Brésil: un coup d’Etat qui ne dit pas son nom

mai 11, 2016 by  
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Alors que le Brésil va accueillir les Jeux Olympiques cet été, une grave crise politique traverse le plus grand pays d’Amérique latine. La présidente est menacée de destitution par l’opposition de droite et les médias dominants français relaient l’information sans plus de détails. Nous avons posé quelques questions à Andreia Duavy, jeune camarade brésilienne, installée en France pour les études et membre de l’UJS, Union de la Jeunesse Socialiste (organisation de jeunesse du PCdoB).

 

-Peux-tu nous expliquer la procédure de destitution qui vise la présidente Dilma Roussef?

 

Après son élection en octobre 2014,  les partis d’opposition ont commencé à délégitimer la présidente qui a été élue par 54 millions de votes. Le candidat perdant Aécio Neves a demandé la vérification des votes par deux fois par exemple. Le gouvernement a été mis en difficulté pour faire approuver ses projets par les députés. Il y avait donc un climat de tension politique.

 

Le président de la Chambre des députés Eduardo Cunha[1], impliqué dans un scandale de corruption et visé par le tribunal fédéral suprême, mais aussi par les autorités suisses parce qu’il serait détenteur de comptes illégaux, mène aussi la déstabilisation. Pourtant, des députés de gauche ont demandé sa démission.

 

Dans cette période, le parti d’opposition PSDB a demandé la destitution de Dilma Roussef, procédure que doit valider le président de la chambre des députés.

 

Le Parti des Travailleurs (dont est issu la présidente) a fait une déclaration en faveur de la démission d’Eduardo Cunha. Il a contre-attaqué en acceptant de mettre en votation la destitution de la présidente Dilma.

 

Le processus de destitution de la présidente est parti d’une pratique d’utilisation de l’argent public. Les banques publiques peuvent emprunter de l’argent au gouvernement pour s’acquitter de dettes (les paiements des programmes sociaux). L’année dernière, le Tribunal des comptes de l’Union (TCU) a décidé d’interdire cette pratique, donc a partir de ce moment- là le gouvernement a été interdit de le faire. Les anciens présidents ont déjà utilisé ce mécanisme, également utilisé par les maires et les gouvernements des Etats brésiliens. Donc, il n’y a pas de preuves de corruption contre la présidente ni d’accusation aussi, avant que le STF (Tribunal Suprême Fédéral) ne prenne une décision sur la destitution.

 

Il faut remarquer ça : Dilma n’est pas accusé d’avoir commis quelque crime ni aucun fait de corruption. Par contre, des députés (de droite) qui veulent sa démission sont en train d’être jugés pour des accusations de corruption.

 

 

Le processus se passe de la manière suivante:

1. vote chez les députés (qui a été approuvé dimanche)

2. vote chez les sénateurs (le 11 mai prochain)

3. Si la destitution est approuvée, la présidente sera démise pendant 180 jours,  pour que le tribunal suprême puisse vérifier les accusations

4. Il y a ensuite une nouvelle votation chez les sénateurs que doit être conduite par un juge du tribunal

 

 

 

-Il y a déjà eu des tentatives de coup d’Etat institutionnel en Amérique latine depuis plusieurs années. Penses-tu que le Brésil est la nouvelle cible?

 

Oui. Je pense. Il y a des éléments qui montrent la relation entre l’instabilité politique au Brésil et la CIA. Il y a des similarités entre les tentatives de déstabilisation en Amérique Latine et même avec la dictature militaire en 1950 au Brésil.

Si on prend l’exemple du Paraguay, par exemple, il y a eu un coup d’État institutionnel (en 2012) et son processus n’a duré que 48 heures.

Au Brésil, cette tentative est plus difficile parce qu’il y a une résistance puissante de la population et des mouvements sociaux.

 

Il y avait des manifestations importantes avant l’élection de 2014. Est-ce que ce sont ces gens qui sont actuellement dans la rue et demandent la démission de la présidente ?

 

En juin 2013, il y a eu des grandes manifestations au Brésil qui montraient l’insatisfaction envers le pouvoir public. Il faut bien rechercher sur cet événement, mais on peut dire deux choses dessus : les manifestations étaient le très larges et disputées ; ça veut dire qu’il y avait des gens des droite, de gauche, des organisations et des gens sens parti.

La deuxième, c’est qu’on déjà entendait un discours fasciste dans ces manifestations. Cet élément est aussi entendu dans le discours contre la présidente et on doit dénoncer le fascisme.

 

Quelle est la position des mouvements sociaux (sans-terre, sans-toit, étudiants) dans ce contexte ?

 

C’est une position de résistance : les mouvements sociaux font un gros travail d’articulation politique et en organisant des manifestations toujours plus grosses.

La réponse sera claire : si le coup d’État arrive sans preuves de corruption, on va avoir des luttes, des grèves,  des manifestations. Les mouvements sociaux sont toujours pour la démocratie.
-Comment les communistes brésiliens analysent cette tentative de déstabilisation ? Comment sortir de cette crise?

 

Les Brésiliens sont divisés. Les médias, liés aux intérêts étrangers, désinforment délibérément la population. Certains partis de gauche, insatisfaits par le gouvernement, appellent à la démission de tout le monde et à organiser de nouvelles élections générales.  Nous, les communistes du PCdoB avons été les premiers à dénoncer cette tentative de coup d’Etat depuis le début de l’année dernière. Pour nous, la démocratie brésilienne est vraiment menacée, et toutes les conquêtes des dernières années avec. En plus, Dilma, c’est la présidente qui a combattu le plus la corruption. Le parti des travailleurs a commis des erreurs, conséquence d’une vision réformiste et pas révolutionnaire. Mais il ne faut pas oublier les améliorations visibles des conditions de vie des gens et des opportunités qui ont été créées, comme des nouvelles universités, la démocratisation d’accès à l’éducation, le programme d’habitation « Minha Casa Minha Vida » (ma maison, ma vie) dont 2.632.952 familles ont pu bénéficier par exemple.

 

Pour conclure, nous,  les communistes, on doit faire une pression populaire puissante, dénoncer la tentative de coup d’Etat internationalement,  construire des alliances à gauche et la politique pour empêcher la démission de Dilma, travailler à un grand renouvellement du système politique brésilien.

 



[1] Membre du Parti du Mouvement Démocratique Brésilien, droite

Gaza souffre…mais Gaza vit!

mai 9, 2016 by  
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D’après l’ONU, la bande de Gaza pourrait devenir un territoire invivable d’ici 5 ans en raison du blocus israélien et des bombardements meurtriers qui l’ont touché depuis 10 ans.  Comment vit-on avec cette menace?

Soulèvement des jeunes contre la colonisation, exécutions sommaires de Palestiniens par l’armée israélienne : le contexte est pesant dans les territoires occupés palestiniens. C’est notamment le cas dans la bande de Gaza, qui vit sous blocus depuis dix ans maintenant[1]. Nous avons eu la chance de rencontrer un Ahmed Alustath, jeune Palestinien de Gaza, venu poursuivre ses études en France. Un témoignage fort et plein d’espoir.



[1] Gaza est sous blocus depuis 2007. Son territoire, ses frontières maritimes et terrestres sont sous contrôle de la puissance occupante israélienne.

 

 

Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Ahmed ALUSTATH, palestinien de Gaza, j’ai 22 ans. Assistant de langue arabe en france depuis quelques mois.

Raconte-nous ton parcours ?

En mai 2015, je deviens boursier du gouvernement français pour poursuivre mes études supérieures en France. En raison des difficultés à contacter les universités françaises depuis Gaza pour obtenir une admission dans les délais, j’ai raté ma bourse. Ensuite, j’ai pu obtenir un poste d’assistant de langue à Mulhouse. Je suis arrivé avec deux mois de retard en raison de la fermeture des frontières de la bande de Gaza. J’ai traversé quatre territoires pour arriver en France, tandis que j’aurai pu arriver en 4 heures et demie si l’aéroport de Gaza n’était  pas détruit.

Comment grandit on à Gaza dans une prison à ciel ouvert ?

A Gaza, on est matures dès la naissance. Et ce sont les conditions difficiles de la vie qui façonnent cette maturité précoce : être enfant à Gaza c’est dur ; on a toute la liberté d’avoir de simples rêves comme tous les enfants du monde, alors qu’il n’a aucune possibilité pour les réaliser.

Et la jeunesse est tellement éduquée et persévérante qu’elle pourrait construire le pays. Néanmoins, cette chance ne lui a jamais été accordée. Elle est privée de circuler, voyager, étudier et travailler.

On peut dire que la population de Gaza est la population la plus éduquée dans le monde arabe : le taux d’illettrisme ne dépasse même pas 1 %. Le taux de chômage est estimé à 45 %. Les jeunes finissent par se retrouver au chômage après une série d’années de réussite.

A Gaza, on grandit avec les ruines des maisons, avec les martyrs qui tombent tous les jours, avec la peur permanente, avec la privation des droits et avec l’imprévu du lendemain.

A Gaza, nous ne grandissions pas : nous naissons grands. Ce n’est pas question d’âge, mais une question de responsabilités et des conditions atroces vécues.

Quel est la situation de Gaza 2 ans après les bombardements?

Toujours tragique. Elle souffre d’un blocus depuis 8 ans qui l’étrangle.
Elle est encore en deuil et ruinée. Les maisons démolies n’ont pas encore été reconstruites, ce qui crée plusieurs milliers de sans-abris. Les matériels de reconstruction ne sont pas autorisés à entrer à Gaza, il y a de moins en moins d’électricité par jour. Rien n’a changé, et je ne pense pas que la situation changera à court terme.

Peux-tu nous décrire le quotidien à Gaza ?

Il y a plusieurs éléments concrets.

1-Le blocus de Gaza et ses conséquences :

 

24 000 personnes veulent passer (quotidiennement ?) par le passage de Rafah (des étudiants, des patients et des travailleurs à l’étranger).

Des milliers d’étudiants ont raté leurs bourses d’études à l’étranger. Beaucoup de salariés ont été licenciés en raison de leur retard pour reprendre le travail. Il y a plus de 3500 patients qui ont besoin de se faire soigner soit en Egypte ou dans des autres pays.

Et plusieurs patients sont morts au passage dans l’attente de partir…

 

2-L’hiver à Gaza :

Cette année, il y a eu un hiver très dur à Gaza, avec une quantité immense de pluie. Et comme vous le savez, il n’y a pas de vraie infrastructure à Gaza du fait des agressions successives que cette petite zone a subies durant de très courtes années.

Les habitants les plus touchés et qui souffrent le plus de cet hiver, ce sont les sans-abris dont les maisons ont été réduites à néant durant la dernière agression contre Gaza. Il y en a parmi eux qui habitent toujours dans des refuges où les moyens de vivre confortablement ne sont pas disponibles notamment en hiver, et il y a ceux qui habitent dans des caravanes comme solution temporaire en attendant que la reconstruction soit mise œuvre. Cependant, ces caravanes ne sont pas bien isolées pour protéger les gens du froid surtout lorsque l’électricité est coupée. Elles ne contiennent pas de système de chauffage. Quand il pleut beaucoup, ces caravanes s’inondent rapidement. Ce qui crée de l’insalubrité.

D’un autre côté, quand il pleut beaucoup, les barrages d’eau côté israélien deviennent bien remplis. Les autorités israéliennes déversent le trop d’eau vers les terrains des Palestiniens. La boue qui en résulte pollue et inonde les champs agricoles et les maisons des habitants, surtout celles qui donnent sur la vallée de Gaza et la vallée Alsalga.

Après la dernière agression contre la bande de Gaza, il y a eu beaucoup de maisons délabrées qui peuvent s’écrouler à tout moments à cause de la concentration d’eau en hiver.

3-La coupure de courant électrique.

 

Dès mon départ de Gaza et jusqu’à ce jour, il n’y a que 4 heures de courant par jour. Les gens n’espèrent même plus avoir l’électricité 24 heures sur 24 heures, mais au moins 8 heures d’électricité par jour.

Imaginez une de vos journées sans électricité : pas de lavage, pas de cuisine, pas de nettoyage. C’est insupportable !

 

Par ailleurs, la vie de beaucoup de patients en soin intensif qui vivent  à l’aide du matériel médical est menacée en cas de coupure de courant ou du générateur électrique.

 

Comment analyses-tu le nouveau soulèvement des Jeunes en Palestine ?

-Il y a plus de 200 martyrs dont une quarantaine d’enfants et une dizaine de femmes. A Gaza, à Jérusalem et en Cisjordanie.

Ce soulèvement est complètement pur, dénué de toute manipulation politique, car si ce n’était pas le cas, ce soulèvement aurait peut-être été éteint rapidement.

Je précise que je suis contre la violence. Ce malaise ne tient qu’à la politique fondamentaliste et extrémiste du gouvernement israélien qui n’a pas laissé de choix aux jeunes Palestiniens, étant toujours privés de leurs droits et de réaliser leurs objectifs dans la vie. Ces jeunes Palestiniens qui ne font plus la distinction entre la vie et la mort,  après ce qu’ils ont vécu de privation de droits et de marginalisation. Et Je vous invite à ne pas reprocher leurs actions mais plutôt à interpeller les vrais auteurs de cette réalité amère.

Ces jeunes adorent la vie, et s’ils ne l’avaient pas adorée, ils n’auraient jamais réagi.

 

Les jeunes a Gaza ont-ils malgré tout des loisirs ?

Gaza est un trésor précieux. Elle est pleine de talents, et ses jeunes créent leurs loisirs de rien. Ils arrivent à suivre le développement dans le monde malgré le manque des moyens.

Et le carnaval sportif organisé à Gaza il y a une semaine en est la preuve.

A quoi rêve les jeunes à Gaza ?

Ils rêvent de vivre en paix et en sécurité, de voyager et de se déplacer librement, de poursuive leurs études à l’étranger, de trouver du travail, de construire leur vie future.

Entretien réalisé par Mehdi Belmecheri

Bernie Sanders : A l’Ouest, du nouveau !

mai 9, 2016 by  
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En cette année 2016, beaucoup s’intéressent à la présidentielle américaine qui se tiendra à l’automne prochain. Si elle intéresse et passionne, ce n’est pas seulement parce que les USA, superpuissance impérialiste, sont incontournables, mais bien parce que deux des candidats détonnent chacun à leur manière. D’un côté, Donald Trump, candidat à l’investiture républicaine, qui chaque jour choque par ses propos racistes et violents. De l’autre, Bernie Sanders, candidat à l’investiture démocrate qui se définit comme un socialiste et qui propose un programme progressiste rare aux Etats-Unis.

Il y a 6 mois, personne n’aurait misé le moindre centime sur la candidature de Bernie Sanders, et pourtant il fait maintenant quasiment jeu égal avec sa principale opposante à l’investiture : Hilary Clinton. Si sa candidature séduit largement, c’est parce qu’il se veut porteur d’une voix différente, fort d’un programme ancré dans les luttes sociales en cours dans le pays.

Les Etats-Unis sont certes le pays le plus riche du monde, mais c’est aussi celui où les inégalités explosent. Une des principales raisons : la faiblesse du salaire minimum en cours (7,25$) qui permet au grand patronat d’employer des millions de personnes pour un salaire de misère. Le Fight for 15 (combat pour un SMIC à 15$) est porté depuis des années, de manière très médiatique, par les mouvements des employés des fast-foods. La mobilisation grandissante devient victorieuse dans des États comme la Californie ou celui de New-York. Cette revendication est devenue un engagement du candidat Bernie Sanders qui veut porter le SMIC fédéral (applicable dans tous les Etats) à 15$, mais aussi faire payer les plus riches en taxant les transactions financières, en réformant le système d’imposition afin de le rendre progressif et en instaurant une Sécurité Sociale pour tous. Les inégalités économiques sont donc un axe fort de la campagne mais cela ne met pas de côté la question de l’égalité sociale.

De plus, depuis des années, les bavures policières s’accumulent aux Etats-Unis : plus un jour ne passe sans qu’il ne soit fait récit de violences mortelles à l’encontre d’Américains noirs ou hispaniques. Les discriminations raciales se font de plus en plus violentes, ce qui entraîne une renaissance des Civil Rights Movement (mouvement des droits civiques) qui furent le fer de lance de la lutte contre la ségrégation raciale. Alors que Donald Trump prône jour après jour l’expulsion des immigrés et la « suprématie de la race blanche », Bernie Sanders souhaite élargir la protection légale des migrants, favoriser l’obtention de visas et régulariser les sans-papiers déjà présents afin de « favoriser l’unité des familles » et de cesser de « criminaliser des communautés ». Malgré ce programme d’orientation progressiste, Bernie Sanders s’est aussi prononcé pour le renforcement de la surveillance à la frontière avec le Mexique, bien qu’il s’oppose à la construction d’un mur. Pourtant, son engagement en faveur des droits civiques se fait également l’écho des luttes en cours contre les contrôles au faciès : les Afro-américains étant deux fois plus contrôlés que le reste de la population. Ce mécanisme   engendre une surreprésentation des minorités ethniques dans la population carcérale américaine (Afro-américains et Hispaniques représentant 57% des prisonniers mais seulement 25% de la population). Sanders propose donc de s’attaquer directement au racisme d’Etat, mais aussi de mettre en place une réelle politique de réinsertion et d’en finir avec le « tout prison », les Etats-Unis étant le pays où il y a le plus de prisonniers au monde (743 pour 100.000 habitants en 2014).

La dynamique de la campagne de Bernie Sanders n’est pas le fait d’un seul homme. Elle bénéficie largement de la revitalisation des luttes sociales aux Etats-Unis, dont il se fait le relais, et qui se propagent au sein des classes laborieuses du pays. C’est une lucarne qui s’ouvre sur un autre monde possible, plus juste et plus égalitaire, au pays du capitalisme sauvage et de la violence des plus riches.

 

Arthur GIRY.

 

L’argent est là ! Au Panama !

mai 9, 2016 by  
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Le consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) a mis la main sur l’un des plus gros dossiers d’évasion fiscale, les « Panama Papers ». L’évasion fiscale consiste pour les riches à cacher leur argent à l’étranger pour ne pas payer d’impôts. Selon les Nations-Unies, dans le monde, ce sont 25 000 milliards d’euros qui sont cachés dans les paradis fiscaux. Ce nouveau scandale concerne des centaines de personnes : chefs d’États, milliardaires, célébrités ou encore trafiquants de drogue. Elles sont toutes propriétaires de sociétés « offshore » pour cacher leur argent aux impôts. Les sociétés offshore sont fictives : elles ne produisent rien, ne vendent rien. C’est  une sorte de compte bancaire caché à l’étranger, dans des pays ou il n’y a pas ou peu d’impôts. Pour se cacher, les évadés fiscaux font appel à des avocats. Ces avocats fournissent des documents et  des  « prête-noms » pour cacher les évadés. Sur le papier, les prête-noms dirigent la société. Dans les faits, ils n’ont aucun pouvoir.

Un casse bien organisé : Le riche, l’avocat et la banque.

Ce genre de vol, de fraude, permettant d’escroquer des milliards d’euros aux Etats nécessite une bonne organisation. Heureusement pour eux, les riches forment en nombre des personnes capables de frauder pour faire fructifier les bénéfices. Riches, banquiers et avocats sont les trois grands alliés de ce casse bien organisé.

Les riches, sont la première pièce du Puzzle. Ils veulent cacher l’argent gagné grâce au travail des autres ou durant un mandat électif. Des chefs d’entreprises et des personnalités politiques sont notamment pointées du doigt. Comme Jérôme Cahuzac, Patrick Balkany, ou Jean Marie Le Pen. Comme quoi, du PS au FN, en passant par « les Républicains », les politiciens sont du côté des fortunés…

L’intermédiaire de cette arnaque est le cabinet d’avocat Mossack Fonseca, basé au Panama. Il agit auprès de ses clients comme un « agent d’enregistrement » en créant les sociétés fictives. Il fournit des documents, des adresses. Il met aussi à disposition des prêtes noms, désignés comme directeur mais ne gérant rien de la société. Certains prête-noms se retrouvent directeurs de plus de 100 sociétés.

Les banques ne sont pas en reste de ce grand vol. La Société générale, qui est censée avoir quitté les paradis fiscaux en 2010, compte pourtant 970 sociétés offshore enregistrées par Mossack Fonseca. Ces sociétés ont été créées pour le compte de clients fortunés de la banque.

Cette affaire n’est pas isolée. En effet, de nombreuses personnes ont déjà dénoncé la fraude fiscale. Le sénateur communiste Eric Bocquet notamment est l’auteur d’un rapport parlementaire qui avait démontré qu’à l’échelle de la France, la fraude fiscale représente un manque à gagner de 60 à 80 milliards d’euros. Pour infos, la « dette » de notre pays s’élève à 85,6 Milliards d’euros. Depuis 10 ans, on nous annonce que les paradis fiscaux sont combattus. Des listes noires de pays sont établies pour être vidées quelques mois plus tard. Comme le Panama retiré en 2011, les Philippines en 2013 à chaque fois après des négociations d’Etats à Etat. D’autres pays plus proches ne sont jamais pointés du doigt, notamment car ils constituent des lieux de résidences pour stars et chefs de grandes entreprises comme la Belgique ou la Suisse…

Ces révélations nous montrent bien que les vrais délinquants sont en col blanc. Finissons-en avec la chasse aux pauvres menée par notre gouvernement. On nous dit de nous serrer la ceinture. Pourtant, l’argent existe pour financer l’éducation, la santé, les logements… nos vies, finalement.

Allons le chercher dans les poches du patronat !

Quentin Le Matt

Cuba, à la croisée des chemins

mai 11, 2015 by  
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Entre indépendance, justice sociale et crise économique, les Cubains sont toujours debout.  Les discussions entamées avec les États-Unis sont autant un danger qu’une opportunité historique, après 55 ans d’un blocus économique illégal de destructeur pour le peuple.

Quelles nouvelles de la perle des caraïbes ? Tous les médias occidentaux ont abordés la reprise des relations diplomatiques entre les USA) et Cuba (le premier les avaient rompues en 1961). Cette simple ouverture de négociations, n´as pas mis fin au blocus, ni aux diverses sanctions que le gouvernement américain impose à l´ile.

Ces négociations commencent d´ailleurs plutôt mal. En effet les USA ont assuré qu´ils maintiendraient la loi migratoire pieds secs/pieds mouillés. Cette loi fait que n´importe quel cubain migrant, touchant le sol américain recevra des papiers de résident (pendant que chaque année 500 sud-américains meurent à la frontière mexicaine avec pourtant le même objectif). Cette loi, faite pour encourager l´émigration est régulièrement dénoncée par le gouvernement cubain et l´ONU car elle encourage les traversées dangereuses, vu qu´un cubain arrivant par avion n´en bénéficiera pas…

Sur les négociations Cuba/USA qui ont marqués l´actualité, il faut rester vigilant. Les nord-américains ne font rien sans rien, et s’ils parlent d´alléger le blocus c´est seulement pour trois raisons, à cause des pressions internationales, de l´évident échec de cette politique à faire chuter le gouvernement révolutionnaire, et dans l´idée de rétablir à terme des relations d´échanges économiques néo-colonialistes….

L´île continue de ne pas transiger avec les principes de la révolution tels que la santé, l’éducation gratuite ou encore ses programmes de recherches médicales mondialement reconnus. De plus, des réformes visent  à clarifier et simplifier la gestion administrative dans le pays.

Pour ce qui est de l´économie,  la croissance reste faible, les sanctions imposées aux banques voulant travailler avec Cuba freinent l´investissement étranger. Néanmoins, les alliances latino-américaines comme l´ALBA ou le Caricom donnent un espoir d´entraide économique sur des bases, de coopération et d´intégration. Ces formes de coopérations, mises en perspectives avec d’autres évolutions dans le monde, notamment du côté des pays émergeant risquent de rebattre une partie des cartes et de bouleverser les schémas en cours dans la région.

Et bientôt avec  le Brésil, la Russie et la Chine allons-nous voir se créer une banque mondiale, qui, non liée aux intérêts étatsuniens, pourra prêter à Cuba ?

Autre enjeux, celui des jeunes. Ils qui n’ont pas connu la période révolutionnaire, ni celle du développement des années 70, et se voient souvent en difficulté face à l’avenir, lorsque leurs aspirations et le niveau de qualification (que le système éducatif permet de développer) se heurtent au principe de réalité. Mais il reste des principes qui ne bougent pas: la souveraineté et le dignité!

Comment l’île crocodile tirera t’ elle son épingle du jeu ?

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