Euro 2016 : pour que la fête appartienne à tous et toutes !

mai 9, 2016 by  
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A la veille de l’Euro 2016, tous les passionnés du ballon rond se disputent autour de la sélection de l’Equipe de France. Quels les joueurs pour mener l’attaque ? La charnière centrale sera-t-elle à la hauteur ? Qui seront les surprises ? Benzema : ira ou ira pas ? Mais derrière ces débats passionnés et passionnants se cache une réalité bien plus sombre. Cette réalité, c’est la séquestration du football, et du sport en général, par les logiques de profit. Pour les capitalistes, le football est avant tout une industrie. L’Etat et les collectivités ont dépensé près de 1,7 milliard d’euros pour cet évènement, mais ce sont les sponsors et les entreprises privées qui vont gagner le magot. Socialisation des pertes et privatisations des profits : rien de nouveau en somme. Mais ceci est d’autant plus scandaleux dans un contexte de politiques d’austérité où l’on nous dit qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses et que c’est aux populations de faire les efforts. Cette privatisation du football se ressent aussi dans l’augmentation des parts match diffusés par les chaines payantes. La chaine BeIn Sports diffusera 100% des matchs de l’Euro, dont près de 40% en exclusivité. Même depuis son canapé, il va falloir mettre la main à la poche. Pour ceux qui auraient la chance de voir les matchs directement dans les stades, les supporters vont être transformés en vache à lait.  Même si les stades offrent une gamme de prix assez large, la plupart des places se trouveront entre 150 et 900€ de la phase de poule à la finale. Des des prix plutôt inaccessibles pour la majorité d’entre nous… Mais ce sont surtout les « à-côtés » qui vont couter cher. Dans toutes les villes qui accueilleront un match de l’Euro, les prix des hôtels augmenteront entre 300 et 500% par rapport aux périodes « normales » ! Voir un match vous reviendra aussi cher que de partir en vacances.

Néanmoins, il existe une alternative à tout ce business très lucratif qui permettrait de voir gratuitement et dans la convivialité les matchs : ce sont les fan-zones. Présentes dans seulement une dizaine de villes françaises, leur existence est menacée par les logiques sécuritaires. Les temps difficiles que nous traversons nous oblige à être particulièrement vigilants sur les questions de sécurité. Mais céder à la peur en supprimant les fan-zones, comme le souhaite certains, représenterait d’une certaine manière une victoire pour les terroristes. La vérité, c’est aussi que le gouvernement a peur des « débordements » que ce genre de rassemblement entraineraient.  Vous comprenez : des personnes issues des banlieues qui viendraient en centre-ville pour regarder du foot, c’est forcément qu’ils ont d’autre intentions, nous suggère-t-on. Doit-on sacrifier la joie de se retrouver ensemble en regardant du sport pour cela pour quelques incidents? La peur nous ferait-elle oublier le plaisir de vivre ? D’autant plus que ce débat en fait oublier un autre. En effet, chaque grand évènement footballistique est malheureusement l’occasion d’un immense trafic d’esclavage sexuel. En 2006, lors de la Coupe du monde à Berlin, près de 50 000 femmes avaient été « amenées » pour être prostituées auprès des différents supporters. A l’époque, la pétition internationale «Acheter du sexe n’est pas un sport », à l’initiative  de la «Coalition contre la traite des femmes», avait permis de pointer du doigt ce trafic. Mais depuis, peu de mesures ont été prises. Notre gouvernement ne montre que peu d’intérêt pour cette question.

Mais l’Euro 2016, ce n’est pas que cela, c’est aussi une opportunité. Celle de sortir de climat anxiogène, de galère permanente et  de monté des divisions pour au contraire vivre un évènement ensemble. Tous ensemble ! Alors saisissons cette chance de nous retrouver et de dépasser nos peurs dans un esprit de fraternité. Libérons le football pour que cette fête soit celle de tous et toutes.

Et aussi… ALLEZ LES BLEUS !

Baptiste Giron

 

A perfect day, un jour comme un autre : guerre et nationalisme

mai 9, 2016 by  
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On oublie parfois que la guerre touche l’Europe. Le film A perfect day raconte par l’histoire  de militants humanitaires l’horreur du conflit qui a touché les Balkans il y a 20 ans.

 

Nous sommes dans les années 1990, plongés en pleine guerre des Balkans, en Bosnie-Herzégovine. Suite à l’indépendance de la Bosnie, reconnue par la communauté européenne et les Etats Unis, les Serbes de Bosnie prennent les armes, poussés par les nationalistes. Ils assiègent Sarajevo et se livrent à un véritable « nettoyage ethnique ».

Le réalisateur a fait le choix d’un casting international pour davantage coller à la réalité de la situation qu’il décrit. Ainsi, pendant toute la durée du film, plusieurs membres d’une ONG humanitaire tentent de sortir le cadavre d’un puit, afin de permettre aux habitants du coin d’avoir à nouveau accès à l’eau potable. Il y a Mambrù, le Chilien désabusé, B., le cow-boy américain, Sophie, la Française idéaliste et Katya, la Russe protocolaire. Accompagnés de Damir, leur traducteur serbe, ils croisent la route de Nikola, un petit garçon confié à son grand-père.

Le spectateur suit le cheminement de ces personnages, freinés dans leur mission humanitaire par plusieurs obstacles : l’hostilité de certains habitants et la loi du plus fort, puisque même les enfants « jouent » avec les armes ; la toute-puissance des forces serbes ; le terrain, ravagé par les mines ; et enfin, la présence des casques bleus. Si ces derniers sont censés maintenir ou rétablir la paix et la sécurité dans le monde, le réalisateur espagnol a décidé de mettre en valeur l’impuissance internationale dans ce conflit. En effet, nos personnages vadrouillent dans une des six « zones de sécurité » créée sur place par l’ONU, mais force est de constater que les populations non-serbes subissent les mêmes exactions qu’ailleurs. On ne peut alors s’empêcher de penser au massacre de Srebrenica, dans une de ces zones internationales, où 8000 Musulmans sont exécutés par les nationalistes serbes.

Un humour noir décapant accompagne gaiement le spectateur dans cette quête humanitaire. Cela dit, l’horreur de la guerre ne le lâche pas non plus. Ainsi, on passe du rire à l’émotion lorsque Mambrù découvre les parents du petit Nikola, pendus dans leur propre maison ravagée par une bombe terroriste ; ou quand nos personnages manquent d’assister, impuissants, à l’exécution par les forces serbes d’un car entier de Musulmans*. La tension est également à son comble au moment où Nikola, rageur, cherche à récupérer son ballon, volé par un groupe de jeunes garçons en possession d’une arme à feu ; ou enfin, lorsqu’un soldat serbe menace Damir de toucher à sa famille, s’il se montre un peu trop curieux.

A travers les histoires personnelles des personnages, l’injustice de la guerre se dessine en toile de fond : elle ébranle en grande majorité les populations civiles. On touche alors du doigt la réalité du conflit en Bosnie-Herzégovine : massacre de populations, bombardements terroristes, villages rayés de la carte, camps de concentration, … Cette guerre fit plus de 200 000 morts et près de 2,4 millions de réfugiés et de déplacés, sans compter qu’elle a complètement ruiné le pays.

Sous la pression internationale, les adversaires finissent par signer les accords de Dayton qui ratifient la partition du pays sur des bases ethnico-religieuses. Depuis, les divisions ethniques sont très fortes, et les partis nationalistes gouvernent dans une coalition ultra-libérale. De grandes privatisations ont été organisées, et le taux de chômage tourne autour de 40%.

 

*Le terme de Musulman avec un « M » majuscule ne renvoyait pas à une religion, mais à une nationalité, indépendamment de la pratique religieuse.

 

Anouchka Comushian

 

Palestine, avec le cœur et la raison: Entretien avec Kery James

mars 10, 2015 by  
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A quelques jours d’un nouveau concert de solidarité à Nanterre autour de la campagne « Un nouveau visage pour Habiba et Leyane » le 17 mars, Avant-Garde a voulu revenir sur son engagement d’artiste, connu de tous.

Plusieurs fois, il a répondu présent, aux côtés des militants pour la Paix, dont quelques moments marquants : un concert co-organisé par le MJCF en l’honneur de Salah Hamouri en avril 2012 au Cabaret Sauvage, ainsi qu’au concert sur la grande scène à la Fête de l’Humanité 2014 aux côtés de Médine, Gaza Team, HK et ZEP.

Plus récemment, il a signé pour la reconnaissance de l’État palestinien par la France, ou a fait un passage à un rassemblement – concert, « Convergence Palestine » à Paris le 18 octobre 2014.

Au-delà, c’est l’occasion de discuter engagement et action concrète, musique, solidarité ou encore colonialisme. Ça se passe dans ces quelques lignes.

Avant-Garde : Où en est la campagne, et pourquoi ce concert de solidarité à Nanterre ?

Kery James : Lorsque j’étais en Palestine il y a quelques années, j’ai rencontré une famille dans le camp de Balata près de Naplouse. Cette famille a été victime d’un drame en Septembre 2013 à cause d’une explosion de gaz dans leur maison. La plus grande des sœurs, âgée de 10 ans est décédée suite à ses blessures après avoir courageusement secouru ses deux petites sœurs. Mais les deux petites survivantes ont été gravement brûlées. La campagne, menée par un collectif d’asso, souhaite les faire venir en France afin qu’elles puissent recevoir les meilleurs soins.

L’hôpital Armand Trousseau a été sollicité et le montant des frais d’hospitalisation a été estimé à 42000 euros. Le montant récolté à ce jour s’élève à 26000 euros, grâce aux 2 campagnes de financement participatif sur babeldoor.com et à des actions sur le terrain. Je suis en contact avec eux par connaissance. Ils m’ont donc sollicité et j’ai voulu aider en montant un concert de solidarité, [comme avec ACES Tour, où chaque concert permet de reverser une partie des cachets à des étudiants méritants pour qu'ils continuent leurs études, NDLR].

Je voulais revenir à Nanterre (Hauts-de-Seine) où j’ai déjà joué deux fois ces deux dernières années, à la MJC Daniel Fery, et à la Maison de la Musique, dans le cadre de mon asso ACES justement.

AG : Nanterre, tu connais un peu donc. Qu’est ce qui t’a fait y revenir ?

KJ : J’ai sollicité La Maison de la Musique à Nanterre, qui est gérée par des gens sensibles, actifs et à l’écoute sur tous les domaines. Il y a une bonne équipe et une démarche auprès des jeunes de la ville, c’est pas partout pareil…

Ce sera donc une 3e fois ! J’y ferais mon nouveau spectacle acoustique et si on fait complet, on pourrait terminer la collecte [il manque encore 16 000€ NDLR].

 

AG : De manière plus large, quel regard tu portes sur l‘actu, six mois après le raid israéliens sur Gaza et 3 mois après le vote sur la reconnaissance de la Palestine à l’Assemblée nationale [Parmi les 30 000 autres personnes et personnalités, il a signé l’appel du MJCF, déposé au Quai d’Orsay la veille du vote]. Qu’est-ce que la situation t’inspire ?

KJ : Écoute, moi je prétends pas avoir une analyse politique conséquente de l’évolution de la situation. Je reste sur quelque chose de très humain, sur le pacte que j’ai fait avec les palestiniens que j’ai rencontré quand j’y ai été il y a quelques années, et ce qu’ils demandent c’est de parler de leur situation, et j’essaye de raconter ça, à chaque concert avec le cœur et la raison, pour les aider.

La reconnaissance de leur État c’est une chose, mais après, est ce que ça va avoir un impact direct ? Sur le plan politique, est ce qu’il faut un ou deux États, franchement c’est pas à nous de dire ce qui est le mieux pour eux. C’est aux Palestiniens d’y répondre avant tout. Nous, ici, on doit faire en sorte que leur situation, là-bas, ne sombre pas dans l’oubli.

 

AG : Tu as répondu présent à plusieurs sollicitations des jeunes communistes : concert pour l’anniversaire de Sala Hamouri en 2011, signature de la pétition, concert place de la république le 18 octobre 2014… Dans leur campagne « Palestine, Agir ici & maintenant », ils veulent combattre le colonialisme israélien puisque l’essentiel du conflit là-bas, c’est la question de la terre : les camps de réfugiés comme celui de Balata en sont issus. Or, en France, la colonisation est une question encore ouverte : Algérie, Afrique de l’Ouest…

Cette histoire n’est pas soldée. Est-ce que ces combats-là ne se rejoignent pas un peu, est-ce qu’ils ne permettent pas de casser le fatalisme?

KJ : C’est un point important. Ce sont pas tous les français qui ont colonisé, c’est une histoire ancienne mais qui malheureusement a encore des répercussions dans les esprits, dans le rapport qu’a une partie des jeunes qui ont des parents immigrés, avec la France. Il y a une blessure.

AG : Avec tout ce programme et ses sollicitations, est-ce que tu as des projets lié à la Palestine en préparation ?

KJ : Celui-là est le plus immédiat, mais je reste au service des Palestiniens et ceux qui défendent leur cause, et je me mets à son service.

AG : Des concerts de solidarité, ton asso ACES, un voyage en Palestine, l’acoustique qui prend de plus en plus de place dans ta démarche… Artistiquement parlant, est-ce qu’il n’y a pas une manière différente de faire passer des messages, de faire de la musique, ta musique depuis 10 ans ?

KJ : Ouais … Je pense que c’est toujours dans la continuité, de ce que je fais depuis 2001 avec mon album « Si c’était à refaire », mais avec ACES j’ai un peu concrétisé mon engagement artistique sur le terrain social, bien qu’écrire une chanson comme « banlieusard » aura certainement plus d’impact que mes actions avec l’asso, c’est un titre qui a influencé les esprits, d’une certaine manière.

Quand on parle de concrétisation dans le réel, je pense que les chansons sont des actes qui y sont ancrés, elles peuvent avoir beaucoup plus d’influence que telle ou telle action. C’est dans ce combat que je suis depuis 2001. Après, je suis effectivement en train d’évoluer depuis 2008, l’acoustique prends de plus en plus de place, parce que ça me permet de mettre le texte et la parole beaucoup plus en avant.

Je suis aussi en train  d’écrire une autobiographie [A paraître en octobre 2015] mais qui dira aussi ce que je pense, pas seulement une série de moments vécus. Je suis aussi sur l’écriture d’un scénario d’un long-métrage. Voilà, je me sens beaucoup plus fort à l’écrit que sur l’instant, comme en interview par exemple. Quand je me pose, je peux aller au plus profond. Il y a des gens qui sont éloquents en direct et qui peuvent faire passer ce qui est faux pour du vrai.

Pour choper ta place, ça se passe ici

Des JO et des femmes

avril 8, 2014 by  
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Le 23 Janvier 2014 se sont clôt les Jeux Olympiques d’hiver à Sotchi. A l’heure du bilan, le sport féminin français rapporte trois médailles à son pays : l’argent pour Marie Martinod en ski acrobatique ainsi que le bronze pour Chloé Trespeuch en snowboard cross et Coline Mattel en saut à ski.

Trois médailles donc, dont une décernée pour la première fois de l’histoire des JO. En effet, l’un des points positif de ces jeux a été l’ajout de nouvelles épreuves dont notamment le saut à ski féminin, absent jusqu’alors de la compétition. Coline Mattel, la jeune athlète de 18 ans est la pionnière d’une discipline, sacrée olympique depuis 1924 mais réservée aux hommes pendant 90 longues années. En effet, tutoyer les 110km/h pour ensuite s’envoler à plusieurs mètres de hauteurs pendant 6 à 7 secondes pour parcourir parfois plus de 100 mètres a été très longtemps considéré comme dangereux pour les femmes et donc réservé aux hommes. Un préjugé absurde, selon lequel la pratique de ce sport endommagerait les organes génitaux féminins et pourrait les rendre stérile, qui s’est profondément ancré dans les mentalités. Gian-Franco Kasper, président de la Fédération Internationale de Ski affirmait en 2005 : « Ce n’est pas adapté aux femmes d’un point de vue médical ». N’en déplaise à monsieur Kasper, les jeunes femmes se sont élancées du haut du tremplin de Sotchi le sixième jour de la compétition, et ont porté à plus de 100 mètres de la ligne de départ la fierté d’une lutte victorieuse pour le sport féminin.

Le choix des épreuves est un enjeux crucial car il décide en grande partie de la participation ou non des femmes dans certains sports, comme nous l’avons vu avec le saut à ski. Or on peut pointer du doigt le fonctionnement interne à la tête des Jeux Olympiques qui est des plus obscurs. En effet, tout ou presque ce qui a trait aux JO est décidé au sein du Comité International Olympique (CIO), fondé par le fameux Pierre de Coubertin en 1864. Cette ONG basée à Lausanne n’a tout simplement pas évolué depuis sa création. Elle est composé de 101 membres désignés par cooptation dont seulement 21 femmes. Le CIO tire ses moyens financiers des droits de retransmission des événements mais aussi et surtout de multinationales qu’il engage dans des partenariats. Il a été de nombreuses fois entaché d’affaires de corruption. Face à un tel fonctionnement, il paraît évident que les enjeux liés à l’intégration et à la mise en valeur des athlètes féminins ne sont pas les plus faciles à défendre. On peut tout de même saluer la commission « femme et sport » qui, créée en 1995, conseille le CIO pour promouvoir la valorisation des femmes aux Jeux Olympiques, même si son pouvoir est très limité.

Presque toutes les autres épreuves présentes pour la première fois à des jeux olympiques à Sotchi sont, comme la majorité des compétitions, ouvertes aux athlètes des deux sexes comme par exemple le ski freestyle. On y retrouve à chaque fois deux épreuves distinctes, l’une masculine l’autre féminine. La systématique séparation des sexes dans les épreuves sportives de haut niveau est problématique, et à ce niveau, c’est le biathlon, mélange habile de ski de fond et de tir, qui est à l’avant garde. En effet, la Fédération Internationale de Biathlon propose depuis plusieurs années déjà, lors de ses championnats du monde, une épreuve de relais mixte où chaque équipe est composé de deux hommes et deux femmes. A la demande de cette fédération, les Jeux Olympiques de Sotchi ont accueilli la première édition de biathlon mixte de l’histoire olympique. Ce sont les équipes norvégiennes, tchèques et italiennes qui s’y sont illustrées en offrant une compétition spectaculaire et extrêmement serrée, les trois équipes franchissant la ligne d’arrivée avec à peine quelques secondes d’écart.

Si pour certains sports la délégation française est parfaitement équilibrée, comme en biathlon, qui reste le sport le plus égalitaire, elle l’est beaucoup moins dans d’autres. C’est le cas notamment en patinage de vitesse ou du bobsleigh où les épreuves existent, mais ont été disputées sans les athlètes françaises. // Ce n’est évidemment pas un manque de sportives capables de relever le défi au nom de la délégation française mais bien un manque de moyens de la part en particulier des fédérations qui ne peuvent allouer qu’un nombre limité de mandats. //

Pour finir, nous pouvons noter que la médiatisation très importante de ces JO a permis au sport féminin une visibilité exceptionnelle. En dehors des Jeux, le sport féminin correspond à peine à 7% des retransmissions sportives télévisées alors que les JO, regardés par près de 5,4 millions de téléspectateurs par jour pendant les deux semaines de compétition captant près de 20% des parts d’audience totales ont clairement fait exploser la présence sportive féminine à l’écran. L’exploit de Coline Mattel en saut à ski à, quant à lui, été regardé par près de 9 millions de téléspectateurs sur France 2, un double exploit !

Malheureusement cette large et bénéfique démocratisation du sport féminin, fusse-t-elle limitée aux deux semaines de JO, s’est trouvée entachée des commentaires sexistes et déplacés des commentateurs sportifs. En effet, les chaînes du service public France 2 et France 3 ont étés très vivement critiquées pour le manque de professionnalisme de leurs commentateurs. Commentaires approximatifs, publicitaires, lourdement chauvins, légèrement racistes voire carrément sexistes, on est passé tour à tour d’un Patrick Montel qui annonçait en direct une médaille à la biathlète Anaïs Bescond au moment même où celle-ci, se faisant passer devant par deux autres athlètes, voit s’envoler tout espoir de médaille à un Philippe Candeloro commentant le patinage artistique avec « Elle a des airs de Monica Bellucci, avec un peu moins de poitrine, mais bon… » ou encore « Vous pourrez lui dire que c’est pas la seule à être excitée, elle a un joli sourire cette patineuse ». Il est regrettable que le service public s’acharne à conserver une équipe de personnalités cathodiques interchangeables visiblement coincée dans une faille spatio-temporelle depuis les années 1980. Force est de constater que Patrick Montel, Gérard Holtz ou encore Lionel Chamoulaud reviennent à nos oreilles chaque année, que ce soit pour le Tour de France, Roland Garros ou les JO depuis près de trente ans. Le sport en général et le sport féminin en particulier méritent tout le professionnalisme et la compétence dont le journalisme sait faire preuve.

 

Marie Lou, MJCF 31

 

Le sport féminin, ça doit être toute l’année !

mars 11, 2014 by  
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Le 1er février dernier a eu les « 24h du Sport Féminin ». Une journée consacrée à la diffusion de compétition féminine ou de reportages sur les chaines publiques et radio.

En effet, selon une étude du CSA datant du mois de mars 2013, la diffusion de sport féminin représente seulement 7% du volume global de retransmissions sportives. Donc, 93% du sport diffusé à la télévision est masculin…

Afin de rétablir cette inégalité, un fonds de soutien d’un million d’euros, prélevé sur les fonds du Centre national pour le développement du sport (CNDS), va être alloué aux fédérations sportives pour les aider à financer la production d’images télévisuelles de sport féminin et de handisport.

Cela est un début mais doit être largement accompagné de d’autres mesures.

La situation des femmes face au sport est loin d’être satisfaisante.

Le pourcentage de femmes pratiquant du sport chute de moitié à la sortie du lycée, celles-ci devant souvent assumer d’autres tâches. De manière générale le budget des sports étant constamment réduit à peau de chagrin, les conditions de pratiques du sport sont de plus en plus remises en cause dans notre pays. Difficulté d’accès aux structures quand celles-ci existent, augmentation du prix des licences etc… Il nous faut un gouvernement qui décide de refaire du sport une priorité !

Les championnes qui vivent parmi ne sont pas forcément beaucoup mieux loties que la pratiquante lambda. Les sportives de haut niveau souffrent elles aussi du manque de soutien financier de leurs fédérations, notamment dans les « petits sports » des choix vestimentaires imposés (comme la jupette au handball) et doivent en plus affronter les commentaires sexistes des commentateurs tv.

Les JO de Sotchi ont été une nouvelle fois l’occasion de subir la pauvreté d’esprit sportif de journalistes ou des consultants à l’image de Philippe Candeloro disant à propos d’une patineuse artistique « En tout cas, moi, je connais plus d’un anaconda qui aimerait venir l’embêter un petit peu, cette jeune Cléopâtre canadienne…».

Comment France Télévision peut prétendre être à la pointe des 24h du sport féminin tout en laissant ce genre de commentaire passer ? Daniel Bilalian, directeur des sports, défendra même Candeloro de tout sexisme.

Face à tout cela, il faut exiger que la pratique féminine du sport soit réellement défendue mais aussi qu’elle soit bien plus diffusée !

Pour signer la pétition liée aux 24H du sport féminin, c’est en dessous !

http://sportfeminin.wesign.it/fr

Mejdaline, MJCF 94

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