La jupette ? C’est non !

10 avril 2013 by  
Filed under loisirs/culture

 

En février, la page web « Femmes de sport » informait qu’une réflexion de la Ligue Féminine de Handball et des clubs sur le port obligatoire de la « jupette » était en cours. Cette annonce, informelle puisque n’émanant pas de la Ligue, n’a pas tardé à faire du bruit…
Face au tollé déclenché chez les joueuses
dénonçant l’absence de consultation, très vite, des médias tels que l’Équipe annoncent l’abandon du projet. En un mois, la jupette passe de l’obligation aux oubliettes. Faire dépendre la popularité du handball féminin de mises en scène faisant des joueuses des objets de désir, c’est raté. Ces décisions questionnent la vision que les responsables de la LFH portent sur leurs joueuses, et la place de leur avis dans les instances démocratiques, comme en témoigne cette publicité de la coupe de la Ligue, qui n’a que peu de rapport avec le hand… no comment !


Nous avons interrogé trois d’entre elles à ce sujet. Léa Terzi (Dijon), Gervaise Pierson (Metz) et Audrey Deroin (Toulon) donnent leur avis sur cette tentative ratée…

Quels sont vos arguments contre le port de la jupe ?

Léa Terzi : Je n’aime pas trop l’idée que les spectateurs ou les partenaires vont affluer si nous portons une jupe. C’est dégradant et ce n’est pas pour ces valeurs que j’ai choisi de faire du handball. Est-ce que si l’on imposait aux entraineurs le costume-cravate, comme on peut le voir au Basket, ils seraient tous d’accord ?

Gervaise Pierson : Je trouve ça complétement rétrograde! On fait un bond de 100 ans en arrière! On va vendre la joueuse comme « femme objet » aux longues jambes musclées… Où est la place du sport là dedans?! On impose une tenue (peu confortable) aux femmes sans tenir compte de leur avis… Comme quand les femmes n’avaient pas le droit de porter de pantalon sans un accord écrit (de leur mari?)! Allez faire ça avec des hommes, vous allez voir comment vous allez être reçu! Mais avec des femmes ça gène personne, c’est même normal!
Certaines joueuses se sentent peut-être mal dans leur peau, mais ça les présidents s’en fichent apparemment… Pourtant se sentir bien dans ses baskets sur le terrain, ça aide à réaliser des perfs non?!

Audrey Deroin : Si les gens viennent nous voir, c’est pour le spectacle et la beauté du jeu, pas pour voir des filles faire le show en jupette. Je ne me vois pas jouer, sauter, tomber, courir en jupe! Limite, je reste a mon point de corner pour pas qu’on me voie…

Penses-tu que l’on peut tout faire au nom du marketing ?

Léa Terzi : Non. Je dois reconnaitre qu’il y a eu un gros progrès en terme de communication depuis que nous sommes passées en Ligue Professionnelle. En remettant le port de la jupe en cause, je ne veux pas cracher sur tout le travail qui a été fait. Mais vouloir nous imposer une tenue vestimentaire sans même nous consulter, je trouve cela maladroit.

Audrey Deroin : Si les gens pensent que pour remplir les salles il faut jouer en jupe, c’est leur stratégie, pas la stratégie des joueuses ! Au contraire le public vient pour l’ambiance de l’arène, le spectacle et le combat ! Jouer en jupe nous fera passer pour de gentilles petites filles ou alors au contraire l’image clichée des filles dans une arène ! Etre des filles on sait très bien le faire en dehors des terrains.Quand on arrive en match on est des guerrières !

Gervaise Pierson : Notre corps nous appartient et ce n’est pas sur ça qu’on doit faire du marketing! Sinon on va bientôt se retrouver en brassière!

Mejdaline Mhiri

 

En 2012, l’égalité sans plus attendre !

26 juin 2012 by  
Filed under on s'bouge

C’est ce mot d’ordre qui rassemble en France toutes les associations et collectifs Lesbien-Gay-Bi-Trans (LGBT) à l’occasion des marches des fiertés de l’année.

La défaite de la droite aux élections de mai et juin 2012 marque un tournant dans la lutte pour l’égalité des droits sans discrimination d’orientation sexuelle. Car pendant un temps, un temps seulement, Nicolas Sarkozy avait tenté de lier sa politique d’outrance permanente envers les salariés, les jeunes, les migrants et tant d’autres, à un affichage « d’ouverture ». Le droit au mariage pour les homosexuels aura été évoqué et aussi vite abandonné. Trop soucieux d’attirer les votes des électeurs du Front National, l’UMP a inscrit l’idée sur la longue liste de ses doubles discours démagogiques.

La décennie qui s’achève aura été marquée par un climat de violence physique latente envers les homosexuels en France et par la violence de nombreux discours politiques. La seconde alimentant bien souvent la première. Comparés à des animaux ou des pervers par plusieurs députés UMP, la palme est revenue à Christian Vanneste, député du Nord, qui qualifie de « légende » les centaines de déportés homosexuels pendant la seconde guerre mondiale.

Pour une égalité sans frontières ni barrières

La nouvelle majorité  à l’Assemblée Nationale change donc radicalement la donne. Pour les militants d’une égalité de droits qui ne connaisse plus de frontières, la perspective du Sénat et de l’Assemblée Nationale qui se prononcerait en faveur du mariage homosexuel est maintenant réelle.

On a ainsi vu la mairie PCF de Vitry sur Seine accueillir le 11 mai dernier une nouvelle initiative de mariage prononcée régulièrement par un élu local. Encore illégale pour le moment, cette action se fait aussi de manière militante. C’est le choix de Camille et Coralie qui se mariaient symboliquement le 17 mai dernier devant la mairie de Poitiers, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie. Plus d’une centaine de sympathisants se sont retrouvés sous les premiers rayons de soleil de l’année et le regard des passants. Mégaphone à la main, Patrick Coronas, conseiller municipal de la ville, rappelle tout de suite « la nécessité d’officialiser le mariage civil pour tous les individus qui le souhaitent quelle que soit leur orientation sexuelle ».

Cette bataille traverse nos frontières et souvent avec succès puisque de nombreux États ont déjà légalisé le mariage entre personnes de même sexe : Afrique du Sud, Argentine, Espagne, certains États des États-Unis d’Amérique. Ce sont autant de démonstrations que la famille ne s’est pas effondrée comme le prédisaient les milieux les plus traditionnels…

Liberté égalité et fraternité. Faire respecter notre devise.

Face à la place et aux mariées, l’élu redonne des couleurs aux mots gravés sur le fronton derrière lui pour « mettre en application la devise de notre République : – liberté : liberté de vivre son orientation sexuelle – égalité : égalité de droits et de devoirs pour tous les couples – fraternité : vivre en acceptant l’autre tel qu’il est ».

Le contraste est fort. Face à la division, face aux discriminations qui poussent parfois les plus jeunes à  des issues dramatiques, face aux difficultés qui se posent au travail et dans la vie quotidienne des couples, l’ambition de ce mariage, comme celle des marches des fiertés, est de rassembler dans de grands moments festifs les partisans de l’égalité.  L’enjeu est de taille. Dans la période de régressions sociales massives que nous traversons, aucune des batailles sur l’égalité ne peut être laissée de côté.

L’UMP et le FN ont réussi tout au long des dernières décennies à imposer leur vision d’une société fragmentée, sans couleur ni saveur. L’ordre moral qu’ils prétendent défendre, n’est qu’un prétexte, une manière de légitimer en permanence toutes les formes d’inégalités qui fondent leurs projets. C’est l’importance de chacune des revendications d’égalité réelle qui montent en ce moment en France : toutes ces batailles constituent la contre-offensive massive indispensable pour renverser la domination culturelle des capitalistes et construire une société qui permette à chacun de s’émanciper.

Omar Z.

photos Severine Lenhard

 

FEMMES ET EMPLOI : LA TRIPLE PEINE

21 février 2012 by  
Filed under France

Loic 1S’il est un domaine où les femmes sont victimes de discriminations, c’est bien au travail. La situation est telle que l’on peut parler de triple peine. Les femmes sont utilisées comme une variable d’ajustement pour diminuer le fameux « coût du travail ».

Les femmes occupent massive- ment les emplois précaires en France : 80% des temps par- tiels. Il s’agit souvent d’une situation subie car les salariées concernées souhaiteraient exercer un métier à plein temps. A compétence égale, leur salaire est en moyenne inférieur de 21% à celui des hommes.

Premières victimes de la crise

Les catégories de salariés les plus précaires sont les premières à subir les licenciements. Parmi celles-ci, encore les femmes. Elles représentent 51% des chômeurs mais elles sont plus nombreuses dans les catégories de chômeurs de longue durée (743 000 contre 660 000 pour les hommes). Pour une femme, l’indépendance semble être un rêve lointain car le travail rime avec précarité.

Les clichés ont la vie dure… Si elles occupent les positions les plus basses, cela s’explique par la persistance des préjugés sur le rôle des femmes dans la société. Récemment, deux enquêtes ont montré les discriminations à l’embauche dont elles sont victimes. Au printemps 2011, un premier bilan sur le CV anonyme révèle que de nombreux employeurs refusent d’embaucher des femmes. Lorsque l’état-civil n’est pas affiché, leurs chances d’être reçues en entretien sont multipliées par 10.

Le sexe premier facteur de discrimination dans le monde du travail

D’après une enquête réalisée pour l’Organisation Internationale du Travail, non seulement à l’embauche mais aussi dans leur carrière, les femmes sont largement discriminées. C’est devenu le premier critère de discrimination au travail. 25% des discriminations vécues le sont en raison d’une grossesse ou d’une maternité et 23% en fonction du sexe. La raison ? Jugée « incapable ou incompétente », le projet professionnel d’une femme relève du parcours du combattant. Le choix se fait alors entre vie personnelle et carrière professionnelle. Si elles ont des enfants, les femmes sacrifient souvent leurs carrières au pro- fit de leur conjoint. C’est d’ailleurs souvent un argument pour développer le temps partiel chez les femmes : elles doivent pouvoir s’occuper des tâches domestiques. On en revient à l’idée de « salaire de complément » du début du XXe siècle…

Les femmes font toujours la majorité des tâches ménagères, à tel point qu’on peut parler de double journée de travail. Du matin au soir, du foyer au travail, l’exploitation est partout. En plus, ces carrières irrégulières conduisent à des retraites moins importantes (600 euros en moyenne), une situation aggravée par la réforme de 2010.

Il reste donc beaucoup de chemin à faire pour aller vers l’égalité réelle. De nombreux droits restent à conquérir. Pour qu’être parent ne soit pas pénalisant, il faut investir dans un service public de la petite enfance et permettre aux deux parents de profiter de leur enfant sans être sanctionné immédiatement ou pour la suite de leur carrière. L’égalité salariale doit être inscrite dans les conventions collectives. Enfin, les différents contrats précaires doivent être transformés en contrats stables. En s ‘attaquant à la précarité de la moitié des travailleurs, on améliore le quotidien de tous. Comme quoi, l’égalité des sexes est l’affaire de tous !

Nordine Idir

LE 8 MARS, UNE JOURNÉE DE LUTTE UNIVERSELLE

21 février 2012 by  
Filed under France

8marsNée du combat des femmes pour l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote au cours du XX siècle, « la journée internationale des droits des femmes » est instaurée officiellement par l’ONU depuis 1977. Cette journée donne lieu chaque année à des manifestations partout dans le monde pour l’amélioration des conditions des femmes.

L’égalité entre femmes et hommes est certes reconnue officiellement mais l’égalité dans les faits est loin d’être appliquée et l’inégalité la plus flagrante est celle des salaires. A l’heure où certains voudraient voir le retour massif des femmes au foyer pour que ces dames contribuent à leur façon à la résorption du chômage – une partie de la droite et de l’extrême droite propose réellement d’accompagner le retour des femmes chez elles pour qu’elles deviennent de bonnes petites ménagères et ne piquent pas le travail des hommes – les femmes sont particulièrement discriminées dans l’emploi et l’accès aux responsabilités (voir article ci-dessus).

L’émancipation des femmes :
un combat permanent

En politique, c’est le même constat. Les femmes ne s’engagent pourtant pas moins, mais les responsabilités au sein des partis restent massivement l’apanage des hommes, tout comme les mandats d’élus. La loi sur la parité est ainsi régulièrement et consciemment contournée pour empêcher la moitié de la population d’être représentée. Si se pose souvent la question de la compétence des femmes, jamais n’est posée celle des hommes qui seraient donc naturellement compétents. Les femmes peuvent agir en politique. Encore faut-il ne pas voir leur arrivée comme une prise de guerre sur les hommes mais bien une avancée pour l’ensemble de la société.

Au-delà des lois : un combat sur les représentations sociales

Si depuis les années 70 les femmes ont gagné de haute lutte la reconnaissance de pouvoir disposer libre- ment de leur corps, ce droit fondamental est menacé aujourd’hui. Les centres IVG sont les premiers à fermer dans le cadre des restructurations des hôpitaux, surchargeant les centres restant et ne permettant pas un accueil digne. Dans le même mouvement, de nombreuses maternités sont menacées de fermetures, et l’accès à des soins de qualité pour toutes est ainsi remis en cause. L’éducation sexuelle est minimisée voire supprimée au lycée, l’accès à la contraception n’est toujours pas libre et gratuite. Certaines régions ont mis en place l’année passée des packs santé pour les lycéens avec un accès gratuit à des visites médicales et à la contraception. Mais cela reste trop peu répandu… Au final, des droits sont inscrits dans la loi mais les outils pour les appliquer concrètement manquent toujours. Ce qui revient à ne pas accorder ces droits réellement, et à ne pas lutter contre des inégalités bien réelles, elles.

Malvina Ornans

FEMMES ET EMPLOI : LA TRIPLE PEINE

S’il est un domaine où les femmes sont victimes de discriminations, c’est bien au travail. La situation est telle que l’on peut parler de triple peine. Les femmes sont utilisées comme une variable d’ajustement pour diminuer le fameux « coût du travail ».

Les femmes occupent massive- ment les emplois précaires en France : 80% des temps par- tiels. Il s’agit souvent d’une situation subie car les salariées concernées souhaiteraient exercer un métier à plein temps. A compétence égale, leur salaire est en moyenne inférieur de 21% à celui des hommes.

Premières victimes de la crise

Les catégories de salariés les plus précaires sont les premières à subir les licenciements. Parmi celles-ci, encore les femmes. Elles représentent 51% des chômeurs mais elles sont plus nombreuses dans les catégories de chômeurs de longue durée (743 000 contre 660 000 pour les hommes). Pour une femme, l’indépendance semble être un rêve lointain car le travail rime avec précarité.

Les clichés ont la vie dure… Si elles occupent les positions les plus basses, cela s’explique par la persistance des préjugés sur le rôle des femmes dans la société. Récemment, deux enquêtes ont montré les discriminations à l’embauche dont elles sont victimes. Au printemps 2011, un premier bilan sur le CV anonyme révèle que de nombreux employeurs refusent d’embaucher des femmes. Lorsque l’état-civil n’est pas affiché, leurs chances d’être reçues en entretien sont multipliées par 10.

Le sexe premier facteur de discrimination dans le monde du travail

D’après une enquête réalisée pour l’Organisation Internationale du Travail, non seulement à l’embauche mais aussi dans leur carrière, les femmes sont largement discriminées. C’est devenu le premier critère de discrimination au travail. 25% des discriminations vécues le sont en raison d’une grossesse ou d’une maternité et 23% en fonction du sexe. La raison ? Jugée « incapable ou incompétente », le projet professionnel d’une femme relève du parcours du combattant. Le choix se fait alors entre vie personnelle et carrière professionnelle. Si elles ont des enfants, les femmes sacrifient souvent leurs carrières au pro- fit de leur conjoint. C’est d’ailleurs souvent un argument pour développer le temps partiel chez les femmes : elles doivent pouvoir s’occuper des tâches domestiques. On en revient à l’idée de « salaire de complément » du début du XXe siècle…

Les femmes font toujours la majorité des tâches ménagères, à tel point qu’on peut parler de double journée de travail. Du matin au soir, du foyer au travail, l’exploitation est partout. En plus, ces carrières irrégulières conduisent à des retraites moins importantes (600 euros en moyenne), une situation aggravée par la réforme de 2010.

Il reste donc beaucoup de chemin à faire pour aller vers l’égalité réelle. De nombreux droits restent à conquérir. Pour qu’être parent ne soit pas pénalisant, il faut investir dans un service public de la petite enfance et permettre aux deux parents de profiter de leur enfant sans être sanctionné immédiatement ou pour la suite de leur carrière. L’égalité salariale doit être inscrite dans les conventions collectives. Enfin, les différents contrats précaires doivent être transformés en contrats stables. En s ‘attaquant à la précarité de la moitié des travailleurs, on améliore le quotidien de tous. Comme quoi, l’égalité des sexes est l’affaire de tous !

Nordine Idir

JOURNÉE INTERNATIONALE CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

10 octobre 2011 by  
Filed under on s'bouge

femmeCe 25 novembre sera la seconde journée contre les violences faites aux femmes en France dans le cadre de la journée internationale de l’ONU. Elle est l’occasion de réaffirmer qu’en 2011, une femme meurt encore tous les trois jours sous les coups de son conjoint.

Ces chiffres, malgré la volonté affichée par le gouvernement qui a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes « une grande cause nationale pour l’année 2010″, sont la preuve que le chemin à parcourir pour les endiguer reste long. Des mesures ont pourtant été prises par l’Assemblée Nationale en juillet 2010, comme la possibilité pour un juge d’éloigner en urgence l’auteur des violences du domicile conjugal ou encore la création du délit de harcèlement au sein du couple.

Cependant, le nombre de femmes victimes de violence qui osent porter plainte est estimé à 8%. Dès lors on mesure à quel point des progrès doivent encore être réalisés. En effet, malgré l’annonce « spectaculaire » du gouvernement sur ce sujet, les moyens manquent afin d’offrir une réelle prise en charge des victimes et un suivi des auteurs de ces violences.

Pourtant, des solutions existent pour renforcer la protection apportée aux femmes victimes de ces violences mais aussi pour promouvoir l’égalité en luttant contre les préjugés sexistes. Par exemple, ces questions pourraient être intégrées aux cours d’éducation civique, comme l’a proposé la députée communiste Marie-George Buffet en 2010. Mais, comme pour l’accueil ou le suivi des victimes, encore faut-il se donner les moyens de la mise en œuvre…

Sophie Turlure

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