Loi travail : le printemps sera chaud !

mai 9, 2016 by  
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Notre génération a grandi dans la crise et nous en subissons les conséquences tous les jours. Cette crise, celle du système capitaliste, accentue l’exploitation, les inégalités et la précarité pour les jeunes et pour l’ensemble des travailleurs. La situation dans laquelle nous nous trouvons est le résultat de politiques désastreuses menées jusqu’à aujourd’hui. Depuis 2012, le gouvernement de la « priorité jeunesse » n’a pas cessé de s’attaquer à nos droits avec un seul objectif : satisfaire les exigences de ses amis du MEDEF. Tout ce qui nous protège, en formation ou au travail, est dans le viseur de ce gouvernement car il s’agit des derniers obstacles à la course aux profits.

 

La dernière attaque contre nos droits est sans précédent, c’est le projet de loi El Khomri. Sous prétexte de modernité, d’adaptation aux évolutions de l’économie, ce projet s’inscrit dans l’idée d’une réécriture complète du code du travail. Bien loin de lutter contre le chômage et de répondre aux défis de notre époque, ce projet constitue les prémisses d’un véritable retour au XIXème siècle pour les salariés.

 

Si les raisons invoquées sont fallacieuses, l’objectif général est très clair : détruire les droits garantis par la loi (code du travail) pour les livrer au bon vouloir du patronat. On parle ici d’inversement de la « hiérarchie des normes », c’est-à-dire la primauté des accords d’entreprise sur la loi. Cela signifie la casse intégrale des droits collectifs pour fonder un droit du travail à la carte, selon l’entreprise dans laquelle on travaille. C’est donc la destruction du code du travail et non sa modernisation.

 

Le gouvernement veut accorder les pleins pouvoirs au patronat.

 

Cette logique de décentralisation de nos droits repose d’abord sur la négation de l’existence de la lutte des classes, et donc, du rapport de domination qu’il existe entre un employeur et les salariés. Aujourd’hui, un accord d’entreprise ne peut être conclu sans l’accord des syndicats majoritaires. Or le projet de loi travail va bouleverser les règles de négociation en entreprise, en permettant la signature d’un accord contre l’avis de 70 % des organisations représentatives du personnel.

 

Les objectifs de cette logique sont évidents : nous faire travailler plus, en étant moins payés, tout en étant licenciés plus facilement. C’est d’abord la remise en cause des 35 heures en permettant l’accroissement du temps de travail par accord. C’est également le point de départ de la baisse générale des salaires, soit directement, soit via une plus faible majoration des heures supplémentaires. Et enfin c’est la mort annoncée du CDI, par la facilitation des licenciements économiques, mais aussi par la possibilité d’être viré sans indemnité en cas de refus de voir son contrat de travail foulé au pied.

 

Si c’est eux qui ont raison, alors nous ne sommes pas raisonnables !

 

En résumé, c’est à la précarité à vie qu’on nous condamne. La jeunesse est au cœur de la mobilisation contre cette loi. Nous avons un rôle historique pour mettre en échec ce gouvernement qui nous méprise et pour porter un coup d’arrêt à sa politique inacceptable. Les milliers de jeunes qui descendent chaque semaine dans la rue aux cotés des salariés sont bien décidés à se battre jusqu’au retrait de ce projet de loi. Et les premiers reculs, comme les annonces de mesures en directions des jeunes, montrent bien que c’est possible, que la mobilisation paie.

 

Il s’agit donc de faire de cette période un printemps de conquêtes sociales. C’est l’occasion de nous imposer dans le débat, de montrer que nous avons les solutions pour construire notre avenir. Cet avenir c’est celui d’une dignité non négociable, c’est celui du droit commun, celui de nouveaux droits pour l’ensemble des travailleurs. Il est temps de relever la tête et de remettre la main sur nos richesses !

Julien Gaboriau

Palestine : Les villes communistes en première ligne dans le combat pour la paix

mars 11, 2014 by  
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Si 2014 est officiellement l’année de solidarité avec la Palestine, de nombreuses villes communistes n’ont pas attendu l’ONU pour organiser des partenariats avec la population palestinienne. Alors que les états européens ne se contentent au mieux que de condamner timidement la colonisation qui se poursuit encore illégalement, des dizaines d’élus locaux prouvent que nos municipalités peuvent être des bastions de solidarité avec le peuple palestinien.

Des villes de paix contre la précarité et l’injustice

Depuis 1982, l’Association de Jumelage entre les villes françaises et les camps de réfugiés palestiniens (AJFP) organise des partenariats entre les localités des deux pays. Son président Fernant Tuil, qui est récemment décédé, a contribué durant toutes ces années à la mise en place de nombreux accords de coopération pour lutter contre la précarité et l’oubli dont sont victimes les palestiniens.

La précarité, c’est en effet le quotidien de millions de personnes en Palestine. Situation entretenue par l’armée israélienne qui, en asphyxiant l’économie palestinienne, entend maintenir la pression sur la population. Les destructions d’infrastructures civiles (27 000 bâtiments palestiniens détruits depuis 1967) et les restrictions imposées par Tsahal ont de lourdes conséquences. En 2012, 57% des personnes de plus de 15 ans se trouvaient hors du marché du travail, c’est à dire sans aucune possibilité d’exercer une activité professionnelle. Plus d’une famille sur deux est considérée comme pauvre.

Sous l’impulsion d’élus communistes, de nombreuses villes ont ainsi lancé des processus de coopération avec des localités palestiniennes. C’est le cas par exemple de Saint-Denis (93) qui s’est jumelée avec le camp de réfugié de Rafah, dans la bande de Gaza. Cette coopération a abouti à des échanges étudiants et des projets d’insertion par le travail pour des jeunes palestiniens.

La ville d’Ivry (94) finance des fournitures pour scolariser des enfants du village de Jifna et du camp de réfugié de Jalazone en Cisjordanie. Chaque année, la ville accueille des enfants issus de ces localités. En tout, plus d’une trentaine de villes font partie du Réseau de coopération décentralisée avec la Palestine comme Nanterre, Gennevilliers ou Vaux-en-Velin.

Des actions de solidarité qui peuvent coûter cher aux militants

Pourtant, ces initiatives se heurtent à l’impunité dont bénéficie Israël. L’occupation militaire coûterait plus de 4 milliards d’euros par an à la société palestinienne, soit environ 85% de son PIB. De nombreuses coopération se retrouvent réduites à néant par Tsahal. Sans mesures de coercition pour forcer Tel Aviv à respecter le droit international, ces projets solidaires ne changerons jamais structurellement la situation des palestiniens.

En référence à la lutte contre l’Apartheid Sud-Africain, de nombreux élus et militants avancent l’idée du boycott des produits israéliens et des entreprises qui participent à la colonisation. Si de grandes entreprises européennes comme Orange ou Alstom peuvent s’enrichir grâce à la colonisation, les militants qui appellent au boycott de ces dernières se retrouvent traînés devant les tribunaux. Le maire communiste de Seclin jean-Claude Willem a subi un acharnement judiciaire qui a duré plusieurs années parce qu’il a appelé en 2002 au boycott des produits israéliens.

L’association France-Palestine Solidarité (AFPS) dénonce la stigmatisation que subissent plusieurs militants qui ont appelé au boycott des produits issus des colonies israéliennes. Depuis 2010, la circulaire de Mme Alliot-Marie, alors Garde des sceaux, permet de poursuivre quiconque aborderait cette question.

Toute la classe politique s’est émue de la mort de Nelson Mandela en décembre dernier, oubliant par la même occasion que durant des décennies, il fut considéré par tous les gouvernements occidentaux comme un terroriste. La mobilisation international qui avait alors été lancée avait permis de faire plier un à un les états qui soutenaient le gouvernement raciste de Pretoria. Le boycott au niveau mondial y avait joué un rôle déterminant en mettant une pression économique supplémentaire sur l’État sud africain. Ironie de l’histoire ou pas, le dernier soutien au régime d’apartheid n’était autre … qu’Israël.

Jules Rondeau

Le 8 Mars, c’est lutte des classes !

mars 7, 2013 by  
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Dans une proposition de résolution à l’assemblée nationale du 7 décembre, 40 députés de  droite déclarent : «Notre société est organisée à partir de la différence sexuelle « anatomique », […] se réfère à des comportements, des fonctions et des rôles que chaque société assigne à chaque sexe ».

 

Le système divise les travailleurs pour mieux régner, et en temps de crise, creuse les inégalités pour accroître son taux de profit. Même si elles ne s’y réduisent pas, les inégalités entre hommes et femmes font partie de l’exploitation capitaliste : les femmes représentent 80 % des « travailleurs pauvres » gagnant moins de 900 euros par mois, 1 femme sur 4 est au chômage, les temps partiels sont à 82 %  réservés aux femmes, alors que nombre d’entre elles ont des enfants à charge et sont prises à la gorge par la pauvreté. Comment ne pas voir que le patronat s’en sert comme d’une armée de réserve pour faire baisser les salaires et détériorer les conditions de travail ?

Les plans d’austérité rendent plus critique encore leur situation. Les coupes budgétaires dans les services publics, la suppression des emplois où de fait les femmes travaillent majoritairement comme la santé et l’éducation, renforce le chômage. Moins de places en crèche, moins d’heures de cours en primaire, et plus de femmes poussées à travailler à mi-temps pour rentrer à la maison ! Et que dire des maternités regroupées dans des grands ensembles hospitaliers obligeant des femmes enceintes à faire plus d’une heure de voiture pour accoucher, mettant en péril leur santé et celle de leur l’enfant ; des centres IVG qui ferment, et où il faut attendre parfois plus de deux mois pour avorter ? Ces réformes rétrogrades empêchent les femmes de disposer de leur corps et de leur vie.

La situation des femmes se dégrade, ces acquis sociaux obtenus par les luttes sont méthodiquement remis en cause par la bourgeoisie. Ils ont été à l’origine d’un progrès social pour l’ensemble de la population, mais les femmes sont les premières touchées par leur destruction programmée. À poste égal les femmes gagnent 20 % de moins que les hommes, mais encore faut-il qu’elles y parviennent : à diplôme égal à celui d’un homme, une femme obtiendra souvent un poste subalterne. C’est en cela que la droite est réactionnaire. Invoquant une nature féminine supposément plus sensible, face à la rationalité masculine,  qui sont pourtant des caractéristiques socialement construites, pour les renvoyer vers les domaines où elles sont censées être naturellement prédisposées : santé, éducation, tâches ménagères, soins aux personnes âgées… Pourquoi ne pas supprimer des crèches, des services publics et des emplois puisque les femmes sont naturellement censées s’occuper des enfants, des hommes ?

La réaction bourgeoise prend appui sur les natures supposées des hommes et des femmes pour les diviser et perpétuer la domination masculine : le 8 mars, face à l’austérité, faisons entendre la voix d’un féminisme de classe !

Léonor Topelet

En 2012, l’égalité sans plus attendre !

juin 26, 2012 by  
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C’est ce mot d’ordre qui rassemble en France toutes les associations et collectifs Lesbien-Gay-Bi-Trans (LGBT) à l’occasion des marches des fiertés de l’année.

La défaite de la droite aux élections de mai et juin 2012 marque un tournant dans la lutte pour l’égalité des droits sans discrimination d’orientation sexuelle. Car pendant un temps, un temps seulement, Nicolas Sarkozy avait tenté de lier sa politique d’outrance permanente envers les salariés, les jeunes, les migrants et tant d’autres, à un affichage « d’ouverture ». Le droit au mariage pour les homosexuels aura été évoqué et aussi vite abandonné. Trop soucieux d’attirer les votes des électeurs du Front National, l’UMP a inscrit l’idée sur la longue liste de ses doubles discours démagogiques.

La décennie qui s’achève aura été marquée par un climat de violence physique latente envers les homosexuels en France et par la violence de nombreux discours politiques. La seconde alimentant bien souvent la première. Comparés à des animaux ou des pervers par plusieurs députés UMP, la palme est revenue à Christian Vanneste, député du Nord, qui qualifie de « légende » les centaines de déportés homosexuels pendant la seconde guerre mondiale.

Pour une égalité sans frontières ni barrières

La nouvelle majorité  à l’Assemblée Nationale change donc radicalement la donne. Pour les militants d’une égalité de droits qui ne connaisse plus de frontières, la perspective du Sénat et de l’Assemblée Nationale qui se prononcerait en faveur du mariage homosexuel est maintenant réelle.

On a ainsi vu la mairie PCF de Vitry sur Seine accueillir le 11 mai dernier une nouvelle initiative de mariage prononcée régulièrement par un élu local. Encore illégale pour le moment, cette action se fait aussi de manière militante. C’est le choix de Camille et Coralie qui se mariaient symboliquement le 17 mai dernier devant la mairie de Poitiers, à l’occasion de la journée mondiale contre l’homophobie. Plus d’une centaine de sympathisants se sont retrouvés sous les premiers rayons de soleil de l’année et le regard des passants. Mégaphone à la main, Patrick Coronas, conseiller municipal de la ville, rappelle tout de suite « la nécessité d’officialiser le mariage civil pour tous les individus qui le souhaitent quelle que soit leur orientation sexuelle ».

Cette bataille traverse nos frontières et souvent avec succès puisque de nombreux États ont déjà légalisé le mariage entre personnes de même sexe : Afrique du Sud, Argentine, Espagne, certains États des États-Unis d’Amérique. Ce sont autant de démonstrations que la famille ne s’est pas effondrée comme le prédisaient les milieux les plus traditionnels…

Liberté égalité et fraternité. Faire respecter notre devise.

Face à la place et aux mariées, l’élu redonne des couleurs aux mots gravés sur le fronton derrière lui pour « mettre en application la devise de notre République : – liberté : liberté de vivre son orientation sexuelle – égalité : égalité de droits et de devoirs pour tous les couples – fraternité : vivre en acceptant l’autre tel qu’il est ».

Le contraste est fort. Face à la division, face aux discriminations qui poussent parfois les plus jeunes à  des issues dramatiques, face aux difficultés qui se posent au travail et dans la vie quotidienne des couples, l’ambition de ce mariage, comme celle des marches des fiertés, est de rassembler dans de grands moments festifs les partisans de l’égalité.  L’enjeu est de taille. Dans la période de régressions sociales massives que nous traversons, aucune des batailles sur l’égalité ne peut être laissée de côté.

L’UMP et le FN ont réussi tout au long des dernières décennies à imposer leur vision d’une société fragmentée, sans couleur ni saveur. L’ordre moral qu’ils prétendent défendre, n’est qu’un prétexte, une manière de légitimer en permanence toutes les formes d’inégalités qui fondent leurs projets. C’est l’importance de chacune des revendications d’égalité réelle qui montent en ce moment en France : toutes ces batailles constituent la contre-offensive massive indispensable pour renverser la domination culturelle des capitalistes et construire une société qui permette à chacun de s’émanciper.

Omar Z.

photos Severine Lenhard

 

La bataille de France a commencé

juin 7, 2012 by  
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couvSarkozy est vaincu. C’est la défaite du maire de Neuilly. La défaite du « premier flic de France ». La défaite du « Président des riches ». C’est la défaite de l’UMP, le parti des milliardaires et patrons du CAC 40. C’est la défaite de sa politique de division et de haine de l’autre. C’est une claque envoyée aux spéculateurs des marchés financiers.

Ils menaient la danse en France. Dans la lutte qui les opposait chaque jour aux salariés en luttes, aux jeunes mobilisés, aux retraités dans la rue, ils avaient pour eux l’Etat et tous les grands médias. Des moyens considérables pour piétiner chacun dans son quotidien. Culpabiliser et faire rejeter la faute sur l’autre. Ceux là-même qui nous parlent de liberté de commerce et qui enferment ceux qui revendiquent la liberté de circuler. Ceux qui mènent la guerre en Lybie pour que succèdent au dictateur d’autres serviteurs de pétrole comme on leur sert l’essence aux stations des grands boulevards de Paris. Peu importe le nombre de morts.

« On ne peut pas négocier avec les marchés ».

C’est la victoire d’une décennie de lutte acharnée pour refuser la destruction de notre éducation, de nos emplois. C’est la victoire de tous ceux qui ont refusé de se laisser passer au karcher ou de laisser leurs voisins se faire expulser sans rien dire. C’est la victoire de tous ceux qui construisent l’avenir sur l’exigence de démocratie et de solidarité.

Tous ceux qui pour défendre leurs profits veulent mettre à genoux les peuples d’Europe ne négocient pas. Ils exigent notre renoncement et seront prêts à tout pour continuer la casse sociale. Mais pour nous, jeunes, salariés, femmes, étrangers, militants, citoyens de France, d’Europe ou d’ailleurs, notre attente est claire : nous ne voulons plus d’austérité. Mieux, nous voulons des mesures concrètes qui améliorent nos vies. Cela commence par prendre le pouvoir dès le mois de juin avec le bulletin pour les députés du Front de Gauche lors des élections législatives.

Comme les Grecs, nous sommes mobilisés pour sortir les serviteurs de l’austérité, de la casse des droits et des solidarités. Comme les Espagnols nous seront à nouveau sur toutes les places de nos villes pour mener la bataille avec les peuples d’Europe !

Nicolas Bescond

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