Salah Hamouri: la pression monte sur le gouvernement français

novembre 2, 2011 by Rédaction  
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Rassemblement pour la libération de Salah Hamouri le 28 octobre 2011 devant le Quai d'Orsay à Paris

Rassemblement pour la libération de Salah Hamouri le 28 octobre 2011 devant le Quai d'Orsay à Paris

« Je dois reconnaître, peut-être à ma grande honte, que ce dossier ne m’était pas connu à cet instant ». Ces récents propos de Gérard Longuet, ministre de la Défense, ont eu l’effet d’un détonateur chez tous les militants de la libération de Salah Hamouri. C’est pour rappeler au gouvernement qui est Salah et exiger sa libération, qu’a eu lieu vendredi soir un rassemblement devant le quai d’Orsay.

Ce dernier, âgé de 26 ans, est le plus vieux prisonnier politique français. Entendons par là, qu’il est le détenu français pour des raisons politiques, depuis le plus longtemps dans une prison étrangère. Depuis 6 ans maintenant il est incarcéré en Israël pour l’intention qui lui est prêtée d’avoir projeté un attentat contre un rabbin militant d’un parti de la droite israélienne et son appartenance présumée au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), organisation politique palestinienne considérée comme terroriste par Israël.

Mais Salah, sa famille, son comité de soutien et de nombreuses organisations mènent une bataille acharnée pour sa libération. Leur motif : Salah Hamouri a été condamné par un tribunal militaire sans qu’aucune preuve des charges retenues contre lui n’ait été apportée à son procès.

Un exemple de l’injustice et de l’arbitraire

Cette bataille de parents pour faire reconnaître l’innocence de leur fils rassemble autour d’elle tous les acteurs d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens. Les multiples interpellations de députés, d’élus locaux, de militants, au gouvernement, ont permis de démêler ce qui aujourd’hui  s’avère être exemplaire de l’injustice et de l’arbitraire qui règnent dans le traitement du conflit au Proche-Orient.

Si le gouvernement français reconnaît par la voix d’Alain Juppé que « Salah Hamouri n’a commis aucun crime », il aura fallu près de 4 ans pour que la Présidence de la République s’adresse à sa famille dans une lettre, et 6 ans pour obtenir une rencontre avec un membre du gouvernement. Cette absence d’engagement fort et public pour la libération de Salah et l’inégalité de traitement qui lui est faite, sont les deux points sur lesquels les jeunes communistes ont interpellé le gouvernement lors de leur rencontre avec des membres du Cabinet d’Alain Juppé hier au quai d’Orsay.

« La France admet la validité d’un tribunal militaire d’occupation »

pannootA l’issue de leur rencontre, devant les 150 militants pour la paix et la libération de Salah qui s’étaient rassemblés devant les locaux du Ministère à Paris, Pierric Annoot secrétaire générale du MJCF fait un constat amer : « le gouvernement a certes mis en place tous les dispositifs auxquels ont droit les détenus français à l’étranger, mais il refuse encore de se battre pour faire reconnaître son innocence (…) Nous sommes là dans une divergence politique grave, où la France admet implicitement la validité d’un tribunal militaire d’occupation ».

Plus grave, et dénoncé unanimement par l’Association France Palestine Solidarité, les Jeunes Communistes et le Parti Communiste Français – venus soutenir le dépôt des 35 000 pétitions au cabinet du ministre – Salah Hamouri pourrait voir sa durée de détention allongée de 4 mois en vertu d’une décision de l’administration pénitentiaire israélienne qui s’appliquerait rétroactivement. Plutôt que d’exiger avec son comité de soutien que Salah soit libéré le 28 novembre prochain à la date de la fin de sa peine, Nicolas Sarkozy négocierait sa libération dans le cadre des échanges de prisonniers avec le Hamas prévus pour le mois de décembre.

Pour que Salah soit libéré le 28 novembre

poche« Il y a deux poids, deux mesures dans l’engagement du gouvernement français » estime Fabien, animateur national de la bataille pour la libération de Salah Hamouri pour le MJCF, qui s’exprime au mégaphone. Tous ont en tête la virulence des propos de Michèle Alliot-Marie à l’encontre de la justice mexicaine lors de la condamnation de Florence Cassez, ou encore l’affichage de l’engagement de ministres pour faire libérer les otages Ingrid Bettancourt et plus récemment Gilad Shalit.

« C’est inacceptable ! Nous ne pouvons l’accepter » ajoute Fabien, qui appelle à ne rien lâcher. Ainsi, Denise Hamouri, la mère de Salah, et Jean-Claude Lefort, président du Comité de soutien, appellent à amplifier encore la mobilisation et la pression sur le gouvernement pour que Salah soit libéré le 28 novembre prochain.

Nicolas Bescond