90 ANS D’AVANT GARDE : UN JOURNAL PORTEUR DE VALEURS

12 décembre 2010 by  
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Quel est le contexte ? En 1920, la Première guerre mondiale (1914-1918) est finie depuis deux ans. Lors du conflit, la principale formation de gauche, le Parti socialiste (SFIO) a pris parti pour la guerre.
Au sortir de l’effroyable boucherie, nombre de jeunes s’engagent pour le communisme, inspirés par la révolution d’Octobre qui a permis à la Russie soviétique de sortir de la guerre avant les autres. Ces jeunes diffuseront Avant Garde(AG).

Lutte pour la paix et anticolonialisme
Il sera beaucoup question de lutte pour la paix dans les pages du journal fait par et pour les jeunes. Le baptême, c’est en 1923, quand AG dénonce l’invasion par la France de la Ruhr, une région allemande dont Paris voulait piller les richesses. Au 20ème siècle, quand l’on parle de paix, l’anticolonialisme n’est jamais loin. Dès 1925, le magazine prend fait et cause pour les indépendantistes marocains que l’impérialisme français veut mater lors de la guerre du Rif. Mais ce n’est malheureusement que le début d’une longue série de guerres coloniales contre lesquelles les rédacteurs et diffuseurs d’Avant Gardeauront à lutter : en Algérie, au Vietnam. Plus récemment, le journal s’est illustré en dénonçant les guerres au Kosovo (1999), en Afghanistan (2001), en Irak (1990-91, puis 2003), et les attaques incessantes d’Israël contre les Palestiniens et du Maroc contre les Sahraouis.

Antiracisme et antifascisme
L’antiracisme, l’antifascisme sont des valeurs de référence d’Avant Garde. Après avoir participé au Front populaire dans les années 1930, les jeunes communistes et leur journal s’engagent dans la Résistance. Trois-cents numéros, qui vilipendent l’occupation nazie et les collaborateurs de Vichy, vont paraître pendant la Seconde guerre mondiale. Par la suite, ces valeurs ne tombent pas dans l’oubli. Au contraire ! On les retrouve dans la lutte au début des années 1970 pour la libération d’Angela Davis. Militante communiste, noire-américaine, elle est injustement accusée d’avoir fourni des armes à des fugitifs. La campagne internationale permettra sa libération. On retrouve ces valeurs quand Avant-Garde relate les invasions par les jeunes communistes de l’ambassade du Chili dans les années 1970 contre le coup d’État fasciste de Pinochet, de celle d’Afrique du Sud dans les années 1980 pour dénoncer l’apartheid et réclamer la libération de Nelson Mandela.

Des droits pour les jeunes
Le troisième fil rouge du journal est illustré par ce titre des années 1930 : « Jeunes de France, unissez-vous pour votre vie, vos droits, vos libertés ». Améliorer la condition
des jeunes, telle est la préoccupation du journal qui réclame le droit de vote pour les jeunes aux élections professionnelles en 1928, ou pour les élections politiques dès l’âge de 18 ans avant 1974. Le journal évoque les conditions de vie dans les entreprises.
Avant-Garde, c’est aussi un outil d’éducation popu- laire. Qui tente d’expliquer pourquoi la crise dure depuis les années 1970. Qui décrypte les réformes qui cassent l’éducation, le marché du travail… et aujourd’hui les retraites. Un journal qui dénonce, donne son point de vue, et offre des clés pour comprendre. Longue vie à lui !

Gaël De Santis