Moody’s sous pression

octobre 25, 2011 by Rédaction  
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moodysHier les locaux de l’antenne française de l’agence de notation Moody’s ont vu défilé jeunes et militants  venus dire leur refus d’être pris en otage.

Moody’s c’est l’agence de notation qui, la semaine dernière, déclarait mettre sous surveillance la France pour s’assurer que la politique d’austérité soit effectivement menée. Une injonction à se soumettre aux marchés financiers adressée au pouvoir politique – et donc au pouvoir de décision de chacun d’entre nous – que dénoncent nombre de personnes à commencer par celles mobilisées le 27 septembre pour défendre l’accès à une éducation de qualité pour tous, les 11 et 15 octobre contre l’austérité.

pierric« Casse de l’éducation, de la santé, chômage et précarité pour les jeunes… c’est ça l’avenir dont rêve  Moody’s et que nous réserve le gouvernement Sarkozy» déclarait, hier devant l’agence, Pierric Annoot, secrétaire général du MJCF, entouré de la cinquantaine de jeunes communistes venus au pied levé.  Après les envahissements de Jean Luc Mélenchon puis du collectif « Sauvons les riches » d’Europe Ecologie, les jeunes communistes ont trouvé portes closes et sécurmoodystueisées par des vigiles. Pour Pierric, c’est « le signe que la pression commence à monter, que la mobilisation leur fait peur ».

Alors pour « ne rien lâcher et les faire plier » ils ont appelé tous les indignés de France, tous ceux qui en ont ras le bol, à « se rassembler devant l’agence jeudi à 18h30 avec le parti communiste puis tous les lundis, toujours plus nombreux » mais également à venir camper dans le square Louis XVI en face de l’agence « pour couper la tête du pouvoir financier ».

Cynthia Traoré

Libération de prisonniers au Proche-Orient : la paix et la justice en jeu

octobre 19, 2011 by Rédaction  
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colombe palestine israelUn accord entre le Hamas et Israël a été conclu en vue de la libération de prisonniers palestiniens et du soldat israélien Gilad Shalit. Cet accord, qui remet en selle le Hamas, intervient au moment où l’Autorité palestinienne demande la reconnaissance d’un État et fait l’impasse sur les conditions de détentions des prisonniers qui restent enfermés. Explications.

Le gouvernement israélien libère 477 prisonniers palestiniens en échange du soldat israélien Gilad Shalit qui détient la nationalité française. Dans quelques mois, il libérera une nouvelle vague de prisonniers pour atteindre le nombre de 1027 prévu par l’accord entre le Hamas et l’État hébreu. Cependant, cet événement pose la question de la libération de l’ensemble des prisonniers politiques détenus dans des conditions bafouant toutes les lois internationales comme pour Salah Hamouri ou Marwan Barghouti. Cet événement arrive à un moment particulier, celui où des prisonniers politiques palestiniens entament une grève de la fin contre le durcissement des conditions de détention. La demande de reconnaissance de l’État palestinien à l’ONU par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est également un événement qui a bousculé les choses.

Des milliers de prisonniers aux différents profils privés du respect du droit international

Les geôles israéliennes sont pratiquement un passage obligé dans la vie d’un jeune homme palestinien. Depuis 1967, selon la sous-commission des droits de l’homme du parlement européen, un tiers de la population palestinienne masculine est passé par la case prison pour diverses raisons et parfois même sans raison aucune à cause de la « détention administrative » qui permet de retenir prisonnier une personne jusqu’à six mois sans jugement.

Le gouvernement israélien n’a rien à envier aux pires dictatures de la planète quant au non respect des droits les plus élémentaires des prisonniers. En effet, la convention de Genève (traité international qui régit notamment le droit des prisonniers) prévoit qu’un détenu peut être gardé en isolement pour une durée maximale de 31 jours – peu importe ce qu’il a fait – or, Israël maintient des prisonniers politiques en isolement pendant plus de 10 ans.

De même, 300 mineurs sont aujourd’hui emprisonnés et 18 prisonniers sont en phase terminale de leur cancer, toujours attachés sur leur lit de mort.

Une loi qui durcit encore les conditions de détention

Le gouvernement israélien a décrété depuis le 23 juin la « loi Shalit ». Elle met en place un nouveau durcissement des conditions de vie des prisonniers, les privant de faire des études, d’accéder aux livres, multipliant les fouilles, réduisant les visites, etc.

Dans ces conditions, 234 prisonniers politiques ont entamé une grève de la faim illimitée afin d’alerter toute la communauté internationale. Notre compatriote Salah Hamouri, qui est libérable le 28 novembre, risque 140 jours de plus de détention administrative. C’est une autre conséquence de la loi « Shalit » qui permet de prolonger cette durée avec un effet rétroactif contraire aux principes d’un État de droits. De plus, pour casser le mouvement des prisonniers politiques palestiniens, Salah a été, depuis quelques jours, transféré dans une autre prison et maintenu en isolement.

De Pierre Gosnat (maire d’Ivry-sur-Seine) à Mahmoud Abbas (président de l’Autorité palestinienne et de l’OLP) en passant par Patrick Le Hyaric (député européen, vice président du groupe Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique) et le Mouvement Jeunes Communistes de France (MJCF), tous alertent aujourd’hui le gouvernement français et l’appellent à jouer son rôle en faisant pression sur Israël pour la libération immédiate de Salah Hamouri, détenu sans preuve depuis plus de 6 ans.

La libération des 1027 prisonniers représente-t-elle un pas sur le chemin de la paix ?

La question des prisonniers politiques palestiniens et de leur libération est fondamentale pour avancer dans le processus de paix. La libération des 1027 prisonniers est évidemment une très bonne chose pour les prisonniers et leurs familles et Gilad Shalit et ses proches. Cependant, à la base de cette libération il y a un accord entre le Hamas et Israël qui vient à point nommé interférer avec la demande de reconnaissance de l’État palestinien comme 194ème État Nation de l’ONU. Dans ces circonstances, cette libération représente-t-elle un pas sur le chemin de la paix ?  L’échange ne concerne pas n’importe quel prisonnier mais ceux du Hamas qui revient sur le devant de la scène comme principal interlocuteur alors que l’Autorité Palestinien avait réussi à reprendre la main sur le calendrier en imposant le débat à l’ONU. Israël refuse de libérer les dirigeants d’organisations progressistes comme Ahmad Saadat, secrétaire général du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP),  ou Marwan Barghouti, député palestinien du Fatah. Ce dernier, même s’il reconnaît la nécessité des actions de guerre contre l’occupation, a toujours condamné les attaques touchant des civils –palestiniens ou israéliens – et a toujours été le défenseur d’une solution politique au conflit. Sa libération comme celle de beaucoup d’autres dirigeants politiques pourrait être un atout pour la viabilité de l’État palestinien comme pour la paix.

La demande de reconnaissance à l’ONU, un espoir pour les prisonniers

La question de la libération de l’ensemble des prisonniers politiques palestiniens est directement corrélée à la demande de reconnaissance de l’État palestinien pour une deuxième raison. Cette reconnaissance représenterait, en effet, un espoir pour les prisonniers politiques puisque, reconnu par l’ONU, l’État palestinien pourrait, comme tous les autres, bénéficier de sa propre souveraineté et pourrait donc être en capacité de porter plainte devant la Cour Pénale Internationale pour l’ensemble des crimes d’Israël : la question des prisonniers politiques et de leurs conditions de détention, l’opération plomb durci,  l’accès à l’eau, les colonies, le retour des refugiés, le mur de la Honte…

Il est ainsi aujourd’hui plus que jamais nécessaire de se lever pour la libération des prisonniers et pour que la Palestine soit le 194ème État de l’ONU, deux faces d’un même processus de paix sur lesquelles le gouvernement Français n’a toujours pas pris position ni au conseil de sécurité de l’ONU ni ailleurs.

Ourouk Jawad

Dans les rues de France le 15 octobre…

octobre 15, 2011 by Rédaction  
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15oct

Dès le mois de juin, des organisations de jeunes se sont mis au travail autour de l’appel « Les jeunes ne paieront pas leur crise » (voir l’article « Un collectif pour résister ») pour que partout en France aient lieu des actions contre l’austérité ce 15 octobre. Suite aux grosses mobilisations du 27 septembre, du 11 octobre et se joignant aux Indignés, elles ont ainsi apporté leur pierre à un édifice de 900 villes mobilisées à travers le monde ce week-end contre la crise, la précarité et la main mise des marchés financiers. Nos correspondants nous rapportent les événements de cette journée des quatre coins de la France.

À Paris, les jeunes font face à la bourse

parisSamedi, 14 heure, place de la Bourse, un rassemblement prend forme. Quelques minutes plus tard ce sont 300 jeunes qui sont réunis devant ce symbole de la finance à l’appel de différentes organisations de jeunes. Sur les banderoles et pancartes on peut lire « Génération Révolution » ou encore « Nous ne paierons pas la crise », la musique scande « on lâche rien ! » et laisse bientôt la place aux prises de paroles. Pierric Annoot, secrétaire général du mouvement jeunes communistes, commence par rappeler que « l’austérité, malgré ce que l’on aimerait nous faire croire, n’est pas une fatalité mais une question de priorité : nos besoins ou ceux des marchés» et que « ce sont les richesses qu’il faut partager, pas la dette ». Il est rejoint par Tina de l’UNEF qui insiste sur le fait qu’en plus d’être injuste socialement, l’austérité est

Uri Weltmann, place de la Bourse

Uri Weltmann, place de la Bourse

inefficace économiquement : « En Grèce, malgré les manif, les plans d’austérité ont été imposés et ont conduit à la régression, à la récession. » A ce propos Thomas, du MJS, dénonce le fait que là-bas « la gauche a refusé de proposer une alternative » alors qu’il faut, pour lui, « changer de bateau avant de couler avec lui ». Pour tous,

Camilla Vallejo, place de l'Hôtel de ville

Camilla Vallejo, place de l'Hôtel de ville

en France « on n’est pas épargné ». Tina rappelle qu’avec la taxe des mutuelles c’est « 13% de plus prélevés directement dans nos poches » alors qu’aujourd’hui déjà « un jeune sur deux n’a pas accès à une complémentaire ». Pour Victor de l’UNL l’austérité se traduit dans l’éducation par les suppressions de postes à cause desquelles « les lycéens ont vécu la pire rentrée de leur vie » avec des effectifs qui grimpent en flèche, des profs non remplacés et même des jeunes déscolarisés faute de place. « On rappelle ici tous ensemble que dans une démocratie, c’est le peuple qui décide et les acteurs économiques qui obéissent » et non pas l’inverse dit Raphaël de la GU ou encore  Maëlle du PG : « On doit choisir entre la bourse et la vie ». Car pour Jean-Baptiste du NPA « la révolte existe aussi en France. Des dizaines de lycées ont été bloqués depuis le 27 septembre. Les élections ne doivent pas nous faire perdre ce cadre-là pour rassembler contre le G20, pour les droits des femmes le 5 novembre… » ou encore selon Axelle des jeunes écologistes pour « créer de nouvelles solutions tous ensemble pour une société durable, juste où chacun a sa place ».

Avant de rejoindre le cortège des Indignés arrivé de la gare Saint-Lazare, Uri Weltmann, jeune communiste Israélien, a témoigné « du printemps arabe devenu été israélien ».  Devant l’Hôtel de Ville à 17 heure, où ces jeunes de la place de la bourse ont retrouvé plus d’un millier d’autres manifestants, c’est au tour de Camilia Vallejo, jeune communiste chilienne, de témoigner de la lutte dans son pays pour une éducation gratuite, publique et laïque. La solidarité internationale était assurément au rendez-vous.

Julia

Tous contre l’austérité à Rouen

Ce sont entre 600 et 700 jeunes qui se sont réunis sur la place de l’hôtel de ville de Rouen. Les organisations de jeunes qui constituaient le collectif « la retraite, une affaire de jeunes » l’année dernière se sont unies, une nouvelle fois, pour rassembler un maximum de jeunes et porter encore plus haut l’appel des Indignados espagnols.

Dette, chômage, casse de l’éducation, de l’hôpital et de l’ensemble des services publics sont les nombreux thèmesrouen qui ont été abordés lors de la table ronde à laquelle une trentaine de jeunes mais aussi des plus âgés ont pu participer. Ils ont pu exprimer leur volonté de changement, faire des propositions face à cette crise d’une ampleur inédite, construire des alternatives au capitalisme mais surtout exprimer leur ras-le bol général face à la politique du gouvernement.

Pour Pauline, lycéenne en terminale, « la crise touche tout le monde et surtout notre éducation ». Dans son lycée, des élèves qui ont raté leur bac l’année dernière n’ont pas eu le droit d’avoir une seconde chance. Alexis, jeune chômeur, est là pour donner suite aux appels des jeunes qui se sont mobilisés dans le monde entier. Les conséquences de la crise, il les ressent tous les jours pour se nourrir, se déplacer en centre ville… Michel, lui, en a marre « de voir de plus en plus de gens dans la galère ». Dans son école supérieure, qui est pourtant publique, l’État se désengage de plus en plus, poussant la direction à chercher des subventions auprès des entreprises privées.

Sous le soleil normand, une dizaine de concerts se sont enchaînés permettant à des jeunes musiciens d’exprimer artistiquement leur sentiments de colère et d’indignation : « 76 représente… bien ! Indignez-vous qui disaient! »

Arthur

L’enterrement de l’Europe des peuples à Mulhouse

mulhouseÀ Mulhouse, une trentaine de militants du MJCF et du MJS Haut-Rhin se sont rassemblés devant les marches du Temple Saint-Etienne pour dénoncer les mesures d’austérité et faire une cérémonie de « l’enterrement des peuples européens, sauvagement assassinés par les banques et les agences de notations ». Tout de noir vêtus, les jeunes, pour la plupart lycéens, ont déployé une banderole « Contre les croques morts de l’Europe : les jeunes mobilisés ».  Le coordinateur départemental du MJCF Haut-Rhin a fait un bref discours sans micro (le mégaphone semblait, lui aussi, être victime de l’austérité) pour dénoncer « le chantage inacceptable » exercé par la Troïka (BCE, UE, FMI) à l’égard des pays européens pour les pousser à « casser les droits sociaux » et souligner  les conséquences néfastes sur la jeunesse. Un journaliste de la presse régionale a même fait le déplacement pour couvrir le rassemblement.

Maxime

Dans le Nord « Austérité pour les exploiteurs, pas pour les travailleurs ! »

Photo de Nico Calvin

Photo de Nico Calvin

Suite à l’appel du collectif espagnol Democracia real ya ! à une journée de mobilisation internationale pour le 15 octobre, les Jeunes Communistes du Nord se sont rassemblés à travers tout le département. Toute la matinée ont été déployées des banderoles, comme à Cambrai ou à Seclin sur les ponts surplombants l’autoroute A1 : « Austérité pour les exploiteurs, pas pour les travailleurs ! ». Sur Lille, une diffusion massive de tracts a été organisée autour d’Euralille, troisième plus important quartier d’affaire en France. À quatorze heure, un nouveau rendez-vous Place de la République, toujours à Lille, en présence du mouvement des Indignés et de l’association Génération Palestine, a attiré près de 200 personnes. La tenue d’une table politique et une seconde diffusion de tracts, ont permis de nouvelles rencontres et des prises de contacts, marquant la bonne représentation politique et un bon accueil de la JC.

Nico Calvin

Colère contre l’Europe du fric à Strasbourg

strasbourgPrès de 100 personnes se sont rassemblées devant le Parlement européen à l’appel des jeunes communistes et du collectif «  jeunes, debout contre l’austérité ».  Bruxelles, Francfort et Strasbourg : l’Europe du fric est visé par les jeunes en colère. Les jeunes communistes du Bas-Rhin ont eux choisi ce lieu symbolique de l’intégration européenne pour dénoncer  « le  rôle néfaste de l’Europe-des-patrons » dans la situation actuelle.  Il s’agit aussi d’exiger d’autres coopérations régionales mutuellement avantageuses pour les nations, ce qui suppose une rupture avec les politiques de l’Union Européenne.

Plusieurs interventions de militants et de citoyens se sont succédées. Tous  dénoncent le fait que l’UE coordonne à l’échelle du continent les plans d’austérité et impose aux peuples de véritables thérapies de chocs à l’instar de la Grèce et de l’Italie. Plusieurs retraités, venus en solidarité « pour soutenir les jeunes », dénoncent le plan Fillon qui « s’inscrit dans cette même logique de soumission aux marchés financiers et aux agences de notations ».

Plus tôt dans l’après-midi, 150 indignés se sont rassemblés place Kleber. La jonction des deux rassemblements n’a pu se faire. Pourtant nombreux sont ceux qui pensent que « la colère des indignés est légitime » et qui rappellent « la nécessaire unité des forces qui contestent les politiques au service des  spéculateurs et des requins de la finance ». Dans son intervention, le coordinateur départemental des jeunes communistes du Bas-Rhin souligne aussi l’importance d’être organisé car  « en face, nos adversaires ont une stratégie. Un parti, l’UMP. Un syndicat, le MEDEF. Un outil, les média». Et pour tous ceux qui se sont réunis devant le parlement « le 15 octobre est un premier pas qui en appelle d’autres dans les prochaines semaines ».

Antoine

À Rennes, le combat contre l’austérité au cœur de la FAC

Le 15 octobre, la ville de Rennes était le carrefour où tous les militants antinucléaire du Grand Ouest se sont retrouvés, ainsi il devenait difficile d’organiser un rassemblement contre l’austérité. Cependant les jeunes n’ont pas renoncé et plusieurs d’entre eux ont rejoint Nantes pour soutenir l’initiative qui s’y tenait. Conscient que la ville de Rennes se doit d’être un des lieux où les jeunes se réunissent pour agir contre l’austérité, le MJCF 35 a réuni un collectif d’organisations pour mener le combat en Ille-et-Vilaine. Le PG jeunes, l’UNEF, le NPA jeunes, et le MJS ont ainsi signés « l’appel du 15 octobre ». Mais la signature d’un appel n’a  pas semblé suffisante à ce collectif, une initiative forte s’invitera donc au cœur de la plus grande université de la région, puisque se tiendra Mercredi 19 octobre une grande réunion publique sur le thème «  Les jeunes ne paieront pas la crise ». Une occasion immense d’imposer, avec de nombreux jeunes, cette question de l’austérité qui noircit chaque jour un peu plus le ciel de notre avenir. Les jeunes communistes y participeront et ont déjà organisé une communication d’ampleur afin que cette date puisse permettre de créer les bases d’une dynamique combative dans tout le département.

Guénolé

Un 15 octobre offensif à Nantes

Ce samedi 15 octobre à l’initiative des jeunes communistes de Loire Atlantique, l’ensemble des organisations de jeunes du département, qu’elles soient politiques ou syndicales, ont appelé à un rassemblement sur la place Royale de Nantes. Un lieu symbolique où  de multiples succursales de banques se sont installées. C’est dans une atmosphère bon enfant qu’environ deux cent personnes, sur le modèle des indignés espagnols, se sont rassemblées pour dire « non à la dictature des marchés financiers et des banques ». « Nous ne paierons pas leur crise » voilà un slogan repris dans de nombreuses discussions avec les participants à cette initiative. Accompagnés de leurs camarades rennais, les jeunes mobilisés ont ainsi déployé des banderoles et distribué leur « appel du 15 Octobre » aux passants. Celui-ci a également été lu sur la place pour expliquer les raisons de la mobilisation et souligner la situation de précarité  qui ne cesse de s’étendre dans la jeunesse, tout particulièrement, que ce soit en France ou dans le Monde. Pour les manifestants « Ce rassemblement réussi en appelle d’autres ! »

Robin

« Le désastre du capitalisme » en spectacle à Poitiers

poitiers.jpegSamedi 15 octobre, les jeunes communistes de la Vienne ont manifesté contre l’austérité dans la ville de Poitiers. « Non à l’austérité»  tel était le message qu’ils ont affiché sur les ponts grâce à leur banderole. La journée a été riche en actions puisque, en début d’après-midi, ils ont organisé un rassemblement place d’Armes, suivi d’un petit spectacle illustrant « le désastre du capitalisme », réalisé pour interpeller les passants. La foule n’était pas des plus dense mais les jeunes manifestants sont «motivés » et décidés à « ne rien lâcher ! » car pour eux « ce n’est qu’un début ».

Camille

OCTOBRE NOIR : une BD de Didier Daeninckx et Mako

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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octobre noir

Didier Daeninckx et Mako viennent juste de publier, une bande dessinée intitulée Octobre noir. Elle retrace quelques jours de la vie d’un jeune Algérien dans la France d’octobre 1961. Inspirée de l’histoire de Fatima Bédar, la plus jeune tuée de cette nuit de cauchemar, la BD dresse le portrait d’une France divisée, dévorée par la haine et la guerre. Entre « Vinc » et Mohand, c’est aussi l’histoire d’une population aux identités multiples et qui refuse de se laisser enfermer. 13€50, aux éditions Ad Libris.

MEMOIRE : LE MASSACRE DU 17 OCTOBRE

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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manif oct 61D’octobre 1961 à octobre 2011, cinquante ans se sont écoulés. Un demi-siècle après le massacre de centaines de « Français musulmans d’Algérie » (les « FMA »), le racisme institutionnel continue de faire des morts. Avant Garde revient à l’occasion de ce tragique anniversaire sur une journée qu’on voudrait nous faire oublier.

En 1961, les négociations sont lancées entre le gouvernement français et le gouvernement provisoire de la République algérienne (bras politique du Front de Libération National, FLN). Il ne fait d’ailleurs presque aucun doute qu’elles vont aboutir rapidement. Les Algériens n’en restent pas moins vus comme des terroristes potentiels et les violences policières s’ajoutent à la misère dans les hôtels meublés de Paris et les bidonvilles de banlieue. L’OAS (Organisation Armée Secrète, partisans de l’Algérie française) ratonne à tour de bras, plastique les habitations de ces « Français musulmans ». En août 1961, De Gaulle compte reprendre la main dans les négociations en durcissant encore la répression. Ce geste porte le FLN à relancer une vague d’attentats tuant une dizaine de policiers.

La tension est à son comble début octobre et le préfet Papon décide de rétablir le couvre-feu pour les « musulmans ». Cette mesure raciste et indigne sera celle de trop pour le FLN qui décide d’une grande manifestation publique, le 17 octobre 1961.

17 octobre 1961

Ce jour-là, sous une pluie d’automne, près de 30 000 Algériens se sont donné rendez-vous pour un boycott collectif du couvre-feu. Des cadres du FLN fouillent les participants pour éviter toute présence d’armes dans les cortèges. Les manifestants ont revêtu leur habit du dimanche et se rendent vers les différents points de rendez-vous, à Saint-Michel, à l’Étoile et sur les grands boulevards. La police, avertie de la décision du FLN, se déploie de manière à interpeller chaque participant supposé.

Le piège est en place et dès 17 heures le massacre peut commencer. Hommes, femmes, parfois mineurs, sont accueillis par une pluie de coups de matraque. À la tête, aux jambes, au ventre, ils sont systématiquement battus. Au pont de Neuilly, sur le boulevard Poissonnière, des coups de feu retentissent. Aucun policier ne sera tué. Les Algériens, eux, payeront le prix de leur audace. Pendant toute la nuit, c’est une véritable chasse qui s’opère dans les rues de Paris. Les prisonniers, plus de10 000, sont entassés dans des bus et conduits au palais des sports de la porte de Versailles, au stade de Coubertin ou dans la cour de la préfecture. Les meurtres sont camouflés, comme celui de la jeune Fatima Bédar (15 ans) dont l’assassinat sera maquillé en suicide (cf. OCTOBRE NOIR : une BD de Didier Daeninckx et Mako). Ainsi, malgré les corps repêchés dans la Seine ou gisant sur les boulevards de la capitale, la préfecture de police reconnaîtra seulement trois décès et aucun responsable ne sera inquiété.

17 octobre 2011

Aujourd’hui, la haine refait surface et le gouvernement rejoue la carte de l’ennemi de l’intérieur. De plus en plus, l’« autre » est vécu comme un agresseur, le musulman un terroriste, l’Asiatique un envahisseur, l’Africain, le Roumain, le chômeur et le jeune prêts à vous agresser. En 1961, c’est le racisme ordinaire, institutionnalisé, qui a mené à la mort les manifestants algériens. C’est un racisme instrumentalisé, utilisé par les politiques qui s’est déchaîné et conduit au massacre du 17 octobre et tout au long des mois qui suivirent jusqu’à Charonne en février 1962. 50 ans se sont écoulés, ce bout d’histoire de France a été remisé aux oubliettes et le pouvoir continue de jouer avec la haine, de faire peser la responsabilité de ses échecs sur les épaules de l’immigré, de l’assisté, du sauvageon. Inutile de faire ici la litanie des lois et déclarations du gouvernement qui exacerbent la méfiance et la suspicion. Le « diviser pour mieux régner » a un prix, pas toujours symbolique, le 17 octobre 1961 ce fut le sang des « FMA ».

Julien Attal

LE G20 : LA RÉUNION DES ESCROCS

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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g20Alors que les bourses du monde entier dégringolent, que la crise financière est sur toutes les “unes”, que l’austérité étouffe les peuples, le G20 va se réunir à Cannes les 3 et 4 novembre 2011. Explications.

Les chefs d’État des 20 plus grosses puissances mondiales vont se réunir, discuter, manger, dormir dans le faste et le luxe alors que les peuples sont contraints de compter chaque pièce à dépenser. Quand on sait que le G20 de 2010 à Toronto avait coûté près d’un milliard d’euros aux contribuables canadiens, on est en droit de se poser quelques questions sur les sources que choisissent les gouvernements pour faire des économies (santé, éducation…).

Le G20 ou l’austérité concertée

Mais passons sur cette première interrogation pour poser cette question : que retient-on des précédents G20 ? En général, l’image des grandes puissances qui promettent encore et toujours de « moraliser » le capitalisme, de faire face à la crise (sans dire qu’ils l’ont eux-mêmes provoquée). Mais en y regardant de plus près (sur le site officiel, par exemple), on comprend que le G20 s’est institutionnalisé au moment de la crise pour devenir une « instance de pilotage économique » : « Lors du Sommet fondateur de Washington de novembre 2008, les chefs d’État et de gouvernement se sont mis d’accord sur un plan d’action exceptionnel pour éviter l’effondrement du système financier et de l’économie mondiale ». Ce plan d’action, c’est le transfert de milliards d’euros et de dollars vers les banques, le tout sans conditions ni sur les paradis fiscaux, ni sur la taxation des transactions financières (malgré les promesses d’un certain Nicolas Sarkozy). C’est par contre des économies drastiques dans tous les domaines publics au service des jeunes et des peuples. Sans parler des injustices sociales provoquées par l’austérité concertée, ce plan a depuis également démontré son inefficacité économique : il n’a pas réussi à apaiser les bourses du monde entier et même les USA ont vu leur note se dégrader.

Démocratie ou pognon ?

Dans la même veine d’escroquerie… Alors qu’Obama, Sarkozy et les autres se targuent d’apporter la démocratie par les bombes en Afghanistan ou en Libye, quand il s’agit du G20, ils ne trouvent rien à redire. Pourtant, non seulement les peuples n’ont pas la main sur cette institution mais cette fois-ci c’est bel et bien la Chine qui arrive en position de force. Avec les dettes qu’elle rachète, avec son industrialisation à marche forcée, ce pays est en passe d’être une des puissances incontournables du sommet. Preuve est faite que le monde n’est pas une démocratie : le monde est capitaliste, donc pour en faire partie et y réussir, il faut simplement plaire aux banques et aux multinationales.

Ceux qui se prennent les avalanches du « sommet » se mobilisent

Néanmoins, si un mot est extrêmement juste, c’est celui de « sommet » : les personnes qui y sont ne voient pas et ignorent ceux qui sont en bas, ceux qui se prennent les avalanches. Pourtant ces derniers – qu’ils soient grecs, chiliens, espagnols ou encore français – ne semblent pas résolus à accepter leur sort sans rien dire. Dans nombre de pays, la protestation monte depuis quelques mois. Et le G20 sera aussi l’un de ces rendez-vous pour dire « les peuples d’abord, pas la finance ! » comme l’indique le slogan du contre-sommet. Celui-ci devrait se tenir du 1er au 3 novembre à Nice avec au programme : manifestation internationale, forum des peuples (ateliers-débats), action unitaire à la frontière monégasque contre les paradis fiscaux, etc. Après le 15 octobre à travers l’Europe, rendez-vous est donc pris à Nice début novembre.

Julien Néhou

RECONNAISSANCE DE LA PALESTINE À L’ONU : LE CHEMIN DE LA PAIX ?

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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onuLe début de l’automne 2011 a été un moment historique pour la paix dans le monde, celui où les Palestiniens ont demandé à l’ONU la reconnaissance de leur État. Évidemment les réactions ne se sont pas fait attendre. État des lieux d’une démarche pour la paix.

Les projecteurs ne doivent pas s’éteindre après le 23 septembre où s’est tenu à New York le discours fondateur du processus de reconnaissance de la Palestine comme 194ème État souverain de l’ONU. Cette requête historique de l’Autorité palestinienne et de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) est un nouveau départ pour la résolution du conflit majeur du Proche-Orient. De nouveaux rapports de forces sont posés où Israël apparaît plus isolé, les États-Unis et l’Union Européenne décrédibilisés et la Palestine remontée et plus unie que jamais pour la paix. Ovationné à son retour à

Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, effectue un puissant retour en force dans l’opinion, au bénéfice aussi de l’organisation laïque Fatah, fondée par Yasser Arafat, dont il est issu ainsi que le leader Marwan Barghouti, emprisonné sans preuves depuis 2002. En optant pour une adhésion pleine et entière à l’ONU, en répétant qu’il ne retournerait pas à la table des négociations sans un gel de l’occupation, Abbas marque des points dans la confrontation diplomatique avec Israël et rappelle au monde entier l’urgence de la résistance et des résultats concrets.

Chape de plomb sur les crimes et l’occupation

Aujourd’hui, il ne reste à la Palestine sous chape de plomb que 10% du territoire. Les frontières de

1967 établies par résolution de l’ONU ne sont pas respectées, spoliées par les colonies et le mur de la honte : plus de 700 km de barrières illégales en Cisjordanie. Alors que 80% des Israéliens se déclarent dans un sondage pour la création de la Palestine à l’intérieur de ces mêmes frontières, leur gouvernement s’agite désormais depuis le fossé où il s’est retranché. Dans un nouveau discours agressif, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, sert aux Nations-Unies la même soupe hypocrite, depuis onze ans que l’extrême-droite est au pouvoir : la stratégie de la violence, de l’enlisement et du chantage, celle du loup et de l’agneau qui négocieraient à deux leur menu. Pas un mot sur les 11 000 prisonniers politiques, pas une explication sur les violations perpétuelles du droit international : les privations d’accès à l’eau, aux soins, à l’éducation, au travail, à la liberté de circulation ; niées, les exactions militaires, les destructions, les meurtres, etc.

Veto et silences complices

À l’ONU, les États-Unis ont été les plus graves complices de ces crimes. En prévoyant d’opposer son veto à l’adhésion palestinienne, la baudruche Obama tente un impossible grand écart entre son éloge des luttes arabes pour la liberté et son appel abstrait à des négociations sans condition préalable (le gel des colonies, par exemple) et forcément déséquilibrées. Ce cynisme, complémentaire de l’impuissance plus ou moins silencieuse de l’Union Européenne, montre une nouvelle fois les limites de la médiation unique américaine et la nécessité de transformer radicalement le fonctionnement impérialiste* et biaisé des institutions internationales.

Quel avenir pour la négociation maintenant ?

Déjà, dans toute la Palestine occupée ont eu lieu des manifestations de solidarité, malgré la répression. La surdité criminelle d’Israël et l’hypocrisie de ses alliés seraient responsables de l’escalade violente d’une troisième intifada redoutée par tous. Dans le camp de la paix, majoritaire, on réclame plus que jamais l’engagement ferme des parlements pour la sécurité des populations civiles, le respect par Israël du droit international, le retour des réfugiés, la fin de la colonisation, du mur et du blocus inhumain de Gaza, la libération des prisonniers politiques.

L’État palestinien aura d’autant plus de chance d’exister que le mouvement s’amplifiera. Les actions pour sa reconnaissance vont se poursuivre dans les échanges entre le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU –130 États sur 193 soutiennent la requête palestinienne– mais, aussi et surtout, dans les actions de sensibilisation et de solidarité avec le peuple palestinien à travers le monde entier comme en France à l’appel du MJCF le 28 octobre pour la remise des pétitions en faveur de l’État palestinien. Pétitions, rassemblements et mobilisations de soutien sont autant de gestes forts pour dénoncer les responsables, libérer la Palestine et s’approcher jour après jour d’une paix juste et durable au Proche-Orient.

Antoine Troussier

* Impérialisme : tendance d’un État à mettre d’autres États sous sa dépendance politique, économique, culturelle.

DÉCRYPTAGE : CRISE, DETTE, AUSTÉRITÉ…

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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speculationCes derniers mois, on a, partout, entendu parler de dettes, de rigueur, d’austérité, etc. comme autant de fatalités auxquelles on ne pourrait rien changer. Pourtant, à travers le monde, de nombreuses voix s’élèvent pour contester. Tout ne serait donc pas aussi logique que l’on veut nous le faire croire… Explications.

Nos gouvernants nous expliquent que la dette publique est devenue trop importante à force de dépenses inconsidérées de l’État pour l’éducation, la santé ou l’emploi… Bref, pour les droits et services sociaux. Mais une dette contractée pour investir et développer le pays ne devrait pas poser de problèmes puisqu’on crée de la richesse. Non, ici, le problème est ailleurs.

À l’origine de la dette…

D’une part, l’obligation a été faite aux États d’emprunter aux marchés pour leur financement plutôt que directement à la banque centrale (qui peut prêter sans taux d’intérêt). Donc il faut non seulement rembourser la dette mais aussi les intérêts de celle-ci qui peuvent être très élevés. D’autre part, des baisses de cotisations sociales, d’impôts sur les entreprises ou les grandes fortunes ont été organisées depuis 30 ans par les différents gouvernements au prétexte d’assurer « la compétitivité des entreprises ». Donc l’État a perdu une partie de ses ressources au profit des intérêts privés. C’est non seulement l’endettement qui a augmenté mais aussi les inégalités. Enfin, la crise de 2008, provoquée à force de spéculation, a fait s’envoler la dette. À ce moment-là, l’endettement des banques et des ménages a plongé le monde dans sa pire crise depuis 1929. Cette dette, à la base privée, est devenue publique dès lors que les dirigeants ont décidé d’injecter des milliards dans les banques.

Un prétexte tout trouvé pour précariser

Ce sont donc bien des choix politiques, décidés au nom du capitalisme et du libéralisme, qui sont responsables de la crise et qui ont permis aux marchés financiers, et autres agences de notation, de dicter leur loi. C’est au peuple qu’ils veulent maintenant en faire payer les conséquences. Et là, la dette intervient de nouveau. C’est en brandissant le « problème de la dette » que les dirigeants libéraux imposent partout leurs plans de rigueur. Ils font peur aux peuples. Un État en « faillite » (à savoir qui ne rembourserait pas sa dette) ne pourrait plus protéger ses citoyens. Pourtant, les Islandais n’ont pas tous disparus quand ils ont refusé, par deux fois en référendum, de rembourser les banques. L’immensité de la dette les obligerait à réagir en imposant des mesures drastiques aux peuples puisque les dépenses auraient été faites pour eux. Mais on a vu qu’il n’en était rien.

En réalité, ces plans de rigueur leur permettent de détruire tous les acquis gagnés, à travers les siècles, par les peuples : protection sociale, droit du travail, éduction de qualité pour tous… 65 000 suppressions de postes dans l’Éducation nationale en France. La retraite à 65 ans en Italie et 67 ans en Allemagne. Des milliers de fonctionnaires non remplacés et des baisses drastiques des salaires en

Grèce. Partout en Europe, leur objectif est de permettre à ceux qui gagnent plus de gagner beaucoup plus. Ainsi, les créanciers (par l’intermédiaire d’institutions comme le Fonds monétaire international ou l’Union européenne) vont de pays en pays pour imposer des conditions draconiennes (réduire encore les salaires…) à de nouveaux prêts (pour rembourser les anciens). Mais les entreprises et les grandes fortunes ne contribuent qu’à la marge. Pourtant, en France, les plus grandes entreprises ont réalisé, en 2010, plus de 80 milliards d’euros de profits.

Une autre logique fait son chemin

Pour nous (jeunes, précaires, étudiants, chômeurs, lycéens, salariés…), tout ce petit monde n’a jamais de mots assez durs : fainéants, assistés, parasites, cancer, etc. Mais, on le voit à travers le continent, les peuples relèvent la tête. Certaines idées font leur chemin : « l’austérité ne permettra pas de sortir de la crise », « il faut investir massivement dans les services publics, renationaliser ceux qui ont été vendus », « reprendre la main sur les marchés en créant un pôle public financier au service des projets créateurs d’emploi, du pouvoir d’achat »… On l’a vu avec les Indignados espagnols qui ont occupé les places, les grèves générales en Grèce, le mouvement des retraites ou pour l’éducation en France, le mouvement contre la vie chère en Israël… À chaque fois, les jeunes sont en première ligne car ils sont non seulement les premières victimes de la crise (explosion du chômage, de la précarité) mais aussi des plans d’austérité (casse de l’éducation, multiplication des contrats précaires, hausse des loyers, etc.).

Baptiste Bauza

PETIT LEXIQUE POUR MIEUX COMPRENDRE L’ACTU

Spéculation : Opération visant à tirer profit des variations du marché et contribuant à favoriser son instabilité (par exemple, les spéculations sur les produits alimentaires ont amené à l’augmentation des prix dont certain groupes ont tiré profit et ont ainsi provoqué des famines).

Compétitivité : Aptitude d’un individu ou d’un groupe à affronter la concurrence. Dans notre système où la mise en concurrence est organisée pour le profit maximum de quelques-uns, la compétitivité est le prétexte mis en avant pour diminuer le « coût du travail » (salaires, cotisations sociales, etc.) au lieu de fixer des normes communes qui garantissent des droits à tous les travailleurs. Cotisations sociales : part du revenu destinée au financement de la sécurité sociale (santé, retraite, chômage, allocation familiale) permettant d’organiser la solidarité.

Marchés financiers : Marchés où s’échangent des actions, des titres de dettes publiques, etc. Ses principaux acteurs sont les spéculateurs (traders des banques, des fonds d’investissement ou de pension…).

Agences de notation : Sociétés privées (Standar & Poor’s, Moody’s et Fitch) financées par les acteurs des marchés pour les conseiller et/ou noter leur fiabilité. Les États sont aussi notés (de AAA à D) ce qui conditionne les taux d’intérêt auxquels ils pourront emprunter (plus la note est basse, plus le taux est élevé).

PIGS : Terme péjoratif (signifie « porcs » en anglais) utilisé par certain journalistes ou acteurs économiques pour désigner des pays avec des difficultés le Portugal, l’Italie ou l’Irlande, la Grèce et l’Espagne (« Spain » en anglais).

AUSTÉRITÉ : COUP POUR COÛT

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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jeunestrinquentL’austérité ne s’est pas arrêtée à nos frontières. Le gouvernement Sarkozy-Fillon opère les mêmes mesures que nos voisins européens pour maintenir le fameux « équilibre budgétaire ». Le choix est clair : une thérapie de choc pour casser nos droits.

Dans l’éducation, ce ne sont pas moins de 90 000 postes d’enseignants, d’assistants d’éducation, d’infirmiers qui seront supprimés d’ici 2012 (16 000 rien que pour cette rentrée). Face à l’augmentation du nombre de jeunes dans le système éducatif, le gouvernement fait le choix d’une éducation choisie et de qualité pour une petite minorité. Les autres devront se contenter de diplômes qui n’auront pas la même valeur grâce à l’autonomie des établissements mise en place par Luc Chatel. Conséquence directe : selon où on a fait ses études on n’aura pas les mêmes droits ni la même rémunération au travail.

Éducation, travail, santé… tout y passe

Sur le terrain du travail d’ailleurs, c’est aussi des cadeaux à la chaîne pour les patrons. Pourtant la situation est grave : en 2010, 36% des jeunes diplômés étaient encore au chômage 8 mois après leur entrée dans la vie active. Les mesures pour contrer ce phénomène seraient une véritable farce si elles ne servaient pas à augmenter les marges de profit des entreprises par la précarisation des jeunes : multiplication des dispositifs de travail pas cher voire gratuit (entre 300 et 500 euros par mois) à travers le service civique, l’apprentissage ou les stages bidons. Le message est clair : « souffre en silence et prends le peu qu’on te donne ». Le gouvernement veut même contraindre les allocataires du RSA – qui pourtant touchent un revenu (466 euros pour une personne seule) sous le seuil de pauvreté (954 euros par mois) – à travailler 7 heures par semaine pour presque rien.

Nombreux sont les droits qui relèvent aujourd’hui du luxe : le logement avec 31% des moins de 20 ans mal-logés et une part dans le revenu d’un étudiant qui dépasse les 50%, ou encore la santé avec 1 jeune sur 4 qui renonce à se soigner faute de moyens, et ne parlons même pas de la culture qui devient de plus en plus un rêve lointain.

Malgré les tentatives de division au sein de la jeunesse – à l’image du ministre de l’intérieur, Claude Guéant, qui impute, loin de toute réalité, l’échec scolaire et le chômage aux enfants d’immigrés ou encore de Jean-François Copé qui propose un « serment d’allégeance aux armes » (pour réaffirmer la fidélité à la patrie ! du jamais vu depuis Vichy) – les jeunes ne s’en laissent pas compter et battront le pavé dès le 15 octobre !

Nordine Idir

MOBILISATION POUR l’EDUCATION AU CHILI

octobre 10, 2011 by Rédaction  
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chili

Depuis près de quatre mois, de très importantes manifestations de plusieurs centaines de milliers de manifestants secouent le Chili qui ne compte que 16,7 millions d’habitants. Les étudiants et les lycéens sont à la tête de cette grande mobilisation pour une éducation gratuite, publique et laïque. Ils ont été rejoints à la fin de notre été (puisque c’est l’hiver pour eux) par les familles et les travailleurs, notamment avec une grève générale lancée par le premier syndicat du pays, la CUT. La répression est violente. La démission du ministre de l’Intérieur est d’ailleurs demandée depuis la mort d’un jeune, tué par un policier lors d’une manifestation. Malgré cela, les jeunes Chiliens, obligés de s’endetter pour poursuivre leurs études, semblent décidés à obtenir un autre système d’éducation face à leur président de droite, Sebastián Piñera.

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