Avec ou sans-papiers, Tous travailleurs !

18 décembre 2012 by  
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Manuel Valls, peu après sa nomination : « Être de gauche, ce n’est pas régulariser tous les sans-papiers ». Celui-ci fait paraître, en plein froid hivernal, sa dernière circulaire annonçant le maintien des objectifs d’expulsion de Sarkozy. Portait de la mobilisation Lilloise où des sans-papiers sont en grève de la faim depuis le 2 Novembre. Images de résistance et de solidarité à la hauteur d’une répression sans limites.

  Fives, le 4 décembre. Ce quartier est symbolique du mouvement ouvrier lillois,où l’Internationale fut mise en musique et interprétée pour la première fois par Eugène Pottier, ouvrier fivois. Cette terre de résistance face à l’occupant nazi, à l’exploitation et aux délocalisations, où tant d’ouvriers communistes, de résistants sont morts pour la Liberté ; sera à 20h30 le théâtre d’un triste spectacle. Les 120 sans-papiers en grève de la faim qui occupaient l’Église Réformée sont brutalement délogés par un incroyable déploiement des forces de Police (GIPN, des dizaines de cars de CRS), digne d’une opération anti-terroriste.

Sous les yeux des habitants, dont certains sont des voisins, des camarades, de la famille, à quelques mètres seulement du local du Comité Sans-papiers, le quartier est entièrement quadrillé. Se déroule une véritable opération de force de la préfecture pour mettre fin à cette grève. Des hommes et des femmes en résistance et que l’on jette dehors, sous la pluie par 0 degrés et malgré ces 33 jours de grève de la faim qui mettent directement leur vie en jeu.

Depuis, les sans-papiers ont été disséminés dans les hôpitaux du département, leurs 45 jours de grève de la faim nécessitant une surveillance médicale régulière. La stratégie : éparpiller les grévistes jusqu’ici rassemblés dans ce lieu symbolique et les placer sous responsabilité directe des hôpitaux et de la préfecture qui tente désormais de diviser et de faire éclater le mouvement.

Pour le Comité des Sans-Papiers du 59, association de rassemblement des travailleurs sans-papiers visant à  les défendre et obtenir leur régularisation, « l’objectif réel sera de trier à l’hôpital les sans papiers en trois catégories : – ceux, qui seront gardés à l’hôpital, ceux, qui seront envoyés en Centre de Rétention et ceux, celles qui seront jetés à la rue comme en 2007. » Une analyse malheureusement vérifiée depuis : voilà deux semaines que les sans-papiers sont régulièrement expulsés des hôpitaux, livrés au froid et à la faim, et ne sont réintégrés que par la mobilisation de tous leurs soutiens (associations, organisations politiques et syndicales), y compris avec l’appui de la CGT au sein des hôpitaux dont les directions suivent les directives préfectorales.

Ce 11 décembre, ces dernières vont passer à la vitesse supérieure, s’attaquant à 10 grévistes réfugiés dans la station de métro « Calmette » quelques heures après avoir été expulsés du CHR de Lille. L’intervention de la Police Aux Frontières ne se fera pas attendre. Emmenés au commissariat, 8 d’entre eux seront notifiés d’un procès verbal (dont une obligation à quitter le territoire pour l’un d’eux) et d’une amende de 132€. Retour à la case hôpital pour violence policière pour un gréviste,  direction le centre de rétention de Lesquin pour un autre. Son expulsion sera finalement annulée grâce à la mobilisation des soutiens, et du député communiste Jean-Jacques Candelier venu en plein nuit  à Lesquin réclamer sa libération.

 

Les grévistes de la faim témoignent

 

Débutée au 2 Novembre, cette grève de la faim, conséquence de l’obstination de la préfecture, et du soutien implicite de la mairie socialiste dans le refus de recevoir le Comité Sans-papiers 59, depuis 2007, afin d’étudier les dossiers de régularisation de ses membres.

Cette lutte est celle d’hommes et de femmes qui font la joie de leur patron : travail au noir, sous-payé, contraintes et pressions permanentes dans la crainte de l’expulsion… ils subissent au quotidien cette non-reconnaissance administrative : difficulté à se loger, impossibilité de cotiser et d’avoir le droit à une sécurité sociale… Impossibilité de s’intégrer durablement en France, après avoir été contraints de quitter des pays sinistrés économiquement, dévastés par le colonialisme, le capitalisme et les pouvoir néo-coloniaux mis en place par la bourgeoisie française et ses relais politiques. La situation des sans-papiers est révélatrice d’une politique économique où le patronat délocalise les entreprises où la main d’œuvre est la moins chère et où le FMI accompagne la destruction de tout droit social. Nos camarades étrangers se retrouvent maintenus dans l’exploitation la plus crasse une fois en France.

La grève de la faim qui dure depuis maintenant 45 jours pourrait trouver un débouché positif ce mercredi 19 décembre où une rencontre est prévue entre la préfecture et le CSP 59, qui revendique, outre la régularisation de tous les sans-papiers, la reconnaissance comme interlocuteur auprès des autorités en étant notamment reçus tous les mois, et le droit de plaider en faveur des dossiers.

 

Geoffrey Helsen

 

Communiqué du CSP59 du 02/12/12:

« Convaincus que le peuple électeur n’a pas chassé Sarkozy pour que Hollande, qui a chanté le « changement » durant les élections, fasse la même politique xénophobe, convaincus que les sans papiers ont particulièrement contribué à l’expulsion de Sarkozy en occupant par deux fois son local de campagne de Lille en prenant des risques pour dénoncer son discours lepéniste, convaincus que la discrimination préfectorale vis-à-vis du CSP59 est une infraction à l’état de droit, à un alinéa de la nouvelle circulaire et un manque de respect flagrant aux usagers sans papiers du service public que devrait être la préfecture, ce qui rappelle l’abjecte mentalité coloniale que d’aucun pensait à jamais révolue, les sans papiers grévistes de la faim et leur CSP59 déclare qu’il continueront leur grève de la faim [...] quelles que soient les conditions inhumaines et les traitements dégradants qu’ils, qu’elles subiront. »

Communiqué du Mouvement des Jeunes Communistes de France – Fédération du Nord

Cette violence inouïe est donc la seule réponse de l’Etat socialiste aux revendications légitimes portées par cette lutte : la régularisation de tous les sans-papiers (à commencer par une liste élaborée par les grévistes eux-mêmes), et le droit pour le Comité Sans Papiers 59 à la défense argumentée de tous les dossiers par un rendez-vous mensuel en préfecture. Les forces de Police et le pouvoir socialiste ont cherché cette nuit à briser le mouvement. Ils ont échoué. Les grévistes de la faim, transportés par leurs camarades aux Hôpitaux environnants, semblaient déterminés à poursuivre la lutte tant qu’aucune de leurs revendications n’était satisfaite. [...] La démonstration de barbarie de ce mardi 4 décembre n’est qu’une raison supplémentaire pour continuer à se battre. Sans illusion sur le rôle joué par les socialistes, nous avons conscience que seul le rapport de forces – par la mobilisation populaire sur le terrain – permettra d’imposer un changement radical dans le traitement que l’Etat réserve aux travailleurs, aux êtres humains qui vivent en France.

 


LA PORTE A COTE, UN BIDONVILLE

11 octobre 2012 by  
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Saint-Etienne. Quartier Montmartre. Entre la déchetterie et la SPA. En face du cimetière. C’est là qu’une centaine de Rroms ont été parqués et laissés sans eau pendant 48 heures, jusqu’à ce qu’on leur bricole une arrivée d’eau.

Nous sommes le 24 juillet et il fait une chaleur à crever. J’ai garé la voiture bien à l’écart du camp: je ne savais pas à quoi m’attendre, mais j’avais en tête les phrases que l’on entend bien souvent. « Les Rroms, tous des voleurs. »

En entrant, j’ai été frappée par ce que j’ai vu. Des enfants jouaient, nus pour certains, des habits sales pour la plupart. Des femmes épluchaient des carottes, assises sur des moellons, devant l’entrée de leur cabane de fortune. Je me suis demandée si on s’habituait à ce spectacle. Mais, non, on ne s’habitue jamais.

Je suis allée leur dire que je voulais écrire un article avec leurs témoignages. Juste sous les pierres parfaitement blanches du cimetière, ils m’ont sorti une chaise. Il y avait des femmes, certaines enceintes, d’autres fatiguées, d’autres encore malades; il y avait des hommes, qui tenaient leurs enfants dans leurs bras. Et il y avait leurs regards. Des regards terribles de détresse. Et il y avait leurs mots, leurs épreuves, leur histoire.

Et nous avons beaucoup parlé. Ils viennent de Roumanie; et quand je leur ai demandé si je pouvais voir leurs cartes d’identité, ils se sont chacun précipités pour me les montrer. Oui, ce sont bien des citoyens européens… Ils me disent qu’en Roumanie, les conditions de vie sont très difficiles. L’hôpital, par exemple, coûte cher. Une jeune mère est défigurée par la maladie. « Est-ce qu’on peut me soigner? » Des larmes dans ses yeux. Et je ne peux lui répondre que non, hélas, elle ne peut prétendre à des soins sans couverture médicale.

Je leur demande ensuite si certains ont des diplômes, un seul me répond qu’il a fait de la mécanique. Il s’énerve et dit: « je ne suis pas un voleur. Je veux juste un travail. » Et il se lève de sa chaise, la bouscule et se met à l’écart. C’est le seul à avoir un diplôme; l’accès aux études étant également onéreux. Sans compter qu’en tant que Rroms, ils subissent de graves discriminations dans leur pays. Plus tard, un homme, Florin me dit : « en Roumanie, on nous a prêté de l’argent pour venir en France, si on ne les remboursait pas dans le délai imparti, on leur devait le double. Je ne veux pas rentrer en Roumanie. » Des usuriers à présent. Ils ne sont pas au bout de leurs épreuves.

Florin m’emmène ensuite dans sa cabane. Elle est minuscule: seuls un petit lit et un canapé défoncé y tiennent. Il me présente sa famille. Sa femme m’interpelle aussitôt. « Des biberons, il me faut des biberons. Et des couches aussi. Regarde, mes enfants n’ont pas de couches. » Effectivement, c’est avec horreur que je vois trois jeunes enfants, allongés sur le pauvre sofa miteux, complètement nus, avec des mouches qui tournent autour d’eux et qui remplissent leur bouche.

Hélas, je n’ai pas de quoi les aider. Et est-ce seulement à moi de le faire? Sont-ce des bêtes à ce point qu’on leur nie le droit à l’hygiène, à la santé, à la dignité ? Dans une autre cabane, on m’attire. Maria a six ans. Cheveux collés à son front, accroche-cœurs sur sa nuque. Elle a une très forte fièvre. « Depuis trois jours », me dit sa mère. Un médecin me rapportera que la situation sanitaire du camp de Montmartre est très grave. Une bactérie particulièrement virulente proliférant.

Depuis, je ne les ai pas revus. Pour la plupart, on les a mis dans un avion les 9 et 10 juillet. Dans mes pensées, toujours: Florina, qui parlait parfaitement le français pour avoir été à l’école; Florin et sa famille, si misérables et pourtant si dignes; Lucretia, du même âge que ma mère, que j’avais également emmenée à l’hôpital et dont le médecin avait été très clair: « elle sort de l’hôpital, elle meurt. ». Et Irina et Rodica. Rodica, qui m’avait offert une bague pour avoir conduit sa fille à l’hôpital. Rodica, devenue mon amie.

Lorène Ujhelyi-Wojciechowski

 

DE LA DISCRIMINATION LEGALE,

Depuis de nombreuses années, en France, les citoyens européens venus de l’Europe de l’Est sont particulièrement touchés par une politique discriminatoire. Ce phénomène s’est amplifié aujourd’hui par le jeu des politiques et des médias. L’accès au travail en est l’exemple frappant.

Dès leur entrée dans l’UE en2007, la France a prévu un régime de mesures transitoires applicable jusqu’à fin 2013. Ces règles viennent restreindre la libre circulation des travailleurs venus de Bulgarie et de Roumanie. En clair, le citoyen de l’Espace économique européen et même le Suisse peuvent librement travailler en France ; pas le Roumain ni le Bulgare.

L’accès au travail : au cœur des discriminations

S’il veut durablement s’installer, le bulgare ou roumain doit en déposer la demande. Pour l’obtenir, la condition est soit de disposer d’un emploi, soit de posséder des moyens suffisants d’existence ou d’être étudiant. Cependant, pour travailler, le Roumain ou Bulgare doit engager certaines procédures. Le préalable est l’obtention d’une autorisation de travail. Celle-ci doit être demandée par le futur employeur à la DIRECCTE qui mettra entre 2 et 6 mois à donner une réponse.

Pour être accepté, il faut que l’emploi corresponde aux qualifications du travailleur. La DIRECCTE va regarder la situation de l’emploi. Néanmoins, si l’emploi correspond à une liste de 150 métiers dit « en tension », cette condition ne sera pas opposable.

L’employeur doit aussi verser à l’OFII une taxe pour une durée d’embauche supérieure à 3 mois. Celle-ci s’élèvera de74 à 300 euros en cas d’embauche pour une durée de 3 à 12 mois, et d’au moins la moitié de la rémunération mensuelle brute versée au travailleur après 12 mois.

Beaucoup de conditions, des délais très longs font que l’ouverture de l’emploi aux Roumains et Bulgares est quasi impossible. A l’heure où l’ère d’un racisme globalisé menace sérieusement l’Europe entière, il est temps de se positionner expressément sur la situation juridique des «étrangers » en France.

NB : En août, M. Ayrault a annoncé une modification des mesures applicables aux roumains et bulgares.

Coralie CROS

 

J’Y SUIS, J’Y RESTE, J’Y VOTE !

7 juin 2012 by  
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Le droit de vote des résidents étrangers c’est l’épouvantail de la campagne électorale. Pour alimenter la peur de l’étranger, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ont tout dit à ce sujet, jusqu’aux pires outrances. Sauf peut-être la réponse à une question toute simple : pour quelle raison un jeune français vote dès ses 18 ans, alors qu’une personne présente en France depuis des dizaines d’années ne le pourrait pas ?

rubon24

«Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.» Art.1 de la déclaration universelle des droits de l’Homme.

Égalité des droits?

En théorie peut-être mais en pratique les choses sont bien différentes. Aujourd’hui dans notre pays des dizaines de milliers de personnes travaillent, payent des impôts, ont des vies de familles, des enfants à l’école. Ils participent à la vie sociale et économique du pays et sont, sous prétexte de ne pas avoir la nationalité française, privés d’un droit fondamental. Celui de pouvoir participer à la vie de la cité. Être citoyen. Pourtant la notion de citoyenneté pourrait être complètement détachée de celle de nationalité. Elle ne répond non pas à la question « qui suis-je ? » mais bien à « Comment vivre ensemble ? Comment s’organiser pour construire un avenir commun ? ».

Une citoyenneté à plusieurs niveaux

Ne pas permettre à l’ensemble des résidents du territoire français d’exercer ce droit ce n’est ni plus ni moins que les considérer comme des citoyens de seconde zone. Nicolas Sarkozy a annoncé dans sa campagne qu’il voudrait supprimer le droit de vote des exilés fiscaux. Pourquoi alors ne pas autoriser à voter toutes les personnes payant des impôts en France ? La réponse est simple. Le refus du droit de vote des résidents étrangers n’est qu’un moyen de plus pour cette droite raciste de diviser la population en reprenant à son compte arguments du Front national. Cette même droite qui vient ensuite nous parler de « problèmes d’intégrations ». Honte à eux !

Il est temps que cela change. Alors qu’en période d’élection présidentielle la question du droit de vote des résidents étrangers s’invite au débat, c’est le moment d’inverser les rapports de forces. Les résidents étrangers doivent être enfin considérés comme des citoyens à part entière par la République.

L’égalité et la dignité de tous passent aussi par le vote, à toutes les élections.

Jalys Chibout

DU FN À L’UMP, DES POLITIQUES QUI CHANGENT NOS VIES

(POUR LE PIRE)

Dès son élection en 2007, Nicolas Sarkozy donnait le ton avec la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Cinq ans plus tard le constat est accablant : manipulation des chiffres, effets d’annonce, les polémiques, les débats à sens unique et les mesures réactionnaires sont les armes quotidiennes de la droite.

L’objectif de cette stratégie : détourner l’attention et de diviser la classe des travailleurs.

ump fn saigneeÀ l’approche des présidentielles, les deux partis vont crescendo pour faire croire aux électeurs que les solutions à la crise du capitalisme résideraient dans les problématiques de l’immigration et de l’insécurité, que les deux questions seraient intiment liées. Au travers de propositions concernant les populations migrantes légales ou irrégulières, le parti présidentiel et le parti des Le Pen se mènent une course pour savoir qui sera le plus stigmatisant.

Les réactionnaires et les xénophobes gouvernementaux veulent faire croire que les « sans papier » sont des fraudeurs en puissance et coûtent cher à la France, ils veulent absolument faire un lien entre délinquance et immigration ou encore intégrer le concept d’identité nationale dans les esprits pour concurrencer le Front National sur son terrain favori.

Une politique médiatique matraquée à chaque journal télévisé

Pourtant la politique fondée sur la stigmatisation, la répression et l’exploitation des migrants est irresponsable et injuste.

Quelques chiffres pour comprendre : Les travailleurs immigrés cotisent annuellement 2 milliards d’euros et participent ainsi notamment au financement des retraites. Cependant ils ne bénéficient d’aucun droit correspondant aux cotisations sociales qu’ils versent.

Les travailleurs « sans papier » quant à eux participent pour 4% du Produit Intérieur Brut par an selon l’OCDE. Alors que la droite nous parle de dette publique motivant l’austérité, on constate que le coût de 5 ans d’expulsion correspond au déficit de l’assurance vieillesse.

La désignation de boucs émissaires, le rejet de l’autre et le climat de peur proposés par le FN et l’UMP, ne résoudront en rien la situation des 5 millions de chômeurs et des 8 millions de français vivant sous le seuil de pauvreté.

Expulser à grand frais, imposer de se serrer la ceinture en temps de crise et dans le même temps de fournir des travailleurs corvéables à merci, tout cela se fait pour les plus grands profit des actionnaires.

Thomas Roger-Moellic

Claude Guéant LA POLITIQUE DE LA FUITE EN AVANT

En annonçant fièrement « ses chiffres » le 10 janvier dernier, le ministre de l’intérieur, illustre parfaitement la fuite en avant du gouvernement. En se donnant pour objectif une meilleure régulation de l’immigration par sa diminution, alors même qu’elle est un fait amené à croître, il prépare son échec et des désastres humains.

elfAvec « un meilleur contrôle de l’immigration familiale » (12 613 titres), et une légère augmentation du nombre d’étudiants étrangers (60 000), c’est une autre réalité que le gouvernement amplifie : celles des sans-droits obligés de se cacher ? Combien doivent vivre cet enfer ? Une seule certitude : en 2011 environ 200 000 Obligations de Quitter le Territoire Français (OQTF) ont été délivrées et 32 912 expulsions ont eu lieu.

On est bien loin d’une invasion tant redoutée par la droite, mais la circulaire Guéant sur les étudiants diplômés vient pourrir encore un peu plus leur vie. En augmentant le seuil des revenus nécessaires, en fermant la porte à certains métiers, en mettant toujours plus leur vie entre les mains de préfets, il en vient même à contredire l’idée d’ « économie de la connaissance » en s’attirant les remontrances – discrètes – du patronat.

À Trappes, dans les Yvelines, c’est au moins 6 jeunes qui sont en danger. Qu’ils vivent en famille, suivent des études, aient des parents français ou soient nés ici. Les collectifs qui s’organisent pour les soutenir se donnent un double objectif : faire respecter leurs choix de vie, et mettre en perspective les mesures antisociales dont sont victimes les jeunes, les poussant toujours plus loin dans les trous noirs de la dignité. Un combat que replace chaque humain au cœur de nos choix.

Matthieu Brunet

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