Transports : De bordeaux à Lille, on nous met plus à l’amende !

15 février 2013 by  
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« Horizon, le réseau de transports en commun gratuit », c’était en 2001. Trop coûteux et trop peu rentable, favorisant encore trop l’usage de la voiture, difficilement accessible aux plus démunis, voilà ce qui pousse la communauté d’agglo Castelroussine à mettre en place la gratuité des transports. Un enjeu à Toulouse, à Bordeaux, à Rennes, à Lille…

En France, les réseaux de transports urbains (bus, tramways et métros), sont structurés par les Autorités Organisatrices des Transports, collectivités publiques, liées aux Communautés de communes et urbaines élues. Elles décident  de la politique de desserte et des tarifs. Par  nos impôts, elles assurent l’achat et l’installation des infrastructures et du matériel, et peuvent assumer directement la gestion et l’exploitation (c’est la régie publique), ou en délégation de service public (par une entreprise privée).

Dans un contexte de concentration de la population dans les zones urbanisées, les besoins de déplacement sont de plus en plus importants : les trams et métros couvrent aujourd’hui une vingtaine d’agglomérations et plus de 10 millions d’habitants. La problématique de l’accès à un transport public de qualité dans les zones péri-urbaines et rurales se fait de plus en plus urgente. Mais depuis maintenant une décennie, les compagnies privées Véolia ou Kéolis s’organisent pour récupérer l’exploitation des transports publics en délégation comme on acquiert des parts de marché, réalisant au passage 7.8 et 4.4 millions d’euros de chiffres d’affaire.

Combattre l’austérité

Au fil des désengagements de collectivités déjà asphyxiées par l’austérité, les tarifs augmentent, les conditions de travail des cheminots, et avec elle, la qualité du service public se dégradent. Loin d’être une solution, les augmentations du prix du ticket, ne représentent environ que 15% des recettes globales, tandis que les dispositifs de contrôle et d’amendes sont parfois carrément à l’origine de déficits. Ce sont en fait les subventions, et parmi elles, la taxe Versement Transport (payée par les entreprises) ainsi que d’autres ressources issues du contribuable qui, elles, représentent 70 à 80%, du budget total. Face à cette situation, les luttes syndicales et politiques se sont développées dans le secteur : ainsi, les salariés sont régulièrement mobilisés pour les négociations annuelles des salaires, pour le maintien de l’emploi ou bien encore pour le retour à la régie publique. En Seine-St Denis, les élus communistes ont porté plainte contre la RATP pour discrimination territoriale : les jeunes du 93 tombent sous le coup d’une triple peine : en plus d’être éloignés de leur lieu de travail par manques de moyens pour se loger, ils paient des coûts de transports exorbitants, empruntent le RER B à des stations mal desservies.  De la campagne pour le remboursement de la carte Imagin’R par le conseil général, à celle pour la gratuité des transports à Lille (voir article ci-contre), le tout sous-réaffirmation de l’importance d’un service public assurant le droit à se déplacer comme partie intégrante du droit collectif à travailler, étudier à avoir des loisirs dans les meilleures conditions.

Clément Lorillec

NOUVEAU TRAITE EUROPEEN : DE L’AUSTERITE A LA SOUMISSION DES PEUPLES

7 juin 2012 by  
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S’il était adopté, le nouveau traité européen écrit par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, la dirigeante de l’Allemagne, pourrait plonger les peuples européens dans l’austérité permanente, et casser toute résistance, nationale ou internationale. La défaite du président sortant ne signifie pas l’abandon de ce sinistre projet.

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L’Europe va mal, nous dit-on. Nous pouvons au moins être d’accord sur ce constat : la Grèce a été saignée à blanc (baisses drastiques des salaires, des retraites et des minima sociaux, privatisations en chaîne…), et la situation de l’Espagne ne vaut guère mieux (le taux de chômage avoisine les 25%, plus d’un jeune sur deux n’a pas d’emploi). L’Italie, l’Irlande et le Portugal sont dans une situation de plus en plus précaire. Tous ces pays sont asphyxiés par les politiques d’austérité qui y sont mises en place.

L’Union Européenne, moteur du capitalisme

Dès lors, selon les gouvernants européens, le remède miracle résiderait dans la poursuite de la construction de l’Union Européenne (UE) telle qu’elle a été réalisée depuis soixante ans : une Europe au service des marchés. En effet, le nouveau traité européen, baptisé Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire, ne fait que semer dans le sillon tracé par ses prédécesseurs. Pour paraphraser Karl Marx, on peut dire que l’Histoire de l’UE, depuis la signature du traité de Rome en 1957, n’a été que l’Histoire de l’asservissement des peuples d’Europe aux intérêts du capital.

Elaboré en catimini par Sarkozy et Merkel, ce traité s’inscrit donc dans un cadre clairement défini. Intéressons-nous notamment à sa fameuse « règle d’or », la loi qui interdit les déficits des Etats. Concrètement, les Etats-membres doivent l’inscrire dans leur Constitution et s’engager alors à ne plus avoir de décalage entre leurs ressources et leurs dépenses. Le tout sanctionné par une Cour de Justice Européenne. Le but ? L’austérité permanente, le démantèlement des services publics et l’impossibilité de mener une véritable politique sociale. La politique budgétaire ne serait donc plus décidée par nos représentants, mais contrôlé par des petits groupes d’experts non élus !

Exiger un référendum et organiser la résistance populaire

Sarkozy et Hollande ne demandent pas leur avis aux peuples d’Europe. Au mieux, ils « renégocient » le traité. Mais c’est cette Europe antidémocratique et antisociale qui empêche de sortir de la crise. L’exigence d’un référendum sur ce traité va donc au-delà d’un besoin de démocratie. Les citoyens européens doivent pouvoir décider de leur avenir, et s’ils le veulent,  jeter les bases d’une nouvelle coopération entre les Etats, fondée sur la solidarité entre les peuples.

Pierre Tissot

D’UNE CRISE A L’AUTRE

7 juin 2012 by  
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Grèce, Italie, Irlande, Portugal, Espagne, le débat sur la « crise de la dette » qui fait trembler l’Europe aujourd’hui, s’est déjà produit ailleurs et dans l’Histoire. Quand les peuples s’en emparent, d’autres solutions que l’austérité capitaliste sont possibles.

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Tout le monde connaît Maradona et le Che et a entendu parler de tango et d’Evita. Ayant amputé son futur aux heures tragiques de 1976, on se souvient de l’Argentine des mères de la Place de Mai réclamant justice pour les 30 000 « desaparecidos », les disparus, cette jeunesse fauchée  par la dictature qui fait cruellement défaut aujourd’hui. Mais qui se souvient qu’en 2001 le meilleur élève du Fonds Monétaire International (FMI) a été plongé dans une crise sans précédent ? Qui se rappelle que des millions d’Argentins dans la rue ont fait plier le pouvoir au cri de « Qu’ils s’en aillent tous » ?

En Argentine, depuis 1976, les Chicago Boys de Washington et du FMI imposaient des coupes budgétaires et des privatisations d’entreprises et services publics.  Peu à peu l’Etat s’est retrouvé sans ressources et les remboursements de ses emprunts ne couvraient que les intérêts des intérêts de la dette de l’Argentine. En 2001 le pays n’est plus incapable de payer ses dettes et c’est l’implosion du  système. Les argentins s’emparent alors de la rue pour chasser le gouvernement. Le peuple rétablit ainsi les marqueurs de la démocratie : les gouvernants sont au service du peuple et non des marchés financiers !

Alors en 2003, avec 60% de gens sous le seuil de pauvreté et 25% de chômeurs, l’Argentine décide de tourner le dos au FMI  en annonçant que le pays remboursera ce qu’il pourra quand il le décidera : c’en est fini de la dictature des marchés. Aujourd’hui, l’Argentine ne compte que 7% de chômage et la pauvreté ne cesse de reculer. La preuve qu’on ne traite pas la famine à coups de régime minceur.

Argentine 2001. Grèce 2012 ?

Récemment, en Islande, deux référendums ont permis de dire NON à la finance mondiale. Comme en Argentine l’argent public n’épongera plus les dettes privées. L’État ne s’y endettera plus pour sauver les banques. En Équateur, plus de la moitié de la dette a été jugée illégale par le gouvernement. Motif : la « dette odieuse » qui fut contractée n’y a jamais servi le peuple mais les seuls intérêts privés de quelques-uns. Après cette décision politique, tous les titres de la dette équatorienne sur les marchés financiers se sont effondrés. La valeur de 3 000 millions € de dette est rachetée, 800 millions  par l’Équateur, économisant ainsi 1,2 milliard € !

La finance n’a de pouvoir que si nous lui en donnons, car le principal danger pour la finance est de demander l’avis des peuples. En Grèce, le gouvernement avait dit : « peut-être un référendum ! » Les marchés financiers et leurs complices au sein de l’Union Européenne ont répondu : « JAMAIS ! » En Argentine, le débat s’est imposé par la mobilisation populaire, en Équateur par un choix politique, en Islande par un référendum populaire.

L’Histoire n’est pas écrite et d’autres choix sont possibles face aux intégristes de la finance qui n’ont que misère et crise à proposer au nom de la dette.

Nicolas Beron-Perez

Solidarité avec la résistance grecque: signez la pétition de l’Humanité

21 février 2012 by  
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Solidarité avec la résistance grecque

part0212Le Peuple grec est en situation de légitime défense.

On tente de lui imposer des politiques d’austérité insupportables. Les plans successifs échafaudés à Bruxelles ou par le conseil européen et présentés à intervalles de plus en plus réguliers comme le seul moyen de le « sauver » du surendettement et de « sauver » l’euro, sont à chaque fois en échec. En se soumettant toujours davantage au diktat des marchés financiers on ne traite pas le malade. On le tue. Poursuivre dans cette voie est aussi insensé que dangereux. L’austérité, fait mal aux peuples européens, elle frappe aussi l’Europe de plein fouet.
Il faut un véritable plan de solidarité avec la Grèce. C’est aussi la seule voie du salut pour l’euro et les partenaires européens d’Athènes. La Banque Centrale Européenne (BCE) doit aider à relancer la croissance et l’emploi en Grèce et partout ailleurs, en finançant – au taux auquel elle prête aux banques à 1% voire moins -, les États et leurs services publics, en leur permettant ainsi de sortir de leurs dépendances des marchés financiers et de leurs taux d’intérêt usuraires.
Partout aujourd’hui la croissance décline. Une nouvelle récession menace la zone euro. La démocratie est piétinée. Des gouvernements non élus, comme celui d’Athènes, sont désignés, des aréopages bureaucratiques dictent leur loi aux assemblées élues. Des décisions autoritaires sont prises pour forcer les résistances populaires contre l’écrasement des salaires et des protections sociales.
La construction européenne ne survivra pas à cette fuite en avant. Les peuples en lutte contre l’austérité ont raison. Ils ont besoin de toute notre solidarité. Nous appuyons l’idée avancée par des économistes, des acteurs du mouvement social et des forces de gauche pour que, par le rachat de titres de dette publique à l’émission, la BCE finance directement les Etats et leurs services publics. Ce serait là le seul moyen de casser les ressorts de la spéculation contre les dettes publiques.
Les différents partenaires de la zone euro doivent pouvoir user du pouvoir de la BCE de créer de l’argent pour financer les immenses besoins de notre temps (sociaux, écologiques, énergétiques, sanitaires etc) et répondre enfin présent à la nécessaire solidarité européenne. Elles ne sont pas inflationnistes puisqu’elles impulsent une productivité supérieure et écologique et des créations de richesses nouvelles dans toute la zone euro.
Le Fonds Européen de Stabilité Financière mis en place par l’UE doit être transformé en un fonds européen de développement social et écologique et dévoué à cette optique. Et la recapitalisation des banques ou leur nationalisation doit être conditionnée à une autre politique du crédit au service de ces objectifs.
L’Europe est à un tournant. Elle ne peut sortir de la crise que si elle s’émancipe de la dictature des marchés financiers et se rend capable d’une promotion sociale, démocratique et écologique partagée.

Rendez-vous sur le site du journal l’Humanité pour signer la pétition

Moody’s sous pression

25 octobre 2011 by  
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moodysHier les locaux de l’antenne française de l’agence de notation Moody’s ont vu défilé jeunes et militants  venus dire leur refus d’être pris en otage.

Moody’s c’est l’agence de notation qui, la semaine dernière, déclarait mettre sous surveillance la France pour s’assurer que la politique d’austérité soit effectivement menée. Une injonction à se soumettre aux marchés financiers adressée au pouvoir politique – et donc au pouvoir de décision de chacun d’entre nous – que dénoncent nombre de personnes à commencer par celles mobilisées le 27 septembre pour défendre l’accès à une éducation de qualité pour tous, les 11 et 15 octobre contre l’austérité.

pierric« Casse de l’éducation, de la santé, chômage et précarité pour les jeunes… c’est ça l’avenir dont rêve  Moody’s et que nous réserve le gouvernement Sarkozy» déclarait, hier devant l’agence, Pierric Annoot, secrétaire général du MJCF, entouré de la cinquantaine de jeunes communistes venus au pied levé.  Après les envahissements de Jean Luc Mélenchon puis du collectif « Sauvons les riches » d’Europe Ecologie, les jeunes communistes ont trouvé portes closes et sécurmoodystueisées par des vigiles. Pour Pierric, c’est « le signe que la pression commence à monter, que la mobilisation leur fait peur ».

Alors pour « ne rien lâcher et les faire plier » ils ont appelé tous les indignés de France, tous ceux qui en ont ras le bol, à « se rassembler devant l’agence jeudi à 18h30 avec le parti communiste puis tous les lundis, toujours plus nombreux » mais également à venir camper dans le square Louis XVI en face de l’agence « pour couper la tête du pouvoir financier ».

Cynthia Traoré

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