Bernie Sanders : A l’Ouest, du nouveau !

9 mai 2016 par  

En cette année 2016, beaucoup s’intéressent à la présidentielle américaine qui se tiendra à l’automne prochain. Si elle intéresse et passionne, ce n’est pas seulement parce que les USA, superpuissance impérialiste, sont incontournables, mais bien parce que deux des candidats détonnent chacun à leur manière. D’un côté, Donald Trump, candidat à l’investiture républicaine, qui chaque jour choque par ses propos racistes et violents. De l’autre, Bernie Sanders, candidat à l’investiture démocrate qui se définit comme un socialiste et qui propose un programme progressiste rare aux Etats-Unis.

Il y a 6 mois, personne n’aurait misé le moindre centime sur la candidature de Bernie Sanders, et pourtant il fait maintenant quasiment jeu égal avec sa principale opposante à l’investiture : Hilary Clinton. Si sa candidature séduit largement, c’est parce qu’il se veut porteur d’une voix différente, fort d’un programme ancré dans les luttes sociales en cours dans le pays.

Les Etats-Unis sont certes le pays le plus riche du monde, mais c’est aussi celui où les inégalités explosent. Une des principales raisons : la faiblesse du salaire minimum en cours (7,25$) qui permet au grand patronat d’employer des millions de personnes pour un salaire de misère. Le Fight for 15 (combat pour un SMIC à 15$) est porté depuis des années, de manière très médiatique, par les mouvements des employés des fast-foods. La mobilisation grandissante devient victorieuse dans des États comme la Californie ou celui de New-York. Cette revendication est devenue un engagement du candidat Bernie Sanders qui veut porter le SMIC fédéral (applicable dans tous les Etats) à 15$, mais aussi faire payer les plus riches en taxant les transactions financières, en réformant le système d’imposition afin de le rendre progressif et en instaurant une Sécurité Sociale pour tous. Les inégalités économiques sont donc un axe fort de la campagne mais cela ne met pas de côté la question de l’égalité sociale.

De plus, depuis des années, les bavures policières s’accumulent aux Etats-Unis : plus un jour ne passe sans qu’il ne soit fait récit de violences mortelles à l’encontre d’Américains noirs ou hispaniques. Les discriminations raciales se font de plus en plus violentes, ce qui entraîne une renaissance des Civil Rights Movement (mouvement des droits civiques) qui furent le fer de lance de la lutte contre la ségrégation raciale. Alors que Donald Trump prône jour après jour l’expulsion des immigrés et la « suprématie de la race blanche », Bernie Sanders souhaite élargir la protection légale des migrants, favoriser l’obtention de visas et régulariser les sans-papiers déjà présents afin de « favoriser l’unité des familles » et de cesser de « criminaliser des communautés ». Malgré ce programme d’orientation progressiste, Bernie Sanders s’est aussi prononcé pour le renforcement de la surveillance à la frontière avec le Mexique, bien qu’il s’oppose à la construction d’un mur. Pourtant, son engagement en faveur des droits civiques se fait également l’écho des luttes en cours contre les contrôles au faciès : les Afro-américains étant deux fois plus contrôlés que le reste de la population. Ce mécanisme   engendre une surreprésentation des minorités ethniques dans la population carcérale américaine (Afro-américains et Hispaniques représentant 57% des prisonniers mais seulement 25% de la population). Sanders propose donc de s’attaquer directement au racisme d’Etat, mais aussi de mettre en place une réelle politique de réinsertion et d’en finir avec le « tout prison », les Etats-Unis étant le pays où il y a le plus de prisonniers au monde (743 pour 100.000 habitants en 2014).

La dynamique de la campagne de Bernie Sanders n’est pas le fait d’un seul homme. Elle bénéficie largement de la revitalisation des luttes sociales aux Etats-Unis, dont il se fait le relais, et qui se propagent au sein des classes laborieuses du pays. C’est une lucarne qui s’ouvre sur un autre monde possible, plus juste et plus égalitaire, au pays du capitalisme sauvage et de la violence des plus riches.

 

Arthur GIRY.

 

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