Palestine : résistances populaires contre le mur de la honte
juillet 28, 2011 by Rédaction
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Depuis près de 10 ans, un mur s’érige face à de nombreux palestiniens. Accéder à ses terres, à l’eau, à sa famille… l’épreuve est quotidienne mais la résistance aussi. Avant Garde s’est rendu sur place, témoignage.
Été 2002, le gouvernement israélien commence la construction du « mur de sécurité », officiellement pour se protéger des « attaques terroristes » venant des territoires palestiniens. Long de 730 kilomètres, il est rapidement rebaptisé « mur de la honte » ou « mur de l’apartheid » par ceux qui luttent pour la paix. Non content d’empiéter sur les territoires palestiniens – jusqu’à 23 km au-delà de la ligne verte de 1967 – il coupe des villages en deux, séparant parfois des familles qui doivent effectuer plusieurs centaines de kilomètres pour se voir, alors qu’elles habitent à moins de 500 mètres à vol d’oiseau. Ce mur prive les Palestiniens de l’accès à leurs terres les plus arables, à leurs champs d’oliviers et à l’eau. Les principaux puits palestiniens sont incorporés du côté israélien, les empêchant de faire des récoltes sur les terres qui leur restent. Enfin, le mur est un véritable enfer pour des milliers de Palestiniens contraints de se déplacer chaque jour : ils doivent subir de longues attentes et parfois des humiliations aux nombreux checkpoints postés sur les routes.
Des comités populaires pour une résistance non-violente
Depuis la création de ce mur, de nombreux Palestiniens ont cherché de nouvelles formes de luttes pour protester contre sa construction, mais aussi contre la politique de colonisation du gouvernement israélien. Plusieurs villages ont alors eu l’idée de constituer des Comités Populaires de Résistance. Ils rassemblent largement tous les Palestiniens d’un même village, encartés ou non dans un parti politique (Fatah, PPP, FPLP, Hamas, etc.). Chacun d’eux se dote d’un coordinateur, d’un chef de projet et d’une équipe de communication. Leur choix ? La non violence, comme nous l’explique Mahmoud, coordinateur du Comité d’Al Maasarah : « J’ai vu mon frère et des amis tombés les armes à la main. Pour moi, comme pour les autres habitants du village, il nous fallait inventer autre chose. Nous avons choisi la voie de la non violence et des manifestations ». Cet été, nous avons participé à deux de ces actions.
Manif à Bil’in
D’abord à Bil’in, l’un des villages les plus connus pour sa résistance active, puisqu’il a été l’un des premiers à s’y lancer. La manifestation est constituée de 150 personnes tout au plus, dont un bon tiers d’internationaux desquels nous faisons parti. Comme toujours, elle part en cortège depuis le « centre » du village et se rend aux abords du mur en scandant des slogans tels que « Free Palestine ». Mais, comme à chaque fois, au bout d’une dizaine de minutes, l’armée disperse la «foule » pacifique à l’aide de bombes lacrymogènes, grenades assourdissantes, voire plus. Abdallah, le responsable du comité à Bil’in, nous rappelle alors que « la résistance populaire a déjà connu plus de 1 500 blessés dus aux armes utilisées par l’armée. L’année dernière, deux personnes, un frère et une sœur, ont été tuées par l’armée à 3 mois d’intervalle. Et plusieurs d’entre-nous ont déjà connu la prison. Moi-même, j’ai été enfermé plus de 16 mois déjà pour mes activités pacifistes ».
Match de foot à Al Maasarah
Pour notre deuxième action avec les comités populaires nous nous rendons à Al Maasarah à côté de Bethléem. L’action n’est pas, cette fois-ci, une simple manifestation mais un match de football qui se joue juste à côté de l’armée. Mahmoud nous explique ce choix : « le but des manifestations était qu’elles soient médiatisées. Elles l’ont été, au début, mais comme elles se sont multipliées dans de nombreux villages et cela chaque semaine, au bout d’un moment, cela s’est un peu essoufflé. Alors on s’est demandé comment faire ? Nous avons décidé de faire des actions plus originales : s’enchaîner aux oliviers qui devaient être arrachés, refaire le chemin de Jésus avec 100 militants sur des ânes entre Bethléem et Jérusalem, enfin jusqu’au checkpoint…. Face à cela l’armée ne sait pas encore comment réagir. Être violent ou non ? Réprimer ou pas ? ».
En route donc pour le match de football avec une centaine de participants. Le contexte est tendu et l’armée nous encadre. Un pénalty touche un soldat. Résultat : un blessé grave (le tireur) évacué par l’ambulance qui nous avait suivi. Le match se termine par un petit meeting et dans le calme. Toutefois Mahmoud est menacé par l’armée israélienne de représailles dans la soirée : « Nous viendrons te chercher ce soir, car là il y a trop de monde ». Heureusement, ils ne viendront pas, mais Mahmoud a vécu avec la peur au ventre toute la journée… pour lui c’est le quotidien.
« Continuer notre lutte jusqu’à ce que nous ayons une terre »
Aujourd’hui les comités populaires sont au nombre de 16. Ils se réunissent régulièrement et incitent les différents villages palestiniens à faire de même. Certains obtiennent des résultats. A Bil’in, par exemple, 3 semaines avant notre arrivée, le mur avait été démantelé et reconstruit 100 mètres plus loin, rendant aux villageois 1.000 hectares d’oliviers leur appartenant. Il leur reste à reconquérir les 1.000 autres hectares restés derrière le mur et, comme le souligne Mahmoud, « à continuer notre lutte jusqu’à ce que nous ayons une terre, un État indépendant et que nous puissions vivre en paix avec nos voisins israéliens. Nous ne demandons que cela ! ».
Fabien gay
Rencontre avec une jeune chypriote d’EDON
juillet 20, 2011 by Rédaction
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Cet été, au cours du camp d’été du MJCF, Avant Garde a rencontré Styliana Christodoulou qui nous a parlé de son pays, Chypre, de son organisation, EDON, et des combats qu’ils mènent avec les jeunes de l’île.
Avant Garde : Peux-tu nous parler de la situation de ton pays, Chypre ?
Styliana Christodoulou : Chypre est aujourd’hui victime des plans impérialistes initiés quand la Grande-Bretagne était encore la puissance colonisatrice de l’île. Etablissant une politique de division, ils ont séparé le peuple en chypriotes-grecs et chypriotes-turcs. Malgré la bataille menée par l’AKEL (le parti progressiste des travailleurs, c’est-à-dire le parti communiste chypriote [ndt]), le combat armé de l’extrême droite, avec l’Eglise a ses côtés, a créé des tensions dans l’île. En définitive, la Grèce et la Turquie ont beaucoup interféré dans les affaires intérieures chypriotes, ce qui a conduit à des conflits bicommunautaires et finalement au coup d’Etat de 1974 soutenu par la junte au pouvoir en Grèce et à l’invasion turque. Les deux évènements ont été planifiés par l’OTAN. Depuis lors l’île est divisée en deux parties et son peuple vit séparé depuis bien des années, sans aucune possibilité de communication.
De plus le peuple chypriote et notamment sa jeunesse doit faire face aux problèmes créés par le système capitaliste et son expression néolibérale. Les attaques contre le droit du travail, contre l’éducation et la santé publique, le chômage, la toxicomanie, les difficultés à vivre d’une manière autonome et à former une famille sont autant de problèmes que les jeunes chypriotes doivent affronter.
Avant Garde : Face à cela quelles sont les batailles menées par ton organisation, EDON ?
Styliana Christodoulou : EDON (l’Union de la jeunesse démocratique, ce sont les jeunes communistes [ndt]) est la première organisation de jeunesse à Chypre. Elle est organisée au niveau local, régional, pan chypriote et international. EDON lutte pour la réunification de l’île et pour une résolution juste, durable et pacifique du problème chypriote. Edon se bat également pour la démilitarisation de l’île et pour la coexistence pacifique des peuples au-delà de la nationalité, de la religion ou des différences linguistiques.
Nous nous battons pour éduquer la jeunesse, avec les idées de gauche et du socialisme pour la paix, la solidarité, la démocratie, l’égalité, la justice sociale, le progrès social, pour l’humanisme et l’internationalisme.
Aujourd’hui nous pouvons dire que les principaux combats d’EDON doivent être regroupés en trois thématiques. La première c’est que nous continuons la lutte afin de résoudre le problème chypriote. Ce problème c’est celui de l’invasion et de l’occupation de l’île par l’armée turque, engendrant des centaines de milliers de réfugiés des deux côtés, de disparus, et de violations des droits humains fondamentaux depuis plus de 35 ans. Le principal moyen pour avancer est de continuer la politique dite de rapprochement pour que les jeunes de chypre qu’ils soient des chypriotes grecs ou des chypriotes turcs comprennent le besoin de coopération, de combat et de travail commun aux niveaux politiques, sociaux, économiques, afin de faire émerger une solution et de nous rapprocher de la coexistence pacifique.
Le deuxième combat que nous menons c’est d’être capable d’intervenir contre les attaques faites à l’encontre des droits de la jeunesse, et d’augmenter les standards de vie des jeunes. Cela comprend les conditions de travail, de santé, d’éducation et le droit au temps libre.
La troisième lutte que nous menons, en lien avec les deux premières, c’est de soutenir le gouvernement chypriote nouvellement élu, dans le but de réaliser notre ambitieux programme avec un fort soutien des classes populaires.
Avant Garde : Justement, AKEL està la tête du gouvernement depuis quelques années, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Styliana Christodoulou : Le nouveau président, élu en février 2009, est, pour la première fois dans l’histoire de la république de Chypre, le secrétaire général de l’AKEL, ancien secrétaire général d’EDON. Nous pensons que son élection a été un pas décisif pour le peuple chypriote er pour la résolution du problème chypriote. Nous pensons également que cette élection est un message d’espoir important pour toutes les forces communistes, progressistes et de gauche dans le monde entier.
Néanmoins nous sommes conscient du contexte auquel doit faire face ce gouvernement, non seulement au niveau européen, mais aussi au niveau international. L’impérialisme et ses forces motrices ne font pas qu’exploiter économiquement les pays du tiers monde, mais conduisent également à la détérioration sociale. Le capital financier crée dans le monde entier des conflits, dans le but d’augmenter son pouvoir. La pauvreté mondiale s’accentue et les ressources nationales sont violemment exploitées. Cette situation n’est pas une coïncidence. Ses racines proviennent du système capitaliste. C’est pourquoi EDON, au-delà de critiquer et de dénoncer cette situation travaille au développement d’un mouvement international contre l’impérialisme. La FMJD est l’acteur central de ce mouvement.
Nous promettons que nous allons continuer notre combat pour le bénéfice de chypre et de son peuple, mais aussi pour toute la jeunesse mondiale pour un monde de paix, de solidarité, de justice sociale contre l’impérialisme, l’intolérance et l’exploitation.
Propos recueillis et traduits par Alexis Coskun
GÉNÉRATION RÉVOLUTION
juillet 12, 2011 by Rédaction
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Partout, les politiques d’austérité visent à faire de nous une « génération sacrifiée » sur l’autel du profit, une génération de précaires longue durée qui galère aussi bien dans ses études que dans le monde du travail.
A travers toute l’Europe les mêmes mesures sont imposées par la troïka (Union Européenne, Fonds Monétaire International, Banque Centrale Européenne) et relayées par les gouvernements : allocations chômage tronquées, réduction des pensions, allongement de l’âge de départ à la retraite, suppression de postes dans la fonction publique, plans de licenciements drastiques, non remboursement de certaines dépenses de santé, réduction des dépenses dans l’ensemble des services publics… A travers toute l’Europe ce sont les peuples, jeunes en tête, qui paient l’adition avec des conditions de vie et de travail toujours plus dures.
C’est cette injustice que Nicolas Sarkozy, qui tente de réenfiler le costume présidentiel après tellement d’excès, veut graver dans le marbre de la constitution après avoir fait des pieds et des mains avec Angela Merkel pour imposer le pacte « Euro plus ». Le tout en se défendant à cors et à cris de faire payer la crise à ceux qui n’y sont pour rien. Car cette crise c’est bien eux – les grands patrons, les banquiers, etc. – qui l’ont provoquée à force de spéculations, à vouloir toujours plus de profits en toujours moins de temps, sans jamais se soucier de l’intérêt général.
Et pendant qu’on trinque, eux sabrent le champagne. Ils en profitent pour s’enrichir. Il est toujours bon de rappeler, par exemple, que les grandes entreprises françaises ont fait plus de 80 000 000 000 d’euros de profits en 2010. Ça fait beaucoup de zéros que l’on ne retrouve pas sur nos fiches de paie. Il est tout aussi bon de se souvenir que les banques privées, renflouées à coup d’argent public, continuent de s’enrichir sur notre dos : la Banque Centrale Européenne leur fait des prêts avec un taux d’intérêt de 1% qu’elles reprêtent ensuite aux Etats mais cette fois avec un taux de 9 à 12%. La différence ? Elle va évidemment dans leur poche au lieu de servir aux écoles, aux hôpitaux, aux logements, aux transports, etc. C’est avec ce tour de passe-passe que le hold-up démocratique sous le credo « on n’a pas le choix, c’est la faute de la dette » est organisé. Il n’est jamais précisé que cette dette est non seulement en partie illégitime mais qu’en plus, elle est sans cesse creusée en dispensant de toute solidarité les plus riches d’entre nous (exonérations en tout genre ou encore allègement de l’ISF).
Dans ce contexte, Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes, disait récemment : « Autant je comprends historiquement le registre de la révolution, du coup de force, autant je trouve que c’est un signe de crise morale de se contenter d’appeler à s’indigner. » Il faut sans doute vivre dans les hautes sphères de la société pour, comme lui, ne pas comprendre les raisons qui chaque jour pousse à l’indignation. Néanmoins, cette invitation à changer radicalement la donne, à imposer la répartition des richesses et des pouvoirs, à conquérir de nouveaux droits pourrait bien être entendue par la jeunesse européenne, au grand damne dudit ministre. Car en Grèce, en Espagne, en France, en Grande-Bretagne, au Portugal ou encore en Italie, c’est une « Génération Révolution » qui se lève et refuse de se soumettre à la loi des marchés.
Julia Hamlaoui
LIBERTÉ ET DIGNITÉ EN QUESTIONS
juillet 12, 2011 by Rédaction
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La Jeunesse Ouvrière Chrétienne est une association de 10 000 jeunes des quartiers populaires. Ils veulent changer ce qui ne va pas autour d’eux et dans la société. La JOC a récemment mené une enquête auprès de 6 000 jeunes sur le thème « Liberté de choix et dignité des jeunes ». Stéphane Haar, le président, nous en parle…
Avant Garde : Quels sont les obstacles que rencontrent les jeunes dans leur liberté de choix ?
Stéphane Haar : L’enquête montre que partout nous sommes contraints d’accepter ce que l’on veut bien nous donner sans avoir la possibilité de choisir notre orientation, notre emploi, nos conditions de travail, notre logement, notre vie familiale…
Le principal obstacle c’est l’instabilité. Choisir son avenir implique de pouvoir avoir des projets pour son futur. Or seul 1 jeune sur 2 a une idée précise de sa vie professionnelle dans 5 ans (53 %) et cette statistique recule avec l’entrée dans le monde du travail. La précarisation du monde du travail et la course au diplôme dans le monde scolaire nous obligent à n’avoir que des projets à court terme. Comment construire une famille ou prendre son autonomie quand on ne sait même pas si on aura encore son job le mois suivant ?
Le second obstacle c’est le manque d’accompagnement des jeunes dans la construction de leur avenir. Les jeunes des milieux aisés bénéficient des conseils éclairés d’un réseau social et familial important et éduqué qui leur donne les moyens de faire des choix pour leur avenir dès le plus jeune âge. Mais pour les jeunes de milieux populaires, il faut se débrouiller tout seul, sans le soutien de personnes qualifiées. La question de l’orientation en est le symbole. Si on veut que les jeunes fassent de bons choix et les assument, il faut un véritable service public de l’accompagnement des jeunes.
Avant Garde: Y a t-il une réponse qui vous a surpris dans votre enquête ?
Stéphane Haar : Alors que les jeunes ont envie de travailler, le monde du travail semble vouloir les dégoûter. Un grand nombre de jeunes doivent subir la précarité et le chômage alors qu’ils cherchent la stabilité. L’entrée dans le monde du travail conduit à une baisse du niveau de vie, parfois presque à une situation de survie où l’on en vient à accepter les pires conditions de travail et de vie pour pouvoir s’en sortir. 14% des jeunes travailleurs disent ne pas être libres de se soigner, 33% ne pas avoir accès à un logement décent à prix abordable, à chaque fois deux fois plus que les jeunes en étude.
Avant Garde : Dans votre enquête, on voit que les jeunes sont méfiants envers les institutions et les politiques, tu peux nous en dire plus ?
Stéphane Haar: Les jeunes n’ont jamais été aussi politisés qu’aujourd’hui ! Mais cette politisation ne passe plus par la voie des élections et des institutions publiques ou privées. Notre enquête montre clairement que les jeunes ont le sentiment d’être considérés comme des objets par les hommes politiques, l’éducation nationale, les administrations, le service d’aide à la recherche d’emploi, le service d’aide à l’orientation… Ces institutions n’ont cessés de montrer leur inefficacité pour répondre aux problèmes des jeunes. Mais cela n’est pas étonnant. Il y a 3 millions de jeunes travailleurs dans ce pays pourtant ils ne sont représentés dans aucune institution. Il n’est alors pas étonnant que la grande majorité des jeunes aient le sentiment de ne pas être respecté ou entendu.
Avant Garde: Après l’enquête, que va faire la JOC pour faire bouger les choses ?
Stéphane Haar : À partir des résultats de cette enquête nous organisons plus de 250 tables rondes et ciné-débats locaux pour construire des propositions que nous mettrons en œuvre par l’action l’an prochain. Ce sont les jeunes eux-mêmes qui réaliseront les projets qui apporteront des solutions à ces difficultés. Jusqu’en juillet 2012 la JOC sera dans les quartiers et sur le terrain pour mettre les jeunes en action et en mouvement.
D’ailleurs, pendant l’été, la JOC agit auprès des jeunes travailleurs saisonniers. Depuis les années 50, la JOC ouvre chaque été des accueils saisonniers. Au cœur des stations touristiques, les jocistes informent les travailleurs saisonniers sur leurs droits. Les militants vont sur le terrain les rencontrer et les informer. Ces lieux permettent aussi aux travailleurs saisonniers qui sont souvent isolés de vivre des moments de partage et de convivialité. Cette année, une dizaine d’accueils seront ouvert en juillet et en août. En lien avec les syndicats, nous défendons les saisonniers et les accompagnons jusqu’aux prud’hommes quand cela est nécessaire. Chaque été, la JOC mène une enquête auprès des jeunes travailleurs saisonniers pour dénoncer les injustices et donner leur parole.
Propos recueillis par Fabien Gay
UNE LOI FAITE PAR LES JEUNES, POUR CHANGER LEUR VIE
juillet 12, 2011 by Rédaction
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Partout en Europe et au-delà, les jeunes se mobilisent pour prendre en main leur avenir contre l’austérité. En France, face à la politique rétrograde de la droite, limiter la casse ne suffit pas. Proposer et pousser le gouvernement dans ses retranchements semble inévitable.
La député Marie-George Buffet et le groupe communiste à l’Assemblée proposent aux jeunes de co-élaborer avec eux une loi changeant radicalement la donne. Le chômage, les boulots mal payés, la galère pour le logement et le transport, les difficultés dans le premier emploi : pour eux, rien de tout cela n’est une fatalité.
Après de premières consultations, un projet de texte est désormais soumis à tous les jeunes. Il vise à sécuriser les conditions de vie, de formation et de travail et à dégager les ressources nécessaires pour garantir les droits à l’emploi, aux études et à la formation.
Concrètement, cette loi c’est un renforcement des services publics, la mise en place d’allocations d’étude, de recherche du premier emploi et de retour à la formation, des mesures pour lutter contre la précarité et augmenter les salaires, un renforcement de leur protection par le code du travail et de leur accompagnement dans l’entreprise, les moyens de mieux connaître leurs droits, la formation des tuteurs d’apprentissage.
Pour contribuer et s’imposer à l’Assemblée, les députés communistes invitent les jeunes à envoyer leurs remarques et propositions à mgbuffet@assemblee-nationale.fr.
Benjamin Roubaud
RESISTANCE : « LE MONDE DE DEMAIN EST CELUI QUE LA JEUNESSE ÉCRIT AUJOURD’HUI »
juillet 12, 2011 by Rédaction
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Été 1941. La jeunesse participe activement à la Résistance et à la Libération de l’Europe. En juillet, les bataillons de la jeunesse sont fondés et rassemblent des jeunes communistes pour la lutte armée dans la région parisienne. Peu de temps après, le 21 août, Pierre Georges (alias Colonel Fabien) abat l’aspirant de marine Moser à la station Barbès-Rochechouart. Ces jeunes en résistance vont aussi payer le prix fort pour leur engagement : arrestations, condamnations à mort, déportations dans les camps de concentration et d’extermination… mais la victoire est au bout du tunnel. Et la Libération amène avec elle des avancées majeures comme le droit de vote des femmes, la Sécurité sociale et bien d’autres issues du programme établi par le Conseil National de la Résistance (CNR) qui rassemblait les principaux mouvements de Résistance, les partis politiques et les syndicats.
Depuis son élection, Sarkozy ne cesse de répéter qu’il est le représentant de la France de Guy Môquet (lecture de sa lettre au lycée, discours sur les valeurs de la Résistance…), fusillé en 1941 à Châteaubriant. Pourtant, ses amis patrons ont pour principal objectif de détruire les droits sociaux alors acquis. Denis Kessler, numéro 2 du Medef, déclarait en 2007 vouloir « défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance ». Pourtant, le gouvernement n’a de cesse de marcher dans les pas du Front National et de ses idées xénophobes. Ce ne sont plus les juifs qui sont mis au pilori mais les immigrés.
Été 2011. 70 ans après la Résistance, on retrouve la jeunesse dans la bataille. Les jeunes, principales victimes de la crise, ne restent pas sans voix : du Portugal à l’Angleterre, en passant par l’Espagne, la Tunisie ou encore la Grèce, la jeunesse européenne comme du monde arabe se bat pour un avenir meilleur.
Le droit à un avenir qui ne soit pas fait de misère est un droit, de tout temps, inaliénable pour la jeunesse !
Eloi Simon
Balbino Medellin : UN ARTISTE POPULAIRE À PLUS D’UN TITRE
juillet 12, 2011 by Rédaction
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Après « Gitan de Paname » et « Le soleil et l’ouvrier », Balbino Medellin sortira en septembre 2011 son 3e album avec, il nous le garantit, toujours le même besoin de chanter une réalité, celle des classes populaires. Rencontre avec cet artiste qui, bien qu’il ait fait son chemin, se décrit toujours comme un chanteur de rue.
Avant Garde : Tu es jeune, ta musique est atypique et tu chantes la réalité sociale qui t’entoure. A priori ça ne correspond pas à ce qui se vend aujourd’hui. Comment traces-tu ta route ?
Balbino Medellin : C’est vrai que je ne corresponds pas vraiment aux critères actuels. Mais, même s’ils sont en haut de l’affiche, beaucoup d’artistes énervent les gens. La première raison c’est qu’ils parlent souvent de ce qu’ils ne vivent pas eux-mêmes, l’autre c’est qu’ils ont du mépris pour ceux à qui ils s’adressent. Si certains veulent faire de la variété, c’est normal il faut de tout dans la musique mais alors qu’ils ne se posent pas en donneurs de leçons. Moi je chante ce que je connais, point barre. Je ne me prends pas pour un chanteur engagé. Quand j’écris c’est comme devant un miroir sans tain : je raconte une réalité que je vis et j’essaie de faire en sorte que les gens se reconnaissent dedans.
Avant Garde: Tu décris une réalité sociale difficile mais tu y intègres beaucoup de sentiments…
Balbino Medellin : Mais c’est une réalité ! Même si le tableau est noir dans les classes populaires, on retrouve énormément d’amour, de fraternité et dans la société actuelle qui met en compétition les gens, qui les contraint à la rentabilité, qui les oppresse, c’est un espoir. Il y a une poésie dans ce monde du travail, dans ces quartiers….
Avant Garde : Pour toi, il existe encore aujourd’hui une culture populaire ?
Balbino Medellin : Bien sûr ! Elle est présente à tous les coins de rue. Mais il faut la faire vivre, la mettre en avant. Votre journal, par exemple, c’est un moyen de lui donner de l’importance contrairement aux grands médias qui l’étouffent.
Avant Garde: Tu dresses un tableau sombre dans tes chansons, y a-t-il un espoir de changement?
Balbino Medellin : On vit dans une ère où l’image est reine. Tout est en fonction de l’image. Sauf que les gens en ont marre, ils ne croient plus en ces dirigeants politiques… ils ont été trop déçus. Ce qui est sûr c’est qu’il faut en finir avec la droite car ce n’est pas fait pour nous, ceux qui vivent mal, ceux qui galèrent. Le seul espoir c’est que le changement vienne du peuple.
Avant Garde: Ta musique, elle peut jouer un rôle ?
Balbino Medellin: Mes chansons ne vont pas changer le monde ni même la France. Mais j’essaie de faire en sorte qu’il n’y ait pas des millions de gens qui vivent la même galère et qui ont l’impression d’être tout seuls. Aujourd’hui c’est le cas. Les retours que j’ai eus de la part du public vont dans ce sens : les gens me disent qu’ils se reconnaissent dans ce que je chante et ils se sentent peut-être moins isolés. Mon seul but c’est ça, tisser et recréer des liens sociaux et humains entre ces gens qui sont comme moi. Et si, au passage, ça peut apaiser quelques maux…
Propos recueillis par Guénolé Fournet
juillet 12, 2011 by Rédaction
Filed under loisirs/culture
Cet été, Avant Garde te propose ses mots croisés.
Petite astuce : rien de tel que de lire les articles pour trouver les solutions !
VACANCES : J’VEUX DU SOLEIL !
juillet 12, 2011 by Rédaction
Filed under loisirs/culture
1 Français sur 4 ne devrait pas partir du tout en vacances cette année (selon enquête OpinionWay). Pour ceux qui ont cette chance, en 2011, le budget est encore plus serré notamment pour les jeunes.
Faute de moyens, ces derniers sont de moins en moins nombreux à pouvoir faire leurs valises. En 2010 déjà, les 16-25 ans sont partis moins souvent en vacances que le reste de la population. Ceux qui peuvent partir privilégient d’abord le repos et les relations sociales puis, dans une moindre mesure, la pratique d’activités sportives et culturelles. Le tout avec un budget réduit par rapport à l’année dernière pour 1 jeune sur 2 (environs 430€ contre 560 en moyenne). D’ailleurs, près de la moitié d’entre eux ne part qu’une semaine cet été et 3 jeunes vacanciers sur 4 partent en France et privilégient, comme l’ensemble de la population, l’hébergement bon marché (camping) voire gratuit (parents ou amis).
Les jeunes qui ne partent pas sont, bien sûr, essentiellement les moins favorisés. Que ce soient ceux qui vivent avec leurs parents ou ceux qui ont déjà pris une certaine autonomie, c’est toujours le compte en banque qui commande ! En effet, les jeunes de 16 à 25 ans qui ne partent pas en vacances invoquent essentiellement des raisons financières.
Parmi les jeunes privés de repos estival, il existe une autre catégorie et pas des moindres : les saisonniers. Pour gagner un peu d’argent, payer les études… certains doivent travailler durant l’été. Leur précarité dans ce genre de petits boulots et la méconnaissance de leurs droits conduisent à de nombreux abus : horaires interminables, bas salaires, non paiement des heures supplémentaires, absence de repos, licenciements abusifs, conditions d’hygiène et de sécurité déplorables… Des employeurs peu scrupuleux profitent ainsi d’une main d’œuvre malléable à souhait et beaucoup de jeunes se sentent seuls dans cette jungle du travail saisonnier. Un premier contact des plus rudes avec le monde du travail qui ne laisse que peu de temps et de moyens pour profiter des « grandes vacances ».
Mais la solidarité s’organise. Des journées à la mer du PCF aux dispositifs d’accueil des saisonniers de la JOC en passant par la campagne « les vacances, ce n’est pas du luxe ! » du Secours Populaire et les multiples initiatives des jeunes communistes (voyages, camps d’été, formation, sport…) : les rendez-vous sont nombreux en 2011…
Maud Cabanne
LA PALESTINE DANS TOUS SES ÉTATS
juillet 12, 2011 by Rédaction
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L’ensemble des organisations de l’OLP (Organisation de Libération de la Palestine) ont récemment signé un accord historique qui établit l’unification nationale. C’est un immense espoir de paix qui s’inscrit dans le projet de reconnaissance de l’État palestinien en septembre prochain à l’ONU. Explications.
Depuis 2006, Israël impose à la bande de Gaza un blocus meurtrier avec la complicité de l’Egypte. Ce sont 1,5 millions d’habitants qui vivent dans une prison à ciel ouvert où pauvreté et chômage explosent. À cela s’ajoutent l’édification du mur de l’apartheid, l’extension de la colonisation, les expulsions des Palestiniens, les arrestations arbitraires, la destruction des agricultures… Le peuple palestinien a dit stop.
Le 15 mars 2011, l’ensemble des organisations de jeunesse palestiniennes ont lancé un grand appel à manifester pour l‘« unification nationale ». Un réel rappel à l’ordre pour les dirigeants. Suivant l’exemple des révolutions en Tunisie, en Égypte, ou encore en Libye, les manifestations, impulsées par les jeunes, ont réuni 300 000 personnes à Gaza et des milliers d’autres en Cisjordanie. Moins d’une semaine plus tard, Mahmoud Abbas (membre du Fatah et président de l’Autorité palestinienne) annonçait qu’il était prêt à se rendre à Gaza pour négocier avec le
Hamas (abréviation arabe de « Mouvement de résistance islamique ») qui y a le pouvoir. Sous la pression de la volonté populaire, un accord a été signé le 27 avril.
Les termes de la réconciliation
D’après cet accord, une élection présidentielle sera organisée d’ici un an pour élire le Président unique de l’ensemble de la Palestine (Gaza et Cisjordanie). En attendant, un gouvernement transitoire va être nommé. Même si la constitution de ce dernier ne va pas sans poser de problèmes, cet accord renforce l’État palestinien qui rassemble derrière lui des responsables politiques et un peuple unis pour lutter contre toutes les injustices commises par le gouvernement israélien. Du point de vue de la communauté internationale, il apporte une crédibilité capitale à la Palestine qui souhaite être reconnue à l’ONU en septembre prochain.
Israël de plus en plus isolé
Avec les révolutions dans le monde arabe, l’État israélien ne bénéficie plus de l’appui de ses partenaires privilégiés, notamment l’Égypte qui a mis fin à sa participation au blocus sur Gaza en ouvrant ses frontières à Rafah. Bien sûr, l’Égypte ne compte pas briser ses relations avec les États-Unis ni mettre fin au traité de paix avec Israël mais elle se défait de sa dépendance aux pressions et sou- tient l’unité nationale en Palestine. Les dirigeants du Fatah et du Hamas se sont d’ailleurs rencontrés au Caire.
Même s’il bénéficie encore du soutien des États-Unis, l’État israélien est donc de plus en plus isolé.
Encore récemment, la communauté internationale a condamné unanimement sa décision de bloquer les recettes fiscales de la Palestine. Sous pression, le gouvernement de Netanyahou est revenu sur sa décision.
Néanmoins, malgré les contestations qui se multiplient autant en Palestine que dans la société israélienne avec encore récemment plus de 25 000 manifestants à Tel Aviv, la colonisation et la répression se durcissent. Aux manifestants non armés qui commémoraient le 44e anniversaire de la guerre des six jours et de l‘occupation du plateau du Golan, Tsahal à répondu par la violence et a fait 14 morts.
Un État reconnu à l’ONU ?
Même s’il est le premier président américain à se prononcer pour le respect des frontières de 1967, les déclarations d’Obama le 7 juin dernier – « les Palestiniens ne devraient pas demander la reconnaissance d’un État aux Nations Unies » – laissent supposer que les États-Unis utiliseront leur véto en septembre. Cependant, le soutien important d’autres membres de l’Assemblée – qui reconnaissent dorénavant l’État palestinien ou lui accordent un statut diplomatique particulier – pourrait au moins permettre à la Palestine de devenir observateur de l’ONU et, comme le dit Alain Gresh (journaliste spécialiste du Proche Orient), « de poser la question de l’occupation d’un État devant l’opinion et la justice internationales ».
Un soutien international primordial
Les choses sont en train de changer et des solutions de paix durables existent et se dessinent. La cause palestinienne jouit dorénavant d’une opinion favorable à l’international. La flottille de la paix pour Gaza partie au début de l’été le démontre. Avec des bateaux de plusieurs pays, dont la France, elle compte bien offrir au peuple de Gaza un acte de solidarité, une aide matérielle et l’audience nécessaire pour survivre.
Même si leur État est reconnu en septembre à l’ONU dans les frontières de 1967 avec Jérusalem Est comme capitale, d’autres questions continueront de se poser pour permettre au peuple palestinien de vivre dignement : la libération des prisonniers politiques, la fin de la colonisation, le retour des réfugiés, l’accès à l’eau… La mobilisation ne devra donc pas faiblir.
Charline Hernandez


