Dans les rues de France le 15 octobre…

15 octobre 2011 par Rédaction  

15oct

Dès le mois de juin, des organisations de jeunes se sont mis au travail autour de l’appel « Les jeunes ne paieront pas leur crise » (voir l’article « Un collectif pour résister ») pour que partout en France aient lieu des actions contre l’austérité ce 15 octobre. Suite aux grosses mobilisations du 27 septembre, du 11 octobre et se joignant aux Indignés, elles ont ainsi apporté leur pierre à un édifice de 900 villes mobilisées à travers le monde ce week-end contre la crise, la précarité et la main mise des marchés financiers. Nos correspondants nous rapportent les événements de cette journée des quatre coins de la France.

À Paris, les jeunes font face à la bourse

parisSamedi, 14 heure, place de la Bourse, un rassemblement prend forme. Quelques minutes plus tard ce sont 300 jeunes qui sont réunis devant ce symbole de la finance à l’appel de différentes organisations de jeunes. Sur les banderoles et pancartes on peut lire « Génération Révolution » ou encore « Nous ne paierons pas la crise », la musique scande « on lâche rien ! » et laisse bientôt la place aux prises de paroles. Pierric Annoot, secrétaire général du mouvement jeunes communistes, commence par rappeler que « l’austérité, malgré ce que l’on aimerait nous faire croire, n’est pas une fatalité mais une question de priorité : nos besoins ou ceux des marchés» et que « ce sont les richesses qu’il faut partager, pas la dette ». Il est rejoint par Tina de l’UNEF qui insiste sur le fait qu’en plus d’être injuste socialement, l’austérité est

Uri Weltmann, place de la Bourse

Uri Weltmann, place de la Bourse

inefficace économiquement : « En Grèce, malgré les manif, les plans d’austérité ont été imposés et ont conduit à la régression, à la récession. » A ce propos Thomas, du MJS, dénonce le fait que là-bas « la gauche a refusé de proposer une alternative » alors qu’il faut, pour lui, « changer de bateau avant de couler avec lui ». Pour tous,

Camilla Vallejo, place de l'Hôtel de ville

Camilla Vallejo, place de l'Hôtel de ville

en France « on n’est pas épargné ». Tina rappelle qu’avec la taxe des mutuelles c’est « 13% de plus prélevés directement dans nos poches » alors qu’aujourd’hui déjà « un jeune sur deux n’a pas accès à une complémentaire ». Pour Victor de l’UNL l’austérité se traduit dans l’éducation par les suppressions de postes à cause desquelles « les lycéens ont vécu la pire rentrée de leur vie » avec des effectifs qui grimpent en flèche, des profs non remplacés et même des jeunes déscolarisés faute de place. « On rappelle ici tous ensemble que dans une démocratie, c’est le peuple qui décide et les acteurs économiques qui obéissent » et non pas l’inverse dit Raphaël de la GU ou encore  Maëlle du PG : « On doit choisir entre la bourse et la vie ». Car pour Jean-Baptiste du NPA « la révolte existe aussi en France. Des dizaines de lycées ont été bloqués depuis le 27 septembre. Les élections ne doivent pas nous faire perdre ce cadre-là pour rassembler contre le G20, pour les droits des femmes le 5 novembre… » ou encore selon Axelle des jeunes écologistes pour « créer de nouvelles solutions tous ensemble pour une société durable, juste où chacun a sa place ».

Avant de rejoindre le cortège des Indignés arrivé de la gare Saint-Lazare, Uri Weltmann, jeune communiste Israélien, a témoigné « du printemps arabe devenu été israélien ».  Devant l’Hôtel de Ville à 17 heure, où ces jeunes de la place de la bourse ont retrouvé plus d’un millier d’autres manifestants, c’est au tour de Camilia Vallejo, jeune communiste chilienne, de témoigner de la lutte dans son pays pour une éducation gratuite, publique et laïque. La solidarité internationale était assurément au rendez-vous.

Julia

Tous contre l’austérité à Rouen

Ce sont entre 600 et 700 jeunes qui se sont réunis sur la place de l’hôtel de ville de Rouen. Les organisations de jeunes qui constituaient le collectif « la retraite, une affaire de jeunes » l’année dernière se sont unies, une nouvelle fois, pour rassembler un maximum de jeunes et porter encore plus haut l’appel des Indignados espagnols.

Dette, chômage, casse de l’éducation, de l’hôpital et de l’ensemble des services publics sont les nombreux thèmesrouen qui ont été abordés lors de la table ronde à laquelle une trentaine de jeunes mais aussi des plus âgés ont pu participer. Ils ont pu exprimer leur volonté de changement, faire des propositions face à cette crise d’une ampleur inédite, construire des alternatives au capitalisme mais surtout exprimer leur ras-le bol général face à la politique du gouvernement.

Pour Pauline, lycéenne en terminale, « la crise touche tout le monde et surtout notre éducation ». Dans son lycée, des élèves qui ont raté leur bac l’année dernière n’ont pas eu le droit d’avoir une seconde chance. Alexis, jeune chômeur, est là pour donner suite aux appels des jeunes qui se sont mobilisés dans le monde entier. Les conséquences de la crise, il les ressent tous les jours pour se nourrir, se déplacer en centre ville… Michel, lui, en a marre « de voir de plus en plus de gens dans la galère ». Dans son école supérieure, qui est pourtant publique, l’État se désengage de plus en plus, poussant la direction à chercher des subventions auprès des entreprises privées.

Sous le soleil normand, une dizaine de concerts se sont enchaînés permettant à des jeunes musiciens d’exprimer artistiquement leur sentiments de colère et d’indignation : « 76 représente… bien ! Indignez-vous qui disaient! »

Arthur

L’enterrement de l’Europe des peuples à Mulhouse

mulhouseÀ Mulhouse, une trentaine de militants du MJCF et du MJS Haut-Rhin se sont rassemblés devant les marches du Temple Saint-Etienne pour dénoncer les mesures d’austérité et faire une cérémonie de « l’enterrement des peuples européens, sauvagement assassinés par les banques et les agences de notations ». Tout de noir vêtus, les jeunes, pour la plupart lycéens, ont déployé une banderole « Contre les croques morts de l’Europe : les jeunes mobilisés ».  Le coordinateur départemental du MJCF Haut-Rhin a fait un bref discours sans micro (le mégaphone semblait, lui aussi, être victime de l’austérité) pour dénoncer « le chantage inacceptable » exercé par la Troïka (BCE, UE, FMI) à l’égard des pays européens pour les pousser à « casser les droits sociaux » et souligner  les conséquences néfastes sur la jeunesse. Un journaliste de la presse régionale a même fait le déplacement pour couvrir le rassemblement.

Maxime

Dans le Nord « Austérité pour les exploiteurs, pas pour les travailleurs ! »

Photo de Nico Calvin

Photo de Nico Calvin

Suite à l’appel du collectif espagnol Democracia real ya ! à une journée de mobilisation internationale pour le 15 octobre, les Jeunes Communistes du Nord se sont rassemblés à travers tout le département. Toute la matinée ont été déployées des banderoles, comme à Cambrai ou à Seclin sur les ponts surplombants l’autoroute A1 : « Austérité pour les exploiteurs, pas pour les travailleurs ! ». Sur Lille, une diffusion massive de tracts a été organisée autour d’Euralille, troisième plus important quartier d’affaire en France. À quatorze heure, un nouveau rendez-vous Place de la République, toujours à Lille, en présence du mouvement des Indignés et de l’association Génération Palestine, a attiré près de 200 personnes. La tenue d’une table politique et une seconde diffusion de tracts, ont permis de nouvelles rencontres et des prises de contacts, marquant la bonne représentation politique et un bon accueil de la JC.

Nico Calvin

Colère contre l’Europe du fric à Strasbourg

strasbourgPrès de 100 personnes se sont rassemblées devant le Parlement européen à l’appel des jeunes communistes et du collectif «  jeunes, debout contre l’austérité ».  Bruxelles, Francfort et Strasbourg : l’Europe du fric est visé par les jeunes en colère. Les jeunes communistes du Bas-Rhin ont eux choisi ce lieu symbolique de l’intégration européenne pour dénoncer  « le  rôle néfaste de l’Europe-des-patrons » dans la situation actuelle.  Il s’agit aussi d’exiger d’autres coopérations régionales mutuellement avantageuses pour les nations, ce qui suppose une rupture avec les politiques de l’Union Européenne.

Plusieurs interventions de militants et de citoyens se sont succédées. Tous  dénoncent le fait que l’UE coordonne à l’échelle du continent les plans d’austérité et impose aux peuples de véritables thérapies de chocs à l’instar de la Grèce et de l’Italie. Plusieurs retraités, venus en solidarité « pour soutenir les jeunes », dénoncent le plan Fillon qui « s’inscrit dans cette même logique de soumission aux marchés financiers et aux agences de notations ».

Plus tôt dans l’après-midi, 150 indignés se sont rassemblés place Kleber. La jonction des deux rassemblements n’a pu se faire. Pourtant nombreux sont ceux qui pensent que « la colère des indignés est légitime » et qui rappellent « la nécessaire unité des forces qui contestent les politiques au service des  spéculateurs et des requins de la finance ». Dans son intervention, le coordinateur départemental des jeunes communistes du Bas-Rhin souligne aussi l’importance d’être organisé car  « en face, nos adversaires ont une stratégie. Un parti, l’UMP. Un syndicat, le MEDEF. Un outil, les média». Et pour tous ceux qui se sont réunis devant le parlement « le 15 octobre est un premier pas qui en appelle d’autres dans les prochaines semaines ».

Antoine

À Rennes, le combat contre l’austérité au cœur de la FAC

Le 15 octobre, la ville de Rennes était le carrefour où tous les militants antinucléaire du Grand Ouest se sont retrouvés, ainsi il devenait difficile d’organiser un rassemblement contre l’austérité. Cependant les jeunes n’ont pas renoncé et plusieurs d’entre eux ont rejoint Nantes pour soutenir l’initiative qui s’y tenait. Conscient que la ville de Rennes se doit d’être un des lieux où les jeunes se réunissent pour agir contre l’austérité, le MJCF 35 a réuni un collectif d’organisations pour mener le combat en Ille-et-Vilaine. Le PG jeunes, l’UNEF, le NPA jeunes, et le MJS ont ainsi signés « l’appel du 15 octobre ». Mais la signature d’un appel n’a  pas semblé suffisante à ce collectif, une initiative forte s’invitera donc au cœur de la plus grande université de la région, puisque se tiendra Mercredi 19 octobre une grande réunion publique sur le thème «  Les jeunes ne paieront pas la crise ». Une occasion immense d’imposer, avec de nombreux jeunes, cette question de l’austérité qui noircit chaque jour un peu plus le ciel de notre avenir. Les jeunes communistes y participeront et ont déjà organisé une communication d’ampleur afin que cette date puisse permettre de créer les bases d’une dynamique combative dans tout le département.

Guénolé

Un 15 octobre offensif à Nantes

Ce samedi 15 octobre à l’initiative des jeunes communistes de Loire Atlantique, l’ensemble des organisations de jeunes du département, qu’elles soient politiques ou syndicales, ont appelé à un rassemblement sur la place Royale de Nantes. Un lieu symbolique où  de multiples succursales de banques se sont installées. C’est dans une atmosphère bon enfant qu’environ deux cent personnes, sur le modèle des indignés espagnols, se sont rassemblées pour dire « non à la dictature des marchés financiers et des banques ». « Nous ne paierons pas leur crise » voilà un slogan repris dans de nombreuses discussions avec les participants à cette initiative. Accompagnés de leurs camarades rennais, les jeunes mobilisés ont ainsi déployé des banderoles et distribué leur « appel du 15 Octobre » aux passants. Celui-ci a également été lu sur la place pour expliquer les raisons de la mobilisation et souligner la situation de précarité  qui ne cesse de s’étendre dans la jeunesse, tout particulièrement, que ce soit en France ou dans le Monde. Pour les manifestants « Ce rassemblement réussi en appelle d’autres ! »

Robin

« Le désastre du capitalisme » en spectacle à Poitiers

poitiers.jpegSamedi 15 octobre, les jeunes communistes de la Vienne ont manifesté contre l’austérité dans la ville de Poitiers. « Non à l’austérité»  tel était le message qu’ils ont affiché sur les ponts grâce à leur banderole. La journée a été riche en actions puisque, en début d’après-midi, ils ont organisé un rassemblement place d’Armes, suivi d’un petit spectacle illustrant « le désastre du capitalisme », réalisé pour interpeller les passants. La foule n’était pas des plus dense mais les jeunes manifestants sont «motivés » et décidés à « ne rien lâcher ! » car pour eux « ce n’est qu’un début ».

Camille

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