La bataille de France a commencé

7 juin 2012 by  
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couvSarkozy est vaincu. C’est la défaite du maire de Neuilly. La défaite du « premier flic de France ». La défaite du « Président des riches ». C’est la défaite de l’UMP, le parti des milliardaires et patrons du CAC 40. C’est la défaite de sa politique de division et de haine de l’autre. C’est une claque envoyée aux spéculateurs des marchés financiers.

Ils menaient la danse en France. Dans la lutte qui les opposait chaque jour aux salariés en luttes, aux jeunes mobilisés, aux retraités dans la rue, ils avaient pour eux l’Etat et tous les grands médias. Des moyens considérables pour piétiner chacun dans son quotidien. Culpabiliser et faire rejeter la faute sur l’autre. Ceux là-même qui nous parlent de liberté de commerce et qui enferment ceux qui revendiquent la liberté de circuler. Ceux qui mènent la guerre en Lybie pour que succèdent au dictateur d’autres serviteurs de pétrole comme on leur sert l’essence aux stations des grands boulevards de Paris. Peu importe le nombre de morts.

« On ne peut pas négocier avec les marchés ».

C’est la victoire d’une décennie de lutte acharnée pour refuser la destruction de notre éducation, de nos emplois. C’est la victoire de tous ceux qui ont refusé de se laisser passer au karcher ou de laisser leurs voisins se faire expulser sans rien dire. C’est la victoire de tous ceux qui construisent l’avenir sur l’exigence de démocratie et de solidarité.

Tous ceux qui pour défendre leurs profits veulent mettre à genoux les peuples d’Europe ne négocient pas. Ils exigent notre renoncement et seront prêts à tout pour continuer la casse sociale. Mais pour nous, jeunes, salariés, femmes, étrangers, militants, citoyens de France, d’Europe ou d’ailleurs, notre attente est claire : nous ne voulons plus d’austérité. Mieux, nous voulons des mesures concrètes qui améliorent nos vies. Cela commence par prendre le pouvoir dès le mois de juin avec le bulletin pour les députés du Front de Gauche lors des élections législatives.

Comme les Grecs, nous sommes mobilisés pour sortir les serviteurs de l’austérité, de la casse des droits et des solidarités. Comme les Espagnols nous seront à nouveau sur toutes les places de nos villes pour mener la bataille avec les peuples d’Europe !

Nicolas Bescond

Nouvelle-Calédonie: rencontre avec le Mouvement des Jeunes Kanak en France (MJKF)

22 mars 2012 by  
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A la suite de la quinzaine anticoloniale, Avant-garde consacre une série d’articles à des situations coloniales souvent méconnues. Petit tour du monde d’un monde où des peuples restent sous le joug colonial. Pour débuter cet exercice, nous avons rencontré Yvannick Waïkata, un des membres du Mouvement des Jeunes Kanak en France (MJKF).

Colonie française depuis le 19eme siècle, à 17 000 km de la métropole, au large de l’Australie s’étend l’archipel de Nouvelle-Calédonie. Successivement lieu de déportation, colonie d’exploitation des peuples indigènes et des ressources minières, outil d’influence pour la politique étrangère, les iles de Nouvelle-Calédonie ont dramatiquement marqué l’actualité à la fin des années 80 lorsque l’aspiration à l’émancipation des kanaks fut brutalement réprimée par le pouvoir français.

kanaki

Ce n’est qu’en 1998 que l’accord de Nouméa ouvre la voie à une prise en main de leur destin par les habitants de l’archipel. Un gouvernement autonome est institué et à partir de 2014 pourra être organisé un referendum sur l’indépendance ou le maintien dans la République Française.

Avant Garde : Peux-tu nous donner quelques éléments sur la situation politique et sociale dans l’archipel ?

Yvannick Waïkata : C’est une situation coloniale à bien des égards. La population autochtone est marginalisée dans les secteurs économiques : le taux de chômage est extrêmement important notamment chez les jeunes car les emplois sont réservés majoritairement aux métropolitains, les ressources économiques sont accaparées par une minorité. Le taux de chômage semble faible par rapport aux autres territoires d’outre-mer (14%) mais c’est sans compter le fait qu’il est de 30% pour les Kanaks et que la moitié d’entre eux ne sont pas inscrits en tant que demandeurs d’emploi. Il y a une volonté de l’État et de grands groupes qui lui sont liés de conserver les leviers économiques pour empêcher l’émancipation des populations locales. Par exemple, les postes-clés sont réservés aux populations d’origines européennes tandis que plus de 70% des Kanaks occupent les postes d’employés et d’ouvriers. La vie est extrêmement chère car les produits sont massivement importés et les productions locales ont été délaissées.

thumbnail.aspxToute contestation de cet ordre est fortement réprimée comme l’ont révélé les événements de 2009. Les militants syndicaux de l’USTKE faisaient face à la répression policière, très violente y compris à l’égard de la population. La violence est utilisée régulièrement pour étouffer toute contestation.

Les institutions favorisent le pouvoir colonial en marginalisant les Kanaks ou les renvoyant à un droit spécifique avec le Sénat coutumier. S’y regroupent ce qu’on appelle les indépendantistes de salon. Ceux-ci n’ont rien dis quand des lois ont retiré la gestion des terres aux communautés locales.

Cette accaparement du pouvoir s’accompagne d’une véritable déculturation de notre peuple. L’école ne restitue pas l’histoire de notre peuple et stigmatise nos coutumes et pratiques. Résultat : soit une partie de la jeunesse se retrouve exploitée dans les filières professionnelles, soit elle quitte le système scolaire pour grossir les ghettos aux marges des villes.

C’est une situation coloniale à tous les niveaux.

AG : Tu as évoqué l’indépendance. Où en est le processus d’autodétermination ?

YW : Le transfert de compétences se réalise progressivement comme convenu dans les accords de Nouméa, sauf celles dites régaliennes (justice, police, affaires étrangères). Ces accords courent jusqu’en 2014. A ce moment, deux solutions sont possibles : soit un nouvel accord est signé pour conserver la Nouvelle-Calédonie dans le giron français, soit un processus d’autodétermination se met en place conduisant à l’indépendance. L’Etat français a fait le premier choix car des intérêts économiques (ressources minières) et diplomatiques (présence dans le Pacifique) forts sont en jeu. Pour cela, il utilise une arme : « planter du blanc ». Par des incitations à l’envoi d’une main-d’œuvre venue de métropole, l’État français à l’aide de grands groupes bénéficie du soutien de cette population qui possède les leviers administratifs et économiques de l’archipel, notamment à Nouméa, la capitale économique et politique. Le corps électoral, figé en 1998, est dans le viseur car les Kanak sont majoritaires et sont majoritairement en faveur de l’indépendance.

Le FLNKS, front indépendantiste, s’est affaibli et ne semble plus en mesure de porter le combat pour l’indépendance. La plupart de ses leaders ont failli dans leur mission d’éducation politique. C’est pourquoi l’USTKE a créé le Parti Travailliste afin de raviver la conscience indépendantiste. Evidemment, ces organisations s’adressent à l’ensemble des exploités et non aux seuls Kanaks.

AG : Quelle est la place des jeunes dans ces dynamiques et quelles batailles le MJKF mène-t-elle auprès d’eux ?

YW : La jeunesse kanak est désœuvrée tant culturellement que socialement. Elle a un rôle fondamental dans le processus d’indépendance (48% des Kanak ont moins de 25 ans) et pourtant cela lui semble très lointain. Nous cherchons à développer des structures de solidarité, d’éducation politique par le biais de maisons de quartiers, de bibliothèques. Il s’agit de donner les outils d’émancipation pour montrer que nous sommes maîtres de notre destin, que nous pouvons nous gouverner nous-mêmes.  A la fin de l’année, se tiendra un Congrès de la jeunesse Kanak. Notre objectif est de fédérer nos propositions  auprès d’autres organisations de toutes tendances pour recréer un front d’indépendance.

Entretien réalisé par Linda Guardiola

Pour plus d’infos sur la lutte indépendantiste en Nouvelle-Calédonie : http://solidaritekanaky.org/

2012, LA FIN DE LEUR MONDE

21 février 2012 by  
Filed under France

AG 122012 débute comme s’est achevée 2011. Une crise sociale sans précédent, marquée chaque mois par de nouvelles destructions d’emplois et des luttes de salariés pour défendre leurs métiers. Une crise de sens quand tout appelle à la consommation de masse mais que s’entonne le refrain de la rigueur et de l’austérité. Une crise marquée par le désarroi d’une jeunesse en mal d’avenir qui s’indigne et se révolte.

Et que dire des drames écologiques, des menaces de guerres et de la gangrène de l’extrême droite qui prolifère au cœur de l’Europe ?

Les élections qui vont marquer cette année pourraient être l’occasion de relever la tête en Russie, au Mali, au Sénégal, aux États-Unis et bien sûr en France. Ici comme ailleurs, une poignée de puissants s’arrogent le droit de dicter leurs programmes à des candidats plus ou moins complaisants. Mais il y a un an, un peu partout autour de la méditerranée, quelques peuples ont montré que l’histoire n’est pas une fatalité, qu’une dictature, qu’elle soit le fait d’un seul ou des puissances de l’argent, ne peut rien lorsque tout un pays décide de prendre son destin en main.

C’est l’appel des jeunes communistes : prenons notre avenir en main ! Allons-nous subir plus longtemps ce « modèle » qui nous condamne à une alternative mortifère : la précarité ou le chômage tout au long de la vie ? Toutes les luttes qui nous ont rassemblées, pour l’éducation, pour des retraites solidaires, pour nos emplois et nos conditions de travail, ce sont les espoirs qui doivent nous réunir cette année.

Alors que la promotion des idées de haine s’organise depuis l’Elysée et le siège du Front National, celles-ci sont relayées sans aucune retenue dans la grande majorité des médias. Elles sont le voile jeté sur les réalités de la crise pour dresser les français contre leurs voisins, plus jeunes, plus vieux, plus étrangers, plus assistés… Ce voile qui voudrait nous faire croire que celui qui touche quelques centaines d’euros d’allocations faute de trouver un travail décent profiterait plus de la situation que celui qui accumule les profits sur le dos du travail des autres.

Sortir de la crise, c’est rejeter radicalement cette société de peur et de haine dans laquelle on nous

Enferme depuis 10 ans. Sortir de la crise c’est éradiquer la précarité de masse organisée pour garantir les profits d’une infime minorité. Sortir de la crise c’est redonner la priorité aux intérêts de chacun, chaque homme, chaque femme, chaque peuple, pour ne plus se laisser imposer la loi des actionnaires de fonds de pension, de banques et de multinationales.

Sortir de la crise c’est remettre l’humain au cœur des ambitions politiques comme le propose le Front de gauche. C’est refuser l’idée d’une génération de jeunes sacrifiés, perdus pour toute la société. C’est permettre aux jeunes de prendre en main leur avenir.

En 2012, soyons présents : dans la rue et dans les urnes !

Nicolas Bescond

Rencontre avec une jeune chypriote d’EDON

20 juillet 2011 by  
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stylianaCet été, au cours du camp d’été du MJCF, Avant Garde a rencontré Styliana Christodoulou qui nous a parlé de son pays, Chypre, de son organisation, EDON, et des combats qu’ils mènent avec les jeunes de l’île.

Avant Garde : Peux-tu nous parler de la situation de ton pays, Chypre ?

Styliana Christodoulou : Chypre est aujourd’hui victime des plans impérialistes initiés quand la Grande-Bretagne était encore la puissance colonisatrice de l’île.  Etablissant une politique de division, ils ont séparé le peuple en chypriotes-grecs et chypriotes-turcs.  Malgré la bataille menée par l’AKEL (le parti progressiste des travailleurs, c’est-à-dire le parti communiste chypriote [ndt]), le combat armé de l’extrême droite, avec  l’Eglise a ses côtés, a créé des tensions dans l’île.  En définitive, la Grèce et la Turquie ont beaucoup interféré dans les affaires intérieures chypriotes, ce qui a conduit à des conflits bicommunautaires et finalement au coup d’Etat de 1974 soutenu par la junte au pouvoir en Grèce et  à l’invasion turque.  Les deux évènements ont été planifiés par l’OTAN. Depuis lors l’île est divisée en deux parties et son peuple vit séparé depuis bien des années, sans aucune possibilité de communication.

De plus le peuple chypriote et notamment sa jeunesse doit faire face aux problèmes créés par le système capitaliste et son expression néolibérale. Les attaques contre le droit du travail, contre l’éducation et la santé publique, le chômage, la toxicomanie, les difficultés à vivre d’une manière autonome et à former une famille sont autant de problèmes que les jeunes chypriotes doivent affronter.

Avant Garde : Face à cela quelles sont les batailles menées par ton organisation, EDON ?

Styliana Christodoulou : EDON (l’Union de la jeunesse démocratique, ce sont les jeunes communistes [ndt]) est la première organisation de jeunesse à Chypre. Elle est organisée au niveau local, régional, pan chypriote et international.  EDON lutte pour la réunification de l’île et pour une résolution juste, durable et pacifique du problème chypriote.  Edon se bat également pour la démilitarisation de l’île et pour la coexistence pacifique des peuples au-delà de la nationalité, de la religion ou des différences linguistiques.

Nous nous battons pour éduquer  la jeunesse, avec les idées de gauche et du socialisme pour la paix, la solidarité, la démocratie, l’égalité, la justice sociale, le progrès social, pour l’humanisme et l’internationalisme.

Aujourd’hui nous pouvons dire que les principaux combats d’EDON doivent être regroupés en trois thématiques. La première c’est que nous continuons la lutte afin de résoudre le problème chypriote.  Ce problème  c’est celui de l’invasion et de l’occupation de l’île par l’armée turque, engendrant des centaines de milliers de réfugiés des deux côtés, de disparus, et de violations des droits humains fondamentaux depuis plus de 35 ans. Le principal moyen pour avancer est de continuer la politique dite de rapprochement pour que les jeunes de chypre qu’ils soient des chypriotes grecs ou des chypriotes turcs comprennent le besoin de coopération, de combat et de travail commun aux niveaux politiques, sociaux, économiques, afin de faire émerger une solution et de nous rapprocher de la coexistence pacifique.

Le deuxième combat que nous menons c’est d’être capable d’intervenir contre les attaques faites à l’encontre des droits de la jeunesse, et d’augmenter les standards de vie des jeunes. Cela comprend les conditions de travail, de santé, d’éducation et le droit au temps libre.

La troisième lutte que nous menons, en lien avec les deux premières, c’est  de soutenir le gouvernement chypriote nouvellement élu, dans le but de réaliser notre ambitieux programme avec un fort soutien des classes populaires.

Avant Garde : Justement, AKEL està la tête du gouvernement depuis quelques années, qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Styliana Christodoulou : Le nouveau président, élu en février 2009, est, pour la première fois dans l’histoire de la république de Chypre, le secrétaire général de l’AKEL, ancien secrétaire général d’EDON. Nous pensons que son élection a été un pas décisif pour le peuple chypriote er pour la résolution du problème chypriote. Nous pensons également que cette élection est un message d’espoir important  pour toutes les forces communistes, progressistes et de gauche dans le monde entier.

Néanmoins nous sommes  conscient du contexte auquel doit faire face ce gouvernement, non seulement au niveau européen, mais aussi au niveau international.  L’impérialisme et ses forces motrices ne font pas qu’exploiter économiquement les pays du tiers monde, mais conduisent également à la détérioration sociale.  Le capital financier crée dans le monde entier des conflits, dans le but d’augmenter son pouvoir.  La pauvreté mondiale s’accentue et les ressources nationales sont violemment exploitées. Cette situation  n’est pas une coïncidence.  Ses racines proviennent du système capitaliste. C’est pourquoi EDON, au-delà de critiquer et de dénoncer cette situation travaille au développement d’un mouvement international contre l’impérialisme. La FMJD est l’acteur central de ce mouvement.

Nous promettons que nous allons continuer notre combat pour le bénéfice de chypre et de son peuple, mais aussi pour toute la jeunesse mondiale pour un monde de paix, de solidarité, de justice sociale contre l’impérialisme, l’intolérance et l’exploitation.

Propos recueillis et traduits par Alexis Coskun

LIBERTÉ ET DIGNITÉ EN QUESTIONS

12 juillet 2011 by  
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shaarLa Jeunesse Ouvrière Chrétienne est une association de 10 000 jeunes des quartiers populaires. Ils veulent changer ce qui ne va pas autour d’eux et dans la société. La JOC a récemment mené une enquête auprès de 6 000 jeunes sur le thème « Liberté de choix et dignité des jeunes ». Stéphane Haar, le président, nous en parle…

Avant Garde : Quels sont les obstacles que rencontrent les jeunes dans leur liberté de choix ?

Stéphane Haar : L’enquête montre que partout nous sommes contraints d’accepter ce que l’on veut bien nous donner sans avoir la possibilité de choisir notre orientation, notre emploi, nos conditions de travail, notre logement, notre vie familiale…

Le principal obstacle c’est l’instabilité. Choisir son avenir implique de pouvoir avoir des projets pour son futur. Or seul 1 jeune sur 2 a une idée précise de sa vie professionnelle dans 5 ans (53 %) et cette statistique recule avec l’entrée dans le monde du travail. La précarisation du monde du travail et la course au diplôme dans le monde scolaire nous obligent à n’avoir que des projets à court terme. Comment construire une famille ou prendre son autonomie quand on ne sait même pas si on aura encore son job le mois suivant ?

Le second obstacle c’est le manque d’accompagnement des jeunes dans la construction de leur avenir. Les jeunes des milieux aisés bénéficient des conseils éclairés d’un réseau social et familial important et éduqué qui leur donne les moyens de faire des choix pour leur avenir dès le plus jeune âge. Mais pour les jeunes de milieux populaires, il faut se débrouiller tout seul, sans le soutien de personnes qualifiées. La question de l’orientation en est le symbole. Si on veut que les jeunes fassent de bons choix et les assument, il faut un véritable service public de l’accompagnement des jeunes.

Avant Garde: Y a t-il une réponse qui vous a surpris dans votre enquête ?

Stéphane Haar : Alors que les jeunes ont envie de travailler, le monde du travail semble vouloir les dégoûter. Un grand nombre de jeunes doivent subir la précarité et le chômage alors qu’ils cherchent la stabilité. L’entrée dans le monde du travail conduit à une baisse du niveau de vie, parfois presque à une situation de survie où l’on en vient à accepter les pires conditions de travail et de vie pour pouvoir s’en sortir. 14% des jeunes travailleurs disent ne pas être libres de se soigner, 33% ne pas avoir accès à un logement décent à prix abordable, à chaque fois deux fois plus que les jeunes en étude.

Avant Garde : Dans votre enquête, on voit que les jeunes sont méfiants envers les institutions et les politiques, tu peux nous en dire plus ?

Stéphane Haar: Les jeunes n’ont jamais été aussi politisés qu’aujourd’hui ! Mais cette politisation ne passe plus par la voie des élections et des institutions publiques ou privées. Notre enquête montre clairement que les jeunes ont le sentiment d’être considérés comme des objets par les hommes politiques, l’éducation nationale, les administrations, le service d’aide à la recherche d’emploi, le service d’aide à l’orientation… Ces institutions n’ont cessés de montrer leur inefficacité pour répondre aux problèmes des jeunes. Mais cela n’est pas étonnant. Il y a 3 millions de jeunes travailleurs dans ce pays pourtant ils ne sont représentés dans aucune institution. Il n’est alors pas étonnant que la grande majorité des jeunes aient le sentiment de ne pas être respecté ou entendu.

Avant Garde: Après l’enquête, que va faire la JOC pour faire bouger les choses ?

Stéphane Haar : À partir des résultats de cette enquête nous organisons plus de 250 tables rondes et ciné-débats locaux pour construire des propositions que nous mettrons en œuvre par l’action l’an prochain. Ce sont les jeunes eux-mêmes qui réaliseront les projets qui apporteront des solutions à ces difficultés. Jusqu’en juillet 2012 la JOC sera dans les quartiers et sur le terrain pour mettre les jeunes en action et en mouvement.

D’ailleurs, pendant l’été, la JOC agit auprès des jeunes travailleurs saisonniers. Depuis les années 50, la JOC ouvre chaque été des accueils saisonniers. Au cœur des stations touristiques, les jocistes informent les travailleurs saisonniers sur leurs droits. Les militants vont sur le terrain les rencontrer et les informer. Ces lieux permettent aussi aux travailleurs saisonniers qui sont souvent isolés de vivre des moments de partage et de convivialité. Cette année, une dizaine d’accueils seront ouvert en juillet et en août. En lien avec les syndicats, nous défendons les saisonniers et les accompagnons jusqu’aux prud’hommes quand cela est nécessaire. Chaque été, la JOC mène une enquête auprès des jeunes travailleurs saisonniers pour dénoncer les injustices et donner leur parole.

Propos recueillis par Fabien Gay

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