Palestine : Les villes communistes en première ligne dans le combat pour la paix

11 mars 2014 par  

Si 2014 est officiellement l’année de solidarité avec la Palestine, de nombreuses villes communistes n’ont pas attendu l’ONU pour organiser des partenariats avec la population palestinienne. Alors que les états européens ne se contentent au mieux que de condamner timidement la colonisation qui se poursuit encore illégalement, des dizaines d’élus locaux prouvent que nos municipalités peuvent être des bastions de solidarité avec le peuple palestinien.

Des villes de paix contre la précarité et l’injustice

Depuis 1982, l’Association de Jumelage entre les villes françaises et les camps de réfugiés palestiniens (AJFP) organise des partenariats entre les localités des deux pays. Son président Fernant Tuil, qui est récemment décédé, a contribué durant toutes ces années à la mise en place de nombreux accords de coopération pour lutter contre la précarité et l’oubli dont sont victimes les palestiniens.

La précarité, c’est en effet le quotidien de millions de personnes en Palestine. Situation entretenue par l’armée israélienne qui, en asphyxiant l’économie palestinienne, entend maintenir la pression sur la population. Les destructions d’infrastructures civiles (27 000 bâtiments palestiniens détruits depuis 1967) et les restrictions imposées par Tsahal ont de lourdes conséquences. En 2012, 57% des personnes de plus de 15 ans se trouvaient hors du marché du travail, c’est à dire sans aucune possibilité d’exercer une activité professionnelle. Plus d’une famille sur deux est considérée comme pauvre.

Sous l’impulsion d’élus communistes, de nombreuses villes ont ainsi lancé des processus de coopération avec des localités palestiniennes. C’est le cas par exemple de Saint-Denis (93) qui s’est jumelée avec le camp de réfugié de Rafah, dans la bande de Gaza. Cette coopération a abouti à des échanges étudiants et des projets d’insertion par le travail pour des jeunes palestiniens.

La ville d’Ivry (94) finance des fournitures pour scolariser des enfants du village de Jifna et du camp de réfugié de Jalazone en Cisjordanie. Chaque année, la ville accueille des enfants issus de ces localités. En tout, plus d’une trentaine de villes font partie du Réseau de coopération décentralisée avec la Palestine comme Nanterre, Gennevilliers ou Vaux-en-Velin.

Des actions de solidarité qui peuvent coûter cher aux militants

Pourtant, ces initiatives se heurtent à l’impunité dont bénéficie Israël. L’occupation militaire coûterait plus de 4 milliards d’euros par an à la société palestinienne, soit environ 85% de son PIB. De nombreuses coopération se retrouvent réduites à néant par Tsahal. Sans mesures de coercition pour forcer Tel Aviv à respecter le droit international, ces projets solidaires ne changerons jamais structurellement la situation des palestiniens.

En référence à la lutte contre l’Apartheid Sud-Africain, de nombreux élus et militants avancent l’idée du boycott des produits israéliens et des entreprises qui participent à la colonisation. Si de grandes entreprises européennes comme Orange ou Alstom peuvent s’enrichir grâce à la colonisation, les militants qui appellent au boycott de ces dernières se retrouvent traînés devant les tribunaux. Le maire communiste de Seclin jean-Claude Willem a subi un acharnement judiciaire qui a duré plusieurs années parce qu’il a appelé en 2002 au boycott des produits israéliens.

L’association France-Palestine Solidarité (AFPS) dénonce la stigmatisation que subissent plusieurs militants qui ont appelé au boycott des produits issus des colonies israéliennes. Depuis 2010, la circulaire de Mme Alliot-Marie, alors Garde des sceaux, permet de poursuivre quiconque aborderait cette question.

Toute la classe politique s’est émue de la mort de Nelson Mandela en décembre dernier, oubliant par la même occasion que durant des décennies, il fut considéré par tous les gouvernements occidentaux comme un terroriste. La mobilisation international qui avait alors été lancée avait permis de faire plier un à un les états qui soutenaient le gouvernement raciste de Pretoria. Le boycott au niveau mondial y avait joué un rôle déterminant en mettant une pression économique supplémentaire sur l’État sud africain. Ironie de l’histoire ou pas, le dernier soutien au régime d’apartheid n’était autre … qu’Israël.

Jules Rondeau

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