Camille Lainé: « Nous devons être présents dans tous les espaces possibles »

mai 9, 2016 by  
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Alors que la mobilisation se poursuit sous l’impulsion des jeunes, nous avons posé quelques questions à la nouvelle secrétaire générale du MJCF Camille Lainé.

 

Plusieurs manifestations ont eu lieu pour dénoncer le projet de loi de réforme du Code du travail. Comment analyses-tu le rejet de cette loi par les jeunes et plus généralement par les travailleurs?

Une vraie dynamique s’est lancée dans le pays et ce n’était pas arrivé depuis des années. C’est le premier mouvement social du quinquennat, le premier vrai mouvement social sous ce gouvernement dit de gauche. La loi El Khomri représente une des plus grosses attaques envers le monde du travail de ces 20 dernières années. C’est un retour au 19e siècle avec la volonté de sabrer tous nos droits acquis après des luttes sociales historiques. Pourtant, des attaques ont déjà eu lieu ces dernières années : on peut citer, l’ANI, la loi Macron, la loi Rebsamen et bien d’autres. Mais cette loi est l’aboutissement d’un projet de destruction généralisée du travail. Précarisation grandissante, facilitations des licenciements, toujours plus de cadeaux aux patrons… Bref, encore des réjouissances  applaudies par le MEDEF puisque Pierre Gattaz avait dit, au moment où le projet de loi sortait, que cette réforme allait dans le bon sens… De quoi se poser de sacrées questions… Mais a priori le gouvernement trouve ça normal: ce qui n’est pas le cas du million de gens et des centaines de milliers de jeunes mobilisés !

Les jeunes sont présents massivement dans les cortèges. On entend souvent dire d’eux qu’ils se désintéressent de tout pourtant. Est-ce que tu considères qu’une génération entre en action ?

Forcément, c’est facile de taper sur un mouvement pour le décrédibiliser, bien plus facile que de se remettre en question. Alors, on aura tout entendu au début : « les organisations de jeunesse manipulent les jeunes » « les jeunes n’ont pas lu le projet de loi, ils ne comprennent pas ». Mais contrairement à ce que nos gouvernants pensent, les jeunes ne sont pas débiles et s’ils descendent dans la rue à plusieurs centaines de milliers, c’est qu’il y a des raisons ! Depuis 2012, on entend « priorité jeunesse » mais on ne voit rien venir mise à part toujours plus de galères. Le ras le bol se transforme donc en mobilisation : des centaines de lycées bloqués, des facs mobilisées partout en France et des Jeunes Communistes à l’offensive partout, tout le temps ! Nous sommes mobilisés pour le retrait, mais aussi autour de propositions alternatives avec 23 organisations de jeunesse. Ça faisait longtemps qu’il n’y avait pas eu une dynamique de rassemblement aussi forte ! Et ça fait peur de voir tous ces jeunes dans la rue ! Après la première journée de mobilisation du 9 mars, le gouvernement a déjà annoncé des reculs pour espérer calmer cette jeunesse qui se mobilise, un mois plus tard. Quand la mobilisation s’amplifie, Manuel Valls annonce 11 mesures pour les jeunes ! C’est le rapport de force que nous construisons en étant dans la rue qui nous a permis d’obtenir des avancées ! Mais ça ne suffira pas ! Nous arracherons tout ce que nous pourrons mais on ne lâchera rien jusqu’au retrait de la loi travail qui est un vrai danger pour nous tous. Nous restons par ailleurs vigilants face aux tentatives de criminalisation de nos actions et à la répression policière qui l’accompagne.

Ce mouvement aura-t-il une suite ? Quelles modalités d’action envisagez-vous ?

Ce mouvement a déjà des suites avant d’être fini, on voit bien que ça dépasse le cadre strict de la loi travail, même si il ne faut pas l’oublier évidemment. Déjà, ce mouvement a aussi eu un écho très fort dans les réseaux sociaux et il est même parti un peu de là : entre la pétition massive signée plus d’un million de fois, les youtubeurs et leur #OnVautMieuxQueCa etc… Ce sont aussi des formes nouvelles de mobilisations qui se créent, il faut s’en saisir, mais rien ne s’oppose ! Les manifestations et les jours de grèves, la distribution de tracts sont évidemment indispensables mais aucunement en opposition avec la fameuse pétition ou alors les nuits debout ! D’ailleurs, on se rend compte qu’à travers tous ces gens qui se rassemblent sur des places un peu partout en France qu’il y a une volonté de réappropriation de l’espace public, de plus de démocratie et d’échanger de discuter. Il faut que nous soyons présents dans ces espaces et nous y sommes en tant que Jeunes Communistes pour bien sûr parler de la loi travail et de son retrait, pour aussi porter des perspectives d’avenir notamment avec nos propositions autour du statut social du jeune travailleur en formation et plus globalement pour faire de la politique avec les gens. Les vacances scolaires sont là certes, mais nous ne lâchons rien. Nous devons être présents dans tous les espaces possibles et porter haut et forts nos propositions ! Le gouvernement pense que nous ne sommes bons qu’à gueuler dans la rue, sans but, pour le plaisir. Mais non, les jeunes de ce pays ont des idées, des envies et des aspirations pour leur avenir ! On en fera la démonstration parce que nous voulons changer concrètement nos vies.

Admission Post-Bac : garder le sens de l’orientation

mai 9, 2016 by  
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Le 2 avril dernier, c’était la date limite des vœux pour la procédure. Quand certains y voient un moment clé dans le passage à la vie adulte, c’est de plus un parcours du combattant dans un système scolaire inégalitaire.

Alors que pour de nombreux lycéens, le passage du lycée à une formation supérieure est un parcours du combattant, le taux important d’échecs en première année en est un révélateur. Cela est du à la fois à des conditions déplorables d’accès aux informations sur les différentes parcours mais aussi de la casse du système mis en place, comme avec les profondes modifications faites à la procédure APB.

Cette année, la procédure d’admission dans des études supérieures après l’obtention du bac, plus communément appelée APB, connait de nombreuses modifications. Par exemple, c’est l’introduction des vœux groupés pour les filières dites prisées ou en « tension ». C’est le cas des licences de droit, de STAPS, de Psycho. Désormais, lorsqu’un lycéen désire intégrer l’une des ces filières, il sera contraint de réaliser le classement, pour chaque filière choisie, des différentes universités la proposant dans la même académie. Les bacheliers n’obtiendraient donc pas forcément l’établissement le plus proche de chez eux et le financement d’étude loin de chez soi passe pour de nombreux élèves, au détriment de leurs études, par le travail salarié.

A côté de cela, les universités qui sont en manque de place organisent en toute illégalité des tirages au sort, augmentent les frais d’inscriptions ou pire encore. Certaines mettent en place des procédures de sélection pour des filières en théorie non-sélective. Normalement, la seule condition pour y accéder est l’obtention du Bac. Face aux restrictions budgétaires imposées aux Universités, elles préfèrent faire le choix de former moins d’étudiants. C’est une véritable remise en cause du droit à l’accès aux études supérieures, chacun doit pouvoir décider de son parcours de vie.

La casse du service public de l’orientation n’arrange rien. Les chiffres du ministère de l’Éducation nationale indiquent que les effectifs d’enseignants ont baissé de 10% ces quinze dernières années.Un cadre loin d’être idéal pour aborder sereinement son avenir quand on a raté plusieurs heures de cours dans la semaine en raison d’une politique de baisse des effectifs. Dans la plupart des lycées, la présence du conseiller d’orientation est aléatoire et pour cause : 1 seule conseiller-psychologue doit assurer le suivie de plusieurs lycées à la fois. Résultat, ils ne sont présents que quelques jours dans la semaine, ce qui ne permet pas le suivie réel des élèves dans la construction d’un projet de vie émancipateur. Pour se motiver, les jeunes sont invités à solliciter des coaches en orientation. Comme si cette dépense était à la portée de tous, comme un symbole d’une éducation nationale qui démissionne de ses responsabilités.

Face à cela, l’embauche massive de conseillers d’orientation et l’arrêt immédiat du processus de rationalisation territorial des C.I.O (centre d’information et d’orientation) qui se soldent par une suppression pure et simple des centres, obligeant certain à faire des dizaines dekilomètres pour obtenir un rendez-vous.

Il est urgent de faire face aux inégalités d’accès aux études supérieures et de permettre à chaque jeune de décider de son avenir avec toutes les cartes en mains. Exigeons de vrais moyens pour nos études maintenant pour mieux vivre demain.

Arthur Scetbon

Passage de flambeau : La résistance d’hier et d’aujourd’hui

mai 27, 2015 by  
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Rencontre  entre Nordine Idir et Georges Durou à la Fête de l’Humanité Gironde : Passage de flambeau autour de la résistance d’hier et d’aujourd’hui.

Le 17 mai 2015, à l’occasion de la fête de l’Humanité de Gironde, ce sont deux générations de résistants qui se rencontrent autour de leurs livres respectifs.

Georges Durou, ancien résistant, qui, pour son engagement communiste, a vécu une jeunesse privée de liberté entre 1940 et 1945, dédicace son ouvrage «  Mes printemps de barbelés  », réédité à l’occasion de cette fête, aux cotés de Nordine Idir, secrétaire national du MJCF qui, lui, dédicace son livre d’entretien avec Salah Hamouri, «  Palestine-France, quand les jeunes résistent  ».

Un instant de mémoire partagée en ces temps sombres, sur la résistance d’hier et celle d’aujourd’hui. C’est avec plaisir et émotion que Georges Durou, militant des jeunes communistes lors de son arrestation, rencontre Nordine et engage la conversation.

D’abord sur l’actualité de la JC et sur le contenu du livre de Nordine, qui lui explique que ce livre est un entretien avec un jeune Franco-Palestinien, emprisonné dans les geôles israéliennes pendant 7 ans, et dont la mobilisation de plusieurs organisations, a participé à faire connaître son cas aux autorités françaises.

En effet, Nordine lui rappelle qu’à l’époque, Salah est le seul prisonnier français à n’avoir jamais été aidé par l’État, et que seule la mobilisation a permis de dévoiler son sort. Cet ouvrage raconte aussi la suite de la libération de Salah, sa vie en Palestine, surveillé par les autorités et empêché de faire ses études suite à des restrictions d’accès sur le territoire.
Georges se retrouve dans l’histoire de ce jeune prisonnier, et dans sa résistance au quotidien, lui qui se retrouva engeôlé pour activité communiste pendant la seconde guerre mondiale. Il explique le travail de mémoire qu’il exécute encore aujourd’hui, dans les collèges et lycées, qui sont des bases mais ne suffisent pas pour lui. Les jeunes sont réceptifs à son histoire, mais une rencontre par an, ça lui paraît trop court.

Nordine en profite pour expliquer à Georges le rôle du MJCF aujourd’hui pour aller plus loin dans le passage de flambeau des derniers témoins des années sombres. Partout où des commémorations ont lieu (Camps de Souge, Mont-Valérien, Chateaubriand…) les jeunes communistes sont présents et se font le relais générationnel de cette histoire.  Une initiative nationale est prévue : une lettre ouverte à François Hollande pour la journée de la résistance, pour lui rappeler le rôle des jeunes communistes dans l’histoire.

Georges tient à rappeler que le programme du CNR est le meilleur moyen de faire le lien entre les générations, à l’heure où les socialistes au pouvoir continuent le travail de destruction de celui-ci engagé par la droite.

Nordine se retrouve dans ce discours et insiste sur le fait que les Jeunes Communistes et la société en général à besoin de combativité à l’heure actuelle, et qu’il faut effectivement partir de cette base, mais aussi l’enrichir, que ce soit au niveau des avancées sociales comme sur la culture de paix gravement entamée à l’heure actuelle. Il n’y a pas de fatalité.

L’échange se termine sur une dédicace respectives et une poignée de main chaleureuse.

Benjamin Regonesi

Béziers : la mémoire de la guerre d’Algérie pour opposer

mars 18, 2015 by  
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Un soleil printanier, à quelques mètres d’un marché populaire de la ville, fait office de cadre à cette journée particulière dans la ville de Béziers. La présence policière se fait de plus en plus nombreuse en ce début d’après-midi à proximité d’une rue : celle du 19 mars 1962.

Des personnes âgées affluent, un peu perdues dans le quartier, majoritairement vêtues de bérets verts et de drapeaux: ce sont des anciens combattants, anciens parachutistes de la guerre d’Algérie. Beaucoup se trompent et rejoignent un cortège qui n’est pas le leur : car en ce 14 mars, deux rendez-vous se font face, séparés par une présence policière.

 

La cérémonie officielle organisée par la mairie pour débaptiser la dite rue pour la renommer au profit du commandant Hélie De Noix de Saint-Marc. Cet ancien militaire, décédé en 2013, a été un membre actif de l’Organisation Armée Secrète(OAS)[1], organisation terroriste d’extrême-droite, farouchement opposée à l’indépendance de l’Algérie. Il participa à la tentative de coup d’État de 1961, dit putsch des généraux, et justifia la torture qui fut une pratique courante de la répression coloniale.

En face, à cent mètres, séparés par des barrières et un cordon policier, la contre-manifestation citoyenne aux slogans beaucoup plus jeune et variée dans sa composition : « OAS assassin, Ménard complice », « Il est fini le temps des colonies ».

 

C’est donc, entouré de centaines de « nostalgériques »[2], venus de toute la côté méditerranéenne (où résident l’écrasante majorité de ce qu’on a appelé les rapatriés) anciens de l’OAS et quelques jeunes de la ligue du Midi (organisation de la mouvance identitaire) que le maire organisait une cérémonie pour installer la nouvelle plaque. Prétextant que la date du 19 mars ne marque pas l’arrêt des combats, le maire apparenté FN veut ainsi rétablir une justice. Son discours fut assez révélateur de ses intentions : la France aurait oublié ses compatriotes, ses Harkis.

Réécrivant allégrement l’histoire, il évoque une Algérie française pacifiée, régie par des rapports banals entre colons et Musulmans du temps de l’administration française. Dépolitisant à souhait l’histoire, il ne dit pas un mot sur les conditions des anciens colonisés si ce n’est pour évoquer les exactions du FLN. Par contre, il ne se prive pas de construire un lien avec notre présent.

L’ancien président de l’association Reporters sans Frontières parle d’une France assiégée depuis par l’immigration avec une décolonisation qui serait à la source de tous les désordres actuels:

« Alors qu’on obligeait un million de Français à quitter leur Algérie natale, on ouvrait la France – quasi simultanément – à des millions d’immigrés bien décidés pour certains à ne jamais se sentir, à ne jamais devenir des Français à part entière.

Colonisation de peuplement, disait-on de la présence française en Algérie. Il faut parler aujourd’hui, en France, d’immigration de peuplement, d’immigration de remplacement. Un chassé-croisé dont l’histoire a le tragique secret et dont je redoute que nous ne cessions de mesurer les funestes, les dramatiques conséquences. Je voudrais me tromper. Je crains d’avoir raison. »

 

Une stratégie de la gestion de la ville derrière cet acte

Le choix du commandant Saint-Marc n’a rien d’anecdotique et révèle comment ce geste participe d’une stratégie du nouvel édile. Fidèle à sa tradition maurassienne[3], il met au cœur de sa démarche l’idée d’une France éternelle mythifiée autour de son armée et de l’Église dixit le conseiller municipal  communiste d’opposition Aimé Couquet. Il s’agit de mener des coups d’éclat, d’inscrire des marqueurs dans la vie politique locale comme la promotion de la crèche de Noël, de l’armement de la police municipale.

C’est une politique de l’ordre, de la force qui cherche à alimenter des affrontements. Le magazine municipal en est un des relais fondamental: la réhabilitation d’un passé médiéval, chrétien face aux désordres (à mater) des populations des quartiers, issues de l’immigration. Dans la 3e ville la plus pauvre de France, et 1ere sur les assujettis à l’Impôt sur la Fortune (ISF) dans le département, c’est l’affrontement qui prévaut.

D’ailleurs, les habitants du quartier populaire de la Deveze, mitoyen de la rue du 19 mars 1962, n’ont pas été conviés à l’initiative municipale alors que la mairie avait une promotion grandiloquente… Ces habitants sont davantage » dans le cortège  des traitres, porteurs de valise (sic) » qui reçoivent ces qualificatifs du maire, gêné par les huées du contre-rassemblement.

 

A l’initiative d’un « appel des 100″ lancé par les structures locales de la Ligue des droits de l’homme et du Mouvement de la paix, des centaines de bitterrois rejoints par des militants progressistes des départements alentours ont fait entendre un autre son de cloche. Rappelant que la date du 19 mars 1962 entame le processus d’indépendance algérien, ces citoyens ne sont pas dupes du jeu du maire.

Parmi ces manifestants, Yamina et Viviane, deux membres de l’association bitteroise France-Algérie qui œuvre à mener des actions culturelles entre les deux pays, des projets de coopération pour construire des liens sur des bases de solidarité.

Elles sont présentes pour rappeler leurs initiatives, le vrai lien entre les deux peuples. Elles sont convaincues que cette initiative ne représente pas l’opinion majoritaire dans la ville. « Pourquoi parler d’une guerre finie, qui a existé ? Il y a comme un sentiment de revanche » ajoutent-elles. Avant Robert Ménard, il existe dans la vie politique locale un jeu pour flatter la population issue des rapatriés, très organisés comme l’atteste la présence de nombreux sympathisants, parachutistes issus des départements voisins. Ils travaillent à faire apposer des stèles de l’OAS, à réhabiliter leur mémoire.

 

Après ce rassemblement, c’est au siège de la section locale du PCF que se poursuivent les débats ; car il s’agit de ne pas lâcher le morceau pour ces militants. Toutes les forces rappellent la nécessité de poursuivre le combat : le lien avec le climat islamophobe, de chasse aux pauvres et le mouvement de solidarité avec la Palestine (pour déconstruire le colonialisme d’hier et d’aujourd’hui) permettent d’ouvrir des suites à ce contre-rassemblement. La bataille juridique reste évidemment d’actualité comme le rappelle Jean-François Gavoury, président de l’association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (AMPROMEVO), et il existe des précédents pour faire retirer ces plaques d’hommage[4].

La bataille politique reste nécessaire pour faire agir les pouvoirs publics: si le premier ministre Manuel Valls a déploré le matin même ce genre d’initiatives, les interpellations des différents ministères sont restées sans réponses…Tous les acteurs évoquent le besoin de réaffirmer une culture de paix, de rappeler la mémoire de ce conflit, y compris parce que les attentats de l’OAS ont frappé la ville…Cette mémoire ne peut vivre que si on donne les moyens de l’exprimer. Un lien avec une actualité de crise brulante dans cette ville ravagée et qui montre que la mémoire résonne au travers du quotidien.



[1] Organisation politique et militaire créée en 1961 regroupant essentiellement des militaires qui refusent la décolonisation. Ils mèneront plus de 1000 actions terroristes en Algérie et en France, tuant des militaires, des policiers et plus de 1000 civils.

[2] C’est ainsi que sont nommés couramment les partisans nostalgiques de l’Algérie française

[3] Ecrivain et théoricien d’extrême-droite de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, ultranationaliste et royaliste, foncièrement antisémite.

[4] A Marignane dans la Bouches-du-Rhône en 2011 sur décision du Conseil d’Etat

 

Élections départementales 2015: et les droits des jeunes?

mars 16, 2015 by  
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Les 19, 20 et 21 Décembre dernier le Congrès du MJCF a lancé une Charte revendicative : 10 batailles urgentes pour l’avenir des jeunes ! Cette charte reprends les contenus concrets que les jeunes communistes développent déjà dans leurs villes, ou veulent développer.

Elle à pour principal objectif d’améliorer concrètement nos conditions de vies en tant que jeunes. Accès à l’emploi, garantie d’un travail stable et rémunéré correctement, droit aux transports, à une éducation de qualité, vivre ensemble dans un monde de paix sont autant de positions pour lesquelles nous luttons.

En 2013, François Hollande parlait de la diminution du nombre de régions, de la future suprématie des intercommunalités et la destruction des départements. La réforme territoriale engagée par les gouvernements précédents prend désormais de plus en plus d’importance avec le gouvernement socialiste, et ce au nom « d’économie dans les services publics ». Pourtant, c’est bien de plus de moyens qu’ont besoin les politiques publiques pour en finir avec les politiques d’austérité qui nous touchent jusque dans nos départements. Supprimer les départements, c’est sacrifier la démocratie en nous éloignant toujours plus des lieux de décisions, et c’est casser de nombreuses politiques en direction des jeunes.

Les élections départementales, des 22 et 29 Mars prochain, sont donc un enjeu électoral plus que décisif pour les jeunes et la démocratie locale. Les départements et les conseils départementaux sont des institutions incontournables en ce qui concerne les politiques sociales et de jeunesse. A nous de faire de cet évènement le moyen de faire entendre nos revendications pour des politiques ambitieuses en direction des jeunes.

Le département est une institution qui agit pour l’action sociale, nécessaire à la solidarité, et c’est là ce que nous revendiquons : plus de crèches départementales, des aides d’envergure pour le sport, pour les associations, pour les vacances !

Nous revendiquons aussi un accompagnement dans l’autonomie, à travers notamment nos formations, et les conseils généraux y ont un rôle à jouer. Par exemple, la proposition 2 de la charte est que «Les formations doivent être émancipatrices : permettre à chacun de développer un regard critique et d’être autonome. ». Concrètement, cela peut se traduire par des aides à la recherche de stages ou d’emploi par le département, des accompagnements solidaires et personnalisés, ou encore le travail avec les missions locales. Voilà donc tant de propositions d’actions sociales pour nous aider à bien commencer notre vie d’adulte !

Témoignages

AG: C’est quoi pour toi un département communiste comme le Val-de-Marne ?

Maëlle – 16 ans, lycéenne – Val-de-Marne

Pour moi, le département c’est des actions au quotidien dans la vie des gens. Mon département est communiste et mon expérience la plus importante est que le Conseil Général rembourse la moitié de ma carte de transports. Ma mère – si elle n’était pas remboursée à l’année – avec le salaire qu’elle a, ne pourrait pas me payer les transports au vu de tous les autres choses qu’elle à payer ! Le Conseil Général du Val-de-Marne c’est aussi beaucoup d’aides pour le sport. Quand j’étais plus petite j’ai fais pas mal de sports grâce à ces subventions !

Jeanne – 19 ans, étudiante en histoire – Val-de-Marne

Un des premiers rapports que l’on a avec le département quand on est jeune c’est la distribution de matériels pour l’éducation : dictionnaire, clé USB, ordinateur… Cela traduit l’importance que donne le département du Val-de-Marne à l’éducation et à l’enfance. Les crèches départementales sont très nombreuses dans le Val-de-Marne, à la fois pour aider les parents mais pour permettre dès le plus jeune âge l’accès à tous à l’éducation et aux loisirs. Le département du Val-de-Marne c’est aussi la création d’espaces verts, comme le parc des Cormailles, à Ivry-sur-Seine, qui est en plein centre-ville, fréquenté par tous, on y croise des personnes de tout âge et il y a un mur d’expression artistique qui fait sortir l’art et la culture de son cadre institutionnel auquel tous les jeunes n’ont pas forcément accès.

Loup-Etienne – 21 ans, ingénieur dans le son – Val-de-Marne

Le département c’est une institution très représentative de la population, qui a beaucoup de moyens d’action et qui peut donc apporter des réponses par rapport aux problèmes du quotidien. J’ai été particulièrement sensible à la création des parcs départementaux qui sont des « poumons verts » dans nos villes urbanisées. On vit entouré d’immeubles et les parcs ça nous fait un bien fou ! L’accès à la culture est aussi très important pour le Conseil Général du Val-de-Marne, qui subventionne les associations, les activités culturelles pour les écoles, des projets de films, etc… Et puis aussi le Mac-Val (musée public d’art contemporain) ! Mais la culture est partout, elle est aussi dans nos rues, et nos élus communistes tiennent à cette « culture pour tous », avec par exemple le FestiJunior est financé par le Conseil Général. C’est un festival qui accueille 28 000 personnes dont une très grande partie de jeunes.

 

AG: Quels sont les enjeux des élections départementales dans ton département ?

Marie-Lou19 ans, étudiante en histoire et lettres modernes – Alpes-Maritimes

Je suis candidate aux élections départementales à Nice dans le canton du Port-La vieille ville. Le Conseil Général des Alpes-Maritimes est présidé par Eric Ciotti (UMP) qui n’hésite pas à faire des alliances avec le FN et l’extrême droite. Ils ont divisé le canton communiste en deux et on voulait avoir un délégué départemental pour le prochain mandat pour revendiquer que l’on est contre l’austérité. Cela passe par la revendication pour avoir plus de logements sociaux et de cité universitaire car le foncier à Nice est très cher. Nous demandons aussi à favoriser l’insertion des jeunes à l’embauche avec plusieurs partenariats (missions locales, entreprises locales). C’est aussi une lutte pour avoir plus d’accès à la santé : le planning familial très peu ouvert ou le personnel est débordé, il n’y a pas assez de moyens mis dans la santé et dans les locaux qui sont en mauvais état. Et en ce qui concerne les transports, les jeunes encore plus précarisés car nous avons beaucoup de problèmes à nous déplacer.

Théodore23 ans, étudiant en Master d’histoire recherche – Haute-Garonne

Je suis candidat aux élections départementales à Léguevin. Chez nous, il y a de fortes disparités entre le milieu rural et l’agglomération toulousaine et nos revendications en tant que jeunes concernent surtout les questions de transports. Il n’y pas beaucoup de lignes hors de Toulouse et surtout le service se termine tôt (souvent vers 18h ou 19h). Cela veut dire : pas de sorties le soir et ça rend aussi l’accès aux loisirs très compliqué. Donc, on demande une extension de l’amplitude horaire des transports ainsi qu’un ticket unique pour les réseaux de bus, de TER et de métro dans le département. Nous revendiquons que le département aide les petites communes à construire des MJC (Maison des Jeunes et de la Culture) pour favoriser l’accès aux loisirs et offrir un espace aux jeunes. Tout ça, c’est le Conseil départemental qui doit s’en occuper.

Propos recueillis par Sabrina Robin

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