ils n’étaient pas arrêtés par Israël. Les autorités israéliennes agissent contre l’être humain en interdisant ces actions car il s’agit d’aider les Palestiniens. Nous attendons des aides humaines, de la nourriture, du lait, etc. On ne parle pas de fusils tout de même ! Il faut continuer à envoyer des bateaux à Gaza !

Propos recueillis par Sarah H., correspondante en Cisjordanie

Liberté pour Salah Hamouri

8 avril 2011 by Rédaction  
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salah

Il fête ses 26 ans en prison le 25 avril. Enfermé depuis 6 ans dans les geôles israéliennes, ce jeune franco-palestinien, suspecté d’avoir préparé un attentat contre le Rabbin Ovadia Yossef du parti Shass, a été condamné par un tribunal militaire démuni de preuves. Leur argument phare : Salah est passé devant sa maison. Il rejoint ainsi les 11 000 prisonniers politiques palestiniens. Sa libération serait un premier pas vers la justice et la paix.

ILS Y ETAIENT…

11 février 2011 by Rédaction  
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LES JEUNES D’EUROPE FACE AUX PLANS D’AUSTÉRITÉ : LES RAISONS DE LEUR COLÈRE

8 février 2011 by Rédaction  
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RicheVSjeuneQu’elle soit « vertueuse » (dixit Fillon) ou « équitable » (dixit Cameron) ou bien une thérapie de choc comme l’imposent l’Union européenne et le FMI à la Grèce ou à l’Irlande, l’ensemble des peuples européens, après avoir renfloué le système bancaire à coups de centaines de milliards d’euros, sont aujourd’hui concernés par la cure d’austérité.

S’il est trop tôt pour dresser un bilan précis, il apparaît clairement que les différents plans d’austérité vont avoir des conséquences dramatiques sur la jeunesse à tel point que le BIT (Bureau International du Travail) parle « d’une génération perdue » dans son rapport d’août 2010.

L’éducation dans la ligne de mire.

Réduisant les budgets sociaux au prétexte de « l’équilibre budgétaire », les gouvernements ont décidé de saborder l’éducation publique. Par des coupes budgétaires drastiques et l’organisation d’une pénurie de moyens, le droit à une éducation de qualité pour tous est sérieusement menacé.

Berlusconi, par exemple, a baissé de près de 9 milliards d’euros ce budget en supprimant près de 134 000 postes d’enseignants entre 2009 et 2013. Les familles les plus aisées pourront se tourner vers l’enseignement privé, en forte expansion ces dernières années, tandis que les autres devront se contenter d’une éducation au rabais. Les portes de l’université risquent aussi de se fermer définitivement pour les jeunes des classes populaires. Non seulement les frais d’inscription augmentent de manière drastique à l’image de la Grande-Bretagne où ils pourront atteindre près 10 600 € par an du fait d’un désengagement de l’Etat (- 40% en GB, -16% en Espagne) mais les fonds alloués pour les systèmes d’aides sociales sont aussi gelés comme au Portugal, en Irlande ou en Grande-Bretagne. Bref, la sélection sociale s’accélère sans aucun doute.

Chômage massif pour les jeunes européens.

1 jeune sur 5 est au chômage en Europe. Mais cette moyenne ne révèle pas l’ampleur de la catastrophe : 1,5 millions de jeunes Espagnols (soit 41,5% de la population active de moins de 25 ans) sont privés de travail, près d’un jeune sur trois en Irlande et en Grèce, un quart en Italie. Or, avec l’austérité les allocations chômage voient leur montant baisser et leur accès se restreindre. Pire, de nombreux débouchés se ferment avec, notamment, la saignée des fonctions publiques (500 000 postes supprimés en Grande-Bretagne ou bien encore 100 000 en Roumanie). A l’image de l’Espagne, l’âge légal de départ en retraite est relevé au Portugal, en Italie, en Grèce. Plusieurs millions d’emplois, « bloqués » pour nos anciens condamnés à travailler encore, seront indisponibles pour les futurs jeunes travailleurs.

Et la France dans tout ça ?

La droite au pouvoir s’inscrit pleinement dans cette logique européenne. Pour les jeunes, près d’un million d’emplois vont être « bloqués » par la réforme des retraites aggravant le chômage de masse des 18-25 ans qui touche près d’un jeune travailleur sur quatre. Dans ce contexte, le gouvernement promeut l’alternance et quelques gadgets, entre autres: le « RSA- Jeunes » qui n’est perçu que par 3 400 jeunes sur les 160 000 promis et le service civique rémunéré entre 540 et 640 euros. Le seuil de pauvreté en France est fixé à 750 euros par mois.

Du côté de l’éducation nationale : 16 000 postes en moins pour la rentrée 2011 portant au total à près de 66 000 le nombre de postes détruit sous l’ère Sarkozy. Les étudiants sont eux aussi cuisinés par « la sauce de la rigueur » avec la fin de la rétroactivité des aides aux logements et l’absence d’augmentation des bourses face à la vie chère.

Les mêmes mesures entraînent les mêmes conséquences. Peut-être que le vent de la colère soufflera prochainement dans l’hexagone s’inspirant de la jeunesse grecque ou portugaise ?

Antoine Splet

HAÏTI, UN AN APRÈS : QUE SONT DEVENUES LES PROMESSES ?

7 février 2011 by Rédaction  
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haitiUn an après le séisme qui a causé 250 000 morts et 300 000 blessés, la reconstruction du pays semble être au point mort. Explications.

Dans nombre de discours larmoyants et paternalistes, la communauté internationale, en premier lieu l’Union Européenne et la France, avait promis une aide de plusieurs milliards d’euros. Le problème ? La plus grande partie de cette somme n’est jamais arrivée à destination. Ce qui revient aux Haïtiens est dérisoire, c’est comme si on les pillait une seconde fois! De là à penser que la crise haïtienne a servi de prétexte pour assouvir les intérêts impériaux des grandes puissances il n’y a qu’un pas, franchi par les manifestants haïtiens au printemps dernier.

L’épidémie de choléra n’a fait qu’ajouter aux malheurs du pays avec des milliers de morts. Le comble : celle-ci provient d’un des camps de l’ONU.

A la crise humanitaire s’ajoute la crise politique avec les élections générales du 28 novembre 2010 où la fraude a été massive alors qu’elles étaient supervisées et organisées par l’Organisation des Etats Américains, les Nations Unies et les Etats-Unis, et avec l’inquiétant retour sur l’île de l’ex-dictateur Duvalier.

Pourtant loin des projecteurs la solidarité s’organise au niveau continental: plus de 50 000 personnes ont été soignées du choléra par les personnels de santé cubains présents depuis 12 ans dans le pays, l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) a mis en place un appui financier à travers son Fond Humanitaire et le Venezuela apporte son soutien avec le programme « Petrocaribe ».

La situation d’Haïti montre la contradiction grandissante entre les intérêts géopolitiques et économiques du capitalisme et les besoins humains et écologiques. Pour y répondre, d’autres choix, que ceux imposés par la logique du profit, semblent nécessaires à l’image de la solidarité sud américaine.

Charlotte Balavoine

8e jour. Rencontre avec les Sahraoui de l’UJISARIO

20 décembre 2010 by Rédaction  
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C’est une rencontre marquante du Festival. Les cinq délégués de l’UJISARIO, organisation de jeunesse du Front Polisario, que nous avons rencontré, n’ont pas manqué de déstabiliser les jeunes communistes. Comment peut-il en être autrement lorsque l’on nous raconte l’histoire d’un peuple dont tous les droits sont niés depuis des dizaines d’années dans l’oubli le plus total.

Lorsqu’en 1975 le Maroc acquiert son indépendance, le Sahara occidental connait alors immédiatement une nouvelle colonisation. L’affrontement initial avait débouché sur une partition en deux du territoire Sahraoui. La partie « libre » est enclavée par un corridor de mines. La partie occupée est une zone militaire de non droit. Depuis, l’armée marocaine, ne fait pas dans le détail : torture, disparitions, humiliations… Les sahraouis sont un peuple abandonné au triste sort que lui réservent les grandes puissances, à commencer par la France. Enclavés, occupés, ou regroupés dans les camps de réfugiés en Algérie, c’est l’histoire de femmes, d’hommes, d’enfants, sans Etat, sans avenir.

Lorsqu’en octobre dernier, les militaires de Mohammed VI lancent une offensive dont on ne connait toujours pas le nombre de morts, c’est la République Française qui vole au secours de son allié pour empêcher toute mission d’observation de l’ONU.

Le référendum pour l’indépendance concédé en 1991 par le Front POLISARIO à l’ONU est toujours bloqué par le Maroc. Alors les délégués au festival nous avertissent : la colère gronde chez les Sahraouis, et le risque est grand que celle-ci débouche sur une nouvelle guerre.

Le silence de la France tue. Brisons-le !

Omar Z.

7e jour. Palestine

20 décembre 2010 by Rédaction  
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Toute la délégation a été conviée à une rencontre avec le Parti du Peuple  Palestinien (PPP). Ce Parti créé en 1979 est issu de l’ancien Parti Communiste Palestinien. Depuis le début du déplacement des populations palestiniennes, la stratégie du PPP est d’appeler à la désobéissance civile et à ne partir de chez eux.

Malgré leur participation à la 1ère intifada aux côtés du Fatah, ils s’en distinguent : premièrement par leur moyen d’action, préférant le mouvement de masse à la lutte armée ; deuxièmement, par un programme économique progressiste plus ambitieux.

Ils se rejoignent néanmoins pour la défense du peuple palestinien. Le PPP soutient d’ailleurs la lutte pour la libération de Marwan Barghouti qu’ils considèrent comme un bon porte parole de la cause palestinienne. Enfin, suite à une question de notre bien aimé secrétaire général, le PPP nous a expliqué toute l’importance pour les Palestiniens des campagnes de soutien à leur combat, par exemple le BDS (Boycott Desinvestissement Sanction).

Colinne et Théo

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