Élections départementales 2015: et les droits des jeunes?

16 mars 2015 by  
Filed under A la Une, France

Les 19, 20 et 21 Décembre dernier le Congrès du MJCF a lancé une Charte revendicative : 10 batailles urgentes pour l’avenir des jeunes ! Cette charte reprends les contenus concrets que les jeunes communistes développent déjà dans leurs villes, ou veulent développer.

Elle à pour principal objectif d’améliorer concrètement nos conditions de vies en tant que jeunes. Accès à l’emploi, garantie d’un travail stable et rémunéré correctement, droit aux transports, à une éducation de qualité, vivre ensemble dans un monde de paix sont autant de positions pour lesquelles nous luttons.

En 2013, François Hollande parlait de la diminution du nombre de régions, de la future suprématie des intercommunalités et la destruction des départements. La réforme territoriale engagée par les gouvernements précédents prend désormais de plus en plus d’importance avec le gouvernement socialiste, et ce au nom « d’économie dans les services publics ». Pourtant, c’est bien de plus de moyens qu’ont besoin les politiques publiques pour en finir avec les politiques d’austérité qui nous touchent jusque dans nos départements. Supprimer les départements, c’est sacrifier la démocratie en nous éloignant toujours plus des lieux de décisions, et c’est casser de nombreuses politiques en direction des jeunes.

Les élections départementales, des 22 et 29 Mars prochain, sont donc un enjeu électoral plus que décisif pour les jeunes et la démocratie locale. Les départements et les conseils départementaux sont des institutions incontournables en ce qui concerne les politiques sociales et de jeunesse. A nous de faire de cet évènement le moyen de faire entendre nos revendications pour des politiques ambitieuses en direction des jeunes.

Le département est une institution qui agit pour l’action sociale, nécessaire à la solidarité, et c’est là ce que nous revendiquons : plus de crèches départementales, des aides d’envergure pour le sport, pour les associations, pour les vacances !

Nous revendiquons aussi un accompagnement dans l’autonomie, à travers notamment nos formations, et les conseils généraux y ont un rôle à jouer. Par exemple, la proposition 2 de la charte est que «Les formations doivent être émancipatrices : permettre à chacun de développer un regard critique et d’être autonome. ». Concrètement, cela peut se traduire par des aides à la recherche de stages ou d’emploi par le département, des accompagnements solidaires et personnalisés, ou encore le travail avec les missions locales. Voilà donc tant de propositions d’actions sociales pour nous aider à bien commencer notre vie d’adulte !

Témoignages

AG: C’est quoi pour toi un département communiste comme le Val-de-Marne ?

Maëlle – 16 ans, lycéenne – Val-de-Marne

Pour moi, le département c’est des actions au quotidien dans la vie des gens. Mon département est communiste et mon expérience la plus importante est que le Conseil Général rembourse la moitié de ma carte de transports. Ma mère – si elle n’était pas remboursée à l’année – avec le salaire qu’elle a, ne pourrait pas me payer les transports au vu de tous les autres choses qu’elle à payer ! Le Conseil Général du Val-de-Marne c’est aussi beaucoup d’aides pour le sport. Quand j’étais plus petite j’ai fais pas mal de sports grâce à ces subventions !

Jeanne – 19 ans, étudiante en histoire – Val-de-Marne

Un des premiers rapports que l’on a avec le département quand on est jeune c’est la distribution de matériels pour l’éducation : dictionnaire, clé USB, ordinateur… Cela traduit l’importance que donne le département du Val-de-Marne à l’éducation et à l’enfance. Les crèches départementales sont très nombreuses dans le Val-de-Marne, à la fois pour aider les parents mais pour permettre dès le plus jeune âge l’accès à tous à l’éducation et aux loisirs. Le département du Val-de-Marne c’est aussi la création d’espaces verts, comme le parc des Cormailles, à Ivry-sur-Seine, qui est en plein centre-ville, fréquenté par tous, on y croise des personnes de tout âge et il y a un mur d’expression artistique qui fait sortir l’art et la culture de son cadre institutionnel auquel tous les jeunes n’ont pas forcément accès.

Loup-Etienne – 21 ans, ingénieur dans le son – Val-de-Marne

Le département c’est une institution très représentative de la population, qui a beaucoup de moyens d’action et qui peut donc apporter des réponses par rapport aux problèmes du quotidien. J’ai été particulièrement sensible à la création des parcs départementaux qui sont des « poumons verts » dans nos villes urbanisées. On vit entouré d’immeubles et les parcs ça nous fait un bien fou ! L’accès à la culture est aussi très important pour le Conseil Général du Val-de-Marne, qui subventionne les associations, les activités culturelles pour les écoles, des projets de films, etc… Et puis aussi le Mac-Val (musée public d’art contemporain) ! Mais la culture est partout, elle est aussi dans nos rues, et nos élus communistes tiennent à cette « culture pour tous », avec par exemple le FestiJunior est financé par le Conseil Général. C’est un festival qui accueille 28 000 personnes dont une très grande partie de jeunes.

 

AG: Quels sont les enjeux des élections départementales dans ton département ?

Marie-Lou19 ans, étudiante en histoire et lettres modernes – Alpes-Maritimes

Je suis candidate aux élections départementales à Nice dans le canton du Port-La vieille ville. Le Conseil Général des Alpes-Maritimes est présidé par Eric Ciotti (UMP) qui n’hésite pas à faire des alliances avec le FN et l’extrême droite. Ils ont divisé le canton communiste en deux et on voulait avoir un délégué départemental pour le prochain mandat pour revendiquer que l’on est contre l’austérité. Cela passe par la revendication pour avoir plus de logements sociaux et de cité universitaire car le foncier à Nice est très cher. Nous demandons aussi à favoriser l’insertion des jeunes à l’embauche avec plusieurs partenariats (missions locales, entreprises locales). C’est aussi une lutte pour avoir plus d’accès à la santé : le planning familial très peu ouvert ou le personnel est débordé, il n’y a pas assez de moyens mis dans la santé et dans les locaux qui sont en mauvais état. Et en ce qui concerne les transports, les jeunes encore plus précarisés car nous avons beaucoup de problèmes à nous déplacer.

Théodore23 ans, étudiant en Master d’histoire recherche – Haute-Garonne

Je suis candidat aux élections départementales à Léguevin. Chez nous, il y a de fortes disparités entre le milieu rural et l’agglomération toulousaine et nos revendications en tant que jeunes concernent surtout les questions de transports. Il n’y pas beaucoup de lignes hors de Toulouse et surtout le service se termine tôt (souvent vers 18h ou 19h). Cela veut dire : pas de sorties le soir et ça rend aussi l’accès aux loisirs très compliqué. Donc, on demande une extension de l’amplitude horaire des transports ainsi qu’un ticket unique pour les réseaux de bus, de TER et de métro dans le département. Nous revendiquons que le département aide les petites communes à construire des MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) pour favoriser l’accès aux loisirs et offrir un espace aux jeunes. Tout ça, c’est le Conseil départemental qui doit s’en occuper.

Propos recueillis par Sabrina Robin