Le 8 Mars, c’est lutte des classes !

7 mars 2013 par  

Dans une proposition de résolution à l’assemblée nationale du 7 décembre, 40 députés de  droite déclarent : «Notre société est organisée à partir de la différence sexuelle « anatomique », […] se réfère à des comportements, des fonctions et des rôles que chaque société assigne à chaque sexe ».

 

Le système divise les travailleurs pour mieux régner, et en temps de crise, creuse les inégalités pour accroître son taux de profit. Même si elles ne s’y réduisent pas, les inégalités entre hommes et femmes font partie de l’exploitation capitaliste : les femmes représentent 80 % des « travailleurs pauvres » gagnant moins de 900 euros par mois, 1 femme sur 4 est au chômage, les temps partiels sont à 82 %  réservés aux femmes, alors que nombre d’entre elles ont des enfants à charge et sont prises à la gorge par la pauvreté. Comment ne pas voir que le patronat s’en sert comme d’une armée de réserve pour faire baisser les salaires et détériorer les conditions de travail ?

Les plans d’austérité rendent plus critique encore leur situation. Les coupes budgétaires dans les services publics, la suppression des emplois où de fait les femmes travaillent majoritairement comme la santé et l’éducation, renforce le chômage. Moins de places en crèche, moins d’heures de cours en primaire, et plus de femmes poussées à travailler à mi-temps pour rentrer à la maison ! Et que dire des maternités regroupées dans des grands ensembles hospitaliers obligeant des femmes enceintes à faire plus d’une heure de voiture pour accoucher, mettant en péril leur santé et celle de leur l’enfant ; des centres IVG qui ferment, et où il faut attendre parfois plus de deux mois pour avorter ? Ces réformes rétrogrades empêchent les femmes de disposer de leur corps et de leur vie.

La situation des femmes se dégrade, ces acquis sociaux obtenus par les luttes sont méthodiquement remis en cause par la bourgeoisie. Ils ont été à l’origine d’un progrès social pour l’ensemble de la population, mais les femmes sont les premières touchées par leur destruction programmée. À poste égal les femmes gagnent 20 % de moins que les hommes, mais encore faut-il qu’elles y parviennent : à diplôme égal à celui d’un homme, une femme obtiendra souvent un poste subalterne. C’est en cela que la droite est réactionnaire. Invoquant une nature féminine supposément plus sensible, face à la rationalité masculine,  qui sont pourtant des caractéristiques socialement construites, pour les renvoyer vers les domaines où elles sont censées être naturellement prédisposées : santé, éducation, tâches ménagères, soins aux personnes âgées… Pourquoi ne pas supprimer des crèches, des services publics et des emplois puisque les femmes sont naturellement censées s’occuper des enfants, des hommes ?

La réaction bourgeoise prend appui sur les natures supposées des hommes et des femmes pour les diviser et perpétuer la domination masculine : le 8 mars, face à l’austérité, faisons entendre la voix d’un féminisme de classe !

Léonor Topelet

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