Rencontre avec le père de Salah, symbole du combat pour la justice
avril 28, 2011 by Rédaction
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En délégation avec d’autres jeunes en Palestine, j’ai eu l’honneur de rencontrer, l’espace d’une soirée, le père de Salah Hamouri. Une rencontre humaine, politique où l’âpreté de l’injustice se mêle à la volonté de résister et au désir de vaincre. Témoignage.
En visitant les quartiers de Jérusalem Est, pour se rendre compte de l’Etat de la colonisation de la capitale légitime du futur Etat palestinien, nous rencontrons Zyad. Membre du PPP (Parti Populaire Palestinien, l’équivalent du parti Communiste), il est le cousin du père de Salah Hamouri, Hassen. Les échanges que nous avons avec lui sont forts, enrichissants et constructifs. Alors, comme nous lui parlons du combat du Mouvement des Jeunes Communistes de France (relayé par le journal Avant Garde) pour la libération de Salah, il nous propose de nous présenter à son cousin. Le lendemain le rendez-vous est pris et c’est le soir même que nous avons le plaisir de rencontrer cet homme de petite taille dont le visage rappelle presque trait pour trait celui de Salah. L’émotion est au rendez-vous. Chacun se présente. Commence alors l’échange.
Un prisonnier politique parmi 8 000
Hassen Hamouri nous parle de son fils qui refuse systématiquement d’aborder son cas personnel. Il met un point d’honneur à parler de la situation des prisonniers politiques en Palestine. Ils sont, encore aujourd’hui, 8 000 à croupir dans les geôles israélienne sans raison valable.
L’histoire de Salah, qu’il nous remémore, en est l’un des exemples. Salah se promène avec l’une de ses connaissances. Pas encore engagés politiquement, ils discutent de la situation et flânent dans Jérusalem. Sur le chemin, ils passent non loin de la maison d’un dignitaire religieux. Trop près semble-t-il. Les deux compères sont dénoncés par l’un des sbires du dit Rabin. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Salah est arrêté, son compagnon s’en sort.
Accusé d’avoir eu l’intention de porter atteinte à la vie du Rabin, Salah, 19 ans à peine, risque 14 ans de prison sauf à avouer. Cela diviserait sa peine probable par deux. Sous la pression, il cède bien qu’aucune preuve ne vienne étayer cette accusation. Salah Hamouri est condamné à 7 ans de prison.
Un combat pour la justice
Hassen Hamouri nous explique que Salah, âgé de 26 ans maintenant, n’est plus le même. Après 6 ans de prison, il a gagné en maturité et en réflexion. « La prison c’est une très bonne école de la vie». D’ailleurs, nous apprenons que Salah a côtoyé Marwan Barghouti pendant plus de 3 ans, ce qui l’a beaucoup aidé. Pour autant, Hassen nous souhaite de ne pas aller en prison, « l’université c’est quand même mieux ». Rire.
De plus en plus téméraire, Salah refuse de se taire, refuse de demander une grâce, refuse de s’excuser. Il veut être reconnu innocent. « Avant d’aller en prison, mon fils était un jeune Palestinien comme un autre. En le détenant sans aucune raison valable, les autorités israéliennes ont fait de lui un homme public. Il a aujourd’hui plus de poids, plus de volonté, plus de soutien ! » La fierté du père n’est pas feinte.
Le silence coupable du gouvernement français
Hassen Hamouri en veut au gouvernement français qui fait si peu pour le cas de son fils alors que pour Florence Cassez ou d’autres il a été si volontaire. Il ne comprend pas ce déni de justice. Ou peut-être que si… Il pense que l’Etat français ne veut pas de « mésentente » avec le gouvernement israélien. Pourtant, il sait que les Français sont pour la justice et que ceux qui connaissent la situation de son fils se prononcent pour sa libération. Il a vu les affiches. Nous en profitons pour lui montrer celle des jeunes communistes. Il ne la connaissait pas encore. Il souhaite en avoir des exemplaires pour lui et pour son fils quand il sortira. Salah sera normalement libéré le 28 novembre prochain au terme de ses 7 années d’emprisonnement.
Une vie à se réapproprier
Nous lui demandons ce que Salah compte faire à sa sortie : « Il ne sait pas très bien. Vous savez, il a passé presque toute sa jeunesse en prison. Il y a tant de choses à faire, à voir, à rattraper – même si on ne rattrape pas 7 ans coupé du monde -. »
Un Palestinien, membre du PPP, ancien prisonnier politique, qui assiste à la rencontre nous explique que celles et ceux qui sont restés trop longtemps « à l’ombre » ont besoin d’un temps d’adaptation. Il faut en général un an pour se réhabituer à la vie. « Quand pendant des années tu es enfermé dans une pièce de 3 mètres sur 3, cela attaque ton corps et ton esprit. Il faut du temps et de la force pour s’en remettre. »
La France ? Selon son père, Salah a très envie d’y retourner pour aller remercier toutes celles et tous ceux qui l’ont soutenu, qui l’ont fait connaître, qui lui ont écrit. Cela étant, Salah veut vivre en Palestine. Et son séjour en France dépendra des garanties qu’il obtiendra de pouvoir revenir à Jérusalem, sa ville. Les autorités israéliennes tentent de vider la ville des Palestinien et l’une de leurs méthodes consiste à ne pas laisser revenir ceux qui sont partis à l’étranger.
Après deux heures de discussion – la traduction a pris du temps, Hassen ne parle pas beaucoup anglais, nous non plus d’ailleurs – nous nous séparons, heureux de cet échange. Poignées de main, embrassades, photos de famille, mais pas d’adieu juste un « au revoir » car le combat continue.
Anthony Daguet
Rencontre avec Julien Lauprêtre, président du Secours Populaire Français
avril 20, 2011 by Rédaction
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Avant Garde : Pouvez-vous nous parler de l’ « urgence » que vous constatez pour la jeunesse en France ? Pourquoi avez-vous décidé d’en faire une priorité dans les prochains mois ?
Julien Lauprêtre : Notre travail est très décentralisé. Nous ne sommes pas une fondation, nous sommes au cœur du terrain. Nous avons près d’un million de membres, 82 000 bénévoles et 1 400 permanences d’accueil et de solidarité. Le message qui nous vient de partout c’est qu’il y a de plus en plus de jeunes qui viennent demander de l’aide au Secours Populaire. Et je réponds toujours qu’il y a tous ceux qui osent venir demander mais il y a aussi tous ceux qui n’osent pas parce que, quand on est jeune, pousser la porte d’une association de solidarité c’est vraiment difficile. Il y a vraiment un drame de la jeunesse.
C’est pour cette raison que nous avons décidé de porter un grand effort de solidarité en direction des jeunes et avec les jeunes. Notre
conception n’est pas « d’insérer » mais de faire en sorte que les jeunes participent à la solidarité. Et nous avons du succès, jamais nous n’avons eu autant de jeunes. Il y a cette grande contradiction : de plus en plus de jeunes viennent demander mais, dans le même temps, il y a beaucoup de jeunes qui expriment leur volonté de faire quelque chose. Beaucoup s’engagent aussi pour la solidarité mondiale. Nous préparons, par exemple, pour les mois de juillet et août des « vacances solidaire ».
Enfin, nous œuvrons beaucoup contre la déformation du visage de la jeunesse qui est donnée par les grands médias. Si on les écoute, il n’y a que des règlements de compte, que des voitures qui brûlent, que des malfrats. Malheureusement ça existe, mais il y a aussi tous ces jeunes, et la plus grande majorité, qui veulent participer, faire quelque chose. Nous, nous pensons que la solidarité ne règle pas tout mais qu’elle est un faisceau d’activités qui permet aux jeunes de peser sur leur situation et sur la situation des autres jeunes.
Avant Garde : Et vis-à-vis des étudiants, des jeunes travailleurs – on sait qu’au moins 10% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté – vous menez aussi des actions qui visent à réduire cette précarité ?
Julien Lauprêtre : On a beaucoup d’activités en direction des étudiants parce que c’est, quand même, le groupe qui est le plus facile à identifier. On ouvre des permanences d’accueil et de solidarité sur les campus. On en a maintenant dans presque une dizaine de villes. Mais on a aussi des activités en direction des foyers de jeunes.
On ne résout pas tout. On ne dit pas qu’au Secours Populaire on va changer la société, on est beaucoup plus modeste que ça. Mais mes plus grandes satisfactions de président, c’est de voir des jeunes qui participent à des activités de solidarité et qui s’en sortent dans leur situation personnelle.
Les jeunes sont dans une société comme ça et il faut qu’ils participent eux aussi. Alors on a les « nouveaux cahiers de doléances ». On n’a pas l’intention de renverser la royauté puisque ça s’est fait en 89 mais on a l’intention de peser quand même sur l’événement.
Avant Garde : En quoi consisteront les « Assises Nationales de la Jeunesse Solidaire » que vous préparez pour novembre prochain?
Julien Lauprêtre : Parce qu’il y a tout ce domaine de cruauté de la société qui s’abat sur les jeunes, nous avons décidé que notre congrès mettrait vraiment au centre de ses activités ce problème de la jeunesse.
A chaque congrès du Secours Populaire nous avons un thème qui nous permet de mobiliser toute l’association dans un effort commun. Le dernier congrès était sur les droits de l’enfant avec le mouvement, que nous avons créé, qui s’appelle « Enfants copains du monde ». Nous avons mis en mouvement 100 000 gosses, 100 000 gosses qui ont revendiqué leurs droits. Maintenant, dans tous les départements il y a des activités sur ce thème.
Et cette année nous voulons que ce soit un congrès sur la jeunesse. Quelque soit l’âge de nos responsables, on leur demande de faire un effort en direction des jeunes pour que les jeunes participent aux activités dans tous les départements de France. Sur place [les 24, 25, 26 novembre prochain, au Parc des Expositions à Nancy - NDLR], il y aura nos 1000 délégués mais, à côté, des milliers de participants. C’est très largement ouvert. Nous voulons en faire une grande manifestation. C’est l’idée du mouvement : des jeunes vont faire quelque chose dans leur département, dans leur coin et tout ça va se retrouver avec un grand nombre de délégués et de manifestations très populaires à Nancy.
Avant Garde : Vous parlez de la précarité grandissante des jeunes, avec ce type d’initiatives vous avez pour objectif d’interpeller les pouvoirs publics ?
Julien Lauprêtre : Nous ne sommes pas un syndicat ni un parti politique, nous sommes une association de solidarité. Mais nous sommes au cœur de la société et nous avons trouvé cette formule « nous sommes aiguillons des pouvoirs publics, avocats des pauvres ». Par exemple, en ce moment on approche de la campagne vacances, on vient leur dire : « toutes les statistiques le prouvent, il va y avoir encore un plus grand nombre de jeunes, d’enfants, de familles qui ne vont pas partir en vacances. On ne vous dit pas vous ce que vous devez faire mais la réalité est là. Qu’est-ce que vous pouvez faire ? ». En ce qui concerne le Secours Populaire, on va faire une campagne vacances encore plus importante que les autres années.
Avant Garde : Vous menez une campagne pour le droit aux vacances chaque année, pourquoi c’est important pour vous ?
Julien Lauprêtre : On tient beaucoup à cette campagne vacances parce qu’on a quelques slogans qui ont fait leur preuve : « les vacances c’est pas du luxe », « les vacances ça change la vie ». Il y a très peu de gens et de jeunes qui viennent en disant « on voudrait bien partir en vacances », c’est un autre monde. Ils viennent chercher à manger, à s’habiller, à se loger… C’est rare qu’ils pensent aux vacances. Mais depuis 1936 il y a le droit aux vacances. J’ai des souvenirs très douloureux de familles qui ne sont pas venus au rendez-vous malgré tout ce qu’on avait fait avant. Vous savez pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient pas de valises. Ca c’est la réalité. C’est tout un problème de culture, c’est la même chose que l’accès au théâtre « comment je vais m’habiller ? Est-ce que je vais comprendre quelque chose ? Et le regard des autres ? ». C’est là qu’on joue un rôle d’éducation populaire. Ca paie quand le jeune, la famille, ou l’enfant qui sort se dit qu’il voudrait bien revenir. Ca veut dire qu’on a gagné mais c’est très difficile. C’est là qu’on voit vraiment la société à deux vitesses.
Nous avons mis sur pied de grands efforts de communication et d’organisation pour qu’il y ait des milliers de jeunes, d’enfants, de familles qui puissent partir en vacances d’été. Je vous dis en vacances d’été mais nous avons décidé que « les vacances c’est toute l’année ». D’ailleurs, en ce moment c’est les vacances de pâques et on voit bien que c’est toujours les mêmes qui partent.
Mais l’été c’est quand même synonyme de vacances. Alors nous avons des grands moments forts de l’été. On aura une colonie d’un mois pour mille enfants avec Finder-Ferrero. C’est des colonies de riches pour enfants de pauvres : le môme arrive, ils lui demandent s’il sait nager et s’il ne sait pas, hop, ils lui apprennent. L’année dernière, ils ont aussi demandé aux mômes s’ils voulaient pratiquer le sport qu’ils avaient pratiqué pendant la colonie. 280 ont accepté, ils leur ont payé la licence pendant un an.
On a beaucoup de boîtes qui travaillent avec nous maintenant. Alors certains me disent que c’est leur intérêt. Bien sûr que c’est leur intérêt mais le principal c’est qu’on reste bien chacun dans notre domaine. Alors c’est vrai, on ne dit pas « à bas celui-ci » ou « à bas celui-là » mais on dit « il y a un gosse sur trois qui ne part pas en vacances, ça suffit bien de dire que ça ne va pas » alors après que les autres associations, que les partis prennent ça.
Avant Garde : Pour finir, vous pouvez nous parler des actions que vous menez au niveau européen ?
Julien Lauprêtre : On a créé une association qui s’appelle ESAN [European Social Action Network – NDLR] qui nous permet d’avoir une activité au niveau européen. Nous avons organisé une rencontre internationale des jeunes, où une quinzaine de pays européens étaient présents, qui nous a permis de voir que quelque soit les frontières les jeunes ont les mêmes aspirations, les mêmes soucis.
A l’heure actuelle, avec tous les drames qu’il y a dans les pays autour de la méditerranée, nous avons des activités en direction des gens qui sont frappés par les événements. On est vraiment au cœur des problèmes de l’Europe.
On sent bien le lien entre la France et l’Europe, il faut donc que l’Europe des jeunes, l’Europe des pauvres, l’Europe des exclus trouvent aussi des chemins pour faire avancer leur situation.
LE RETOUR DU « MALHEUR D’ÊTRE JEUNE » ?
avril 8, 2011 by Rédaction
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En 1935, l’écrivain et dirigeant communiste Paul Vaillant-Couturier publie un livre détonant : Le Malheur d’être jeune. Il y révèle avec force le triste sort réservé à des millions de jeunes dans la France des années 1930. Cette jeunesse qui pourrait être le temps de tous les possibles et de tous les bonheurs, le capitalisme la peint aux couleurs de la sueur et de la noire exploitation. Le profit des puissants passe avant tout. Et tant pis pour la jeunesse !
Depuis cette date lointaine, on dira – et on aura raison – que les intenses luttes sociales et politiques ont heureusement apporté beaucoup de lumière à ce sombre tableau du passé. Mais Nicolas Sarkozy et ses amis semblent avoir une furieuse envie de remettre Vaillant-Couturier à la mode. Avec la formidable machine à remonter le temps qu’ils ont lancée, toutes les conquêtes sociales des dernières décennies y passent : casse de la Sécurité sociale, casse de l’Éducation nationale, casse du droit au travail… Pour les jeunes, c’est retour vers 1935 !
Recul de l’âge de la retraite imposé par Sarkozy et son amie Parisot (patronne des patrons) ? Un million d’emplois en moins pour les jeunes. Réforme de l’hôpital et casse de la santé gratuite ? Plus d’un jeune sur dix renonce, faute d’argent, à se soigner les dents. Banques et grosses entreprises gavées de subventions sans contrôle ? Délocalisations et chômage à la clé pour les jeunes : plus de 600 000 dans notre pays. Aucun doute : pour les casseurs d’avenir qui nous dirigent, c’est destination 1935 !
Avec acharnement, ils détruisent ce que des décennies de lutte ont bâti pour mieux construire leur société de la misère de masse et d’une jeunesse qui trime toujours plus et en silence s’il vous plaît ; leur société du bon vieux temps d’avant les conquêtes sociales où on pouvait exploiter en paix et sans limites. Nous ne sommes pas encore en 1935 mais c’est clairement le chemin : chômage, précarité et bas salaires touchent des millions de jeunes à tel point que près d’une jeune femme sur cinq vit sous le seuil de pauvreté dans notre pays, la cinquième puissance mondiale ! Mais soyons de bonne foi : le gouvernement a dit qu’il allait s’attaquer à ce scandale national.
Comment ? En développant l’alternance, solution de tous les maux de la jeunesse… Bien sûr, l’alternance n’est pas un mal en soi : au contraire, bien encadré, bien payé, bien conçu, l’apprentissage peut être une voie royale pour des milliers de jeunes. Mais le problème, c’est que ce n’est pas du tout l’apprentissage façon Sarkozy-Parisot ! Celui qu’ils aiment, c’est quand un jeune travaille comme un fou pour un salaire de misère (moins de 2/3 du SMIC !) ; c’est quand le patron, pour le simple fait de prendre un apprenti, touche des subventions de l’État au point que ça lui fait presque un employé gratuit. Pas si sûr, dans ces conditions, que ce soit la solution pour les jeunes. C’est bien plutôt une énième combine toujours conçue pour les mêmes : les bons amis aux poches bien pleines de Nicolas Sarkozy !
On pourrait pourtant faire tout autrement. Rien que les quarante principales entreprises françaises cotées en bourse (CAC 40) ont encaissé, en 2010, 80 000 000 000 €de profits (deux fois plus qu’en 2009) ! De quoi changer pas mal de choses, non ? Au lieu de ça : on organise le malheur d’être jeune pour engraisser les vaches sacrées du capital (actionnaires, grands patrons…).
Gare au désespoir ! Notre inaction ravirait les hypocrites qui nous tendent un mouchoir sur le thème de notre « génération sacrifiée » pendant qu’ils organisent eux-mêmes notre sacrifice ! Non, l’heure n’est pas aux larmes ou à la résignation mais bien à la mobilisation, au Maghreb comme en Europe. S’ils veulent nous imposer le « malheur d’être jeune », nous saurons leur rappeler avec Vaillant-Couturier qu’ « être jeune c’est avoir la lutte pour le bonheur devant soi ! »
Guillaume Quashie-Vauclin
Témoignage d’un apprenti menuisier
avril 8, 2011 by Rédaction
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A 16 ans, je suis entré au C.F.A (Centre de Formation des Apprentis) en tant qu’élève de deuxième année de C.A.P menuisiers fabricant. Si j’ai pu atteindre la deuxième année directement, c’est parce que j’étais déjà titulaire d’un B.E.P obtenu dans le circuit public, en lycée professionnel. J’avais d’abord intégré une classe de B.P (brevet professionnel, c’est à peu près l’équivalent du Bac Pro en apprentissage). Mais j’ai littéralement fui cette classe parce qu’on ne me demandait pas d’apprendre mais d’enregistrer.
Il faut savoir que dans ce milieu ce n’est pas un prof que tu as en face de toi, mais un formateur. Tu poses une question sur quelque chose que tu n’as pas compris, on se moque de toi en disant que c’est parce que tu viens d’un lycée pro que tu ne comprends pas. J’ai donc demandé à changer de formation, quitte à passer un diplôme dont je n’avais pas besoin vu que mon B.E.P était déjà plus complet au niveau formation professionnelle. J’ai eu le droit de passer le balais pendant certains cours, parce que je n’étais « bon qu’à cela de toute façon ».
Mes « formateurs » partaient du principe que l’année suivante on serait sur le marché du travail, donc qu’il fallait qu’ils nous habituent à avoir quelqu’un sur le dos en permanence, à être réprimandés pour un oui ou pour un non, ou même à travailler directement pour le « formateur patron ». Là-bas les jeunes ne pensent qu’à réussir mieux que les autres, à recevoir le meilleur salaire d’apprenti : on nous met ça dans la tête à longueur de journée.
Là où des idées de syndicat et d’entraide ont commencé à naître, c’est quand la crise a débarqué et que des dizaines d’apprentis se sont retrouvés sans travail et sans aucune aide. Mais ce n’est pas allé très loin : il n’existe pas de lieu d’expression pour les apprentis. Nous étions quatre à venir de lycée professionnel, je suis le seul à avoir fini l’année. Les autres ont démissionné. Ils ont préféré le chômage et la galère plutôt que le C.F.A et toute la pression que cela pouvait engendrer.
Pour la première fois de ma vie, j’ai pleuré devant mes amis. Tout ça parce que le lendemain je devais aller au C.F.A et affronter tout ça. Heureusement pour moi, je travaillais dans le secteur public, non soumis à la loi du marché et de la compétitivité. J’ai quand même eu beaucoup de mal à continuer, enchaînant les problèmes de santé autant psychologiques que physiques, mais j’ai réussi!
Une année au C.F.A difficile pour quelqu’un comme moi : quelqu’un peut-être trop fragile pour cet univers ou peut-être trop conscient que les choses auraient pu être différentes.
Témoignage de Rémi Mérahi
JOURNÉE MONDIALE CONTRE L’HOMOPHOBIE
avril 8, 2011 by Rédaction
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Comme chaque année, le 17 mai marque la journée internationale contre l’homophobie. Et il y a sans doute bien besoin d’une journée pour combattre ce fléau.
En Afghanistan, en Arabie saoudite, en Iran, en Mauritanie, au Soudan ou encore au Yémen, l’homosexualité est toujours passible de la peine de mort !
En France, si l’homosexualité a été dépénalisée il y a une trentaine d’années, l’homophobie d’État n’a pas disparu. Le mariage comme l’adoption demeurent réservés aux seuls hétérosexuels. L’égalité républicaine semble s’arrêter là où commence le désir non hétérosexuel…
Selon que vous aimerez Khalil ou Jacqueline, vous aurez un droit ou vous ne l’aurez pas. Si les lois sont défavorables aux homosexuels, elles ne sont, hélas, pas seules. Les mentalités, imprégnées par des siècles de condamnation de l’homosexualité (notamment sous l’impulsion des religieux), n’ont pas partout évolué au point d’accepter un autre chemin que l’hétérosexualité. Les homosexuels sont ainsi nombreux à être victimes d’agressions physiques, sans parler des appels à la haine homophobe qu’on retrouve dans un nombre croissant de chansons.
Il y a enfin cette petite homophobie du quotidien, faite de « pédés » et d’« enculés » transformés en insultes banales : homosexuel devenant spontanément synonyme de « salaud ». Imagine-t-on que « juif » ou « noir » soient synonymes de « salaud » ?
Résultat : le taux de suicide des jeunes homosexuels est treize fois supérieur à celui, pourtant déjà fort, des autres jeunes. Il y a décidément bien besoin d’une journée sur la question…
Marianne Auset
SOLIDARITE PALESTINE
avril 8, 2011 by Rédaction
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Dénoncer et briser le siège israélien contre Gaza ; promouvoir et faire respecter le droit international ; répondre à la crise humanitaire que subissent un million et demi de Palestiniens de Gaza : tels sont les objectifs de la campagne « Un bateau français pour Gaza » menée actuellement par plus de 60 organisations.
Gaza est aujourd’hui un territoire livré à lui-même. En 2006, suite à l’élection du Hamas et à sa prise de pouvoir légal dans la bande de Gaza, l’Etat israélien décrète, conjointement avec l’Egypte, un blocus qui isole ce territoire. Les conditions de vie de la population palestinienne s’y dégradent d’autant plus vite que démarre l’opération « Plomb durci » en 2008 en réplique à des tirs de roquettes non revendiqués et à la construction de tunnels. Entre décembre et janvier, cette opération militaire israélienne fera de nombreux morts et détruira nombre de maisons et d’infrastructures seulement en partie reconstruites depuis. Et déjà bombardées de nouveau fin mars 2011.
Un peuple isolé dans la misère
Le blocus et la guerre ont rendu la vie infernale à la population de Gaza. Selon les organisations participant à la campagne : « 80% de ses habitants dépendent de l’aide humanitaire internationale, 70% des foyers vivent avec moins d’un euro par jour, plus de 40% de la population est au chômage ».
Malgré de nombreuses déclarations dénonçant ce blocus – notamment de l’ONU – les dirigeants européens n’ont eu de cesse de rehausser le niveau de collaboration entre l’Union et Israël. Dénoncer cette situation et « la passivité, sinon la complicité directe, de nos gouvernements envers des actions qui constituent un crime contre l’humanité » sont parmi les principales motivations des acteurs de cette campagne. « Parce que la première Flottille de la liberté a montré qu’une action citoyenne peut rompre le mur de l’indifférence. »
« La flottille de la liberté » de retour
En effet, en mai 2010 la première « flottille de la liberté » faisait route vers Gaza chargée de matériel humanitaire. Elle a été arraisonnée par la marine israélienne dans les eaux internationales ce qui a provoqué la mort de 9 civils. Bien que tragique, cet événement a donné un écho médiatique sans précédent au drame vécu par les Gazaouis. De nombreuses organisations à travers le monde se sont ensuite réunies au sein d’une « Coalition Internationale » pour renouveler l’opération en mai 2011. Leur objectif est de réunir plus de bateaux, de matériel, d’organisations, de citoyens, d’élus, de journalistes… C’est dans ce cadre que le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine ont lancée la campagne « Un bateau français pour Gaza » en novembre 2010.
Plus de 60 organisations, syndicats, partis politique – dont l’Association France Palestine solidarité,
Attac, la CGT, Génération Palestine, le Mouvement des jeunes communistes de France, le PCF, le Mrap… – y participent aujourd’hui.
Des initiatives partout en France
Depuis plusieurs mois les débats, projections, concerts, conférences, distributions de tracts, repas, journées de solidarité se multiplient partout en France. Pour faire connaître la situation, bien sûr, mais aussi pour réunir les fonds nécessaires au départ du bateau. Le montant est estimé à 500 000 euros (achat du bateau, matériel, équipage, gasoil, etc.) dont déjà 300 000 ont été récoltés grâce à la mobilisation de nombreux militants. Mais la date approche alors rendez-vous sur le site : www.unbateaupourgaza.fr
Cynthia Traoré
Témoignages palestiniens
avril 8, 2011 by Rédaction
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Sumud. Etudiante et militante dans la campagne anti-apartheid, 21 ans.
Ce genre d’actions nous rappelle qu’il y a des gens qui n’ont même pas accès à des médicaments ou de la nourriture, qu’il y a encore des gens qui vivent comme dans une cage. Nous sommes tous dans une cage mais eux c’est pire. Même si nous sommes Palestiniens, ça nous permet de nous rappeler car parfois, même-nous, nous l’oublions. J’espère aller à Gaza un jour, mais pour l’instant je ne peux pas. Je crois en une troisième intifada [grands mouvements populaires de contestation contre l’armée israélienne, NDLR]. Je pense qu’elle est en train d’arriver. Je ne sais pas quand, ça arrive doucement. Le matin, quand on parle avec les étudiants, ils nous disent qu’ils ont été coincés à tel ou tel checkpoint. C’est ce qui arrivait avant la première intifada. C’est en train d’arriver.
Lu’ay. Etudiant en quatrième année d’anglais, 23 ans.
Les internationaux font un bon travail avec les « flottilles de la liberté ». Elles permettent d’entendre ce qui arrive à Gaza : des familles, des enfants ont été tués. C’est terrible. Les gens doivent utiliser les tunnels entre Gaza et Rafa pour rapporter des biens, de l’huile, du gaz. L’année dernière l’attaque de la première flottille a eu lieu dans les eaux internationales. Ca a eu une répercussion importante. Malgré la violence c’est positif car beaucoup d’étrangers ne savaient pas ce qui se passait ici. On ne peut pas savoir ce que va faire Israël. Mais en tout cas, nous sommes en colère. J’espère qu’avec les révolutions récentes, les frontières entre l’Egypte et Gaza vont s’ouvrir.
Asma. Etudiante, 22 ans.
Depuis trois ans, depuis la guerre à Gaza, la situation est extrêmement grave pour les civils. Mais les politiciens n’arrivent pas à maîtriser la situation. Ils soutiennent toujours leurs propres mouvements mais pas le peuple en lui-même. Pourtant il faut assurer la nourriture, les besoins vitaux, c’est la priorité. Après arrivent la question de la décolonisation, les négociations politiques avec Israël ou l’Egypte. Il faut vraiment mettre les besoins de ce peuple là en priorité. En ce qui concerne la relation entre la Cisjordanie et les habitants de Gaza : j’ai l’impression, des fois, qu’ils ne font pas parti de la Palestine. Par exemple, à l’université quand il y a eu la guerre, j’avais l’impression d’être aux EU, en France ou au Japon sans connaître la situation réelle là-bas. C’est extrêmement négatif. Nous avons à peine brûlé une bougie pour les victimes. En ce sens, la manifestation pour l’unité de la Palestine est une idée à soutenir. C’est une étape, un premier pas nécessaire et qui mérite l’appréciation de tous les Palestiniens. Mais moi je suis avec les faits, non avec les paroles, donc j’attends la suite ! C’est pourquoi les actions pour soutenir les habitants de Gaza sont extrêmement appréciées. On montre qu’il y a un cas grave, dramatique et unique. Ces actions mettent un peu de lumière sur la situation à Gaza. Hélas nous n’avons pas réussi à briser le blocus, mais avec beaucoup d’actions comme celle-là, nous arriverons à ce que l’on veut vraiment. Alors on attends le bateau français pour Gaza.
Ro’a. Etudiante, 21 ans.
L’occupation et la situation à Gaza sont terribles. Il s’agit de notre territoire, les Israéliens n’ont aucun droit dessus selon les résolutions de l’ONU. Nous avons le droit de vivre comme les autres, de vivre libres. Alors on se bat pour atteindre ce but. Les bateaux pour Gaza seraient pleinement efficaces s’ils n’étaient pas arrêtés par Israël. Les autorités israéliennes agissent contre l’être humain en interdisant ces actions car il s’agit d’aider les Palestiniens. Nous attendons des aides humaines, de la nourriture, du lait, etc. On ne parle pas de fusils tout de même ! Il faut continuer à envoyer des bateaux à Gaza !
Propos recueillis par Sarah H., correspondante en Cisjordanie
Liberté pour Salah Hamouri
avril 8, 2011 by Rédaction
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Il fête ses 26 ans en prison le 25 avril. Enfermé depuis 6 ans dans les geôles israéliennes, ce jeune franco-palestinien, suspecté d’avoir préparé un attentat contre le Rabbin Ovadia Yossef du parti Shass, a été condamné par un tribunal militaire démuni de preuves. Leur argument phare : Salah est passé devant sa maison. Il rejoint ainsi les 11 000 prisonniers politiques palestiniens. Sa libération serait un premier pas vers la justice et la paix.
1er MAI : ACTIONS & REVENDICATIONS
avril 8, 2011 by Rédaction
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Le 1er Mai ? C’est un jour férié, celui du brin de muguet, ça d’accord. C’est aussi un jour de manifestation, OK. Mais d’où vient-il, pourquoi défile-t-on ce jour-là ?
A l’origine se trouve le 1er mai 1886 : la pression syndicale permet alors à environ 200.000 travailleurs américains d’obtenir la journée de travail de huit heures. En 1889, reprenant ce symbole, les syndicats et partis des travailleurs de nombreux pays (réunis à Paris pour le congrès constitutif de la IIe Internationale) font du 1er mai l’occasion d’une « grande manifestation internationale à date fixe, de manière que, dans tous les pays […] les travailleurs mettent les pouvoirs publics en demeure de réduire légalement à 8 heures la journée de travail, et d’appliquer les autres résolutions du congrès […] ».
Qualifiée de « fête du travail » ou des « travailleurs » pour lutter contre la répression en lui donnant un caractère pacifique, la mobilisation sera un franc succès. Pétain essaiera d’en faire un jour chômé de « fête du travail et de la concorde sociale » mais les revendications progressistes reprennent vite leur droit. A quelques jours du 1er mai 1947, après deux années de défilés réunissant plusieurs millions de personnes, l’Assemblée Nationale en fait une journée chômée sans perte de salaire.
Aujourd’hui, cette journée doit être toujours plus utile à la lutte contre le pouvoir de l’argent, le diktat des marchés financiers et les injustices. Les nombreuses avancées sociales que nos aînés ont obtenues, au prix de leur vie parfois, seront ainsi pour l’ensemble des citoyens participant à cette journée le signe que la voie de l’espoir et du progrès pour tous est toujours en construction et que la donne peut changer. Le rendez-vous est donc pris pour un 1er mai revendicatif, unitaire et porteur d’avancées sociales !
Robin Salecroix
«LIBERTÉ, TRAVAIL, DIGNITÉ»
avril 8, 2011 by Rédaction
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Le monde arabe (l’Afrique du nord et le Moyen-Orient) serait voué à rester immobile et à être dirigé par des autocrates corrompus, seuls remparts face à l’islamisme, sous le regard amorphe de leur peuple. Bref, il ne serait pas entré dans l’Histoire, celle dont on nous avait annoncé la fin il y a 20 ans. Les premières révolutions du 21e siècle ont pris de court ces discours bien rodés de nos dirigeants. Explications.
Le point de départ ? Sans aucun doute la crise mondiale du système capitaliste incapable de répondre aux besoins des populations et davantage préoccupé à servir les marchés. Les symptômes ? Une croissance en berne, une accaparation des ressources naturelles, une explosion du chômage et des contestations forcément réprimées.
Il a donc « suffi » d’une étincelle (tout de même le suicide d’un jeune par immolation pour dénoncer le manque de perspectives, la flambée des prix des produits de base comme le sucre ou le blé) pour lancer les contestations généralisées que l’on connaît.
Des revendications politiques ET sociales
S’il y a bien eu comme volonté préalable de la part du peuple d’exiger le départ du président (symbole du système corrompu et inégalitaire à la solde des institutions internationales), ça n’a pas été une fin en soi. Par exemple, les Tunisiens ne demandaient pas uniquement le départ de Ben Ali mais celui de tous les cadres du RCD (le parti au pouvoir sous Ben Ali) qui tient encore les manettes politiques, économiques et administratives.
Derrière cette revendication se trouve l’exigence d’un processus pour de réels changements institutionnels qui conjuguent aspirations sociales et démocratiques et qui se cristallisent dans la volonté d’élire une assemblée constituante pour faire valoir ces droits. En effet, les nombreuses revendications sociales ne sont pas à négliger. Elles ont émergé des contestations des années précédentes pour des augmentations de salaires, la répartition des richesses ou encore l’accès aux services de base (éducation, eau, santé). Ces révolutions n’auraient sans doute pas eu lieu sans les luttes préexistantes des avocats ou des ouvriers de la sidérurgie en Egypte, des enseignants ou des mineurs de Gafsa en Tunisie.
Les jeunes, poumon de la révolution
La place des jeunes a été déterminante dans ces combats. Diplômés, aspirant à une vie digne – « liberté, travail, dignité » était l’un des slogans des manifestations tunisiennes – et surtout majoritaires dans ces pays, ils voyaient défiler sous leurs yeux les richesses accaparées par une caste tandis qu’eux devaient se terrer dans le silence.
La crise économique de 2008 a renforcé cette situation déjà grave puisque les politiques imposées par les institutions internationales depuis trente ans ont cassé les services publics, offert les ressources naturelles aux multinationales et creusé les inégalités sociales.
Des grandes puissances face à leurs contradictions
Pour l’anecdote, le Fonds Monétaire International (FMI) avait désigné comme meilleurs élèves de la région pour l’application de ces préceptes : la Tunisie, la Jordanie et l’Egypte ! Le caractère autoritaire de ces régimes semblait alors peu le gêner. Pire, l’agence de notation Moody’s a déclassé les notes de la Tunisie et de l’Egypte en raison de l’instabilité causée par les révolutions.
Comme quoi, marché et démocratie ne vont pas forcément de pair sauf si on admet que la liberté des capitaux et des touristes passe avant celle des peuples. Les grandes puissances impérialistes (Etats-Unis, Europe, France, etc.) ont, avant de retourner leur veste, appuyé les bourgeoisies locales pour leurs propres intérêts (économiques, politiques mais aussi pour faire de ces pays des zones tampon pour ralentir le flux des migrants au mépris des droits fondamentaux), tout en pointant la menace islamiste pour désolidariser nos peuples de ces révolutions. Dans le même temps, Washington pousse le pouvoir égyptien à négocier avec les Frères musulmans qui ont pourtant joué un rôle infime dans la contestation.
Ces révolutions imprévisibles créent un formidable espoir pour bâtir un autre monde. Elles font trembler les despotes des pays voisins. Les contestations semblent désormais s’étendre à d’autres régions avec en tête une génération qui aspire au changement et au progrès. L’impensable, voire l’impossible, s’est produit chez nos frères et sœurs du Sud. Soyons réalistes, exigeons la même chose!
Nordine Idir


