LA CHASSE À L’HOMME EST OUVERTE
septembre 5, 2010 by Rédaction
Filed under France, Les Chroniques de la Planète Terreur
Cet été, la température est montée d’un cran pour nos dirigeants avides de division et de haine. Pour évacuer la pression sur le dossier Woerth/Bettencourt et anticiper une rentrée sociale bouillante, le président nous a ressorti sa vieille recette : à chaque problème social, une solution sécuritaire avec un zeste de stigmatisation !
30 JUILLET.
Nicolas Sarkozy intronise un nouveau préfet dans l’Isère (un ancien policier, le 2nd après la Seine-Saint-Denis) suite aux nuits d’émeutes qui ont opposé des jeunes du quartier populaire de Grenoble à la police et à la mort d’un jeune tué après une course poursuite.
L’occasion idéale pour stigmatiser à nouveau les quartiers populaires. Le problème fondamental serait l’immigration. En effet, Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à affirmer que « Nous subissons les conséquences de cinquante années d’immigration insuffisamment régulée, qui ont abouti à un échec de l’intégration ». La solution : retirer la nationalité aux « délinquants d’origine étrangère » qui tireraient sur les forces de l’ordre !
Brillante idée inspirée… du gouvernement de Vichy ! Les mesures prises à l’encontre des gens du voyage et des Roms (présentés comme étant un même groupe ! ) sont issues de la même logique. On stigmatise des populations en annonçant qu’elles vivent de délits et de trafics en tout genre alors qu’elles vivent essentiellement du travail. Le président fait fi des chiffres et de la réalité. Il utilise les mêmes provocations qu’à l’automne 2005. Il ne s’agit pas que de stigmatisation : c’est bien une vraie stratégie sécuritaire et raciste que met en place la droite.
SÉCURITAIRE.
Dans tous nos espaces de vie, des outils de contrôle sont mis en place pour répondre à une
violence. Mais cette violence, si elle est bien réelle, est générée par le gouvernement qui casse toutes les solidarités. De l’école (avec la présence d’un policier) au quartier (avec des dispositifs de surveillance dignes de terrain de guerre) en passant par nos frontières (où les Roms et les immigrés clandestins expulsés seront enregistrés dans un fichier biométrique), rien ne doit échapper à l’Etat sarkozyste. Pour ceux qui auraient l’idée de s’opposer à sa politique, c’est au mieux l’indifférence et au pire la répression comme pour ces familles qui sont poursuivies pour avoir caché des familles étrangères menacées d’expulsion ou pour les jeunes communistes de Grenoble placés en garde-à-vue pour avoir coller des affiches représentant des caricatures de Sarkozy.
RACISTE.
On fait la distinction entre des Français en fonction de leurs origines, car on affirme que des personnes sont « culturellement inassimilables et délinquantes ». Pendant ce temps-là, le FN se frotte les mains et le comité pour l’élimination de la discrimination raciale de l’ONU alarme sur le fait que tous ces discours rappellent « l’époque de Pétain ». Les mesures ultra-sécuritaires et racistes de ces dernières années ne font qu’occulter la vraie insécurité, sociale, causée par la mise à sac de toutes les solidarités au profit de logiques marchandes. Pour dénoncer ces dérives xénophobes, et notamment un projet de loi sur l’immigration qui risque de restreindre encore plus les conditions d’entrée et de séjour des immigrés, un large rassemblement d’organisations progressistes appelait à manifester le 4 septembre.
Audrey Vicari

