EDUCATION : L’USINE À PRÉCAIRES

juillet 12, 2011 by Rédaction  
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gueantBien que les cours soient finis, les casseurs d’école de l’UMP ne sont pas en vacances. Au programme de l’été : multiplication des « sans bahuts », mise en place des suppressions de postes, recrutement de personnels précaires, création d’un master « prof » en alternance…

Si l’heure des vacances a sonné, l’arrivée de l’été marque également l’éviction de milliers de jeunes du système scolaire. Pour ceux que l’on appelle les « sans-bahuts », la situation est souvent la même: à la fin de l’année, ces élèves – de 3e, de seconde, de terminale ou même du supérieur – ne sont pas affectés pour l’année à venir à cause d’un comportement jugé trop « perturbateur » ou de résultats considérés trop insuffisants pour des filières trop sélectives. Ces jeunes se retrouvent donc au mieux dans un cursus qu’ils n’ont pas choisi (casés dans les filières où il y a de la place), au pire sans établissement pour la rentrée. Ainsi, bon nombre d’entre eux ne sont plus scolarisés alors que certains n’ont pas encore 16 ans, l’âge de la fin de la scolarité obligatoire.

Des propos racistes pour justifier des inégalités sociales

La droite tente de faire croire que cette situation n’est due qu’aux jeunes eux-mêmes, que les « sans-bahuts » ne « méritent » pas d’aller à l’école. Avec le gouvernement tout est bon pour légitimer cette école méritocratique qui laisse bon nombre de jeunes sur le carreau.

Pour preuve, dans un énième élan de provocation, l’éloquent poète du gouvernement Claude Guéant a tenu de nouveaux propos choquants : « Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés ». Pour Sarkozy, Chatel et autre Guéant, l’« échec scolaire » est le fait de migrants ne manifestant aucune envie de s’intégrer à la société française par le biais de la plus irréprochable des institutions qu’est l’école. Loin de la gaffe, cette remarque est à la fois raciste et entièrement infondée puisque à même classe sociale les enfants d’immigrés ne réussissent pas moins bien que les autres (chez les ouvriers et employés 46% ont le bac contre 40% pour les autres).

Une éducation à deux vitesses renforcéepecresse

Ce qui est bien réel par contre, c’est qu’à la rentrée seront effectives les 16 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale. Et pour pallier la pénurie organisée, les nouveaux personnels seront directement recrutés au Pôle emploi par le chef d’établissement, on sollicitera des étudiants en Master en alternance – dernière trouvaille du duo Chatel/Pécresse – ou encore des professeurs retraités. Les conséquences sont catastrophiques : dégradation des conditions d’étude, classes surchargées ou fermées… Pire, Chatel prend prétexte de cette pagaille orchestrée pour tenter de casser le cadre national du bac. À la fac, Pécresse « diversifie » la licence avec plus d’heures de cours et des stages dès la première année.

En somme, tout se passe comme si l’UMP avait pour objectif une école à deux vitesses, avec d’un côté celle des plus riches qui mène aux filières d’excellence ; et de l’autre celle des classes populaires, avec un personnel sous-payé, précaire, mal formé et un enseignement au rabais.

L’éducation est un droit mis à mal toute l’année, il sera à défendre pendant l’été comme à la rentrée.

Gnima Mendy

JUSTICE : ENTRE MINORITY REPORT ET 1984

big brotherQuel rapport entre le film où Tom Cruise arrête des coupables encore innocents et le fameux bouquin de G. Orwell où tout le monde est fliqué et soumis à la répression en permanence? La politique sécuritaire du gouvernement, bien sûr !

D’un côté, on a un texte examiné à l’Assemblée Nationale, qui devrait être adopté pendant l’été, qui porte de nouveau atteinte à la justice des mineurs et renverse sa logique puisque les mesures proposées font primer le répressif sur l’éducatif.

Dans la même veine, Chatel profite des fuites du bac pour instaurer des sanctions automatiques à l’école tout en supprimant les postes de ceux qui participaient à l’éducation des élèves. Après la répression des mouvements sociaux, l’installation de caméras de surveillance sur tout le territoire, la

LOPPSI II, la loi Besson… le gouvernement enfonce le clou, le télécran n’est plus très loin.

De l’autre côté, on a Claude Guéant, ministre de l’intérieur, qui expliquait après sept arrestations suite à la mort de Ben Laden : « rien n’indique que les personnes arrêtées hier s’apprêtaient à commettre un attentat ». Louis Caprioli, ancien patron de la DST (anti-terrorisme), était lui encore plus clair : « Les indices ont été jugés suffisamment accablants pour justifier une interpellation prévention». Arrestation préventive ? Bienvenue en 2054.

Pourtant avec tout cet arsenal, certains continuent bizarrement d’échapper à Big Brother et à John Anderton : délocalisations sauvages, évasions fiscales, non respect du code du travail… autant de délits commis par ceux qui ont pouvoir et argent, coïncidence ?

Louise Tithia

Se soigner serait-il devenu un luxe ?

juin 22, 2011 by Rédaction  
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sante1Un rapport de La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) et de l’Union National des Mutuelles Etudiantes régionales (USEM) parut récemment fait le point sur l’état de santé des étudiants. Retour sur des résultats édifiants, à l’image de la précarité des jeunes.

Cette enquête montre que la santé n’est pas,  faute de moyens, une priorité pour les étudiants : 34% d’entre eux reconnaissent ne pas avoir les moyens de payer une consultation chez un médecin et 20% ne peuvent pas financer leur traitement. Le lieu de vie des étudiants influe sur leur accès aux soins et sur leur santé générale. Ceux qui vivent chez leurs parents ont un meilleur suivi médical par rapport aux jeunes vivant en colocation, qui sont aussi plus facilement tentés par des comportements addictifs (alcool/cannabis…), une alimentation moins équilibrée, etc. Cette étude montre aussi que le stress des étudiants dépend de leur lieu de vie. Les jeunes vivant chez leurs parents ou seuls sont plus soumis au stress que ceux vivent en colocation ou en cité universitaire. L’isolement et les longs temps de trajets sont les principales causes de stress relevés. L’accès aux logements, aux transports, à une alimentation équilibrée, à la prévention sont autant de facteurs qui jouent sur la santé des jeunes et qui sont pourtant remis en cause par la droite au pouvoir. Par exemple, l’accès au cité université pour vivre près de son lieu d’étude est une réalité pour une part de moins en moins importante des étudiants : en 1963, 50% des étudiants vivaient en Cité-U,  en 2010, ils ne sont plus que 7%.

Une logique de rentabilité incompatible avec l’accès aux soins

Malheureusement rien dans ce compte rendu ne fait le lien entre l’état de santé et  la situation de plus en plus précaire des étudiants qui les obligent à choisir entre manger et se soigner. Quelques solutions sont proposées par la LMDE pour permettre un accès plus facile aux soins pour les étudiants comme la création de maison de santé à proximité de chaque ville universitaire, une visite médicale obligatoire en première année et en début de deuxième cycle – aujourd’hui seul 32% des étudiants passe une visite médicale pendant leur licence – la mise en application d’un chèque santé d’une valeur de 200€. Ces quelques propositions sont un début mais beaucoup de questions restent en suspend. Comment faire pour avoir un accès aux soins sur son lieu de vie quand la réforme de l’hôpital du gouvernement tend à détruire les établissements publics de santé de proximité? Quel dispositif pourrait permettre à chaque étudiant de passer au moins une visite médicale sur son lieu d’étude quand des postes sont supprimés à tour de bras? Le chèque santé, limité à 200 euros, est-il réellement la solution alors que nombre de médicaments et de consultations ne sont plus remboursés par la sécurité sociale?

La solidarité au cœur de la santé pour tous

La santé tend à devenir une marchandise seulement accessible à la minorité des plus riches, c’est ce que démontre cette enquête. Or elle est un droit universel reconnu à l’échelle internationale. Sans oublier qu’un étudiant en bonne santé pendant sa formation sera en capacité de mieux apprendre, mieux produire et mieux transmettre, c’est autant de richesse pour toute la société.

Il est donc temps de repenser l’accès aux soins dans une démarche plus globale en fonction du mode de vie et des besoins des étudiants, des jeunes et de la population en général (les étudiants ne sont, malheureusement, pas seuls à renoncer à se soigner faute d’argent), pour que de nouveau chacun contribue à la solidarité selon ses moyens et puissent en bénéficier selon ses besoins.

Marlène Chevallier et Jeannie Barbier

UNE SOLUTION AU CHÔMAGE EN TROMPE L’ŒIL

avril 8, 2011 by Rédaction  
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photo apprentisAlors que le chômage concerne près d’un jeune sur 4, que nombre d’entre eux enchaînent les contrats précaires, le gouvernement leur propose de retourner en formation. L’apprentissage serait LA solution. Mais pour qui ?

Qu’est ce qu’un apprenti ? Un jeune entre 15 et 25 ans qui souhaite préparer un diplôme en alternance, lui permettant ainsi d’acquérir une expérience professionnelle et des connaissances théoriques tout en étant rémunéré. Même si le « contrat d’apprentissage » est un contrat de travail, il s’agit d’une formation, initiale ou continue, et non pas d’un emploi à proprement parler.

Du travail à bas prix pour les entreprises

Le gouvernement veut augmenter le nombre d’apprentis de 200 000 afin d’atteindre les 800 000 apprentis en 2015. Pour cela, il a prévu de mettre en place des bonus pour les entreprises qui dépasseront le quota des 4%. Un cadeau en or fait aux patrons, qui pourront ainsi s’entourer d’apprentis sous payés qui fourniront un travail quasi identique à un autre salarié. Sachant qu’un apprenti « coûte » en moyenne 7000 euros par an à l’entreprise et au vu des différentes aides et exonérations, le calcul est simple : il ne coûte rien ou presque.

Des jeunes sous le seuil de pauvreté

Pour les jeunes par contre, ce n’est pas la panacée. Le salaire mensuel d’un apprenti est en moyenne de 583 euros. Comment peut-on vivre décemment avec cette somme alors que le seuil de pauvreté en France est de 790 euros? Les apprentis n’ont pas droit à l’autonomie, leur salaire leur permettant de survivre mais pas de vivre. D’autant que les CFA sont souvent loin des entreprises et inversement, il faut donc avoir un logement, se déplacer fréquemment. Nadine Morano veut « changer le regard sur l’apprentissage » mais les annonces de Sarkozy vont vers encore plus de précarité. La possibilité d’enchaîner 2 contrats de professionnalisation à durée déterminée et celle de conclure un contrat en alternance avec 2 employeurs pour les saisonniers font partie de ses propositions.

Pourtant les changements sont nécessaires : le passage du salaire au SMIC, de meilleures informations sur le code du travail, la possibilité de se syndiquer sans craindre les réprimandes de la hiérarchie, l’obligation d’embauche en cas de demande de l’apprenti, etc. Autant de droits nouveaux qui permettraient aux apprentis d’obtenir leur diplôme dans de bonnes conditions.

Recherche travail – trouve formation

Pour autant, de nombreux jeunes au chômage ont déjà un CAP, un Bac Pro et même un diplôme de l’enseignement supérieur. Ils sont victimes de la course à la rentabilité des entreprises qui leur assènent à longueur de journée des « vérités » telles que « pas assez d’expérience », « un jeune doit être sous payé », « la concurrence est rude, il faut accepter de marcher sur les autres et sacrifier ses droits », etc. Avec cette mesure, le gouvernement va dans le même sens : « les jeunes sont responsables du chômage, ils ne sont pas assez formés, ils n’ont même pas d’expérience ». N’y a-t-il pas un petit air d’injustice dans ce refrain quand on sait que 10% des jeunes travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté alors que les entreprises du CAC 40, par exemple, accumulent les profits par milliards ?

Joris Merle

G8 DES UNIVERSITÉS : MAIN BASSE DES PATRONS SUR LES FACS

avril 8, 2011 by Rédaction  
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cac40Hausse des frais d’inscription en Irlande et aux Pays-Bas, loi Gelmini de désengagement financier de l’Etat et soumission au privé en Italie, niveau de précarité sans précédent, taux de chômage dramatique pour les jeunes travailleurs qualifiés dans le monde entier (55% en Tunisie) … Autant de faits qui illustrent un constat simple : le patronat a aujourd’hui besoin de plus de travailleurs qualifiés mais corvéables et à moindre coût. Comment s’y prend-il ?

Depuis que le patronat a été progressivement placé aux commandes ces dix dernières années partout en Europe avec le processus de Bologne, les étudiants n’ont jamais été aussi peu à être issus des classes populaires (moins* 4% de fils d’ouvriers ou d’employés à l’Université depuis 2006), aussi nombreux à être précaires et déclassés à l’embauche. Poussés chaque année vers les logements privés, les emplois étudiants et stages non rémunérés, les prêts, nous sommes l’armée de réserve du salariat précaire.

Lien université-entreprise

Dans l’enseignement supérieur, comme ailleurs (niveau CAP ou Bac Pro), l’apprentissage est aussi le moyen d’offrir un droit de regard aux entreprises sur le contenu des formations. Derrière l’objectif annoncé d’augmenter le nombre d’apprentis, l’Etat se désengage financièrement et contraint ainsi les Universités à se tourner vers les régions et les entreprises… et à se soumettre à leurs exigences. Le nombre d’apprentis se multiplie. De 20 000 en 1995 ils sont maintenant 100 000 : ce sont autant de jeunes travailleurs payés en dessous du SMIC. Le bénéfice est total pour le patronat qui a aussi le droit à des aides de l’Etat et des régions pour investir dans l’Université.

Une nouvelle offensive programmée au printemps

Cette année en France, après avoir signé une convention avec le MEDEF visant à faire de nos facs des centres de formation-gratuits pour les entreprises, la Conférence des Présidents d’Universités se fait fort de recevoir à Dijon l’édition 2011 du G8 des Universités. Principal enjeu : le lien entre Universités et entreprises ! A cette occasion, la classe dirigeante au grand complet (chefs d’Etats, ministres de l’éducation, recteurs d’académie, présidents d’université, patrons, etc.) écrira les contours de la deuxième vague d’attaques que va subir le service public d’enseignement supérieur après celle, vieille de 10 ans déjà, du processus de Bologne. Pour rappel, celui-ci avait alors été présenté comme une harmonisation européenne. En réalité, seules les politiques ultra-libérales menées par les gouvernements européens se sont accordées. Pour les étudiants, processus de Bologne a rimé avec précarisation dans les études et au travail.

Un contre sommet pour rassembler, résister et construire

C’est pourquoi les lycéens, travailleurs, étudiants communistes et progressistes de toute l’Europe appellent à un contre-sommet. L’objectif : rassembler pour construire la résistance étudiante européenne et un front de lutte pour une Université émancipatrice et au service des besoins sociaux. Le combat ne fait que commencer !

Marion Guenot

* une erreur s’est glissée dans notre version papier : la proportion de fils d’ouvriers ou  d’employés dans l’enseignement supérieur  a diminué de 4%  depuis 2006 pour se trouver aujourd’hui au alentour de 26% (et non pas de 4%)

LOGEMENT ÉTUDIANT, ATTENTION TERRAIN MINÉ !

avril 8, 2011 by Rédaction  
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logement etudiantQuand on sort du lycée, son diplôme en poche, on se dirige bien souvent vers l’Enseignement Supérieur. On est souvent obligé de changer de ville, de département, voire de région. Et là, « autonomie » est bien plus synonyme de galère que de légèreté…

Besoin vital et premier pas vers l’autonomie, l’accès au logement est aussi une barrière à la poursuite d’études de nombreux jeunes. Ils ne sont pas épargnés par la crise du logement qui touche toute la population, particulièrement les plus précaires. 3,6 millions de personnes ne sont pas ou mal logées tandis que 5 millions d’autres sont en situation de fragilité (impayés, surpeuplement, hébergement, etc.) – selon le dernier Rapport mal-logement de la Fondation Abbé Pierre.

Depuis une quarantaine d’années, l’Etat a réorienté sa politique du logement. D’une aide à la construction, on est passé à une aide à « l’accès à la propriété » et aux locataires. Les conséquences en sont dramatiques : les prêts bancaires ont révélé leur inefficacité et leur dangerosité avec la crise, et les APL – dans un contexte où les loyers ne sont pas encadrés – incitent les propriétaires à tirer les prix vers le haut.

Ainsi, lorsqu’on est étudiant et qu’on cherche à se loger, on n’a trop souvent que le choix d’appartements minuscules ou insalubres, aux loyers hors de prix et aux conditions d’accès draconiennes (garants, revenu, etc.). Qu’en-est-il du logement social, me direz-vous ? Et bien, les CROUS sont devenus de véritables cache misère. En 1963, 50% des étudiants vivent en Cité-U. En 2010, ils ne sont plus que 7%. En 40 ans, aucune politique publique d’envergure n’a accompagné la massification de l’Enseignement Supérieur.

Aujourd’hui, le gouvernement de la bande du Fouquet’s veut livrer ce qui reste du Service Public à la loi du marché, via les partenariats public privé et la transformation progressive des CROUS en « Agences Régionales de la Vie étudiante ». Demain, ce sont donc les plus démunis qui vont être chassés du logement social, parce qu’ils ne pourront plus payer les loyers demandés.

Jérémie Giono

Apprentissage et formation professionnelle : UNE IDÉE RICHE À SORTIR DE LA LOI DU FRIC

avril 8, 2011 by Rédaction  
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dessin apprentis 2Le système éducatif français est aujourd’hui loin d’être au mieux : les inégalités ne cessent de se creuser, 150 000 jeunes en sortent chaque année sans diplôme, les classes sont surchargées, etc. Nicolas Sarkozy, en plus de supprimer des postes et des moyens, parle, ces derniers temps, de renforcer les filières professionnelles et l’alternance. Explications.

La formation professionnelle, en théorie, permet aux jeunes d’obtenir un diplôme en apprenant un métier qui leur plaît et en sortant du cadre scolaire – qui ne correspond pas aux attentes de tout le monde – sans pour autant tomber dans l’oubli. Elle attire de plus en plus de jeunes car elle est vue comme le moyen d’accéder rapidement à un métier, tout en étant compétent et qualifié pour le pratiquer. L’apprentissage, en particulier, est séduisant car il permet d’accéder à une rémunération et d’accumuler de l’ « expérience professionnelle ».

En première ligne de l’exploitation

Seulement, ces jeunes sont jetés dans le monde du travail dans des conditions qui normalisent l’exploitation. Un patron embauchant un apprenti ou un stagiaire, afin de lui transmettre son savoir-faire et ses connaissances, est exonéré de nombreuses cotisations, reçoit des aides, paie un salaire moitié prix (voire moins) et en plus bénéficie des fruits du travail de ce jeune. Et les abus sont nombreux : recours à des contrats d’apprentissage successifs, non respect de la durée légale du temps de travail, travail de nuit des mineurs, heures supplémentaires pour 90% des apprentis, etc.

Apprentissage : une formation de qualité ?

Les règles du jeu capitaliste (faire un max de pognon à n’importe quelles conditions) ne permettent pas un apprentissage de qualité : les profs parfois non formés (Sarkozy veut d’ailleurs réduire l’ancienneté nécessaire pour devenir maître d’apprentissage), le manque de moyens financiers, la fermeture de nombreuses filières, les frais de scolarité trop élevés, ne sont que quelques exemples. De plus, la voie professionnelle n’est pas toujours un parcours choisi par l’élève. Bien souvent, en fin de 3e, un élève avec un niveau jugé trop faible pour aller en bac général (souvent fils ou fille d’ouvrier) est envoyé en CAP ou en Bac Pro. On assiste ainsi à une hiérarchisation des filières organisée par l’Education Nationale qui ne permet pas l’accès à une formation de qualité pour tous : 40% des lycéens professionnels se sentent moins bien considérés que ceux des lycées généraux. Dans le cas de l’apprentissage, les jeunes sont laissés seuls face à la recherche d’un CFA ou d’un patron, nombre d’entre eux se retrouvent alors sur le carreau. Rejoints plus tard par ceux victimes des ruptures de contrats qui concernent 25% des apprentis par an toutes catégories confondues et jusqu’à plus de 50% chez les 15-17 ans.

Les revendications sont nombreuses

Aujourd’hui, la possibilité d’apprendre un métier en ayant accès à des savoirs généraux est soumise à la loi du marché. Or l’objectif du contrat d’apprentissage est de former. Le respect du droit à l’éducation rend donc nécessaire que le gouvernement se saisisse de la question mais pour légiférer sur les conditions de travail et d’étude des apprentis et des stagiaires : tant sur le contenu de leur formation (revalorisation des diplômes, formation et recrutement de profs, cours sur le droit du travail, etc.), que sur leur passage en entreprise (interdiction stricte des heures supplémentaires, suivi accru, obligation d’embauche, etc.), que sur leur rémunération (à hauteur du SMIC, aide pour le matériel scolaire et professionnel, allocation d’étude, etc.). L’apprentissage et la formation pro continue devraient être un choix pour trouver sa place dans la société et non un outil de plus au service du capital.

Grégoire Pasteur

Sida : des traitements toujours pas accessibles à tous

avril 5, 2011 by Rédaction  
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sidaL’OMS et l’ONUSIDA estime aujourd’hui à 33 millions le nombre de personnes vivant avec le VIH dans le monde dont presque 3 millions ont été nouvellement infectées. Le week-end dernier, les appels aux dons se sont multipliés, les stars ont chanté, les télés ont fait des émissions spéciales…  c’était le Sidaction 2011 et ses 5,3 millions d’euros de promesse de dons. Pour autant, les laboratoires pharmaceutiques se remplissent toujours les poches sur le dos des malades et les gouvernements continuent de réduire les financements de la santé publique.

Les populations des pays pauvres sont évidemment en première ligne du manque d’accès aux traitements. Selon l’ONUSIDA, 3,9 millions de personnes sont sous traitement sur les 10,6 millions qui en auraient besoin en Afrique Subsaharienne. Les antirétroviraux (ARV – médicaments qui ne guérissent pas mais ralentissent ou stoppent la propagation du virus) les plus récents sont encore aujourd’hui soumis à des brevets qui limitent la possibilité de fabriquer des génériques à moindre coûts pour les patients. Ils sont pourtant nécessaires car les résistances se développent aux ARV de première génération (ils ne sont plus efficaces car la maladie s’y est adaptée).

Des médicaments brevetés

Les gouvernements des pays en développement, après une ferme bataille,  ont obtenu de l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce) la possibilité d’émettre des « licences obligatoires » pour passer outre les brevets en cas d’urgence pour le pays mais les conditions pour obtenir cette autorisation sont drastiques et remises en cause par d’autres accords de libre échange. Il y a ainsi eu 1,8 millions de décès dus au sida en 2009 selon l’OMS dont 1,3 millions en Afrique Subsaharienne.

La prévention et le dépistage sacrifiés

Bien qu’étant un pays riche, la France ne connaît pas non plus une situation idyllique tant en terme de prévention, de dépistage que d’accès aux médicaments.

150 000 personnes seraient atteintes et parmi elles environs 50 000  l’ignoreraient. Selon le Pr Willy Rozembaum, président du CNS (Conseil national du sida), 210 personnes meurent chaque année à cause d’une prise en charge trop tardive. A cet égard, les décisions du gouvernement vis-à-vis du dépistage et de la prévention peuvent laisser perplexes. Alors que la Haute Autorité de santé, préconisait un dépistage systématique de toute la population, le plan national sida 2010-2014 ne propose de l’axer que sur les populations dites « à risques » (les homosexuels, les consommateurs de drogues et les populations d’outre-mer). De même, Bruno Spire, président d’Aides (association de lutte contre le sida et de prévention),  témoigne des baisses de subventions pour les associations de ce domaine. La sienne a, par exemple, été privée de 14% de ses aides publiques, il en conclut que « la santé n’est plus une priorité ».

Un accès aux médicaments difficile même en France

Du côté de l’accès aux traitements, très peu de chiffres sont disponibles. Un collectif d’associations, le TRT-5, a cependant mis en place un dispositif sur internet : sur les 120 participants, 33% se sont retrouvés sans traitement pendant un à sept jours. Et les témoignages se multiplient. C’est d’autant plus grave pour Bruno Spire que ceux qui prennent les médicaments ne transmettent quasiment plus le virus, le problème pourrait donc être derrière nous dans 20 ou 30 ans si le dépistage et l’accès aux médicaments sont efficaces. La cause de ces interruptions de traitement est du même ordre que dans les pays pauvres : la recherche du profit. En effet, les grossistes-répartiteurs (intermédiaires entre laboratoire et pharmacie d’officine) envoient les médicaments en priorité où c’est le plus rentable (entendez le plus cher pour le patient) et les pharmaciens ne font que très peu (ou pas) de stock de peur de se retrouver avec des médicaments invendus et très coûteux sur les bras.

Les dons promis lors du Sidaction sont évidemment nécessaires et compensent aujourd’hui le manque d’investissement dans la recherche, la prévention, le dépistage, l’accès aux médicaments. Rappelons-nous tout de même, à titre d’exemple, que le laboratoire pharmaceutique Sanofi Aventis est la 3e entreprise du CAC40 (derrière Total et la BNP) avec plus de 5 milliards d’euros de profits en 2010.

Cynthia Traoré

Tels le lièvre et la tortue, l’UMP en course sur les terres du FN

FN« Les Français à force d’immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux » Avec ces mots, le nouveau ministre de l’intérieur Claude Guéant mérite bel et bien la carte de membre d’honneur du Front National que Marine Le Pen entendait lui décerner, l’invitant dorénavant à lier les paroles aux actes. Boutade ou provocation de la part de la présidente du parti d’extrême droite, cet événement est révélateur de la proximité que l’UMP entretient avec le FN, tant dans les discours que dans un certain nombre de ses mesures.

Pour preuve de cette proximité, la réticence qu’éprouve le chef de l’UMP, Jean François Copé, à appeler, au lendemain du premier tour des élections cantonales, à un front républicain pour barrer la route au FN au deuxième tour. Certains à l’UMP, comme François Baroin ont même appelé à l’abstention. Un cadeau pour le FN, une fois encore devant l’UMP avec 19,2% contre 17,2%. Ces chiffres n’émanent pas d’un énième sondage mais bien des urnes : celles du premier tour des cantonales de dimanche dernier dans les cantons où le FN était présent. Ces résultats ne doivent rien au hasard. Sarkozy et son parti, dans la course aux électeurs qu’ils mènent avec le Front National, ne font rien d’autre que légitimer les thèses xénophobes et antisociales du FN. Être raciste aujourd’hui en France n’est plus honteux, c’est malheureusement devenu banal et approuvé par le gouvernement. Dénoncer un sans-papier, aider à expulser un Rom et maintenant stigmatiser les musulmans avec ce débat sur « la laïcité et la place de l’islam  en France » – remake de l’indécent débat sur l’identité nationale de l’année dernière – qui doit être organisé le 5 avril prochain par le parti du gouvernement et dont même le Conseil Français du Culte Musulman a exigé l’annulation.

Il a quelques jours, la députée UMP Chantal Brunet a déclaré à propos des immigrés venant de la Méditerranée : « après tout remettons-les dans les bateaux ! » ajoutant même que « le temps n’est plus à la parole mais aux actes et aux décisions ». Paraphraser Marine Le Pen devient le jeu favori d’une partie de la majorité présidentielle. Soyons vigilants, l’extrême droite n’est plus aujourd’hui dans l’opposition en France, mais bien au pouvoir !

Boris Kozierow

QUAND L’AUSTÉRITÉ GAGNE L’ÉDUCATION, LA COLERE GAGNE DU TERRAIN

février 11, 2011 by Rédaction  
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manif sup postes

Plus de 65 000 postes ont été supprimés dans l’éducation depuis que Sarkozy est au pouvoir. Mais les conséquences catastrophiques de cette politique n’empêchent pas le gouvernement de la poursuivre, compromettant ainsi l’avenir des élèves et de la profession…

Ce sont 16 000 suppressions de postes annoncées dans le budget 2011 dont pas moins de 4 800 dans le second degré. Pour la première fois, le ministre de l’Education nationale ne s’est même pas donné la peine de les justifier. Profitant d’une autonomie renforcée, il délègue cette tâche aux recteurs et chefs d’établissement, qui doivent définir localement les moyens à mettre en œuvre afin d’atteindre cet objectif.

Moins de profs devant plus d’élèves dans des lycées en concurrence

Les solutions s’offrant à eux sont alarmantes : augmenter les effectifs d’élèves par classe, augmenter le poids des heures supplémentaires, recourir massivement aux personnels non titulaires et précaires, limiter le nombre d’heures de cours, réduire drastiquement les moyens en remplacement, etc. Ces suppressions porteront donc sur des postes devant élèves. Luc Chatel, afin de ne pas compromettre sa réforme du lycée, a d’abord voulu faire porter le poids de ces suppressions sur les collèges, sans tenir compte de l’augmentation annoncée de 48 500 élèves à la rentrée prochaine. Mais aujourd’hui les consignes des rectorats sont de supprimer des heures et des options en seconde.

Parallèlement le décret d’application de la loi Ciotti qui supprime les allocations aux familles d’élèves absentéistes est entré en vigueur et le ministre a annoncé la prochaine création d’une prime « aux performances » pour les chefs d’établissement, renforçant d’autant les craintes de développement d’une éducation à deux vitesses.

Une austérité dénoncée par les organisations et les manifestants

Pour la réussite de tous les jeunes d’autres choix sont indispensables. C’est le message des nombreuses organisations de profs, de parents d’élèves et de jeunes qui se sont réunies afin de refuser ce budget de rigueur.

De multiples rassemblements avaient déjà eu lieu à travers la France à leur appel  le 22 janvier contre les suppressions de postes. Une nouvelle journée de mobilisation a été organisée le 10 février avec de nombreux profs en grève (34% dans le primaire et près de 50% dans le secondaire, selon la FSU). Certains établissements étaient en grève à 90% et des manifestations se sont déroulées dans plus de 70 départements, réunissant au total plusieurs dizaine de milliers de personnes.

Marine Tonnellier

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