DE LA RUE AUX URNES : FAIRE DU VOTE UNE ARME DE CONSTRUCTION MASSIVE

21 février 2012 by  
Filed under on s'bouge

Au printemps prochain, se tiendront les deux principales élections de notre système politique : la présidentielle les 22 avril et 6 mai et les législatives en juin.

de la rue aux urnes

A l’heure où des peuples gagnent le droit d’élire démocratiquement de nouveaux gouvernements, en occident les tenants de l’ordre établi, les grands dirigeants des gouvernements et des banques ont peur, peur des peuples et de la démocratie. En Grèce, en Italie les nouveaux gouvernements ne prennent même plus la peine d’être élus mais sont nommés et composés de technocrates de la finance. A qui le tour ?

Mais ne croyons pas la formule qui veut que « le peuple ne commande pas, il choisit ses chefs ». Bien au contraire, les principes fondateurs de notre droit et de notre Constitution mettent en exergues le « Gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

Mais à nouveau, est martelée l’idée que ces élections sont le temps d’une « rencontre entre un homme et la nation ». Passons sur le sexisme, même si il y aurait beaucoup à en dire. « Il n’est pas de sauveur suprême » dit la chanson, et beaucoup aujourd’hui regardent avec distance le spectacle qui s’affiche sur nos écrans. Pour plus d’un jeune sur deux, la campagne qui a débuté n’aborde pas les questions qui nous concernent (sondage Anacej/Ifop). Le chômage, la précarité ne laissent pas croire à un avenir meilleur. Et pourtant partout les jeunes se mobilisent pour leurs bourses étudiantes, pour un emploi stable et bien rémunéré, pour une éducation de qualité.

Redonner sa place au peuple

Faire de la politique autrement c’est faire, sans attendre avril 2012, de ces luttes des tremplins pour changer les choses. C’est poser clairement l’ambition d’une démocratie nouvelle avec une 6e République qui intègre à tous les niveaux les citoyens aux prises de décisions. Bref, faire de la politique autrement c’est redonner toute sa place au peuple dans le débat public.

C’est l’expérience que propose le Front de Gauche dans cette campagne : ouvrir en grand des espaces militants pour envahir le terrain politique. Partout en France s’organisent des assemblées citoyennes, dans les quartiers, les entreprises, auprès des usagers des services publics. L’objectif : sortir du carcan de la pensée unique, du matraquage médiatique et redonner toute sa place à la discussion et à l’action. L’ambition d’un sursaut démocratique et social salutaire à l’heure de la dictature des marchés financiers.

Renaud Boissac

ÉLECTIONS CANTONALES : VOTONS EN MA(R)SSE

10 février 2011 by  
Filed under France

La démocratie ne débute pas aux franges des moquettes épaisses du Palais de l’Elysée, même s’il lui arrive d’échouer au pied d’un président corrompu. Les élections cantonales de mars prochain seront l’occasion de rappeler que la démocratie se joue aussi, peut-être surtout, à l’échelon local. Pour autant il n’est pas facile de prendre la parole dans un système qui ne la cède pas facilement alors : citoyenneté, démocratie, élus locaux, de quoi parle-t-on exactement ?

La démocratie c’est le partage des pouvoir, la prise de décision collective. En démocratie le pouvoir appartient au peuple qui le gère collectivement, elle trouve donc sa source dans les villes, les entreprises, au lycée, à la fac, là où vivent et produisent les citoyens. L’idée pourrait paraître banale mais cela ne va pas de soi.

Moins de peuple et plus de pouvoir.

Pour la droite au pouvoir, la démocratie ne semble pas être une priorité. Il faut avant tout régler les conséquences d’une crise qu’elle a fabriquée de toute pièce. Sous couvert d’efficacité le gouvernement taille, tel un boucher aveugle, dans le gras de notre système politique. Il y avait trop de professeurs, trop de fonctionnaires, trop d’immigrés, il y a dorénavant trop d’élus. Ainsi la réforme des collectivités territoriales prévoit la fusion des élus régionaux et départementaux pour créer un Conseiller territorial siégeant dans les deux instances. La réforme signe la disparition de dizaines de milliers d’élus locaux. Cette démarche qui consiste à éloigner les centres de décision de la population tend à faire apparaître le pouvoir comme un concept abstrait, qui tombe du ciel et sur lequel le peuple n’a pas de contrôle. Elle oppose citoyens et professionnels de la politique de façon stérile, en totale contradiction avec les fondements de la démocratie dont on s’étonne qu’elle soit « en crise ».

Voter pour résister

De nombreux français, de nombreux jeunes, n’iront ainsi pas voter en mars prochain pour élire leurs Conseillers Généraux. Beaucoup d’entre eux ne sauront peut-être jamais qu’une élection a eu lieu. Plus encore ignoreront que c’est ce jour-là que se sont jouées la suppression de leur aide au transport, l’augmentation des tarifs de la culture, la surcharge de leur collège (voir schéma ci-contre).

Pourtant, face à un gouvernement qui refuse d’écouter la rue, les élections locales sont une arme de plus pour faire entendre une autre voix, mener une autre politique. Voter lors des cantonales de mars 2011 c’est choisir ses élus locaux ceux que l’on peut rencontrer, ceux à qui l’on peut faire part de ses idées, ceux à qui l’on peut demander des comptes. Ce sera également une des dernières chances de construire des pôles de résistance à la politique de Sarkozy avant 2012. Ce sera l’occasion enfin offerte d’agir concrètement en faveur d’une démocratie retrouvée au plus près des aspirations du peuple. Alors pour les cantonales votons en masse.

Zahia Zeitoun

UNE DÉMOCRATIE EUROPÉENNE MALADE

20 août 2009 by  
Filed under International

L’abstention est à nouveau la gagnante du scrutin européen

Au niveau européen, le taux d’abstention atteint 56,9%. Dans certains pays, notamment en Europe de l’Est, ce taux dépasse parfois les 70%. Cette abstention montre bien que l’Europe actuelle ne résulte pas de la volonté des peuples mais des choix d’une minorité qui les exploite au service de ses seuls intérêts. Avec  264 sièges, le PPE (Parti populaire européen, à droite) reste le premier groupe du nouveau Parlement. La droite arrive en tête dans 20 des 27 pays de l’Union. Cette vague bleue est accompagnée d’inquiétantes tâches brunes dans nombre de pays : en Italie la Ligue du Nord est à 10 % ; en Hongrie, le mouvement Jobbik est à 14,8 % ; en Roumanie, l’extrême droite obtient deux sièges ; en Slovaquie, elle en obtient un siège pour la première fois ; en Autriche, elle recueille près de 20% des suffrages ; le Parti du peuple danois passe de 7 à 14 % ;  en Finlande, le Parti des vrais Finnois obtient 9,8 % des voix ; aux Pays-Bas, avec 17 % le parti de Geert Wilders se place deuxième.

Socialistes/ conservateurs : même réponse à la crise

Le PSE (Parti socialiste européen) subit quant à lui une lourde défaite en obtenant seulement 161 sièges. Cette crise de la sociale démocratie européenne semble structurelle : qu’elle soit seule au pouvoir, dans une coalition avec la droite, ou encore dans l’opposition, elle est presque partout à des niveaux très bas, voir historiquement bas comme c’est le cas pour les travaillistes au Royaume-Uni qui réalisent leur pire score depuis 1918. Cet échec s’explique facilement. Pour répondre à la crise et soutenir le système capitaliste, les droites européennes ont mis en place des politiques interventionnistes des Etats dans l’économie. Or ces politiques sont traditionnellement portées par la sociale démocratie (qui les valident d’ailleurs en grande partie – Strauss-Kahn est bien le directeur du FMI). Les sociaux démocrates ne sont donc pas apparus aux yeux des européens mieux placés que les conservateurs pour faire face à la crise.

Front de Gauche : une avancée qu’on aurait aimé voir partout en Europe

Le groupe GUE-NGL (Gauche unitaire européenne et gauche verte nordique) des communistes et progressistes européens reste à peu près au même niveau en proportion au Parlement. À l’heure actuelle, il regroupe 35 députés. Il souffre de la perte de 7 députés italiens et de reculs dans les pays nordiques et en République Tchèque. Mais ces difficultés sont en partie compensées par le gain d’un siège en Allemagne, de deux aux Portugal et de deux en France. Le bon résultat du Front de Gauche, 6,47% des voix – en comptant l’Outre-mer – et 5 députés, est la marque d’une campagne ambitieuse sur le projet politique et unitaire dans le respect des différentes formations qui le composent. Bien sûr le score n’est pas totalement à la hauteur de l’ambition affichée, mais c’est une bonne nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui cherchent une réponse à la crise actuelle. On peut espérer que ce soit le début d’un bouleversement d’une gauche française jusqu’alors totalement dominée par un PS en dérive.

Le haut niveau d’abstention, les percées de l’extrême droite et le manque de visibilité au niveau européen des forces qui proposent une alternative aux politiques capitalistes sont les témoins d’une démocratie malade. Ces élections interpellent tous les communistes et progressistes d’Europe qui ne veulent pas laisser l’UE à ceux qui sont responsables de la crise actuelle et qui persistent dans leurs politiques, à ceux qui nient l’expression populaire, à ceux qui exploitent toujours plus les peuples, en fait à cette classe dominante qui ne connait qu’un double objectif : le pouvoir et le profit.