Salah est enfin libre !

19 décembre 2011 par Rédaction  

salah hamouri entouré de ses prochesC’est une grande joie et une victoire pour lui, sa famille, ses proches et tous ceux qui ont lutté pour exiger sa libération que de voir Salah Hamouri retrouver enfin la liberté, après plus de 6 ans et 9 mois d’emprisonnement dans les geôles israéliennes.

Un cas représentatif du sort de milliers de prisonniers palestiniens

Arrêté en 2005 par l’armée israélienne à l’un des quelques 200 check points qui cisaillent la Cisjordanie, Salah dut attendre près de 3 ans avant d’avoir droit à un procès. Vingt audiences plus tard, sans preuves ni témoins des deux chefs d’inculpation dont il fut accusé, Salah dut accepter un compromis, sans jamais cesser de clamer son innocence. Le tribunal miliaire d’Ofer, le condamna alors à 7 ans de prison, un tribunal illégal au regard de l’ONU.

Ce cas est exemplaire de la justice coloniale rendue en Palestine où l’armée est police, juge et bourreau. On estime ainsi que près d’un palestinien sur 3 a déjà été privé au moins un jour de sa vie de sa liberté par l’armée israélienne. Ramené à  l’échelle française, cela donne près de 20 millions de français….Les autorités israéliennes s’assoient donc régulièrement sur les droits fondamentaux des palestiniens dans l’impunité la plus totale.

Pour le gouvernement français, ce fut la politique du deux poids, deux mesures

Malgré cette déclaration de Nicolas Sarkozy en juillet 2007, « J’irai chercher tous les français, où qu’ils se trouvent », peu de gestes auront été produits pour exiger sa libération. Il aura fallu 4 ans, pour que notre président écrive à Netanyahou et 6 ans, pour qu’un ministre rencontre – discrètement – ses parents. Pourtant le gouvernement français ne s’est jamais gêné pour critiquer ouvertement la justice civile mexicaine dans le cas de Florence Cassez, ou intervenir énergiquement pour la libération d’otages à l’étranger.

Et le 28 novembre dernier, alors que Salah Hamouri devait retrouver la liberté, comme plusieurs documents officiels l’attestent, il n’en fut rien. La loi « Shalit » du nom du soldat libéré par le Hamas en octobre, voté par la Knesset le 23 mai 2010, a convertit les peines des prisonniers d’année administratives (345 jours) en année civiles (365 jours). Salah Hamouri était ainsi condamné rétroactivement à 4 mois et demi de prisons supplémentaires. Lui qui n’aurait jamais du faire un seul jour, se voyait prolonger sa peine. Un comble ! L’arbitraire s’ajoutait donc à l’injustice. Dans un silence assourdissant du gouvernement français…

Une forte mobilisation pour exiger sa libération immédiate

Dès son incarcération la mobilisation s’est organisée autour de son comité de soutien, coordonné par Jean-Claude Lefort. Personnalités politiques de tous bord, artistes, associations, organisations politiques et syndicales et le journal l’Humanité qui le mettait à l’honneur chaque jour en affichant son portrait dans ses pages, ont contribué à faire connaitre son sort.

Tous les gestes, petits et grands, de la pétition signée au rendez-vous au ministère, de l’affiche collée aux rassemblements unitaires et débats publics, ont permis de percer le mur du silence médiatique et diplomatique qui entourait son cas.

Et ces derniers jours, des députés de tous horizons, tous les partis de gauche, 11 organisations de jeunes, mais aussi le 2ème personnage de l’état – Jean Pierre Bel, président du Sénat – ont accentué la pression.

Salah aura donc retrouvé la liberté hier avec la seconde vague des prisonniers libérés après l’accord entre le Hamas et le gouvernement israélien. Pour tous ses soutiens, c’est un immense bonheur, même si politiquement beaucoup de choses restent à dire sur les conditions de cet accord.

Pour tous, « la lutte continue ! »

En premier lieu pour les prisonniers politiques palestiniens qui restent enfermés arbitrairement dans les geôles israéliennes, comme Marwan Barghouti, député du Fatah, emprisonné depuis 2002, et l’un des principaux espoirs de paix pour les Palestiniens.

Mais aussi pour l’ensemble des droits des palestiniens, concernant la question du mur, des colonies, du droit au retour des réfugiés, de l’accès à l’eau, de la capitale Jérusalem Est…Un des premiers gestes sera de reconnaitre l’état palestinien à l’ONU. La France le peut. Il faut juste un peu de courage politique pour le faire…et une mobilisation populaire toujours plus grande pour l’y contraindre, comme dans le cas de Salah.

Fabien Gay

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