UNE DÉMOCRATIE EUROPÉENNE MALADE
20 août 2009 by Lorène Barillot
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L’abstention est à nouveau la gagnante du scrutin européen
Au niveau européen, le taux d’abstention atteint 56,9%. Dans certains pays, notamment en Europe de l’Est, ce taux dépasse parfois les 70%. Cette abstention montre bien que l’Europe actuelle ne résulte pas de la volonté des peuples mais des choix d’une minorité qui les exploite au service de ses seuls intérêts. Avec 264 sièges, le PPE (Parti populaire européen, à droite) reste le premier groupe du nouveau Parlement. La droite arrive en tête dans 20 des 27 pays de l’Union. Cette vague bleue est accompagnée d’inquiétantes tâches brunes dans nombre de pays : en Italie la Ligue du Nord est à 10 % ; en Hongrie, le mouvement Jobbik est à 14,8 % ; en Roumanie, l’extrême droite obtient deux sièges ; en Slovaquie, elle en obtient un siège pour la première fois ; en Autriche, elle recueille près de 20% des suffrages ; le Parti du peuple danois passe de 7 à 14 % ; en Finlande, le Parti des vrais Finnois obtient 9,8 % des voix ; aux Pays-Bas, avec 17 % le parti de Geert Wilders se place deuxième.
Socialistes/ conservateurs : même réponse à la crise
Le PSE (Parti socialiste européen) subit quant à lui une lourde défaite en obtenant seulement 161 sièges. Cette crise de la sociale démocratie européenne semble structurelle : qu’elle soit seule au pouvoir, dans une coalition avec la droite, ou encore dans l’opposition, elle est presque partout à des niveaux très bas, voir historiquement bas comme c’est le cas pour les travaillistes au Royaume-Uni qui réalisent leur pire score depuis 1918. Cet échec s’explique facilement. Pour répondre à la crise et soutenir le système capitaliste, les droites européennes ont mis en place des politiques interventionnistes des Etats dans l’économie. Or ces politiques sont traditionnellement portées par la sociale démocratie (qui les valident d’ailleurs en grande partie – Strauss-Kahn est bien le directeur du FMI). Les sociaux démocrates ne sont donc pas apparus aux yeux des européens mieux placés que les conservateurs pour faire face à la crise.
Front de Gauche : une avancée qu’on aurait aimé voir partout en Europe
Le groupe GUE-NGL (Gauche unitaire européenne et gauche verte nordique) des communistes et progressistes européens reste à peu près au même niveau en proportion au Parlement. À l’heure actuelle, il regroupe 35 députés. Il souffre de la perte de 7 députés italiens et de reculs dans les pays nordiques et en République Tchèque. Mais ces difficultés sont en partie compensées par le gain d’un siège en Allemagne, de deux aux Portugal et de deux en France. Le bon résultat du Front de Gauche, 6,47% des voix – en comptant l’Outre-mer – et 5 députés, est la marque d’une campagne ambitieuse sur le projet politique et unitaire dans le respect des différentes formations qui le composent. Bien sûr le score n’est pas totalement à la hauteur de l’ambition affichée, mais c’est une bonne nouvelle pour toutes celles et tous ceux qui cherchent une réponse à la crise actuelle. On peut espérer que ce soit le début d’un bouleversement d’une gauche française jusqu’alors totalement dominée par un PS en dérive.
Le haut niveau d’abstention, les percées de l’extrême droite et le manque de visibilité au niveau européen des forces qui proposent une alternative aux politiques capitalistes sont les témoins d’une démocratie malade. Ces élections interpellent tous les communistes et progressistes d’Europe qui ne veulent pas laisser l’UE à ceux qui sont responsables de la crise actuelle et qui persistent dans leurs politiques, à ceux qui nient l’expression populaire, à ceux qui exploitent toujours plus les peuples, en fait à cette classe dominante qui ne connait qu’un double objectif : le pouvoir et le profit.

