« Il faut une grande mobilisation pour changer la vie des jeunes »

décembre 19, 2011 by Rédaction  
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2010_1er_mai_paris__13Marie-George Buffet a présenté la semaine dernière le projet de loi cadre du groupe communistes, citoyens, républicains et Parti de gauche « visant à permettre aux jeunes de prendre en main leur avenir ».

« Les jeunes sont l’avenir de la France »… C’est contre ce type de formules creuses que Marie-George Buffet, député PCF de Seine Saint Denis, par en bataille dans la campagne de 2012. Pointant les responsabilités des ministres qui défilent et des dispositifs qui s’enchainent, l’ancienne ministre de la Jeunesse et des sports veut créer un sursaut : « il faut sortir des discours de la peur ou des discours méritocratiques et travailler pour la grande masse des jeunes dans leur vie quotidienne ».

Une loi-cadre pour intervenir sur tous les aspects de la vie des jeunes

Inspirée par l’expérience de la loi-cadre contre les violences faites aux femmes, Marie-George Buffet propose aujourd’hui de s’attaquer par la loi à tous les problèmes qui minent la vie des jeunes de France. A l’issue d’un an de consultations des organisations de jeunes, politiques, syndicales, ou associatives, le projet de loi-cadre propose une série de créations de droits et de services publics à destination des jeunes.

Alors qu’un jeune sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, que dans les Zones Urbaines Sensibles (Z.U.S.) le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine les 40%, et que près d’un étudiant sur deux est contraint de se salarier pour financer ses études, cette loi-cadre vise à s’attaquer aux urgences les plus criantes. Elle s’articule autour de trois axes. Un droit à l’autonomie qui garantisse à chacun les revenus nécessaires à sa vie par un dispositif d’allocations fondées sur un socle universel. Une série de droits à garantir en priorité comme l’accès à la santé et le droit au logement par le développement massif des logements publics notamment des résidences universitaires ainsi que des lieux de prévention et d’accès aux soins. Enfin, une action offensive pour le droit au travail qui vise à faire reculer significativement la précarité des jeunes.

Sortir les jeunes des sous-sols du Travail

Mme Buffet insiste, « les jeunes sont aujourd’hui dans les sous-sols du salariat ! ». Pour faire reculer le « sas de précarité » que subissent les jeunes jusqu’à 28 ans aujourd’hui, la loi-cadre vise à réformer tous les dispositifs détournés de leur vocation de formation initiale que sont les stages, l’alternance et l’apprentissage pour les encadrer et les renforcer. Au-delà, c’est par l’intervention des salariés dans la gestion de leur entreprise que pourrait s’organiser ce recul de la précarité de masse. La proposition de loi prévoit en effet de renforcer le droit d’alerte des syndicats lorsqu’une entreprise multiplie les propositions d’emplois précaires à un jeune alors que celui-ci pourrait se voir proposer un CDI.

C’est peut-être le point essentiel de cette loi. Le caractère indissociable des droits qu’elle entend mettre en œuvre doit leur permettre d’être un levier qui s’attaque durablement aux inégalités qui touchent les jeunes et pèsent sur l’ensemble de la société. Organiser concrètement la sortie de la précarité de masse, participer à redonner toute leur place aux jeunes dans la vie citoyenne et culturelle du pays, créer les conditions d’une véritable démocratisation des systèmes de formations, tout cela aurait un impact durable sur toutes les tensions qui aggravent aujourd’hui la crise politique et économique que nous traversons.

C’est bien d’avenir qu’il s’agit avec cette loi, pour les jeunes et pour un autre projet de société, loin des dispositifs particuliers qui ne manqueront pas d’être proposés dans l’année qui vient, la député veut faire entrer les jeunes dans le droit commun. Alors Marie-George Buffet n’élude pas les défis à relever. Assumant l’effort financier considérable que ces choix impliquent, elle explique qu’il est temps de faire table rase de solutions qui ont prouvé leur inefficacité pour en mobiliser toutes les ressources aujourd’hui saupoudrées et penser un autre cadre de répartition des richesses. Surtout, elle interpelle largement les jeunes, leurs organisations, leurs conseils locaux : « c’est par la mobilisation que nous imposerons l’adoption de cette loi, quelle que soit la majorité qui sortira des urnes ».

Nicolas Bescond

DÉCRYPTAGE : CRISE, DETTE, AUSTÉRITÉ…

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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speculationCes derniers mois, on a, partout, entendu parler de dettes, de rigueur, d’austérité, etc. comme autant de fatalités auxquelles on ne pourrait rien changer. Pourtant, à travers le monde, de nombreuses voix s’élèvent pour contester. Tout ne serait donc pas aussi logique que l’on veut nous le faire croire… Explications.

Nos gouvernants nous expliquent que la dette publique est devenue trop importante à force de dépenses inconsidérées de l’État pour l’éducation, la santé ou l’emploi… Bref, pour les droits et services sociaux. Mais une dette contractée pour investir et développer le pays ne devrait pas poser de problèmes puisqu’on crée de la richesse. Non, ici, le problème est ailleurs.

À l’origine de la dette…

D’une part, l’obligation a été faite aux États d’emprunter aux marchés pour leur financement plutôt que directement à la banque centrale (qui peut prêter sans taux d’intérêt). Donc il faut non seulement rembourser la dette mais aussi les intérêts de celle-ci qui peuvent être très élevés. D’autre part, des baisses de cotisations sociales, d’impôts sur les entreprises ou les grandes fortunes ont été organisées depuis 30 ans par les différents gouvernements au prétexte d’assurer « la compétitivité des entreprises ». Donc l’État a perdu une partie de ses ressources au profit des intérêts privés. C’est non seulement l’endettement qui a augmenté mais aussi les inégalités. Enfin, la crise de 2008, provoquée à force de spéculation, a fait s’envoler la dette. À ce moment-là, l’endettement des banques et des ménages a plongé le monde dans sa pire crise depuis 1929. Cette dette, à la base privée, est devenue publique dès lors que les dirigeants ont décidé d’injecter des milliards dans les banques.

Un prétexte tout trouvé pour précariser

Ce sont donc bien des choix politiques, décidés au nom du capitalisme et du libéralisme, qui sont responsables de la crise et qui ont permis aux marchés financiers, et autres agences de notation, de dicter leur loi. C’est au peuple qu’ils veulent maintenant en faire payer les conséquences. Et là, la dette intervient de nouveau. C’est en brandissant le « problème de la dette » que les dirigeants libéraux imposent partout leurs plans de rigueur. Ils font peur aux peuples. Un État en « faillite » (à savoir qui ne rembourserait pas sa dette) ne pourrait plus protéger ses citoyens. Pourtant, les Islandais n’ont pas tous disparus quand ils ont refusé, par deux fois en référendum, de rembourser les banques. L’immensité de la dette les obligerait à réagir en imposant des mesures drastiques aux peuples puisque les dépenses auraient été faites pour eux. Mais on a vu qu’il n’en était rien.

En réalité, ces plans de rigueur leur permettent de détruire tous les acquis gagnés, à travers les siècles, par les peuples : protection sociale, droit du travail, éduction de qualité pour tous… 65 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale en France. La retraite à 65 ans en Italie et 67 ans en Allemagne. Des milliers de fonctionnaires non remplacés et des baisses drastiques des salaires en

Grèce. Partout en Europe, leur objectif est de permettre à ceux qui gagnent plus de gagner beaucoup plus. Ainsi, les créanciers (par l’intermédiaire d’institutions comme le Fonds monétaire international ou l’Union européenne) vont de pays en pays pour imposer des conditions draconiennes (réduire encore les salaires…) à de nouveaux prêts (pour rembourser les anciens). Mais les entreprises et les grandes fortunes ne contribuent qu’à la marge. Pourtant, en France, les plus grandes entreprises ont réalisé, en 2010, plus de 80 milliards d’euros de profits.

Une autre logique fait son chemin

Pour nous (jeunes, précaires, étudiants, chômeurs, lycéens, salariés…), tout ce petit monde n’a jamais de mots assez durs : fainéants, assistés, parasites, cancer, etc. Mais, on le voit à travers le continent, les peuples relèvent la tête. Certaines idées font leur chemin : « l’austérité ne permettra pas de sortir de la crise », « il faut investir massivement dans les services publics, renationaliser ceux qui ont été vendus », « reprendre la main sur les marchés en créant un pôle public financier au service des projets créateurs d’emploi, du pouvoir d’achat »… On l’a vu avec les Indignados espagnols qui ont occupé les places, les grèves générales en Grèce, le mouvement des retraites ou pour l’éducation en France, le mouvement contre la vie chère en Israël… À chaque fois, les jeunes sont en première ligne car ils sont non seulement les premières victimes de la crise (explosion du chômage, de la précarité) mais aussi des plans d’austérité (casse de l’éducation, multiplication des contrats précaires, hausse des loyers, etc.).

Baptiste Bauza

PETIT LEXIQUE POUR MIEUX COMPRENDRE L’ACTU

Spéculation : Opération visant à tirer profit des variations du marché et contribuant à favoriser son instabilité (par exemple, les spéculations sur les produits alimentaires ont amené à l’augmentation des prix dont certain groupes ont tiré profit et ont ainsi provoqué des famines).

Compétitivité : Aptitude d’un individu ou d’un groupe à affronter la concurrence. Dans notre système où la mise en concurrence est organisée pour le profit maximum de quelques-uns, la compétitivité est le prétexte mis en avant pour diminuer le « coût du travail » (salaires, cotisations sociales, etc.) au lieu de fixer des normes communes qui garantissent des droits à tous les travailleurs. Cotisations sociales : part du revenu destinée au financement de la sécurité sociale (santé, retraite, chômage, allocation familiale) permettant d’organiser la solidarité.

Marchés financiers : Marchés où s’échangent des actions, des titres de dettes publiques, etc. Ses principaux acteurs sont les spéculateurs (traders des banques, des fonds d’investissement ou de pension…).

Agences de notation : Sociétés privées (Standar & Poor’s, Moody’s et Fitch) financées par les acteurs des marchés pour les conseiller et/ou noter leur fiabilité. Les États sont aussi notés (de AAA à D) ce qui conditionne les taux d’intérêt auxquels ils pourront emprunter (plus la note est basse, plus le taux est élevé).

PIGS : Terme péjoratif (signifie « porcs » en anglais) utilisé par certain journalistes ou acteurs économiques pour désigner des pays avec des difficultés le Portugal, l’Italie ou l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (« Spain » en anglais).

AUSTÉRITÉ : COUP POUR COÛT

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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jeunestrinquentL’austérité ne s’est pas arrêtée à nos frontières. Le gouvernement Sarkozy-Fillon opère les mêmes mesures que nos voisins européens pour maintenir le fameux « équilibre budgétaire ». Le choix est clair : une thérapie de choc pour casser nos droits.

Dans l’éducation, ce ne sont pas moins de 90 000 postes d’enseignants, d’assistants d’éducation, d’infirmiers qui seront supprimés d’ici 2012 (16 000 rien que pour cette rentrée). Face à l’augmentation du nombre de jeunes dans le système éducatif, le gouvernement fait le choix d’une éducation choisie et de qualité pour une petite minorité. Les autres devront se contenter de diplômes qui n’auront pas la même valeur grâce à l’autonomie des établissements mise en place par Luc Chatel. Conséquence directe : selon où on a fait ses études on n’aura pas les mêmes droits ni la même rémunération au travail.

Éducation, travail, santé… tout y passe

Sur le terrain du travail d’ailleurs, c’est aussi des cadeaux à la chaîne pour les patrons. Pourtant la situation est grave : en 2010, 36% des jeunes diplômés étaient encore au chômage 8 mois après leur entrée dans la vie active. Les mesures pour contrer ce phénomène seraient une véritable farce si elles ne servaient pas à augmenter les marges de profit des entreprises par la précarisation des jeunes : multiplication des dispositifs de travail pas cher voire gratuit (entre 300 et 500 euros par mois) à travers le service civique, l’apprentissage ou les stages bidons. Le message est clair : « souffre en silence et prends le peu qu’on te donne ». Le gouvernement veut même contraindre les allocataires du RSA – qui pourtant touchent un revenu (466 euros pour une personne seule) sous le seuil de pauvreté (954 euros par mois) – à travailler 7 heures par semaine pour presque rien.

Nombreux sont les droits qui relèvent aujourd’hui du luxe : le logement avec 31% des moins de 20 ans mal-logés et une part dans le revenu d’un étudiant qui dépasse les 50%, ou encore la santé avec 1 jeune sur 4 qui renonce à se soigner faute de moyens, et ne parlons même pas de la culture qui devient de plus en plus un rêve lointain.

Malgré les tentatives de division au sein de la jeunesse – à l’image du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, qui impute, loin de toute réalité, l’échec scolaire et le chômage aux enfants d’immigrés ou encore de Jean-François Copé qui propose un « serment d’allégeance aux armes » (pour réaffirmer la fidélité à la patrie ! du jamais vu depuis Vichy) – les jeunes ne s’en laissent pas compter et battront le pavé dès le 15 octobre !

Nordine Idir

Match Austérité VS Peuples

septembre 7, 2011 by Rédaction  
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bourse.jpegAprès les retraites, trop ne semble jamais assez pour le gouvernement qui envoie, cette semaine à l’Assemblée Nationale, de nouvelles mesures de « rigueur », comme il aime à appeler l’austérité. Parallèlement, sans qu’aucun de nos ministres ne semblent y voir un lien de cause à effet, l’Insee a annoncé une envolée de la pauvreté.

La récente enquête de l’Insee, portant sur 2009, montre que 8.2 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (954 euros par mois)  soit plus de 13% de la population de notre pays. C’est une augmentation de 0,5 point en 1 an. Selon l’Insee « L’augmentation du nombre de personnes pauvres peut être rapprochée de la hausse du chômage induite par la crise» mais la précarité grandissante semble largement jouer sa partition puisque l’institut note par ailleurs que « 10,1 % des actifs ayant au moins 18 ans sont pauvres». Ces chiffres accablants ne sont pas les seuls à tomber en cette rentrée. A l’université, les frais ont augmenté de 4%. Wauquiez, ministre de l’enseignement supérieur, insiste sur le fait que cette hausse est moins importante que les précédentes rappelant par la même que si on additionne celles des 5 dernières années, le tout cumulé représente 45% de plus à débourser pour un budget mensuel moyen par étudiant de 552 euros. Face à cette situation, on nous parle quotidiennement d’efforts, de dettes, de sacrifices, de rigueur comme autant de nouveaux trous qu’il nous faudrait faire à notre ceinture.

La cloche du 2e round a sonné

Le match, qui est en train de se jouer, oppose les victimes de la crise dont nous parle l’Insee à ceux qui l’ont provoquée (les marchés financiers, les banques, les spéculateurs de tout bord, les gouvernants…) et qui comptent bien en profiter pour amasser toujours plus d’argent. Pour ceux-là, l’arme favorite c’est l’austérité.

Au niveau européen, elle est incarnée par le pacte euro plus. Pour entrer dans le 2e round,  elle a fait de nouveaux petits, dont celui nommé « règle d’or ». Mais en Espagne ou encore en Italie, elle rencontre la résistance des populations, loin d’être KO, avec d’importantes manifestations cette semaine dans ces pays.

En France, Sarkozy et Fillon semblent reculer sur le sort qu’ils réservent à cette « règle d’or » : dans la perspective des présidentielles, un échec au  congrès ne serait pas de bon augure. Mais les gants ne sont pas pour autant reposés : l’austérité est au programme de l’assemblée cette semaine, suite logique des mesures annoncées par le premier ministre le 24 août dernier. Après les augmentations des prix de l’essence, du logement, des transports, du gaz, de l’électricité, l’Elysée et Matignon veulent faire voter celles du tabac, des sodas, de l’alcool, des contrats d’assurance et de complémentaire santé (les parcs d’attraction y échapperont a priori de peu)…. Ces mesures concerneront chacun des citoyens, mais pèseront bien plus dans le budget de ceux passés sous le seuil de pauvreté que dans celui des millionnaires qui bénéficient de ristournes pour payer toujours moins d’impôts.

Les magiciens du gouvernement enfilent leurs gants

La stratégie du gouvernement consiste en deux tours de prestidigitation. Le premier consiste à imprimer l’idée qu’il est le champion de la justice sociale. La mesure phare en l’occurrence est celle réclamée à cors et à cris par Bettencourt et ses compagnons de fortune dans le Nouvel Observateur : « une « contribution exceptionnelle»  qui toucherait les contribuables français les plus favorisés », « calculée dans des proportions raisonnables » et qui « doit s’inscrire dans un effort plus global de réforme, tant sur les dépenses que sur les recettes ». Traduction : taxez-nous mais pas trop et à conditions que cela permette d’achever le démantèlement des droits sociaux et des services publics. Le message semble être passé puisque la taxation temporaire proposée sur les très hauts revenus équivaut à récupérer 200 millions d’euros sur les 2 milliards d’allègements fiscaux accordés aux plus riches contribuables il y a quelques mois avec la réforme de l’ISF. De la même façon, une taxe sur les hôtels de luxes pourrait être mise en place mais limitée à 2% (au lieu de 14%) car comme le rappelait Valérie Pécresse, qui freinait des deux pieds  à la télévision il y a quelques jours, « c’est un secteur hautement compétitif ». Elle ne précisera pas qu’ « en plus, cela s’adresse aux plus riches », sans doute pour éviter une lapalissade.

La CNUCED rejoint le coin des peuples

Le deuxième tour de passe-passe consiste a invoqué la dette publique pour justifier des mesures qui l’alimenteront. C’est ce qu’indique la CNUCED (organisme de l’ONU en charge de l’économie et du développement) dans son rapport 2011, mis au jour par l’Humanité : « une politique d’austérité budgétaire pourrait freiner la croissance du PIB et des recettes budgétaires, et serait contre-productive sur le plan de l’assainissement budgétaire » (c’est-à-dire sur le plan de la réduction de la dette). Rappelons, de surcroît, que cette dette a été creusée par les différents allègements d’impôts et cotisations accordées ces dernières années aux grandes entreprises et aux plus riches, et par les milliards d’euros versés aux banques pour les sauver de leurs propres spéculations qui ont conduit à la crise. Selon le même rapport « les opérations de sauvetage des institutions financières menées par les pouvoirs publics ont contribué pour une grande part au déficit ». Leur responsabilité est donc démontrée par l’ONU elle-même et pourtant ni les banques, ni les entreprises (dont les profits continuent d’augmenter), ni les plus riches ne sont réellement mis à contribution. Au contraire, le gouvernement continue de prôner les recettes qui nous ont conduits dans le mur.

Mais, en France non plus, le match n’est pas terminé et les jeunes, les salariés, les chômeurs, les précaires, les vieux… pourraient bien les contraindre à changer d’attitude. La riposte s’organise : le 27 septembre contre le sacrifice de l’éducation, le 11 octobre à l’appel des syndicats et le 15 octobre avec tous les jeunes d’Europe contre l’austérité.

Julia Hamlaoui

La rentrée de Lucky Luc Chatel s’annonce mouvementée

août 31, 2011 by Rédaction  
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lucky luc chatelÇa y est, c’est la rentrée. Et comme chaque année, en y regardant de plus près, on  y voit le nombre de sacrifices qu’impose l’UMP à notre éducation. Mais pour commencer à décrypter au mieux cette rentrée, il faut partir de la fin de l’année dernière et des bilans que Lucky Luc Chatel (l’homme qui réformait plus vite que son ombre) a voulu nous caché…

Un symbole de la réforme des lycées, made in Lucky Luc Chatel, s’est effondré en juin dernier dans le plus grand silence. En effet, lui qui avait promis un lycée de l’égalité des chances qui permettrait à chacun (ou plutôt aux meilleurs) de réussir s’est bien gardé de convoquer ses amis journalistes pour annoncer que ses fameux ERS (Etablissements de Réinsertion Scolaire) avait un premier bilan catastrophique. Un manque de moyens flagrant, des personnels délaissés et au final même pas un tiers des élèves qui sont allés jusqu’à l’examen… telles sont les leçons tirées de cette expérience, ce qui n’a pas empêcher le ministre de continuer à vanter ces établissements pendant sa conférence de presse de rentrée.

Concernant la rentrée 2011 – sans s’y résigner, on y presque habitué maintenant – c’est encore 16 000 postes de professeurs qui passent à la trappe alors que l’arrivée de la génération du baby boom de l’an 2000 entraîne une très forte hausse du nombre d’élèves. C’est aussi des profs moins formés qui depuis la réforme se retrouvent jetés dans l’arène sans même avoir pu apprendre dignement leur métier. En la matière, point besoin d’experts pour imaginer les conséquences que Luc Chatel a dit « assumer ».

De la surenchère à l’effet d’annonce

Mais cette année, – peut-être parce qu’ils sentent que la fin de leur époque se rapproche à grands pas – le gouvernement a décidé de s’attaquer directement aux droits des lycéens. Ils mettent en place, le plus discrètement possible, une procédure disciplinaire automatique pouvant entraîner l’exclusion pour tout cas de « violences verbales », c’est un terme bien vague qui peut permettre à n’importe quel chef d’établissement de contrôler la liberté d’expression, rien que ça ! Ils instaurent la possibilité d’un passage devant une commission sans représentants des élèves. Ils modifient la loi sur les associations de 1901 pour limiter la possibilité de création d’association aux élèves de 16 ans et plus (avec signature du représentant légal pour les moins de 18 ans), etc. Alors que Chatel veut des cours de morale en lieu et place de l’ECJS, il semble que l’éducation civique leur serait pourtant bien utile pour se remémorer les principes qui fondent la citoyenneté tels que la liberté d’expression, l’esprit critique, le droit d’association, le droit d’avoir des représentants, etc.

« Ni principe, ni limite » tel est leur crédo. De Guéant qui expulse des Roms en réquisitionnant des wagons de la RATP à Chatel qui s’attaque aux principes de la loi 1901, ce n’est pas sans rappeler « les plus sombres périodes de notre histoire » comme le soulignait le communiqué de la CGT RATP appelant personnels et usagers du tram à refuser ces pratiques.

Enfin, comme toujours ils tentent de dissimuler leurs attaques directes contre notre avenir par des effets d’annonce. Wauquiez fanfaronne avec le 10ème mois de bourse pour les étudiants alors que le coût de la vie étudiante a encore augmenté de 4%. Quant à Jeannette Boughrab elle fait encore mieux, elle propose l’apprentissage du code à l’école. En soi c’est une solution à débattre qui peut être intéressante pour permettre à tous de l’obtenir. Mais elle rassure aussitôt ses copains de l’UMP « L’idée n’est pas de proposer la gratuité du permis mais d’en réduire significativement le coût pour les jeunes, en jouant sur les économies d’échelle».

Une rentrée mouvementée

Mais même si la droite revient en force avec la volonté de nous faire encore plus mal, cette rentrée sera aussi le symbole de la force des mobilisations et des luttes. Les syndicats lycéens et la FCPE (association de parents d’élèves) se sont lancés dans la bataille pour faire abroger les mesures disciplinaires de juin. Les syndicats de profs comme les organisations de jeunes ont d’ores et déjà appelé à la grève et à la mobilisation le mardi 27 septembre contre les dernières réformes de l’éducation, contre les suppressions de postes et pour avoir les moyens de la réussite de tous. Et partout, le mouvement contre l’austérité généralisée grandit avec deux dates annoncées chez nous : l’appel à la mobilisation de l’intersyndicale pour le 11 octobre et celui de très nombreuses organisations de jeunes de France et d’Europe le 15 octobre.

Guénolé Fournet

TRAVAIL GRATUIT

juillet 12, 2011 by Rédaction  
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copeDans la droite ligne des politiques d’austérité européennes, le gouvernement se déchaîne en surenchères antisociales. Au programme : travail gratuit et insultes pour les pauvres, plus de profits et moins d’impôt pour les riches.

C’est Laurent Wauquiez, ministre des Affaires européennes, qui a ouvert le bal avec cette phrase : « les assistés sont un cancer pour la société ». Il dénonce alors les assistés de l’Etat qui cumuleraient les prestations sociales, et propose de limiter le montant de ces aides à la survie (RSA, chômage, CAF, etc.), à hauteur de 75% du SMIC. Très vite, il est rejoint par Jean François Copé qui, lui, propose aux allocataires du RSA socle (ex-RMI) de travailler entre cinq et dix heures par semaine et de voir leurs ressources progressivement diminuer en cas de refus.

Ces propos – ces insultes – ont permis à d’autres de vomir leur haine de ceux qui, en France, en sont réduits à toucher des allocations : du Front National à l’UMP, en passant par le Figaro qui titrait « enquête sur la France des assistés », ils ont fait feu sur les aides sociales qui ne sont pourtant que des perfusions. Cette opération, en plus de fournir du travail gratuit à leurs amis patrons, permet de continuer à diviser ceux qui ont les mêmes intérêts, en désignant comme responsables de la crise et de ses conséquences ces « fainéants, fraudeurs et assistés » que seraient les allocataires du RSA.

Un gouvernement très solidaire

Copé a décidé de ne pas s’arrêter en si bon chemin et a pris pour cibles les jeunes, victimes favorites du gouvernement. Le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, renchérit donc avec l’idée d’un service civique obligatoire de 4 mois pour les jeunes de 18 à 25 ans payé 350 euros par mois ; sachant que le seuil de pauvreté est fixé à 790 euros par mois.

Le gouvernement connaît la solidarité, celle des très riches. L’UMP a fait voter à l’Assemblée l’allègement de l’Impôt Sur la Fortune (ISF) avec des taux moins élevés. Seuls le paieront ceux qui ont un patrimoine de 1,3 millions d’euros ou plus (contre 800.000 jusqu’à présent), un manque à gagner pour l’État de 1,6 milliards d’euros. Le bouclier fiscal, lui, a été supprimé à l’unanimité mais le dispositif s’applique aux impôts payés l’année précédente, il fonctionnera, donc encore en 2012 et 2013. Maintenant, Mamie Bettencourt, la propriétaire de l’Oréal, verra son imposition passer de 40 à 10 millions d’euros. Un exemple parmi d’autres.

Qui sont les vrais assistés ?

Assister, ça veut dire aider, seconder. Logiquement, on peut donc dire que ceux qui sont aidés, ce sont les plus riches qui bénéficient de ristournes pour garder leur pognon, le système bancaire renfloué par l’État à nos frais, les entreprises qui ne payent pas les cotisations et impôts qu’elles doivent, alors qu’elles se mettent dans les poches plus de 80 milliards d’euros de bénéfice en 2010. Ceux qui sont aidés, ce ne sont donc pas ceux à qui on explique que la crise et les marchés financiers exigent qu’ils mettent au régime sec. Si une maladie ronge notre société, c’est le cancer de la confiscation des richesses produites par tous et toutes, au profit des banquiers et des traders, qui sont derrière les fameux « marchés ».

Ils rabaissent donc le travail au rang de corvée. Or, si dans la Constitution « chacun à le devoir de travailler », il a aussi « le droit à un emploi » et donc de vivre dignement. C’est en mettant en commun les richesses créées par notre travail que le monde pourra subvenir aux besoins de plus de 6 milliards de femmes et d’hommes. Bref, sortir d’une société où tout est marchandise, et rien n’est accessible.

Mathieu Brunet

EDUCATION : L’USINE À PRÉCAIRES

juillet 12, 2011 by Rédaction  
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gueantBien que les cours soient finis, les casseurs d’école de l’UMP ne sont pas en vacances. Au programme de l’été : multiplication des « sans bahuts », mise en place des suppressions de postes, recrutement de personnels précaires, création d’un master « prof » en alternance…

Si l’heure des vacances a sonné, l’arrivée de l’été marque également l’éviction de milliers de jeunes du système scolaire. Pour ceux que l’on appelle les « sans-bahuts », la situation est souvent la même: à la fin de l’année, ces élèves – de 3e, de seconde, de terminale ou même du supérieur – ne sont pas affectés pour l’année à venir à cause d’un comportement jugé trop « perturbateur » ou de résultats considérés trop insuffisants pour des filières trop sélectives. Ces jeunes se retrouvent donc au mieux dans un cursus qu’ils n’ont pas choisi (casés dans les filières où il y a de la place), au pire sans établissement pour la rentrée. Ainsi, bon nombre d’entre eux ne sont plus scolarisés alors que certains n’ont pas encore 16 ans, l’âge de la fin de la scolarité obligatoire.

Des propos racistes pour justifier des inégalités sociales

La droite tente de faire croire que cette situation n’est due qu’aux jeunes eux-mêmes, que les « sans-bahuts » ne « méritent » pas d’aller à l’école. Avec le gouvernement tout est bon pour légitimer cette école méritocratique qui laisse bon nombre de jeunes sur le carreau.

Pour preuve, dans un énième élan de provocation, l’éloquent poète du gouvernement Claude Guéant a tenu de nouveaux propos choquants : « Les deux tiers des échecs scolaires, c’est l’échec d’enfants d’immigrés ». Pour Sarkozy, Chatel et autre Guéant, l’« échec scolaire » est le fait de migrants ne manifestant aucune envie de s’intégrer à la société française par le biais de la plus irréprochable des institutions qu’est l’école. Loin de la gaffe, cette remarque est à la fois raciste et entièrement infondée puisque à même classe sociale les enfants d’immigrés ne réussissent pas moins bien que les autres (chez les ouvriers et employés 46% ont le bac contre 40% pour les autres).

Une éducation à deux vitesses renforcéepecresse

Ce qui est bien réel par contre, c’est qu’à la rentrée seront effectives les 16 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale. Et pour pallier la pénurie organisée, les nouveaux personnels seront directement recrutés au Pôle emploi par le chef d’établissement, on sollicitera des étudiants en Master en alternance – dernière trouvaille du duo Chatel/Pécresse – ou encore des professeurs retraités. Les conséquences sont catastrophiques : dégradation des conditions d’étude, classes surchargées ou fermées… Pire, Chatel prend prétexte de cette pagaille orchestrée pour tenter de casser le cadre national du bac. À la fac, Pécresse « diversifie » la licence avec plus d’heures de cours et des stages dès la première année.

En somme, tout se passe comme si l’UMP avait pour objectif une école à deux vitesses, avec d’un côté celle des plus riches qui mène aux filières d’excellence ; et de l’autre celle des classes populaires, avec un personnel sous-payé, précaire, mal formé et un enseignement au rabais.

L’éducation est un droit mis à mal toute l’année, il sera à défendre pendant l’été comme à la rentrée.

Gnima Mendy

JUSTICE : ENTRE MINORITY REPORT ET 1984

juillet 12, 2011 by Rédaction  
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big brotherQuel rapport entre le film où Tom Cruise arrête des coupables encore innocents et le fameux bouquin de G. Orwell où tout le monde est fliqué et soumis à la répression en permanence? La politique sécuritaire du gouvernement, bien sûr !

D’un côté, on a un texte examiné à l’Assemblée Nationale, qui devrait être adopté pendant l’été, qui porte de nouveau atteinte à la justice des mineurs et renverse sa logique puisque les mesures proposées font primer le répressif sur l’éducatif.

Dans la même veine, Chatel profite des fuites du bac pour instaurer des sanctions automatiques à l’école tout en supprimant les postes de ceux qui participaient à l’éducation des élèves. Après la répression des mouvements sociaux, l’installation de caméras de surveillance sur tout le territoire, la

LOPPSI II, la loi Besson… le gouvernement enfonce le clou, le télécran n’est plus très loin.

De l’autre côté, on a Claude Guéant, ministre de l’intérieur, qui expliquait après sept arrestations suite à la mort de Ben Laden : « rien n’indique que les personnes arrêtées hier s’apprêtaient à commettre un attentat ». Louis Caprioli, ancien patron de la DST (anti-terrorisme), était lui encore plus clair : « Les indices ont été jugés suffisamment accablants pour justifier une interpellation prévention». Arrestation préventive ? Bienvenue en 2054.

Pourtant avec tout cet arsenal, certains continuent bizarrement d’échapper à Big Brother et à John Anderton : délocalisations sauvages, évasions fiscales, non respect du code du travail… autant de délits commis par ceux qui ont pouvoir et argent, coïncidence ?

Louise Tithia

Se soigner serait-il devenu un luxe ?

juin 22, 2011 by Rédaction  
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sante1Un rapport de La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) et de l’Union National des Mutuelles Etudiantes régionales (USEM) parut récemment fait le point sur l’état de santé des étudiants. Retour sur des résultats édifiants, à l’image de la précarité des jeunes.

Cette enquête montre que la santé n’est pas,  faute de moyens, une priorité pour les étudiants : 34% d’entre eux reconnaissent ne pas avoir les moyens de payer une consultation chez un médecin et 20% ne peuvent pas financer leur traitement. Le lieu de vie des étudiants influe sur leur accès aux soins et sur leur santé générale. Ceux qui vivent chez leurs parents ont un meilleur suivi médical par rapport aux jeunes vivant en colocation, qui sont aussi plus facilement tentés par des comportements addictifs (alcool/cannabis…), une alimentation moins équilibrée, etc. Cette étude montre aussi que le stress des étudiants dépend de leur lieu de vie. Les jeunes vivant chez leurs parents ou seuls sont plus soumis au stress que ceux vivent en colocation ou en cité universitaire. L’isolement et les longs temps de trajets sont les principales causes de stress relevés. L’accès aux logements, aux transports, à une alimentation équilibrée, à la prévention sont autant de facteurs qui jouent sur la santé des jeunes et qui sont pourtant remis en cause par la droite au pouvoir. Par exemple, l’accès au cité université pour vivre près de son lieu d’étude est une réalité pour une part de moins en moins importante des étudiants : en 1963, 50% des étudiants vivaient en Cité-U,  en 2010, ils ne sont plus que 7%.

Une logique de rentabilité incompatible avec l’accès aux soins

Malheureusement rien dans ce compte rendu ne fait le lien entre l’état de santé et  la situation de plus en plus précaire des étudiants qui les obligent à choisir entre manger et se soigner. Quelques solutions sont proposées par la LMDE pour permettre un accès plus facile aux soins pour les étudiants comme la création de maison de santé à proximité de chaque ville universitaire, une visite médicale obligatoire en première année et en début de deuxième cycle – aujourd’hui seul 32% des étudiants passe une visite médicale pendant leur licence – la mise en application d’un chèque santé d’une valeur de 200€. Ces quelques propositions sont un début mais beaucoup de questions restent en suspend. Comment faire pour avoir un accès aux soins sur son lieu de vie quand la réforme de l’hôpital du gouvernement tend à détruire les établissements publics de santé de proximité? Quel dispositif pourrait permettre à chaque étudiant de passer au moins une visite médicale sur son lieu d’étude quand des postes sont supprimés à tour de bras? Le chèque santé, limité à 200 euros, est-il réellement la solution alors que nombre de médicaments et de consultations ne sont plus remboursés par la sécurité sociale?

La solidarité au cœur de la santé pour tous

La santé tend à devenir une marchandise seulement accessible à la minorité des plus riches, c’est ce que démontre cette enquête. Or elle est un droit universel reconnu à l’échelle internationale. Sans oublier qu’un étudiant en bonne santé pendant sa formation sera en capacité de mieux apprendre, mieux produire et mieux transmettre, c’est autant de richesse pour toute la société.

Il est donc temps de repenser l’accès aux soins dans une démarche plus globale en fonction du mode de vie et des besoins des étudiants, des jeunes et de la population en général (les étudiants ne sont, malheureusement, pas seuls à renoncer à se soigner faute d’argent), pour que de nouveau chacun contribue à la solidarité selon ses moyens et puissent en bénéficier selon ses besoins.

Marlène Chevallier et Jeannie Barbier

UNE SOLUTION AU CHÔMAGE EN TROMPE L’ŒIL

avril 8, 2011 by Rédaction  
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photo apprentisAlors que le chômage concerne près d’un jeune sur 4, que nombre d’entre eux enchaînent les contrats précaires, le gouvernement leur propose de retourner en formation. L’apprentissage serait LA solution. Mais pour qui ?

Qu’est ce qu’un apprenti ? Un jeune entre 15 et 25 ans qui souhaite préparer un diplôme en alternance, lui permettant ainsi d’acquérir une expérience professionnelle et des connaissances théoriques tout en étant rémunéré. Même si le « contrat d’apprentissage » est un contrat de travail, il s’agit d’une formation, initiale ou continue, et non pas d’un emploi à proprement parler.

Du travail à bas prix pour les entreprises

Le gouvernement veut augmenter le nombre d’apprentis de 200 000 afin d’atteindre les 800 000 apprentis en 2015. Pour cela, il a prévu de mettre en place des bonus pour les entreprises qui dépasseront le quota des 4%. Un cadeau en or fait aux patrons, qui pourront ainsi s’entourer d’apprentis sous payés qui fourniront un travail quasi identique à un autre salarié. Sachant qu’un apprenti « coûte » en moyenne 7000 euros par an à l’entreprise et au vu des différentes aides et exonérations, le calcul est simple : il ne coûte rien ou presque.

Des jeunes sous le seuil de pauvreté

Pour les jeunes par contre, ce n’est pas la panacée. Le salaire mensuel d’un apprenti est en moyenne de 583 euros. Comment peut-on vivre décemment avec cette somme alors que le seuil de pauvreté en France est de 790 euros? Les apprentis n’ont pas droit à l’autonomie, leur salaire leur permettant de survivre mais pas de vivre. D’autant que les CFA sont souvent loin des entreprises et inversement, il faut donc avoir un logement, se déplacer fréquemment. Nadine Morano veut « changer le regard sur l’apprentissage » mais les annonces de Sarkozy vont vers encore plus de précarité. La possibilité d’enchaîner 2 contrats de professionnalisation à durée déterminée et celle de conclure un contrat en alternance avec 2 employeurs pour les saisonniers font partie de ses propositions.

Pourtant les changements sont nécessaires : le passage du salaire au SMIC, de meilleures informations sur le code du travail, la possibilité de se syndiquer sans craindre les réprimandes de la hiérarchie, l’obligation d’embauche en cas de demande de l’apprenti, etc. Autant de droits nouveaux qui permettraient aux apprentis d’obtenir leur diplôme dans de bonnes conditions.

Recherche travail – trouve formation

Pour autant, de nombreux jeunes au chômage ont déjà un CAP, un Bac Pro et même un diplôme de l’enseignement supérieur. Ils sont victimes de la course à la rentabilité des entreprises qui leur assènent à longueur de journée des « vérités » telles que « pas assez d’expérience », « un jeune doit être sous payé », « la concurrence est rude, il faut accepter de marcher sur les autres et sacrifier ses droits », etc. Avec cette mesure, le gouvernement va dans le même sens : « les jeunes sont responsables du chômage, ils ne sont pas assez formés, ils n’ont même pas d’expérience ». N’y a-t-il pas un petit air d’injustice dans ce refrain quand on sait que 10% des jeunes travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté alors que les entreprises du CAC 40, par exemple, accumulent les profits par milliards ?

Joris Merle

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