«LIBERTÉ, TRAVAIL, DIGNITÉ»
8 avril 2011 by Rédaction
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Le monde arabe (l’Afrique du nord et le Moyen-Orient) serait voué à rester immobile et à être dirigé par des autocrates corrompus, seuls remparts face à l’islamisme, sous le regard amorphe de leur peuple. Bref, il ne serait pas entré dans l’Histoire, celle dont on nous avait annoncé la fin il y a 20 ans. Les premières révolutions du 21e siècle ont pris de court ces discours bien rodés de nos dirigeants. Explications.
Le point de départ ? Sans aucun doute la crise mondiale du système capitaliste incapable de répondre aux besoins des populations et davantage préoccupé à servir les marchés. Les symptômes ? Une croissance en berne, une accaparation des ressources naturelles, une explosion du chômage et des contestations forcément réprimées.
Il a donc « suffi » d’une étincelle (tout de même le suicide d’un jeune par immolation pour dénoncer le manque de perspectives, la flambée des prix des produits de base comme le sucre ou le blé) pour lancer les contestations généralisées que l’on connaît.
Des revendications politiques ET sociales
S’il y a bien eu comme volonté préalable de la part du peuple d’exiger le départ du président (symbole du système corrompu et inégalitaire à la solde des institutions internationales), ça n’a pas été une fin en soi. Par exemple, les Tunisiens ne demandaient pas uniquement le départ de Ben Ali mais celui de tous les cadres du RCD (le parti au pouvoir sous Ben Ali) qui tient encore les manettes politiques, économiques et administratives.
Derrière cette revendication se trouve l’exigence d’un processus pour de réels changements institutionnels qui conjuguent aspirations sociales et démocratiques et qui se cristallisent dans la volonté d’élire une assemblée constituante pour faire valoir ces droits. En effet, les nombreuses revendications sociales ne sont pas à négliger. Elles ont émergé des contestations des années précédentes pour des augmentations de salaires, la répartition des richesses ou encore l’accès aux services de base (éducation, eau, santé). Ces révolutions n’auraient sans doute pas eu lieu sans les luttes préexistantes des avocats ou des ouvriers de la sidérurgie en Egypte, des enseignants ou des mineurs de Gafsa en Tunisie.
Les jeunes, poumon de la révolution
La place des jeunes a été déterminante dans ces combats. Diplômés, aspirant à une vie digne – « liberté, travail, dignité » était l’un des slogans des manifestations tunisiennes – et surtout majoritaires dans ces pays, ils voyaient défiler sous leurs yeux les richesses accaparées par une caste tandis qu’eux devaient se terrer dans le silence.
La crise économique de 2008 a renforcé cette situation déjà grave puisque les politiques imposées par les institutions internationales depuis trente ans ont cassé les services publics, offert les ressources naturelles aux multinationales et creusé les inégalités sociales.
Des grandes puissances face à leurs contradictions
Pour l’anecdote, le Fonds Monétaire International (FMI) avait désigné comme meilleurs élèves de la région pour l’application de ces préceptes : la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte ! Le caractère autoritaire de ces régimes semblait alors peu le gêner. Pire, l’agence de notation Moody’s a déclassé les notes de la Tunisie et de l’Egypte en raison de l’instabilité causée par les révolutions.
Comme quoi, marché et démocratie ne vont pas forcément de pair sauf si on admet que la liberté des capitaux et des touristes passe avant celle des peuples. Les grandes puissances impérialistes (Etats-Unis, Europe, France, etc.) ont, avant de retourner leur veste, appuyé les bourgeoisies locales pour leurs propres intérêts (économiques, politiques mais aussi pour faire de ces pays des zones tampon pour ralentir le flux des migrants au mépris des droits fondamentaux), tout en pointant la menace islamiste pour désolidariser nos peuples de ces révolutions. Dans le même temps, Washington pousse le pouvoir égyptien à négocier avec les Frères musulmans qui ont pourtant joué un rôle infime dans la contestation.
Ces révolutions imprévisibles créent un formidable espoir pour bâtir un autre monde. Elles font trembler les despotes des pays voisins. Les contestations semblent désormais s’étendre à d’autres régions avec en tête une génération qui aspire au changement et au progrès. L’impensable, voire l’impossible, s’est produit chez nos frères et sœurs du Sud. Soyons réalistes, exigeons la même chose!
Nordine Idir
BREVES DU MONDE
8 avril 2011 by Rédaction
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LYBIE C’est un mouvement populaire qui a déclenché la contestation au régime de Kadhafi à partir du besoin de démocratie et d’un Etat de droit. Le régime a réprimé dans le sang et a su habilement transformer cette crise politique et sociale en confrontation militaire. Une intervention a été décidée par les puissances occidentales, sous couvert de l’ONU mais en réalité confiée à l’OTAN. Sarkozy et Cameron appellent à « instaurer un dialogue politique national» afin d’» organiser la transition» en Libye. Il s’agit en fait de sauver l’essentiel des intérêts occidentaux en Méditerranée. L’espoir démocratique libyen risque de se heurter à ces ambitions tacticiennes.
SYRIE Après deux semaines de manifestations contre Bachar al-Assad, 130 personnes auraient été tuées, selon des militants, une trentaine selon un bilan officiel. Soutenu par des rassemblements à travers le pays, le 1er discours du Président n’a pas annoncée de réformes majeures, pas même la levée de l’Etat d’urgence.
BAHREIN Deux semaines après que les forces de sécurité bahreïnies ont délogé les protestataires de la place de la Perle à Manama le parlement a accepté aujourd’hui la démission de 11 députés présentée en février pour dénoncer la violence et réclamant des réformes. L’intervention militaire saoudienne et émiratie pour écraser le mouvement d’opposition témoigne d’une réelle inquiétude : les révoltes se rapprochent bien trop près du pétrole et des intérêts stratégiques des Etats-Unis et des Européens.
YEMEN Il y a toujours des manifestations demandant le départ du président Abdallah Saleh qui tente de reprendre la main par la violence, appuyé par les Etats-Unis. Robert Gates, le chef du Pentagone, a estimé que la chute du président poserait de vrais problèmes à la lutte contre Al-Qaïda.
JORDANIE Le rassemblement des « jeunes du 24 mars », qui campait sur une place de la capitale a été attaqué par des partisans du régime. 160 blessés et 1 mort. Le lendemain, les islamistes et les pros régime se sont livrés à des démonstrations de force. Les islamistes demandent des réformes constitutionnelles et la démission du premier ministre que le souverain se refuse à envisager au nom de l’unité nationale.
ALGERIE Le pouvoir est aussi confronté à la montée d’un mouvement social. De violents affrontements ont eu lieu à Alger entre manifestants et forces de l’ordre. Les sit-in et autres formes de protestation se multiplient, avec de fortes revendications salariales auxquelles s’ajoutent les mouvements de chômeurs.
Lorène Barillot
9e jour. Tribunal anti-impérialisme très mouvementé !
3 janvier 2011 by Rédaction
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Salle presque remplie, traduction assurée, mise en scène digne des plus grands films d’Hollywood avec président, jury, assesseurs, etc. Le concept est assez original : chaque délégation est appelée à la barre pour accuser l’impérialisme de tous les maux qu’il inflige à leur pays. Les interventions sont rythmées, interactives grâce aux écrans qui diffusent photos et vidéos, parfois très touchantes, quelques fois ahurissantes (Corée du Nord).
Tout était trop parfait, pour que tout ceci soit réel. Nous aurons droit à deux interruptions de séance : la première grâce au Maroc qui provoque une bagarre avec les Sahraouis (à noter l’intervention des espagnols), ce qui conduira à leur exclusion du festival. La deuxième intervient lorsqu’un mur s’effondre six mètres plus bas (heureusement sans blessé).
Mais rien ne pouvait empêcher le tribunal de juger et de rendre son verdict : l’impérialisme est déclaré coupable. Il nous reste à poursuivre nos actions concrètes pour le combattre !!!!
Fabien et Juliette
4e jour. Séminaire Paix, solidarité, souveraineté contre l’impérialisme:
16 décembre 2010 by Rédaction
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L’intitulé exact du débat était : « le combat pour la paix, la souveraineté et la solidarité, contre l’impérialisme ». Contrairement aux ateliers plus précis, ce sujet large n’a bien sûr pas permis de couvrir l’étendu du sujet. La journée étant consacrée à l’Amérique Latine, tous les intervenants qui se sont succédés, ont principalement critiqués la volonté impérialiste permanente des Etats-Unis, n’allant pas très loin dans leurs propos. Voici ce qui me semble à retenir pour chaque intervention : La Syrie à réclamer la souveraineté des palestiniens et des autres peuples du Moyen-Orient face aux bases militaires américaines de la région et la complicité d’Israël (Le Brésil a émis les même critiques pour le continent sud-américain).Le Vietnam veut promulguer la paix mais n’oubliera jamais la guerre et l’agent orange (produit toxique déversé sur les vietnamien durant la guerre générant des dommages physiques et/ou mentaux graves). L’Inde a critiqué son gouvernement libéral qui a mis les paysans indiens (part importante de la population) dans une situation économique intenable. Cuba s’est indigné qu’Obama ait reçu le Prix Nobel alors qu’il est président d’un pays maintenant un embargo. Il me semble très dommageable que bien que l’impérialisme américain soit indéniable, il n’est pas seul à exister. Que dire des velléités de la Chine ?
Mejdaline
50e ANNIVERSAIRE D’INDÉPENDANCE DE PAYS AFRICAINS : UNE HISTOIRE SANS FIN ?
1 juillet 2010 by Rédaction
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Durant l’année 2010, plus d’une quinzaine de pays africains ont ou vont fêter l’anniversaire de leur cinquantième année d’indépendance. Où en sont ces pays ? Où en est leur indépendance ? Eléments de réflexion.
Une bataille de gagnée… Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des voix de contestation se faisaient de plus en plus entendre pour l’accession à l’indépendance des pays colonisés. Des hommes et des femmes ont lutté pour la décolonisation, à l’intérieur tout comme à l’extérieur de ces pays colonisés. La résonance en Europe de ces combats a eu pour effet l’appropriation par les forces progressistes de la lutte pour le droit des peuples à dis poser d’eux mêmes. Le MJCF en France, aux cotés de la Fédération Mondiale de la Jeunesse Démocratique (FMJD), les partis communistes d’Europe ont ainsi contribué à mener une lutte historique contre le colonialisme et pour l’indépendance totale des pays d’Afrique ou d’Asie appartenant aux grands empires coloniaux français, britannique ou portugais. Un demi siècle plus tard, l’accès à l’indépendance a-t-il débouché sur l’autodétermination des peuples africains ? Cette lutte historique contre le colonialisme est-elle terminée ?
Une France à fric, toujours d’actualité
Les mouvements de libération ont massivement été réprimés par les armées coloniales. Au début des années soixante, lorsque la décolonisation était inévitable, les puissances coloniales, avec en tête la France de De Gaulle et de Guy Mollet, ont dû accepter cette indépendance. Elles ont néanmoins appuyé des successeurs despotiques soutenant les intérêts impérialistes en Afrique. Aujourd’hui, la méthode est à peu près la même, sauf que les dictatures ont été peintes aux couleurs de la « démocratie ». La falsification des fichiers électoraux, l’emprisonnement de journalistes, la corruption, la répression sanglante de l’opposition, la présence de troupes militaires étrangères sont autant de leviers pour appuyer le pouvoir de ces dictateurs, tellement amis des dirigeants européens. Le dernier fait en date remonte au 31 mai de cette année avec le 25e sommet Afrique-France organisé à Nice. Un certain nombre de dictateurs africains étaient présents, d’Ali Bongo (Gabon) à Paul Biya (Cameroun) en passant par Faure Gnassingbé (Togo) et Blaise Compoaré (Burkina Faso). Tous ces « grands démocrates » sont venus pour entretenir des liens « fraternels » avec la France et surtout pour troquer leurs marchés et les ressources de leur pays contre « un plat de lentilles » ! Nicolas Sarkozy a exprimé tout l’intérêt que représente ce genre de rencontres, notamment en ce qui concerne leur ouverture aux « opérateurs privés » (Total, Areva, Bolloré…). La Françafrique, voyant son gâteau s’échapper au profit de la Chine ou de l’Inde, s’empresse de faire du zèle pour garder la mainmise sur l’uranium, le gaz naturel, le pétrole, le cobalt, etc.
« Plan d’austérité » un refrain bien connu en Afrique
En plus du soutien inconditionnel dont bénéficient les despotes africains, la communauté internationale reste immobile face aux désastres que provoquent le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). La dette des pays africains, maintes fois remboursée, enfonce tous les jours un peu plus le continent dans la non-souveraineté et la pauvreté. Les diktats de ces organisations financières empêchent les pays africains de tendre vers un développement social et environnemental puisque les marchés sont ouverts à qui possède assez d’argent. Ce sont ces mêmes dogmes libéraux, appelés plans d’austérité, qui se mettent en place aujourd’hui en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en France!
Ourouk Jawad
COMMENT SERONS-NOUS CUISINÉS PAR L’EUROPE ?
20 août 2009 by Rédaction
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Le Parlement européen s’est renouvelé. Mais la couleur n’en a pas réellement changé. L’avenir que nous dessinent les «nouveaux» dirigeants européens est plus que préoccupant.

