RECONNAISSANCE DE LA PALESTINE À L’ONU : LE CHEMIN DE LA PAIX ?
octobre 10, 2011 by Rédaction
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Le début de l’automne 2011 a été un moment historique pour la paix dans le monde, celui où les Palestiniens ont demandé à l’ONU la reconnaissance de leur État. Évidemment les réactions ne se sont pas fait attendre. État des lieux d’une démarche pour la paix.
Les projecteurs ne doivent pas s’éteindre après le 23 septembre où s’est tenu à New York le discours fondateur du processus de reconnaissance de la Palestine comme 194ème État souverain de l’ONU. Cette requête historique de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est un nouveau départ pour la résolution du conflit majeur du Proche-Orient. De nouveaux rapports de forces sont posés où Israël apparaît plus isolé, les États-Unis et l’Union Européenne décrédibilisés et la Palestine remontée et plus unie que jamais pour la paix. Ovationné à son retour à
Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, effectue un puissant retour en force dans l’opinion, au bénéfice aussi de l’organisation laïque Fatah, fondée par Yasser Arafat, dont il est issu ainsi que le leader Marwan Barghouti, emprisonné sans preuves depuis 2002. En optant pour une adhésion pleine et entière à l’ONU, en répétant qu’il ne retournerait pas à la table des négociations sans un gel de l’occupation, Abbas marque des points dans la confrontation diplomatique avec Israël et rappelle au monde entier l’urgence de la résistance et des résultats concrets.
Chape de plomb sur les crimes et l’occupation
Aujourd’hui, il ne reste à la Palestine sous chape de plomb que 10% du territoire. Les frontières de
1967 établies par résolution de l’ONU ne sont pas respectées, spoliées par les colonies et le mur de la honte : plus de 700 km de barrières illégales en Cisjordanie. Alors que 80% des Israéliens se déclarent dans un sondage pour la création de la Palestine à l’intérieur de ces mêmes frontières, leur gouvernement s’agite désormais depuis le fossé où il s’est retranché. Dans un nouveau discours agressif, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, sert aux Nations-Unies la même soupe hypocrite, depuis onze ans que l’extrême-droite est au pouvoir : la stratégie de la violence, de l’enlisement et du chantage, celle du loup et de l’agneau qui négocieraient à deux leur menu. Pas un mot sur les 11 000 prisonniers politiques, pas une explication sur les violations perpétuelles du droit international : les privations d’accès à l’eau, aux soins, à l’éducation, au travail, à la liberté de circulation ; niées, les exactions militaires, les destructions, les meurtres, etc.
Veto et silences complices
À l’ONU, les États-Unis ont été les plus graves complices de ces crimes. En prévoyant d’opposer son veto à l’adhésion palestinienne, la baudruche Obama tente un impossible grand écart entre son éloge des luttes arabes pour la liberté et son appel abstrait à des négociations sans condition préalable (le gel des colonies, par exemple) et forcément déséquilibrées. Ce cynisme, complémentaire de l’impuissance plus ou moins silencieuse de l’Union Européenne, montre une nouvelle fois les limites de la médiation unique américaine et la nécessité de transformer radicalement le fonctionnement impérialiste* et biaisé des institutions internationales.
Quel avenir pour la négociation maintenant ?
Déjà, dans toute la Palestine occupée ont eu lieu des manifestations de solidarité, malgré la répression. La surdité criminelle d’Israël et l’hypocrisie de ses alliés seraient responsables de l’escalade violente d’une troisième intifada redoutée par tous. Dans le camp de la paix, majoritaire, on réclame plus que jamais l’engagement ferme des parlements pour la sécurité des populations civiles, le respect par Israël du droit international, le retour des réfugiés, la fin de la colonisation, du mur et du blocus inhumain de Gaza, la libération des prisonniers politiques.
L’État palestinien aura d’autant plus de chance d’exister que le mouvement s’amplifiera. Les actions pour sa reconnaissance vont se poursuivre dans les échanges entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU –130 États sur 193 soutiennent la requête palestinienne– mais, aussi et surtout, dans les actions de sensibilisation et de solidarité avec le peuple palestinien à travers le monde entier comme en France à l’appel du MJCF le 28 octobre pour la remise des pétitions en faveur de l’État palestinien. Pétitions, rassemblements et mobilisations de soutien sont autant de gestes forts pour dénoncer les responsables, libérer la Palestine et s’approcher jour après jour d’une paix juste et durable au Proche-Orient.
Antoine Troussier
* Impérialisme : tendance d’un État à mettre d’autres États sous sa dépendance politique, économique, culturelle.
Soutiens à l’Etat palestinien
septembre 21, 2011 by Rédaction
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Le Mouvement des Jeunes Communistes de France a lancé un appel pour soutenir la demande des Palestiniens pour que la Palestine soit reconnue comme le 194ème état membre de l’ONU. Le MJCF a soumis cet appel citoyen à diverses personnalités politiques, syndicales, associatives, mais aussi du monde culturel, philosophique, universitaire…. En cette journée internationale de la paix, Avant Garde publie cet appel et la liste des premiers signataires.
Colonisation ininterrompue, maisons détruites en masse, mur de la honte, contrôles aux checkpoints, confiscation de terres arables, privation d’accès à l’eau, racisme d’État, violation quotidienne des résolutions de l’ONU, humiliations permanentes… Ça ne peut plus durer ! Au moment, où de nombreux peuples se révoltent dans tous le Moyen-Orient pour trouver la voie de la démocratie, de la justice et de l’égalité, les aspirations du peuple palestinien doivent être entendues. Le temps est venu que les choses changent ! Bien sûr, l’échec des nombreuses négociations menées depuis 20 ans et l’escalade de la violence qui en découle pourraient décourager. La solution existe pourtant, simple et juste : un État palestinien pour le peuple palestinien.
En septembre, s’enclenche un processus qui doit conduire la Palestine à être reconnue comme un État, le 194ème membre de l’ONU.
Le peuple palestinien a le droit à cet État, libre et indépendant, dans les frontières de 1967 (Cisjordanie, bande de Gaza, Jérusalem-Est comme capitale), aux côtés de l’État israélien. C’est la condition de justice qui peut seule ouvrir un horizon de paix dans la région.
La France et l’Union européenne doivent soutenir activement cette chance historique.
En tant que citoyens engagés pour la paix, nous soutenons les peuples palestinien et israélien et leur droit de vivre en paix dans des États libres et souverains aux frontières sûres.
En tant que citoyens engagés pour la justice et les droits humains, nous appelons la France et l’Union européenne à prendre leurs responsabilités en approuvant à la prochaine assemblée générale de l’ONU – et au Conseil de sécurité pour les membres permanents – la reconnaissance de l’État palestinien.
Les premières personnalités qui cosignent cet appel :
- A -
Christophe Alévêque, humoriste et chroniqueur
Henri Alleg, ancien directeur d’Alger Républicain, président d’honneur de l’association de la cause anticolonial
Pouria Amirshahi, secrétaire national au droit de l’Homme du PS
Pierric Annoot, secrétaire général des jeunes communistes (MJCF)
Mouloud Aounit, président d’honneur du MRAP
Gérard Aschieri, syndicaliste
- B -
Nicole Borvo Cohen-Seat, président du groupe CRC-SPG du Sénat
José Bové, député européen
Marie George Buffet, députée, ancienne ministre
- C -
André Chassaigne, député
- D -
Didier Daeninckx, romancier
Laurianne Deniaud, présidente des Jeunes Socialistes (MJS)
Olivier Dulac, neuropédiatre, hôpital Necker
- F -
Patrick Farbiaz, animateur de l’association « Sortir du colonialisme »
Jacques Fath, responsable des relations internationales du PCF
Gérard Filoche, inspecteur du travail en retraite
Luc Foulquier, Ingénieur-chercheur en écologie
- G -
Jérôme Gleize, membre de l’exécutif d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV)
Pierre Gosnat, député
Robert Guédiguian, réalisateur
Marion Guénot, secrétaire national de l’UEC
- H -
Gisèle Halimi, avocate et ancienne ambassadrice de France
Denise et Hassan Hamouri, enseignante et commerçant
Salah Hamouri, étudiant franco-palestinien et prisonnier politique en Israël
Jacky Hénin, député européen
Stéphane Hessel, ambassadeur de France
Elie Hoarau, député européen, secrétaire général du Parti Communiste Réunionnais.
- J -
Benjamin Joyeux, responsable de la commission transnationale EELV
- L -
Pierre Laurent, secrétaire national du PCF
Yvan Le Bolloch’, comédien et musicien
Jean Paul Lecoq, député
Jean Claude Lefort, député honoraire
Patrick Le Hyaric, député européen, directeur du journal l’Humanité.
Didier Le Reste, cheminot, syndicaliste
Marie-Noëlle Lienemann, membre du bureau national du PS
- M -
Gilles Manceron, historien, Ligue des droits de l’Homme
Catherine Margatte, maire de Malakoff
Henri Martin, résistant
Jean Luc Mélenchon, député européen, vice-président du Parti de gauche
Catherine Mills, maitre de conférences à la Sorbonne
Roland Muzeau, député, porte parole des députés communistes, républicain et du Parti de gauche
- N -
Jacques Nikonoff, porte parole du M’PEP
- P -
Daniel Paul, député
François Périnet, maitre de conférences à Paris Sud
Christian Piquet, porte parole de la gauche unitaire
- Q -
Yvon Quiniou, philosophe
- S -
Georges Séguy, syndicaliste, déporté et résistant
Lucien Sève, philosophe
- T -
Taoufiq Tahani, universitaire
Nils Tavernier, acteur et réalisateur
- V -
Marie Christine Vergiat, députée européenne
Pierre Villard, co-président du Mouvement de la Paix
Daniel Voguet, avocat à la cour d’appel de Paris
- W -
Edouard Wagneur, mathématicien
Francis Wurtz, député européen honoraire
- Z -
Emmanuel Zemmour, président de l’UNEF
Sénégal : «Touche pas à ma constitution»
août 19, 2011 by Rédaction
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Souvent présenté comme le modèle à suivre en matière de démocratie en Afrique, le Sénégal, présidé depuis 2000 par Abdoulaye Wade (du Parti Démocratique Sénégalais – PSD), traverse une crise sans précédent depuis le printemps 2011. Modification de la constitution, précarité, chômage, coupures d’électricité, autant de raisons à la mobilisation populaire qui a gagné le pays. Retour sur les événements.
Le mouvement « Touche pas à ma constitution » est né après la 17ème tentative de modification de la constitution par le Président. A l’approche des élections présidentielles, cette réforme avait pour but de rendre Wade (âgé de 85 ans) rééligible pour un troisième mandat consécutif avec 25% des voix seulement. Elle aurait permis, par la même occasion, l’élection d’office de son fils, Karim Wade, au poste de vice-président. C’est ce que le Président a lui-même appelé le « ticket gagnant », le gain ne profitant qu’à la droite au pouvoir et au clan Wade (d’ailleurs soutenu par Nicolas Sarkozy, entre autres). Entre dictature, néocolonialisme et népotisme, le peuple sénégalais s’est organisé pour résister. Le 23 Juin 2011, jour où devait être présenté le projet de loi, plusieurs milliers de manifestants se sont rassemblés devant le parlement à Dakar.
Le M23 à l’origine de la contestation
La précarité grandissante, le mépris des revendications des étudiants et des travailleurs, le chômage en hausse constante et les coupures d’électricité quotidiennes sont autant d’éléments qui ont contribué au ras-le-bol du peuple sénégalais. L’annonce du projet « des 25% » et de l’élection avec l’option « ticket gagnant » n’ont été que la goutte d’eau qui a fait débordé un vase qui se remplissait depuis des années. Dès lors, plusieurs mouvements et associations se présentant comme apolitiques (tels que « Y’en a marre » ou « Je refuse - Jeunes pour la Reconstruction et le Futur du Sénégal») ont vu le jour et se sont joints aux forces politiques de gauche, dont l’Union de la Jeunesse démocratique Alboury N’diaye (UJDAN) et le Parti e l’Indépendance et du Travail (PIT). Ces derniers ont préparé la manifestation du 23 Juin en sensibilisant un grand nombre de Sénégalais, auxquels se sont ajoutés bon nombre de manifestants spontanés, hommes ou femmes, jeunes ou vieillards, étudiants, chômeurs ou travailleurs.
Le jour dit, alors que les manifestants sont regroupés pacifiquement devant le parlement, l’un des ministres entre dans l’édifice malgré les barrières et la contestation populaire. Cet acte est vécu comme un affront et un mépris des aspirations sénégalaises. Selon des témoignages recueillis sur place, c’est à cet instant que la tension est montée : la police a immédiatement eu pour ordre de disperser la foule, et la torture des manifestants a suivi les passages à tabac sur la voie publique et les violentes arrestations.
Suite à ces événements, le gouvernement a décidé d’interdire toute « manifestation à caractère politique » au centre-ville de Dakar. Mais les organisations présentes dans les rues le 23 juin dernier ont décidé de braver l’interdit et de descendre dans les rues le 23 de chaque mois jusqu’aux élections présidentielles qui auront lieu en Février 2012. Wade et ses alliés espèrent étouffer les événements en organisant un black out total à la fois sur la question politique, sur les mobilisations et sur la répression.
« Benno Siggil Sénégal », victoire et unité indissociables
Du côté de l’opposition, les élections se préparent. Toutes les forces politiques de gauche – des socialistes à l’extrême gauche, en passant par le PIT – se sont alliées au sein d’un front, le Benno Seggil Sénégal, pour battre la droite en 2012. Créé en 2009 pour les élections locales, le Benno s’est renforcé dans la préparation du M23 et ne cesse de prendre de l’ampleur. Un candidat unique de la gauche devrait être élu pour se présenter en 2012. Face au pouvoir de Wade, la gauche Sénégalaise part en campagne avec l’intime conviction que la victoire et l’unité sont indissociables, et que le peuple doit être à l’origine de tout projet politique.
Gnima Mendy
Palestine libre – libres Palestiniens
août 3, 2011 by Rédaction
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Reconnaissance à l’ONU, libération probable de Salah Hamouri… les événements se bousculent au Proche-Orient sans que pour autant rien ne soit encore joué. Explications.
Salah Hamouri est un jeune franco-palestinien emprisonné en Israël. 7ans, c’est la peine à laquelle il a été condamné après une arrestation injustifiée. Pourquoi ? Salah est tout simplement passé devant les fenêtres du rabbin Yossef Ovadia, chef spritituel du parti Shass (parti d’extrême droite). Ce geste, plutôt banal dans n’importe quel autre endroit du globe, a été, là-bas, suffisant à le condamner pour « terrorisme ». Salah a comparu devant le tribunal militaire d’Ofa, illégal au regard du droit international, et a été contraint de plaider coupable pour alléger sa peine. C’est ainsi qu’il a rejoint les milliers de prisonniers politiques palestiniens.
La libération des prisonniers indissociable de la paix
Enfermé depuis plus de 6 ans, sa peine devrait donc prendre fin le 28 novembre mais Salah est, pour l’instant, seulement libérable et pas encore libéré. Le pouvoir israélien pourrait le garder encore un certain temps en rétention administrative surtout si le gouvernement français reste sourd malgré les soutiens des différents comités et associations en France et au Proche-Orient. Ces mobilisations ont toutefois déjà contraint Alain Juppé, ministre des affaires étrangères, à accepter de rencontrer Denise et Hassan Hamouri, les parents de Salah.
Daniel Voguet, l’avocat de Marwan Barghouti (responsable du Fatah, lui aussi enfermé), parle d’au moins 1 palestinien sur 10 qui aurait connu, à un moment ou un autre, une arrestation, un enfermement. Selon de nombreux observateurs, 300 enfants seraient aujourd’hui en prison. C’est le quotidien des Palestiniens. L’exigence de leur libération est donc indissociable de la construction d’un État et d’une paix juste et durable. Salah en est l’un des symboles, ici en France.
Les enjeux de la reconnaissance
Avec l’annonce de sa probable libération et la possible reconnaissance d’un État Palestinien à l’ONU, on pourrait croire que la situation entre les deux protagonistes du conflit est en train de s’améliorer. Tout n’est pas si simple mais cette demande de reconnaissance est tout de même le signe d’une reprise en main du calendrier, d’un passage à l’offensive des Autorités Palestiniennes poussées par les mobilisations populaires de ces derniers mois. Si elle aboutissait, elle représenterait, entre autres, la possibilité de sortir du tête à tête toujours défavorable aux Palestiniens, d’une implication plus importante de la communauté internationale et permettrait que d’autres dispositions du droit international s’appliquent à la situation – telle que la reconnaissance de la Palestine comme un État occupé par une puissance étrangère.
Tout reste à jouer
Évidemment rien n’est encore joué. De même que pour une libération effective de Salah, la mobilisation internationale est nécessaire pour que l’espoir de cette reconnaissance devienne réalité. Si la demande de reconnaissance par l’ONU est un signe fort adressé à Israël, il semble que le chef du gouvernement hébreu ne l’entende pas de cette oreille. Les dernières interventions du Premier Ministre, soutenu par les États-Unis, ne vont pas dans le sens d’un abandon de la colonisation et du retrait des colons dans les territoires réclamés par les palestiniens. Netanyahou pourrait malgré tout être mis au pied du mur sous la pression de la communauté internationale. Plus de 120 pays se sont d’ores et déjà déclarés favorables sur les 130 voix nécessaires pour faire la bascule à l’Assemblée Générale de l’ONU. Il appartient aux peuples du monde d’exiger de leur gouvernement d’ajouter leur poids dans ce processus qui sera de longue haleine puisque la résolution fera plusieurs aller retour entre l’Assemblée Générale et le conseil de sécurité (composé de 5 membres permanents dotés du droit de veto – Chine, Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni – et de 10 membres élus pour 2 ans).
Le combat pour la paix continue
Si à terme ce processus devait aboutir, le combat pour la paix ne prendrait pas fin pour autant. En effet, la reconnaissance pure et simple d’un État palestinien n’est pas suffisante. Pour Israël, ce pourrait être une manière de se sortir d’une situation qui semble de plus en plus difficile à gérer sans avoir à assumer les 60 années d’humiliations quotidiennes, d’occupation illégale, d’utilisation de la force armée contre des civils, de crimes de guerres. Il semble dès lors qu’une paix durable ne pourra se construire que sur le chemin de la justice. De nombreux débats et combats restent et resteront à mener : la libération des prisonniers essentielle au bon fonctionnement de l’État, la fin des colonies et du mur, la sanction des crimes de l’État israélien notamment l’attaque de Gaza en 2009, le droit au retour des réfugiés… C’est pour l’ensemble de ces questions et en premier lieu pour la reconnaissance de l’État palestinien que Marwan Barghouti a appelé, cet été depuis sa prison, tous ceux qui luttent pour la paix à organiser à travers le monde de grands rassemblements le 17 septembre, quelques jours avant le début du débat à l’ONU.
Lorraine Finkl
Palestine : résistances populaires contre le mur de la honte
juillet 28, 2011 by Rédaction
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Depuis près de 10 ans, un mur s’érige face à de nombreux palestiniens. Accéder à ses terres, à l’eau, à sa famille… l’épreuve est quotidienne mais la résistance aussi. Avant Garde s’est rendu sur place, témoignage.
Été 2002, le gouvernement israélien commence la construction du « mur de sécurité », officiellement pour se protéger des « attaques terroristes » venant des territoires palestiniens. Long de 730 kilomètres, il est rapidement rebaptisé « mur de la honte » ou « mur de l’apartheid » par ceux qui luttent pour la paix. Non content d’empiéter sur les territoires palestiniens – jusqu’à 23 km au-delà de la ligne verte de 1967 – il coupe des villages en deux, séparant parfois des familles qui doivent effectuer plusieurs centaines de kilomètres pour se voir, alors qu’elles habitent à moins de 500 mètres à vol d’oiseau. Ce mur prive les Palestiniens de l’accès à leurs terres les plus arables, à leurs champs d’oliviers et à l’eau. Les principaux puits palestiniens sont incorporés du côté israélien, les empêchant de faire des récoltes sur les terres qui leur restent. Enfin, le mur est un véritable enfer pour des milliers de Palestiniens contraints de se déplacer chaque jour : ils doivent subir de longues attentes et parfois des humiliations aux nombreux checkpoints postés sur les routes.
Des comités populaires pour une résistance non-violente
Depuis la création de ce mur, de nombreux Palestiniens ont cherché de nouvelles formes de luttes pour protester contre sa construction, mais aussi contre la politique de colonisation du gouvernement israélien. Plusieurs villages ont alors eu l’idée de constituer des Comités Populaires de Résistance. Ils rassemblent largement tous les Palestiniens d’un même village, encartés ou non dans un parti politique (Fatah, PPP, FPLP, Hamas, etc.). Chacun d’eux se dote d’un coordinateur, d’un chef de projet et d’une équipe de communication. Leur choix ? La non violence, comme nous l’explique Mahmoud, coordinateur du Comité d’Al Maasarah : « J’ai vu mon frère et des amis tombés les armes à la main. Pour moi, comme pour les autres habitants du village, il nous fallait inventer autre chose. Nous avons choisi la voie de la non violence et des manifestations ». Cet été, nous avons participé à deux de ces actions.
Manif à Bil’in
D’abord à Bil’in, l’un des villages les plus connus pour sa résistance active, puisqu’il a été l’un des premiers à s’y lancer. La manifestation est constituée de 150 personnes tout au plus, dont un bon tiers d’internationaux desquels nous faisons parti. Comme toujours, elle part en cortège depuis le « centre » du village et se rend aux abords du mur en scandant des slogans tels que « Free Palestine ». Mais, comme à chaque fois, au bout d’une dizaine de minutes, l’armée disperse la «foule » pacifique à l’aide de bombes lacrymogènes, grenades assourdissantes, voire plus. Abdallah, le responsable du comité à Bil’in, nous rappelle alors que « la résistance populaire a déjà connu plus de 1 500 blessés dus aux armes utilisées par l’armée. L’année dernière, deux personnes, un frère et une sœur, ont été tuées par l’armée à 3 mois d’intervalle. Et plusieurs d’entre-nous ont déjà connu la prison. Moi-même, j’ai été enfermé plus de 16 mois déjà pour mes activités pacifistes ».
Match de foot à Al Maasarah
Pour notre deuxième action avec les comités populaires nous nous rendons à Al Maasarah à côté de Bethléem. L’action n’est pas, cette fois-ci, une simple manifestation mais un match de football qui se joue juste à côté de l’armée. Mahmoud nous explique ce choix : « le but des manifestations était qu’elles soient médiatisées. Elles l’ont été, au début, mais comme elles se sont multipliées dans de nombreux villages et cela chaque semaine, au bout d’un moment, cela s’est un peu essoufflé. Alors on s’est demandé comment faire ? Nous avons décidé de faire des actions plus originales : s’enchaîner aux oliviers qui devaient être arrachés, refaire le chemin de Jésus avec 100 militants sur des ânes entre Bethléem et Jérusalem, enfin jusqu’au checkpoint…. Face à cela l’armée ne sait pas encore comment réagir. Être violent ou non ? Réprimer ou pas ? ».
En route donc pour le match de football avec une centaine de participants. Le contexte est tendu et l’armée nous encadre. Un pénalty touche un soldat. Résultat : un blessé grave (le tireur) évacué par l’ambulance qui nous avait suivi. Le match se termine par un petit meeting et dans le calme. Toutefois Mahmoud est menacé par l’armée israélienne de représailles dans la soirée : « Nous viendrons te chercher ce soir, car là il y a trop de monde ». Heureusement, ils ne viendront pas, mais Mahmoud a vécu avec la peur au ventre toute la journée… pour lui c’est le quotidien.
« Continuer notre lutte jusqu’à ce que nous ayons une terre »
Aujourd’hui les comités populaires sont au nombre de 16. Ils se réunissent régulièrement et incitent les différents villages palestiniens à faire de même. Certains obtiennent des résultats. A Bil’in, par exemple, 3 semaines avant notre arrivée, le mur avait été démantelé et reconstruit 100 mètres plus loin, rendant aux villageois 1.000 hectares d’oliviers leur appartenant. Il leur reste à reconquérir les 1.000 autres hectares restés derrière le mur et, comme le souligne Mahmoud, « à continuer notre lutte jusqu’à ce que nous ayons une terre, un État indépendant et que nous puissions vivre en paix avec nos voisins israéliens. Nous ne demandons que cela ! ».
Fabien gay
LA PALESTINE DANS TOUS SES ÉTATS
juillet 12, 2011 by Rédaction
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L’ensemble des organisations de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) ont récemment signé un accord historique qui établit l’unification nationale. C’est un immense espoir de paix qui s’inscrit dans le projet de reconnaissance de l’État palestinien en septembre prochain à l’ONU. Explications.
Depuis 2006, Israël impose à la bande de Gaza un blocus meurtrier avec la complicité de l’Egypte. Ce sont 1,5 millions d’habitants qui vivent dans une prison à ciel ouvert où pauvreté et chômage explosent. À cela s’ajoutent l’édification du mur de l’apartheid, l’extension de la colonisation, les expulsions des Palestiniens, les arrestations arbitraires, la destruction des agricultures… Le peuple palestinien a dit stop.
Le 15 mars 2011, l’ensemble des organisations de jeunesse palestiniennes ont lancé un grand appel à manifester pour l‘« unification nationale ». Un réel rappel à l’ordre pour les dirigeants. Suivant l’exemple des révolutions en Tunisie, en Égypte, ou encore en Libye, les manifestations, impulsées par les jeunes, ont réuni 300 000 personnes à Gaza et des milliers d’autres en Cisjordanie. Moins d’une semaine plus tard, Mahmoud Abbas (membre du Fatah et président de l’Autorité palestinienne) annonçait qu’il était prêt à se rendre à Gaza pour négocier avec le
Hamas (abréviation arabe de « Mouvement de résistance islamique ») qui y a le pouvoir. Sous la pression de la volonté populaire, un accord a été signé le 27 avril.
Les termes de la réconciliation
D’après cet accord, une élection présidentielle sera organisée d’ici un an pour élire le Président unique de l’ensemble de la Palestine (Gaza et Cisjordanie). En attendant, un gouvernement transitoire va être nommé. Même si la constitution de ce dernier ne va pas sans poser de problèmes, cet accord renforce l’État palestinien qui rassemble derrière lui des responsables politiques et un peuple unis pour lutter contre toutes les injustices commises par le gouvernement israélien. Du point de vue de la communauté internationale, il apporte une crédibilité capitale à la Palestine qui souhaite être reconnue à l’ONU en septembre prochain.
Israël de plus en plus isolé
Avec les révolutions dans le monde arabe, l’État israélien ne bénéficie plus de l’appui de ses partenaires privilégiés, notamment l’Égypte qui a mis fin à sa participation au blocus sur Gaza en ouvrant ses frontières à Rafah. Bien sûr, l’Égypte ne compte pas briser ses relations avec les États-Unis ni mettre fin au traité de paix avec Israël mais elle se défait de sa dépendance aux pressions et sou- tient l’unité nationale en Palestine. Les dirigeants du Fatah et du Hamas se sont d’ailleurs rencontrés au Caire.
Même s’il bénéficie encore du soutien des États-Unis, l’État israélien est donc de plus en plus isolé.
Encore récemment, la communauté internationale a condamné unanimement sa décision de bloquer les recettes fiscales de la Palestine. Sous pression, le gouvernement de Netanyahou est revenu sur sa décision.
Néanmoins, malgré les contestations qui se multiplient autant en Palestine que dans la société israélienne avec encore récemment plus de 25 000 manifestants à Tel Aviv, la colonisation et la répression se durcissent. Aux manifestants non armés qui commémoraient le 44e anniversaire de la guerre des six jours et de l‘occupation du plateau du Golan, Tsahal à répondu par la violence et a fait 14 morts.
Un État reconnu à l’ONU ?
Même s’il est le premier président américain à se prononcer pour le respect des frontières de 1967, les déclarations d’Obama le 7 juin dernier – « les Palestiniens ne devraient pas demander la reconnaissance d’un État aux Nations Unies » – laissent supposer que les États-Unis utiliseront leur véto en septembre. Cependant, le soutien important d’autres membres de l’Assemblée – qui reconnaissent dorénavant l’État palestinien ou lui accordent un statut diplomatique particulier – pourrait au moins permettre à la Palestine de devenir observateur de l’ONU et, comme le dit Alain Gresh (journaliste spécialiste du Proche Orient), « de poser la question de l’occupation d’un État devant l’opinion et la justice internationales ».
Un soutien international primordial
Les choses sont en train de changer et des solutions de paix durables existent et se dessinent. La cause palestinienne jouit dorénavant d’une opinion favorable à l’international. La flottille de la paix pour Gaza partie au début de l’été le démontre. Avec des bateaux de plusieurs pays, dont la France, elle compte bien offrir au peuple de Gaza un acte de solidarité, une aide matérielle et l’audience nécessaire pour survivre.
Même si leur État est reconnu en septembre à l’ONU dans les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, d’autres questions continueront de se poser pour permettre au peuple palestinien de vivre dignement : la libération des prisonniers politiques, la fin de la colonisation, le retour des réfugiés, l’accès à l’eau… La mobilisation ne devra donc pas faiblir.
Charline Hernandez
LE HOLD-UP DU SIÈCLE SE POURSUIT
juillet 12, 2011 by Rédaction
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Le rejet du pacte Euro plus et des reculs sociaux qu’il institutionnalise est un des leitmotiv de la mobilisation des jeunes à travers l’Europe ces derniers mois. En jeu : un hold-up à la fois démocratique et financier.
Le silence médiatique assourdissant, et l’absence de débat public autour de ces réformes, contrastent avec leur importance décisive : les politiques d’austérité deviennent une obligation permanente (les États sont invités à traduire dans leur loi voire leur constitution les règles européennes), assortie de sanctions automatiques pour les « mauvais élèves » qui n’adopteraient pas la « rigueur », à savoir la réduction des salaires, les coupes dans les services publics et les prestations sociales, la précarisation du travail, une fiscalité encore plus favorable aux grandes entreprises. Autant de mesures inscrites dans le pacte Euro Plus.
Des mesures à la fois injustes et inefficaces
L’un de ses objectifs essentiels est ainsi énoncé : « Les salaires doivent évoluer en fonction de la productivité » dans le cadre d’une « coordination renforcée des politiques économiques pour la compétitivité et la convergence ». Traduction : on va demander aux travailleurs d’augmenter leur productivité tout en réduisant les salaires (comme c’est déjà le cas en Grèce, au Portugal ou en Espagne). C’est la même logique que le « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy : les conditions de vie et de travail se dégradent et le pouvoir d’achat n’augmente pas. D’autre part, on va mettre les travailleurs des différents pays en concurrence au nom de la compétitivité synonyme de chantage aux délocalisations.
Ces mesures sont à la fois injustes et inefficaces : elles veulent faire payer aux peuples le prix de la crise en enfonçant l’économie dans la récession, pendant que la régulation du secteur bancaire et financier, responsable de la crise, piétine. En Grèce, par exemple, on observe moins 4,5% de croissance en 2010, alors que le chômage s’envole à 15,9% et 30,9% pour les jeunes (contre 24,2% il y a un an). L’aggravation de la crise sociale pourrait renforcer les courants xénophobes, qui ont le vent en poupe. Mais ce vent commence peut-être à tourner sous la pression des luttes populaires.
Génération Révolution
Des mouvements massifs de protestation et d’exigence démocratique sont apparus en Espagne, en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni, après le mouvement de l’automne dernier en France. Sans avoir nécessairement lu le Pacte Euro Plus adopté en mars dernier à Bruxelles, nombre de ceux qui manifestent perçoivent qu’il comprime salaires et pensions, rejette leur indexation sur l’inflation, prône la hausse de l’âge de départ à la retraite et facilite les licenciements. Ces mouvements commencent à se développer à l’échelle européenne. La Confédération européen ne des syndicats a organisé une journée d’action le 21 juin avec une manifestation au Luxembourg, pays du président de l’Eurogroupe (États membres de la zone euro) Jean-Claude Juncker. Les indignés espagnols se sont à nouveau massivement mobilisés le 19 juin, en amont du Conseil européen.
Du Portugal à la Grèce, nombreux sont les jeunes qui font grève ou se rassemblent pour résister, exiger et construire un autre avenir. Cette Génération Révolution continuera de se mobiliser pendant tout l’été pour être de plus en plus nombreuse et préparer la rentrée avec un rendez-vous pour de grands rassemblements déjà pris pour le 15 octobre.
Pierre Mothet
Rencontre des parents de Salah avec le ministre des affaires étrangères
juin 3, 2011 by Rédaction
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Après 6 ans de détention et de multiples interpellations, le gouvernement français en la personne de son ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, a afin rencontré les parents de Salah Hamouri.
Salah est un jeune Franco-Palestinien enfermé depuis 6 ans dans les geôles israéliennes. Suspecté d’avoir préparé un attentat contre le rabbin Ovadia Yossef du parti ultra-orthodoxe Shass, il a été condamné par un tribunal militaire démuni de preuves. Leur argument phare : Salah est passé devant la maison dudit Rabbin. Il a ainsi rejoint les 11 000 prisonniers politiques palestiniens.
Malgré l’injustice, le gouvernement français n’avait pas réagi jusqu’à présent. C’est à force de mobilisation qu’Alain Juppé a finalement accepté de rencontrer pendant 15 minutes ce matin à Jérusalem Denise et Hassan Hamouri, après avoir rencontré hier les parents du soldat Gilad Shalit. L’événement fait suite à de multiples interpellations de nombreuses organisations et du collectif national pour la libération de Salah Hamouri. Les jeunes communistes de Gironde ont, par exemple, adressé plusieurs lettres au maire de Bordeaux après son entrée au gouvernement, soutenues par les nombreuses signatures de la pétition nationale de leur mouvement pour la libération des prisonniers politiques palestiniens dont Salah Hamouri et Marwan Barghouti.
Les choses avancent donc mais la mobilisation ne doit pas faiblir. Salah est libérable en novembre mais comme le souligne le ministre lui-même toutes les demandes de clémence ont été rejetées, et plus largement de grands défis pour la paix se profilent dans les prochains mois avec les démarches vers l’ « unité » de la Palestine, l’ouverture de la frontière égyptienne à Gaza, la flottille de la liberté et le bateau français pour Gaza, la demande de reconnaissance à l’ONU en septembre… à suivre.
Cynthia Traoré
Contre sommet du G8 : Le peuple avant la finance !
mai 26, 2011 by Rédaction
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Le sommet du G8 est la réunion annuelle des 8 pays les plus riches du monde (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, Allemagne, Japon, Italie et Canada). Les dirigeants des 8 superpuissances se rencontrent ainsi régulièrement pour se concerter sur la meilleure façon d’asseoir leur domination sur le reste du monde tout en ignorant les aspirations de leur peuple. Leur objectif est simple : imposé les dogmes libéraux à l’ensemble de la planète mais la résistance s’organise…
Cette année, le G8 est sous présidence française, les sommets ont donc lieu sur notre territoire. Les 26 et 27 mai, c’est à Deauville, en Normandie, que se réunissent les 8 puissances pour aborder les révolutions arabes, les partenariats avec l’Afrique et la paix dans le monde.
Stratégie guerrière des puissants du G8
Plus que jamais, en pleine crise économique et sociale planétaire, contrôler les rapports internationaux pour empêcher la montée d’alternatives politiques et économiques est un enjeu fondamental pour les puissants du G8. Il leur faut maintenir l’ordre établi puisqu’il est à leur avantage. L’intervention militaire en Lybie pour conserver le contrôle du pétrole bien plus que pour soutenir le soulèvement contre un dictateur; celle en Côte d’Ivoire pour imposer au pouvoir le candidat convenant au FMI – malgré une élection truquée et d’importantes présomptions d’exactions de chaque côté – ont fait éclater au grand jour leurs velléités néocoloniales. Et une fois de plus, ce sont les peuples qui paient l’addition. En Afghanistan, ces mêmes puissances refusent de se retirer et de laisser le peuple afghan décidé de son destin afin de se maintenir dans un pays charnières dans les relations avec le Moyen Orient. Comme dans d’autres coins du monde, les 8 puissances y ont opté pour une stratégie de guerre imposant leur propre choix par la force.
Silence complice sur la Palestine
Et en attendant, les 8 dirigeants font l’impasse sur la situation en Palestine et sur le sort réservé aux palestiniens. Malgré les crimes orchestrés par l’Etat Israélien dans la bande de Gaza, malgré la colonisation, aucune poursuite ni sanction ne sera entreprise par les puissants de ce monde. Aucun mot non plus sur la situation des 11000 prisonniers politiques enfermés dans les geôles israéliennes pour le simple fait d’avoir résister à l’occupation, Salah Hamouri et Marwan Barghouti en sont les symboles.
Un contre sommet de réflexions et de résistances face à l’austérité
La semaine précédent cette fameuse rencontre au sommet, les 21 et 22 mai, un contre sommet s’est tenu au Havre en Seine Maritime avec une grande manifestation festive et joyeuse dans une ville morte. En effet, la psychose orchestrée par le maire UMP du Havre et les pouvoirs publics – agitant la menace de débordements et d’une ville à feu et à sang – a fait fermer les magasins et vider les rues. Pourtant tout s’est déroule dans le calme. Après l’annulation du G8 des universités, la volonté de la droite au pouvoir semble être, décidément, d’affoler les populations et d’empêcher le développement de pôles de résistances qui remettent en cause le capitalisme.
La manifestation a rassemblée plus de 7000 personnes venues exiger un monde nouveau basé sur la coopération et le partage entre les peuples. Le lendemain, s’est tenu un « forum des alternatives » où de nombreux thèmes ont été abordés : de la solidarité internationale aux choix énergétiques en passant par la priorité à donner au peuple plutôt qu’à la finance.
Des idées relayées dans de nombreux pays
Partout en Europe et dans le monde, ces résistances s’organisent contre les politiques d’austérité imposées par les grandes puissances et le FMI. Car celles-ci signifient pour le commun des mortels : dégradations des services publics (éducation, santé, etc.), gel voire baisse des salaires, augmentation de l’âge de départ à la retraite… Mais ne nous y trompons pas, ces mesures s’inscrivent bien dans la logique du système capitaliste : faire trimer les pauvres pour remplir quelques poches privilégiées.
En Espagne, les jeunes se soulèvent pour réclamer une véritable démocratie où ils auraient réellement leur mot à dire dans un pays où ils sont percutés de plein fouet par la crise. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 1,5 millions de jeunes y sont privés d’emplois, ou encore 45% de chômeurs de moins de 25 ans. Il y a quelques jours, l’exemple était déjà donné par les Grecs avec une nouvelle grève générale. Après le printemps dans les pays arabes, le vent révolutionnaire semble traverser la méditerranée. Serons-nous la Génération Révolution ?
Baptiste Bauza
Rencontre avec le père de Salah, symbole du combat pour la justice
avril 28, 2011 by Rédaction
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En délégation avec d’autres jeunes en Palestine, j’ai eu l’honneur de rencontrer, l’espace d’une soirée, le père de Salah Hamouri. Une rencontre humaine, politique où l’âpreté de l’injustice se mêle à la volonté de résister et au désir de vaincre. Témoignage.
En visitant les quartiers de Jérusalem Est, pour se rendre compte de l’Etat de la colonisation de la capitale légitime du futur Etat palestinien, nous rencontrons Zyad. Membre du PPP (Parti Populaire Palestinien, l’équivalent du parti Communiste), il est le cousin du père de Salah Hamouri, Hassen. Les échanges que nous avons avec lui sont forts, enrichissants et constructifs. Alors, comme nous lui parlons du combat du Mouvement des Jeunes Communistes de France (relayé par le journal Avant Garde) pour la libération de Salah, il nous propose de nous présenter à son cousin. Le lendemain le rendez-vous est pris et c’est le soir même que nous avons le plaisir de rencontrer cet homme de petite taille dont le visage rappelle presque trait pour trait celui de Salah. L’émotion est au rendez-vous. Chacun se présente. Commence alors l’échange.
Un prisonnier politique parmi 8 000
Hassen Hamouri nous parle de son fils qui refuse systématiquement d’aborder son cas personnel. Il met un point d’honneur à parler de la situation des prisonniers politiques en Palestine. Ils sont, encore aujourd’hui, 8 000 à croupir dans les geôles israélienne sans raison valable.
L’histoire de Salah, qu’il nous remémore, en est l’un des exemples. Salah se promène avec l’une de ses connaissances. Pas encore engagés politiquement, ils discutent de la situation et flânent dans Jérusalem. Sur le chemin, ils passent non loin de la maison d’un dignitaire religieux. Trop près semble-t-il. Les deux compères sont dénoncés par l’un des sbires du dit Rabin. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Salah est arrêté, son compagnon s’en sort.
Accusé d’avoir eu l’intention de porter atteinte à la vie du Rabin, Salah, 19 ans à peine, risque 14 ans de prison sauf à avouer. Cela diviserait sa peine probable par deux. Sous la pression, il cède bien qu’aucune preuve ne vienne étayer cette accusation. Salah Hamouri est condamné à 7 ans de prison.
Un combat pour la justice
Hassen Hamouri nous explique que Salah, âgé de 26 ans maintenant, n’est plus le même. Après 6 ans de prison, il a gagné en maturité et en réflexion. « La prison c’est une très bonne école de la vie». D’ailleurs, nous apprenons que Salah a côtoyé Marwan Barghouti pendant plus de 3 ans, ce qui l’a beaucoup aidé. Pour autant, Hassen nous souhaite de ne pas aller en prison, « l’université c’est quand même mieux ». Rire.
De plus en plus téméraire, Salah refuse de se taire, refuse de demander une grâce, refuse de s’excuser. Il veut être reconnu innocent. « Avant d’aller en prison, mon fils était un jeune Palestinien comme un autre. En le détenant sans aucune raison valable, les autorités israéliennes ont fait de lui un homme public. Il a aujourd’hui plus de poids, plus de volonté, plus de soutien ! » La fierté du père n’est pas feinte.
Le silence coupable du gouvernement français
Hassen Hamouri en veut au gouvernement français qui fait si peu pour le cas de son fils alors que pour Florence Cassez ou d’autres il a été si volontaire. Il ne comprend pas ce déni de justice. Ou peut-être que si… Il pense que l’Etat français ne veut pas de « mésentente » avec le gouvernement israélien. Pourtant, il sait que les Français sont pour la justice et que ceux qui connaissent la situation de son fils se prononcent pour sa libération. Il a vu les affiches. Nous en profitons pour lui montrer celle des jeunes communistes. Il ne la connaissait pas encore. Il souhaite en avoir des exemplaires pour lui et pour son fils quand il sortira. Salah sera normalement libéré le 28 novembre prochain au terme de ses 7 années d’emprisonnement.
Une vie à se réapproprier
Nous lui demandons ce que Salah compte faire à sa sortie : « Il ne sait pas très bien. Vous savez, il a passé presque toute sa jeunesse en prison. Il y a tant de choses à faire, à voir, à rattraper – même si on ne rattrape pas 7 ans coupé du monde -. »
Un Palestinien, membre du PPP, ancien prisonnier politique, qui assiste à la rencontre nous explique que celles et ceux qui sont restés trop longtemps « à l’ombre » ont besoin d’un temps d’adaptation. Il faut en général un an pour se réhabituer à la vie. « Quand pendant des années tu es enfermé dans une pièce de 3 mètres sur 3, cela attaque ton corps et ton esprit. Il faut du temps et de la force pour s’en remettre. »
La France ? Selon son père, Salah a très envie d’y retourner pour aller remercier toutes celles et tous ceux qui l’ont soutenu, qui l’ont fait connaître, qui lui ont écrit. Cela étant, Salah veut vivre en Palestine. Et son séjour en France dépendra des garanties qu’il obtiendra de pouvoir revenir à Jérusalem, sa ville. Les autorités israéliennes tentent de vider la ville des Palestinien et l’une de leurs méthodes consiste à ne pas laisser revenir ceux qui sont partis à l’étranger.
Après deux heures de discussion – la traduction a pris du temps, Hassen ne parle pas beaucoup anglais, nous non plus d’ailleurs – nous nous séparons, heureux de cet échange. Poignées de main, embrassades, photos de famille, mais pas d’adieu juste un « au revoir » car le combat continue.
Anthony Daguet


