En première ligne pour morfler, pas pour contester ?

9 mai 2016 par  

« Cette loi ne concerne pas les jeunes ! ». Le refrain habituel des médias, des ministres est déjà de sortie. La loi travail ne concernerait pas les jeunes, surtout ceux qui sont en formation. Et donc, on n’aurait pas notre mot à dire sur l’avenir ? Pourtant, si on regarde notre situation, il semble logique de voir autant de jeunes se faire entendre. 1 jeune sur 5 sous le seuil de pauvreté, 25% de chômage (et 40% pour les jeunes sans qualification) et plus de 100 000 jeunes qui sortent du système scolaire sans qualifications. Un tableau sombre qui justifie qu’une génération ne se laisse pas imposer de nouvelles humiliations.

Car la jeunesse a bien été et reste un cœur de cible depuis des années. A chaque loi ou « réforme » qui visent à « flexibiliser » le travail, il s’agit d’enlever des droits collectifs. Pour s’attaquer à l’ensemble des salariés, les jeunes sont un outil efficace. Ainsi, la loi sur les Accords Nationaux Interprofessionnels (dit ANI) de 2013 instaure la taxation des contrats à durée déterminée (CDD) pour empêcher les abus de contrats courts par les entreprises. Mesure intéressante mais… qui exclut les moins de 26 ans par une dérogation!

La priorité jeunesse pour mettre la priorité sur notre précarité !

La priorité jeunesse du président de la République n’a débouché que sur des mesures temporaires et de nouveaux contrats particuliers : emplois d’avenir, emplois francs, service civique. Comme si le CDI n’était qu’un lointain mirage…

Pas d’accès au droit commun donc alors que les jeunes ne demandent qu’un traitement normal. Il ne peut y avoir quand les lycées et les universités ne fonctionnent pas normalement faute de moyens, que les missions locales ne peuvent recevoir et suivre tous les jeunes en recherche d’aide, que les premiers emplois supprimés dans les plans de licenciement sont les contrats courts (CDD, intérim) et les derniers arrivants, touchant ainsi massivement les jeunes. C’est cette situation vécue dans le quotidien qui pousse à la contestation.

Dire même que la loi El Khomri comme les précédentes est faite pour les plus jeunes, c’est mépriser et attiser le vécu difficile de nombre d’entre nous.  Il faut croire que les jeunes ne sont majeurs uniquement pour imposer une vie plus dure qu’aux autres adultes ou dans le domaine pénal. Pour le reste, les jeunes doivent simplement subir et souffrir en silence…

C’est ce qui insupporte les tenants du pouvoir quand ils refusent notre expression alors qu’ils n’hésitent pas à parler au nom d’une génération avide d’égalité et de justice.

 

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