Admission Post-Bac : garder le sens de l’orientation

9 mai 2016 by  
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Le 2 avril dernier, c’était la date limite des vœux pour la procédure. Quand certains y voient un moment clé dans le passage à la vie adulte, c’est de plus un parcours du combattant dans un système scolaire inégalitaire.

Alors que pour de nombreux lycéens, le passage du lycée à une formation supérieure est un parcours du combattant, le taux important d’échecs en première année en est un révélateur. Cela est du à la fois à des conditions déplorables d’accès aux informations sur les différentes parcours mais aussi de la casse du système mis en place, comme avec les profondes modifications faites à la procédure APB.

Cette année, la procédure d’admission dans des études supérieures après l’obtention du bac, plus communément appelée APB, connait de nombreuses modifications. Par exemple, c’est l’introduction des vœux groupés pour les filières dites prisées ou en « tension ». C’est le cas des licences de droit, de STAPS, de Psycho. Désormais, lorsqu’un lycéen désire intégrer l’une des ces filières, il sera contraint de réaliser le classement, pour chaque filière choisie, des différentes universités la proposant dans la même académie. Les bacheliers n’obtiendraient donc pas forcément l’établissement le plus proche de chez eux et le financement d’étude loin de chez soi passe pour de nombreux élèves, au détriment de leurs études, par le travail salarié.

A côté de cela, les universités qui sont en manque de place organisent en toute illégalité des tirages au sort, augmentent les frais d’inscriptions ou pire encore. Certaines mettent en place des procédures de sélection pour des filières en théorie non-sélective. Normalement, la seule condition pour y accéder est l’obtention du Bac. Face aux restrictions budgétaires imposées aux Universités, elles préfèrent faire le choix de former moins d’étudiants. C’est une véritable remise en cause du droit à l’accès aux études supérieures, chacun doit pouvoir décider de son parcours de vie.

La casse du service public de l’orientation n’arrange rien. Les chiffres du ministère de l’Éducation nationale indiquent que les effectifs d’enseignants ont baissé de 10% ces quinze dernières années.Un cadre loin d’être idéal pour aborder sereinement son avenir quand on a raté plusieurs heures de cours dans la semaine en raison d’une politique de baisse des effectifs. Dans la plupart des lycées, la présence du conseiller d’orientation est aléatoire et pour cause : 1 seule conseiller-psychologue doit assurer le suivie de plusieurs lycées à la fois. Résultat, ils ne sont présents que quelques jours dans la semaine, ce qui ne permet pas le suivie réel des élèves dans la construction d’un projet de vie émancipateur. Pour se motiver, les jeunes sont invités à solliciter des coaches en orientation. Comme si cette dépense était à la portée de tous, comme un symbole d’une éducation nationale qui démissionne de ses responsabilités.

Face à cela, l’embauche massive de conseillers d’orientation et l’arrêt immédiat du processus de rationalisation territorial des C.I.O (centre d’information et d’orientation) qui se soldent par une suppression pure et simple des centres, obligeant certain à faire des dizaines dekilomètres pour obtenir un rendez-vous.

Il est urgent de faire face aux inégalités d’accès aux études supérieures et de permettre à chaque jeune de décider de son avenir avec toutes les cartes en mains. Exigeons de vrais moyens pour nos études maintenant pour mieux vivre demain.

Arthur Scetbon

Travail, Formation… Nous, c’est l’égalité!

21 février 2012 by  
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ÉRADIQUER TOUTES LES DIVISIONS ET DISCRIMINATIONS

En France, on dirait qu’à chaque jour suffit sa haine. Un jour, tous les chômeurs sont accusés d’être des fainéants qui ruineraient le pays, le suivant ce sont les étrangers qui menaceraient nos valeurs, nos emplois, nos familles. Pendant que le gouvernement garantit les milliards de ses copains patrons et banquiers, certains de ses ministres ont pour seule mission que nous dresser contre nos voisins.

Ils sèment la haine et menacent le vivre ensemble pour masquer l’exploitation. C’est une atteinte profonde à l’égalité des femmes et des hommes car étudier, travailler, se déplacer n’ont aucun rapport avec la nationalité, le sexe, l’origine ou la couleur de peau. Nos différences ne sont pas des obstacles ! L’émancipation de chacun, notre épanouissement, dépasser les contraintes et les oppositions du quotidien, c’est permettre l’émancipation de tous. Disposer de son corps notamment pour les jeunes filles par l’accès à la contraception, la régularisation de tous les sans-papiers, le droit de vote et d’éligibilité des résidents étrangers, travailler sur les représentations qui créent la violence et les discriminations envers les femmes, les homosexuels, les immigrés, condamner sans faiblir tous les propos racistes. Tout cela, c’est renouveler, redonner du sens à l’égalité et à la fraternité. C’est -avancer vers une citoyenneté pleine et entière dans tous nos lieux de vie. Pour que l’égalité soit une réalité pour tous, tous les jours et ne reste pas lettre morte dans un texte de loi.

Léo Giap

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ÉRADIQUER LA PRÉCARITÉ !

La logique capitaliste impose à l’ensemble de la jeunesse une période de précarité avant, peut-être, une insertion professionnelle durable. En moyenne l’accès à un emploi stable a lieu aujourd’hui à partir de 27 ans en France.

Alors la jeunesse, au lieu d’être synonyme de découverte, d’émancipation, de construction personnelle et collective, se réduit à la période où s’impose la loi du « chacun pour soi ». Contrainte de se faufiler au travers des sélections tout au long de l’éducation, la vie, ou plutôt la survie, s’organise autour de stratégies d’adaptation à la précarité et à l’austérité.

Faire progresser les droits de tous les salariés

Dans cette campagne électorale, le débat est ouvert : faut-il poursuivre cette logique ? Faut-il encore inventer des nouveaux contrats spécifiques aux jeunes ? Jusqu’ici, plus les jeunes sont sortis du droit commun, plus leur situation s’aggrave et plus celle de l’ensemble des salariés régresse.

Dans les faits, les stages et l’alternance ont massivement été détournés de leur vocation. Il faut leur redonner tout leur sens pédagogique et concrétiser les engagements de tutorats et de formation. Le recours systématique et abusif aux CDD et à l’intérim peut être enrayé dans les entreprises. Le défi est bien de sortir les jeunes de leur situation de faiblesse face aux employeurs (« accepte un stage ou va voir ailleurs »). Or, leur garantir des ressources pour vivre, éradique du même coup l’obligation d’accepter n’importe quelles conditions pour survivre ou étudier.

Estelle Brousse

LA RÉUSSITE DE TOUS, UNE NOUVELLE AMBITION

Suppressions de postes, fermetures de filières, classes surchargées, répression ou intimidation des lycéens qui s’engagent : pour le gouvernement, l’éducation doit être soumise aux intérêts des entreprises. Comme pour la réforme des universités, les financements diminuent et les entreprises dictent les programmes.

Résultat : les inégalités sont renforcées et de nombreux jeunes arrêtent les études faute d’argent.

4 priorités pour tout changer

Pour sortir l’école des inégalités, 4 priorités sont incontournables: former tout le monde dans de bonnes conditions, permettre à chacun de choisir son parcours y compris grâce une allocation pour ne plus être contraint de bosser en même temps que ses études, développer l’intervention des élèves et étudiants dans leur formation et la vie de leur établissement tout au long de leurs études, développer la qualité des contenus des enseignements et varier les formes de diffusion des savoirs. Il faut aussi que soient respectés tous les droits des jeunes en formation professionnelle.

Ça change quoi, concrètement ?

Ça permet à chacun de ne pas s’orienter à l’aveuglette ou sans avoir le choix, de réussir ses études sans être en concurrence avec les autres, de développer son esprit critique et d’accéder à un travail épanouissant et justement payé. C’est sûr que la droite et le patronat ne souhaitent pas vraiment que les jeunes décident de leur avenir…

Linda Guardiola

DU FN À L’UMP, DES POLITIQUES QUI CHANGENT NOS VIES

(POUR LE PIRE)

Dès son élection en 2007, Nicolas Sarkozy donnait le ton avec la création d’un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Cinq ans plus tard le constat est accablant : manipulation des chiffres, effets d’annonce, les polémiques, les débats à sens unique et les mesures réactionnaires sont les armes quotidiennes de la droite.

L’objectif de cette stratégie : détourner l’attention et de diviser la classe des travailleurs.

ump fn saigneeÀ l’approche des présidentielles, les deux partis vont crescendo pour faire croire aux électeurs que les solutions à la crise du capitalisme résideraient dans les problématiques de l’immigration et de l’insécurité, que les deux questions seraient intiment liées. Au travers de propositions concernant les populations migrantes légales ou irrégulières, le parti présidentiel et le parti des Le Pen se mènent une course pour savoir qui sera le plus stigmatisant.

Les réactionnaires et les xénophobes gouvernementaux veulent faire croire que les « sans papier » sont des fraudeurs en puissance et coûtent cher à la France, ils veulent absolument faire un lien entre délinquance et immigration ou encore intégrer le concept d’identité nationale dans les esprits pour concurrencer le Front National sur son terrain favori.

Une politique médiatique matraquée à chaque journal télévisé

Pourtant la politique fondée sur la stigmatisation, la répression et l’exploitation des migrants est irresponsable et injuste.

Quelques chiffres pour comprendre : Les travailleurs immigrés cotisent annuellement 2 milliards d’euros et participent ainsi notamment au financement des retraites. Cependant ils ne bénéficient d’aucun droit correspondant aux cotisations sociales qu’ils versent.

Les travailleurs « sans papier » quant à eux participent pour 4% du Produit Intérieur Brut par an selon l’OCDE. Alors que la droite nous parle de dette publique motivant l’austérité, on constate que le coût de 5 ans d’expulsion correspond au déficit de l’assurance vieillesse.

La désignation de boucs émissaires, le rejet de l’autre et le climat de peur proposés par le FN et l’UMP, ne résoudront en rien la situation des 5 millions de chômeurs et des 8 millions de français vivant sous le seuil de pauvreté.

Expulser à grand frais, imposer de se serrer la ceinture en temps de crise et dans le même temps de fournir des travailleurs corvéables à merci, tout cela se fait pour les plus grands profit des actionnaires.

Thomas Roger-Moellic

AUSTÉRITÉ : COUP POUR COÛT

10 octobre 2011 by  
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jeunestrinquentL’austérité ne s’est pas arrêtée à nos frontières. Le gouvernement Sarkozy-Fillon opère les mêmes mesures que nos voisins européens pour maintenir le fameux « équilibre budgétaire ». Le choix est clair : une thérapie de choc pour casser nos droits.

Dans l’éducation, ce ne sont pas moins de 90 000 postes d’enseignants, d’assistants d’éducation, d’infirmiers qui seront supprimés d’ici 2012 (16 000 rien que pour cette rentrée). Face à l’augmentation du nombre de jeunes dans le système éducatif, le gouvernement fait le choix d’une éducation choisie et de qualité pour une petite minorité. Les autres devront se contenter de diplômes qui n’auront pas la même valeur grâce à l’autonomie des établissements mise en place par Luc Chatel. Conséquence directe : selon où on a fait ses études on n’aura pas les mêmes droits ni la même rémunération au travail.

Éducation, travail, santé… tout y passe

Sur le terrain du travail d’ailleurs, c’est aussi des cadeaux à la chaîne pour les patrons. Pourtant la situation est grave : en 2010, 36% des jeunes diplômés étaient encore au chômage 8 mois après leur entrée dans la vie active. Les mesures pour contrer ce phénomène seraient une véritable farce si elles ne servaient pas à augmenter les marges de profit des entreprises par la précarisation des jeunes : multiplication des dispositifs de travail pas cher voire gratuit (entre 300 et 500 euros par mois) à travers le service civique, l’apprentissage ou les stages bidons. Le message est clair : « souffre en silence et prends le peu qu’on te donne ». Le gouvernement veut même contraindre les allocataires du RSA – qui pourtant touchent un revenu (466 euros pour une personne seule) sous le seuil de pauvreté (954 euros par mois) – à travailler 7 heures par semaine pour presque rien.

Nombreux sont les droits qui relèvent aujourd’hui du luxe : le logement avec 31% des moins de 20 ans mal-logés et une part dans le revenu d’un étudiant qui dépasse les 50%, ou encore la santé avec 1 jeune sur 4 qui renonce à se soigner faute de moyens, et ne parlons même pas de la culture qui devient de plus en plus un rêve lointain.

Malgré les tentatives de division au sein de la jeunesse – à l’image du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, qui impute, loin de toute réalité, l’échec scolaire et le chômage aux enfants d’immigrés ou encore de Jean-François Copé qui propose un « serment d’allégeance aux armes » (pour réaffirmer la fidélité à la patrie ! du jamais vu depuis Vichy) – les jeunes ne s’en laissent pas compter et battront le pavé dès le 15 octobre !

Nordine Idir

MOBILISATION POUR l’EDUCATION AU CHILI

10 octobre 2011 by  
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chili

Depuis près de quatre mois, de très importantes manifestations de plusieurs centaines de milliers de manifestants secouent le Chili qui ne compte que 16,7 millions d’habitants. Les étudiants et les lycéens sont à la tête de cette grande mobilisation pour une éducation gratuite, publique et laïque. Ils ont été rejoints à la fin de notre été (puisque c’est l’hiver pour eux) par les familles et les travailleurs, notamment avec une grève générale lancée par le premier syndicat du pays, la CUT. La répression est violente. La démission du ministre de l’Intérieur est d’ailleurs demandée depuis la mort d’un jeune, tué par un policier lors d’une manifestation. Malgré cela, les jeunes Chiliens, obligés de s’endetter pour poursuivre leurs études, semblent décidés à obtenir un autre système d’éducation face à leur président de droite, Sebastián Piñera.

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