LE 8 MARS, UNE JOURNÉE DE LUTTE UNIVERSELLE

21 février 2012 par Rédaction  

8marsNée du combat des femmes pour l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail et le droit de vote au cours du XX siècle, « la journée internationale des droits des femmes » est instaurée officiellement par l’ONU depuis 1977. Cette journée donne lieu chaque année à des manifestations partout dans le monde pour l’amélioration des conditions des femmes.

L’égalité entre femmes et hommes est certes reconnue officiellement mais l’égalité dans les faits est loin d’être appliquée et l’inégalité la plus flagrante est celle des salaires. A l’heure où certains voudraient voir le retour massif des femmes au foyer pour que ces dames contribuent à leur façon à la résorption du chômage – une partie de la droite et de l’extrême droite propose réellement d’accompagner le retour des femmes chez elles pour qu’elles deviennent de bonnes petites ménagères et ne piquent pas le travail des hommes – les femmes sont particulièrement discriminées dans l’emploi et l’accès aux responsabilités (voir article ci-dessus).

L’émancipation des femmes :
un combat permanent

En politique, c’est le même constat. Les femmes ne s’engagent pourtant pas moins, mais les responsabilités au sein des partis restent massivement l’apanage des hommes, tout comme les mandats d’élus. La loi sur la parité est ainsi régulièrement et consciemment contournée pour empêcher la moitié de la population d’être représentée. Si se pose souvent la question de la compétence des femmes, jamais n’est posée celle des hommes qui seraient donc naturellement compétents. Les femmes peuvent agir en politique. Encore faut-il ne pas voir leur arrivée comme une prise de guerre sur les hommes mais bien une avancée pour l’ensemble de la société.

Au-delà des lois : un combat sur les représentations sociales

Si depuis les années 70 les femmes ont gagné de haute lutte la reconnaissance de pouvoir disposer libre- ment de leur corps, ce droit fondamental est menacé aujourd’hui. Les centres IVG sont les premiers à fermer dans le cadre des restructurations des hôpitaux, surchargeant les centres restant et ne permettant pas un accueil digne. Dans le même mouvement, de nombreuses maternités sont menacées de fermetures, et l’accès à des soins de qualité pour toutes est ainsi remis en cause. L’éducation sexuelle est minimisée voire supprimée au lycée, l’accès à la contraception n’est toujours pas libre et gratuite. Certaines régions ont mis en place l’année passée des packs santé pour les lycéens avec un accès gratuit à des visites médicales et à la contraception. Mais cela reste trop peu répandu… Au final, des droits sont inscrits dans la loi mais les outils pour les appliquer concrètement manquent toujours. Ce qui revient à ne pas accorder ces droits réellement, et à ne pas lutter contre des inégalités bien réelles, elles.

Malvina Ornans

FEMMES ET EMPLOI : LA TRIPLE PEINE

S’il est un domaine où les femmes sont victimes de discriminations, c’est bien au travail. La situation est telle que l’on peut parler de triple peine. Les femmes sont utilisées comme une variable d’ajustement pour diminuer le fameux « coût du travail ».

Les femmes occupent massive- ment les emplois précaires en France : 80% des temps par- tiels. Il s’agit souvent d’une situation subie car les salariées concernées souhaiteraient exercer un métier à plein temps. A compétence égale, leur salaire est en moyenne inférieur de 21% à celui des hommes.

Premières victimes de la crise

Les catégories de salariés les plus précaires sont les premières à subir les licenciements. Parmi celles-ci, encore les femmes. Elles représentent 51% des chômeurs mais elles sont plus nombreuses dans les catégories de chômeurs de longue durée (743 000 contre 660 000 pour les hommes). Pour une femme, l’indépendance semble être un rêve lointain car le travail rime avec précarité.

Les clichés ont la vie dure… Si elles occupent les positions les plus basses, cela s’explique par la persistance des préjugés sur le rôle des femmes dans la société. Récemment, deux enquêtes ont montré les discriminations à l’embauche dont elles sont victimes. Au printemps 2011, un premier bilan sur le CV anonyme révèle que de nombreux employeurs refusent d’embaucher des femmes. Lorsque l’état-civil n’est pas affiché, leurs chances d’être reçues en entretien sont multipliées par 10.

Le sexe premier facteur de discrimination dans le monde du travail

D’après une enquête réalisée pour l’Organisation Internationale du Travail, non seulement à l’embauche mais aussi dans leur carrière, les femmes sont largement discriminées. C’est devenu le premier critère de discrimination au travail. 25% des discriminations vécues le sont en raison d’une grossesse ou d’une maternité et 23% en fonction du sexe. La raison ? Jugée « incapable ou incompétente », le projet professionnel d’une femme relève du parcours du combattant. Le choix se fait alors entre vie personnelle et carrière professionnelle. Si elles ont des enfants, les femmes sacrifient souvent leurs carrières au pro- fit de leur conjoint. C’est d’ailleurs souvent un argument pour développer le temps partiel chez les femmes : elles doivent pouvoir s’occuper des tâches domestiques. On en revient à l’idée de « salaire de complément » du début du XXe siècle…

Les femmes font toujours la majorité des tâches ménagères, à tel point qu’on peut parler de double journée de travail. Du matin au soir, du foyer au travail, l’exploitation est partout. En plus, ces carrières irrégulières conduisent à des retraites moins importantes (600 euros en moyenne), une situation aggravée par la réforme de 2010.

Il reste donc beaucoup de chemin à faire pour aller vers l’égalité réelle. De nombreux droits restent à conquérir. Pour qu’être parent ne soit pas pénalisant, il faut investir dans un service public de la petite enfance et permettre aux deux parents de profiter de leur enfant sans être sanctionné immédiatement ou pour la suite de leur carrière. L’égalité salariale doit être inscrite dans les conventions collectives. Enfin, les différents contrats précaires doivent être transformés en contrats stables. En s ‘attaquant à la précarité de la moitié des travailleurs, on améliore le quotidien de tous. Comme quoi, l’égalité des sexes est l’affaire de tous !

Nordine Idir

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