PALESTINE/ISRAËL : C’EST LA PAIX QU’ON ASSASSINE
septembre 11, 2010 by Rédaction
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Lundi 16 août 13h30. Décollage de Tel Aviv, retour pour la France. Premier sentiment : le soulagement d’avoir passé tous les contrôles de sécurité israéliens de l’aéroport. Avions-nous de mauvaises intentions pour subir 6 interrogatoires? Non, nous avons simplement répondu oui à la question: « avez-vous été en Cisjordanie »?
Voilà le délit pour Israël: oser aller en Palestine. Car ce que veut Netanyahou c’est réaliser une colonisation permanente, humiliante et illégale à huis clos. Après tout, pourquoi pas? Puisque depuis plus de 60 ans l’État israélien s’assied sur toutes les résolutions de l’ONU dans l’impunité la plus totale. Et c’est bien ça qui marque le plus après une semaine en Israël et une deuxième dans les territoires palestiniens, c’est cette euphorie de l’impunité.
Une impunité qui mène au pire.
Cette impunité qui pousse à la violence gratuite des colons israéliens sur les enfants palestiniens. Cette impunité lorsque des colons expulsent de leur maison les palestiniens de Jérusalem pour les occuper dans l’illégalité la plus totale. Cette impunité qui pousse la police israélienne à jeter en prison des habitants de ces quartiers quand ils tentent de faire valoir leurs droits. Cette impunité toujours et encore envers les prisonniers politiques palestiniens.
Plus de 11 000 croupissent dans les geôles israéliennes dont des centaines d’enfants. Pour eux : aucun droit. Même pas ceux reconnus par la convention de Genève dont Israël est pourtant signataire. Lorsque l’on parle de ces prisonniers, on peut légitimement se poser cette question: s’ils sont en prison, ils y sont bien pour un délit, pour quelque chose? Et bien non. Là-bas on va en prison pour rien. Ou plutôt on va en prison juste pour avoir résisté en voulant vivre sur sa terre, on va en prison lorsque l’on défend la paix.
Et puis ce mur qui étreint la Cisjordanie. N’est-il pas aussi un mur de la honte? Là aussi l’impunité est totale. Lorsqu’on célèbre en 2009 la chute du mur de Berlin, d’autres tout aussi honteux s’érigent dans le silence médiatique, à l’ombre des cérémonies officielles et à l’abri des objectifs.
Un peuple opprimé mais pas résigné.
Qu’on ne s’y trompe pas, là-bas il y a bien un occupant et un occupé, un colonisateur et un peuple à qui l’on retire sa terre et ses droits. La Paix ne pourra pas triompher si le silence complice de la communauté internationale continue. Un ancien prisonnier politique palestinien nous citait là-bas cette phrase lourde de sens d’un ministre israélien au moment de l’opération plomb durci. À la question d’un journaliste qui lui demande si le gouvernement israélien a conscience qu’il se met à dos l’opinion publique internationale, celui-ci répond: « on se fout de l’opinion! Tant que les chefs d’Etats sont avec nous! » Parmi tous les
Palestiniens que nous avons rencontrés, aucun n’est animé d’un sentiment de haine ou de vengeance.
Tous sont animés par l’esprit de résistance à l’occupation. Si un sentiment les habite, c’est celui de la lassitude d’être les laissés pour compte du droit international. La lutte pour les droits du peuple palestinien, ce n’est pas une lutte contre Israël. C’est une lutte pour la Paix avec les pacifistes israéliens. C’est une lutte universelle pour la justice, le droit et la liberté. Nous revenons avec la détermination de la mener. Et toi?
Nicolas Larsone
QUAND SALAH L’EMPRISONNÉ LIBÈRE LA VÉRITÉ
septembre 10, 2010 by Rédaction
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Le 14 juillet dernier, Salah Hamouri écrit une lettre à Nicolas Sarkozy et à la France depuis sa prison en Israël. Ce jeune Franco palestinien y est enfermé depuis 65 mois, condamné à tort pour avoir fomenté un attentat contre un rabbin, parce qu’il est passé devant sa propriété… Cette lettre de Salah, écrite le jour de la fête de la République française, est celle d’un résistant qui malgré tout ne perd pas espoir. Mais elle est aussi celle d’un jeune homme qui, comme beaucoup, a perdu ses illusions sur la France en tant que terre de liberté, d’égalité et de fraternité.
« Au pays de la Révolution française qui a mis fin au féodalisme et à la servitude en propageant à travers le monde les mots « Liberté-Égalité-Fraternité » ; à Paris, capitale d’un pays qui a résisté hautement pour se libérer de la barbarie d’une armée occupante féroce et brutale ; depuis vos bureaux à l’Elysée ou ceux du Quai d’Orsay – j’espère que vous lirez cette lettre. […] Nous savons tous que la démocratie fonde le respect de la diversité des êtres humains. Elle définit les bases légales qui accordent à chacun des droits et des devoirs. Elle prône l’égalité des droits humains et refuse d’établir des différences négatives et ségrégatives selon la couleur de la peau, l’origine, la religion, etc. »
Salah commence par évoquer « la France dont on est fier ». Celle de la Révolution française ou de la Résistance. Cette France, il l’évoque avec lyrisme. Un lyrisme qui fait habilement contraste avec un gouvernement français qui ne lui est absolument pas venu en aide, comme il l’explique par la suite. Ce contraste entre la France de Sarkozy qui ne veut pas le soutenir, et celle des gens libres, solidaires avec les peuples opprimés, cette lettre de Salah nous le fait ressentir de plein fouet.
Salah l’innocent explique que le gouvernement français lui demande d’exprimer « des regrets » pour des actes qu’il n’a pas commis… Alors, ce qui ressort en miroir du lyrisme politique du début de la lettre, ironiquement, c’est bien la France des heures sombres. La France qui stigmatise ses jeunes, forcément délinquants. Qui fiche ses délinquants, forcément étrangers ou d’origine étrangère. Qui expulse les Roms, car étrangers ou d’origine étrangère, et donc forcément coupables de quelque chose. Coupables en tout cas de troubler le bon confort du gouvernement et sa classe dirigeante. Coupables de lui faire perdre son temps, à cette France de ceux qui aiment compter les billets, ou lécher les derrières. Ceux des enveloppes kraft pour grosses liasses, bien sûr.
Cette France ce n’est ni celle de la révolution ni celle de la résistance. C’est celle de la l’aristocratie et de la bourgeoisie qui terrorisent et qui pillent le peuple, c’est celle de la collaboration et de la délation. Cette France, ce n’est pas celle des communistes, qu’ils soient jeunes ou vieux, c’est celle de la droite. Cette France de la droite, Salah lui écrit pour le principe, parce qu’il faut bien sûr continuer à faire parler de lui. Mais les vrais destinataires de cette lettre, ce sont ceux qui sont prêts à lutter, ce sont par exemple les jeunes communistes de France, qui lancent une campagne pour la libération de Salah Hamouri, après s’être rendu en Palestine cet été, voir de plus près les dégâts causés par ce que certains s’obstinent à nommer, encore, la « justice israélienne ».
Lorène Barillot
LIBAN/SYRIE/JORDANIE : INTERDIT DE TERRITOIRES
septembre 10, 2010 by Rédaction
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3,8 millions d’habitants dans les territoires palestiniens et environs 4,7 millions de réfugiés dans les pays du Proche-Orient. Les chiffres parlent d’eux-mêmes, les Palestiniens qui ne peuvent revenir sur leur terre sont plus nombreux que ceux qui y vivent. Le Liban, la Syrie, la Jordanie jouent ainsi un rôle important dans ce conflit. Retour de voyage.
Pour saisir les enjeux liés à ce conflit, il est avant tout nécessaire de comprendre les réalités politiques et sociales des différents pays qui composent le Proche-Orient. Car comprendre c’est bien sûr se confronter à la réalité en Palestine et dans le territoire israélien, au plus proche des peuples. Mais c’est aussi se rendre au Liban, en Syrie et en Jordanie et être témoin de la réalité de la vie des réfugiés palestiniens et des politiques menées sur ces questions dans chacun de ces pays. C’est ce que nous avons fait cet été en nous confrontant à une démocratie confessionnelle ou militaire, une monarchie féodale, un état laïc-autoritaire… Autant de situations différentes dans un contexte régional commun.
La réalité est tout autre lorsque l’on y est soit même confronté.
Ces réfugiés palestiniens, par exemple, placés dans des camps depuis 1947 vivent dans des conditions déplorables, inimaginables surtout au Liban où ils ne jouissent d’aucun droit. Sur place, le rôle de l’office des nations unies pour les réfugiés (UNRWA) est de plus remis en question : non seulement l’aide internationale tend à baisser mais, dans certains cas, elle se monnaye. Pour les habitants, l’ONU joue un rôle de plus en plus incompréhensible. Peu avant l’échange de tirs de roquette entre Israël et le Liban le 3 août dernier, par exemple, elle s’est retirée de la zone. Cet « accrochage » a fait cinq morts du côté libanais dont un journaliste que nous avions rencontré la veille.
Mêmes réformes, même précarité, même combat !
Un autre point commun entre les pays de cette région est sans doute la façon dont l’UMP et consort nous présente, ici en France, les étrangers non occidentaux comme hostile à notre égard. Nous n’avons pas rencontré cela. Ce qui soulève une interrogation : à quellefin le gouvernement stigmatise et criminalise ce monde ? À l’inverse, nous avons pu constater au fil de nos rencontres avec des organisations progressistes, politiques ou civiles, que les « préconisations » de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) sont mises en application dans chacun de ces pays, notamment dans le domaine de l’éducation, de la même façon qu’elles le sont en France et en Europe. Contrats précaires, contractualisation, application du LMD, privatisation de l’enseignement supérieur, concurrence du public et du privé, suppression de postes, etc. autant de réalités que connaissent les jeunes Français, Allemands, Anglais, Grecs, … comme les jeunes Syriens, Libanais et Jordaniens. Ainsi, partout les mêmes jeunes, contrairement aux divisions que Sarkozy tente de construire, combattent les mêmes réformes capitalistes avec les mêmes armes mais dans un contexte différent, inspiré par une autre histoire, dans une autre langue. Aussi longtemps que les jeunes voyageront avec la solidarité dans leurs bagages, ils ne cesseront de se battre !
Mathieu Jajal
QUAND «L’ÉCOLE POUR TOUS» CLAQUE LA PORTE AU NEZ DES JEUNES
septembre 10, 2010 by Rédaction
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Elle s’appelle Aurélie, elle a 17 ans, elle vit en Seine-Saint-Denis. Mais elle aurait tout aussi bien pu s’appeler Boris ou Leila et vivre à peu près n’importe où en France. Comme elle, ils sont en effet des milliers pour qui « rentrée » est synonyme de « galère ». Leur problème ? Ils ne savent toujours pas dans quelles classes ils seront affectés cette année ni même s’ils auront une place. En 2009, 23 000 jeunes ont rencontré ce type de difficultés dont 19 755 en filière professionnelle. Aurélie, elle, vient d’obtenir son
BEP Carrières Sanitaires et Sociales, en juin dernier. Elle a demandé à poursuivre ses études en Bac pro Service de Proximité et Vie Locale mais elle n’a pas trouvé de place jusqu’à maintenant. Ce qui l’inquiète c’est que « la grande sœur d’une amie s’est retrouvée dans cette situation l’année passée et l’inspection académique lui a proposé un CAP petite enfance ou alors des modules pour préparer des concours ». Cette solution ne lui convient pas, elle souhaite vraiment avoir le bac, un diplôme pour lui permettre de continuer ses études et réaliser son rêve : devenir infirmière.
Méritocratie et réduction de postes
Alors que l’éducation est un droit reconnu par les conventions internationales, il semble qu’en France tout le monde ne puisse y avoir accès et que la sélection sévisse dès le lycée. « Je n’ai eu mon BEP qu’avec dix et demi de moyenne, mon dossier n’est pas très bon. Alors ce n’est vraiment pas sûr que je puisse avoir une place » raconte encore Aurélie. C’est ainsi que les jeunes en viennent à penser qu’ils sont responsables de cette situation. La méritocratie, louée par le président Sarkozy, semble progresser dans les consciences. Mais d’autres facteurs n’entrent-ils pas en jeu ? Le nombre de postes de professeurs, par exemple, est réduit d’année en année par le gouvernement…
Nazim Benchik
FÊTE DE L’HUMA JEUNE ET REBELLE DEPUIS 80 ANS !
septembre 9, 2010 by Rédaction
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Il y a 80 ans, pour sauver L’Humanité, Marcel Cachin, alors directeur du journal, lance les comités de défense de L’Humanité. Dans l’élan, la Fête de l’Huma est créée…
La première édition se tient à Bezons (95) et, déjà, les principaux ingrédients qui feront son immense succès jusqu’à aujourd’hui sont là : politique, musique, convivialité populaire… On danse, on chante, on rit, on discute, on débat, on mange un bout. On boit aussi. La magie de la Fête de l’Huma est là et ne la quittera plus : pendant quelques jours, un petit monde construit par les militants communistes (du P.C.F. mais aussi du M.J.C.F.) vient apporter un peu de joie et de bonheur à des milliers de personnes. Surtout, il y a 80 ans, il y avait déjà un autre ingrédient pour donner à la Fête de l’Huma son caractère d’incontournable carrefour des luttes : un gouvernement de droite agressif (Tardieu, Laval…) et, déjà, la crise !
80 ans plus tard, la Fête de l’Huma est toujours là et si peu, en certains domaines, semble avoir changé. Les Roms ont presque pris la place des Juifs dans le rôle de bouc émissaire La droite tape dur, très dur et sur tous les fronts, à commencer par celui des retraites où elle essaie de nous ramener… 80 ans en arrière. Le capitalisme connaît une nouvelle crise redoutable qui fait boire la tasse aux classes populaires pendant que la bourgeoisie continue au champagne.
L’interminable combat politique et syndical se poursuit contre ces assauts de la droite et du capital. Comment résister? Que faire pour construire un monde plus juste ? Cette année encore, il y aura bien besoin de la Fête de l’Humanité pour débattre et dégager l’horizon. Bref, tout est toujours là pour faire de la Fête de l’Huma le rendez-vous majeur de la rentrée politique et sociale, le carrefour des luttes, le lieu où on bâtit l’espoir.
80 ans plus tard, la Fête reste aussi ce lieu de découvertes et de plaisirs. On écoutera avec bonheur musiques et groupes en tout genre. On flânera dans le Village du livre en rencontrant les auteurs, on verra des expositions de peintures, on ira au théâtre, on fera du sport, on ira manger cubain ou berrichon, on parlera avec des inconnus. Et quand la fête sera finie, il y aura encore bien des regrets : tout ce qu’on n’aura pas vu, le retour au dur monde du Capital… mais on repartira regonflé, prêt à affronter l’année, la tête et le cœur pleins d’énergie, de sourires et d’idées. Et on pensera avec impatience à la Fête de l’Huma 2011, elle aussi belle et rebelle, joyeuse et combative.
Guillaume Quashie-Vauclin
les jeunes du monde et le chômage en quelques chiffres
septembre 9, 2010 by Rédaction
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L’EMPLOI DES JEUNES AU NIVEAU MONDIAL
- 7 ,8 millions de jeunes chômeurs en plus entre 2007 et 2009
- 24% de jeunes parmi les travailleurs pauvres alors qu’ils ne représentent que 18,1% de l’emploi mondial
- 13,2%de jeunes femmes au chômage contre un taux masculin de 12,9%
- 81,2 millions de jeunes chômeurs avec un taux de 13,1%, ce sont les prévisions du BIT pour 2010.
EN EUROPE
- 4,6% d’augmentation du chômage des jeunes en moyenne dans l’Union Européenne entre 2008 et 2009. C’est la plus forte hausse annuelle jamais enregistrée.
- 6,8% d’augmentation du chômage chez les jeunes hommes contre 3,9% pour les jeunes femmes (entre 2007 et 2009). C’est une exception européenne.
- 17,7% c’est le taux moyen de chômage des jeunes en 2009 dans les pays de l’Union Européenne. C’est le plus élevé depuis que des statistiques régionales sont disponibles (1991).
SI L’ÉTÉ FUT CHAUD, LA RENTRÉE S’ANNONCE CANICULAIRE !!!
septembre 8, 2010 by Rédaction
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Rappel des faits : en pleine déroute de l’équipe de France en Afrique du Sud, 3 millions de personnes descendent dans la rue, pour défendre leur droit à la retraite à 60 ans. Qu’en est-il à la rentrée ???
L’été fut chaud. Pour le gouvernement, il n’était pas question d’entendre les revendications des salariés et des citoyens de ce pays malgré leur mobilisation massive. Sarkozy l’a dit et répété notamment lors de son interview télévisée, le 12 juillet dernier face à David Pujadas : « Je ne fléchirai pas sur la retraite à 62 ans ! ». Pourtant, en pleine affaire Woerth-Bettencourt, les Français affichent leur opposition au projet de « contre » réforme des retraites. 56 % d’entre eux sont opposés au recul de l’âge légal à 62 ans, et 64% soutiennent les mouvements de grève qui ont eu lieu en juin.
Pas de congés pour la droite…
Du coup, pendant la période estivale, la droite n’a pas chômé pour détourner l’attention (ou la tension) de ce dossier qui lui brûle les doigts : amalgames honteux entre délinquance et immigration, destitution de la nationalité pour les Français qui tueraient un officier de police, expulsion des Roms, gens du voyage chassés et pourchassés, haro sur la prime de rentrée scolaire. Pour ne citer que quelques exemples.
…ni pour le mouvement social !
Du côté des syndicats, des salariés et des partis politiques, pas question non plus de laisser retomber la pression : mobilisation le 13 juillet (jour du passage en examen de la loi en conseil des ministres), distribution de tracts, pétitions, défilé dans la caravane du
Tour de France, etc. Pour de nombreux jeunes, l’été a aussi été l’occasion de militer. Engager dans de nombreux collectifs départementaux « La retraite, une affaire de jeunes », ils ont multiplié les initiatives pour dénoncer l’inégalité de cette loi et avancer des propositions qui leur paraissent plus justes (taxation des revenus du capital, comptabilisation des années d’étude dans le calcul de la retraite, etc.).
Dans le Nord, par exemple, les jeunes communistes, membres du collectif local, ont fait la tournée des plages pour faire signer la pétition qui soutient la proposition de loi alternative déposée par les députés communistes. Ce projet de loi a, d’ailleurs, déjà récolté plus de 100 000 signatures de soutien, indice supplémentaire de la volonté des Français d’obtenir une autre réforme.
Réussir la rentrée sociale !
La rentrée, quant à elle, s’annonce caniculaire pour le pouvoir. Les jours de mobilisations se multiplient : le 4 septembre, manifestation contre la politique sécuritaire de Sarkozy, grève dans l’éducation nationale le 6 et le 7 septembre grande manifestation pour les retraites. Même si certains à gauche « tanguent » un peu sur la question des 60 ans comme Cohn-Bendit qui a déclaré aux Journées d’été du rassemblement écologiste à Nantes que les salariés doivent pouvoir «décider à quel moment ils vont partir à la retraite», l’unité syndicale semble de mise et pourrait faire fléchir le gouvernement. Sarkozy prétend qu’il ne reviendra pas sur sa réforme mais il se pourrait bien que le fort mouvement social de septembre le fasse réfléchir…
Fabien Gay
LA « GÉNÉRATION PERDUE »
Ce n’est pas le titre d’un film avec des dinosaures ni celui d’une série télé à succès. C’est le titre du rapport du Bureau International du Travail (BIT) sur l’emploi des jeunes. Ce n’est donc pas l’histoire de jeunes mangés tout cru, ou paumés sur une île. C’est l’histoire d’une génération rongée par la précarité et perdue dans le siècle.
Plus 7,8 millions de chômeurs de 15 à 24 ans en trois ans. 81 millions au total fin 2009. 152 millions de jeunes travailleurs sous le seuil de pauvreté (1,25$ par jour). Le BIT, agence de l’ONU fondée en 1919, tire la sonnette d’alarme. L’explosion du chômage aura « de sérieuses conséquences pour les jeunes alors que des nouveaux arrivants sur le marché du travail viennent grossir les rangs de ceux qui sont déjà au chômage» . Il nous parle d’une « génération perdue, constituée de jeunes gens qui sont totalement détachés du travail et ont perdu tout espoir de pouvoir travailler pour gagner décemment leur vie» .
Et s’arrêter aux seuls chiffres du chômage serait réducteur. En France, être logé dans un conteneur sur le port du Havre, accepter n’importe quel job hiver comme été, travailler gratuitement sous prétexte de « stages », se confronter à la fermeture des plannings familiaux et des centres IVG, être condamné à travailler sans cesse plus, c’est dorénavant l’environnement commun à la majorité des jeunes de ce pays.
L’« égalité des chances » ou la compétition à outrance dans l’éducation, la déliquescence des services publics qui favorisaient l’accès au logement ou à la santé, le tout auréolé des lumières de la société de consommation, constituent un environnement qui aggrave encore le repli sur soi.
L’année internationale de la jeunesse
Pourtant, « Afin de mettre en valeur la contribution apportée par les jeunes à la société et les aider à faire face aux défis qu’ils rencontrent, l’Assemblée générale de l’ONU a décidé de proclamer 2010 Année internationale de la jeunesse». Et il est vrai que chez nous c’est en quelque sorte la fête des jeunes tous les jours. Nicolas Sarkozy, dans sa frénésie sécuritaire et xénophobe, s’en est une nouvelle fois pris aux jeunes à travers son prisme raciste « délinquance= immigration ». La prochaine loi sur l’immigration pourrait intégrer une disposition qui suspende l’octroi de la nationalité pour les jeunes « d’origine étrangère » « délinquants multirécidivistes » pourtant nés sur le sol français et donc citoyens français.
Alors que l’abstention est massive chez les jeunes de France, l’UMP (Union pour le Maréchal Pétain) propose d’en exclure certains de la citoyenneté.
La stratégie de l’échec
Le 14 avril dernier, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), qui regroupe toutes les puissances occidentales, disait des jeunes qu’ « un échec sur le marché du travail est souvent difficile à rattraper et peut soumettre à une stigmatisation de longue durée ». Mise en échec dans l’éducation, dans le travail, dans la société, le risque est grand que cette génération soit pointée du doigt encore plus fortement et plus longtemps.
Amandine Grangeon
*www.ilo.org
LYCÉE : DÉBUT D’ANNÉE CHARGÉ !
Et c’est peu de le dire : suppressions de postes, mise en place de la réforme Châtel, introduction de l’autonomie des établissements, expérimentation sur les rythmes scolaires… mais aussi premières annonces de mobilisation. Retour sur une rentrée animée.
Le gouvernement a, en effet, prévu des transformations importantes du système éducatif pour l’année scolaire 2010- 2011. Cela commence par un refrain bien connu puisque le gouvernement l’entonne désormais à chaque rentrée : les suppressions de postes. Dès le mois de juin, le ministre de l’éducation nationale, Luc Châtel, a envoyé aux responsables d’académie un document à compléter pour définir les méthodes possibles pour réaliser des « gains en emplois » sur chaque territoire.
Quelles sont ces méthodes ? Augmentation du nombre d’élèves par classe, « mise en extinction » des psychologues scolaires, fermeture des petites écoles rurales, recours accru aux étudiants en master pour les remplacements, etc. Ce document a, d’ailleurs, été dénoncé et rendu public par les syndicats pour qui ces suppressions de postes (16 000 de plus en 2010) sont synonymes de dégradation des conditions d’enseignement aussi bien pour les profs que pour les jeunes.
« Masterisation », réformes des lycées, autonomie
Ces suppressions de postes interviennent dans un contexte de réformes plus général. Elles deviennent, en effet, en grande partie possible grâce à la « masterisation » de la formation des enseignants (formation des futurs profs à la fac et suppression des IUFM). Cette dernière permet d’accroître le nombre de recrutements et de remplacements hors statut effectués par des étudiants en stage ou fraîchement diplômés sans presque aucun accompagnement pédagogique. Luc Châtel a également hérité de son prédécesseur, Xavier Darcos, de la réforme des lycées et du projet d’autonomie pour les établissements. Là encore les mesures commenceront à prendre effet dès septembre. C’est ainsi que le bouleversement des programmes en classe de seconde entrainera une sélection accrue et un accroissement des inégalités dénoncés l’année dernière par les organisations syndicales et politiques de jeunes alors que Le Figaro, lui en cette rentrée, applaudit : « les proviseurs n’organiseront pas de la même façon ces heures dans un lycée antichambre de classes préparatoires ou dans un établissement peu réputé ». Cerise sur le gâteau, les nouveaux livres ne seront pas prêts à temps, comme quoi les nouveaux programmes… Plus sérieusement, il est à craindre que ces inégalités entre familles pauvres et aisées, déjà creusées par la suppression de la carte scolaire, soient encore renforcées avec la mise en œuvre de l’autonomie des établissements, par le biais du programme « Clair » (pour «collèges, lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite»). A titre expérimental, une centaine d’établissement recruteront directement leurs équipes sur des postes à profil. «Mais ce n’est qu’un début.» assure Luc Châtel. Et ce n’est pas rassurant car à terme les « meilleurs » établissements capteront les « meilleurs » sortant des « meilleures » universités, ouvrant un peu plus la porte à une éducation à plusieurs vitesses.
Sécurité, rythme scolaire : diversion ou projet de fond ?
Cette rentrée sera aussi marquée par l’application des mesures issues des Etats Généraux de la sécurité à l’école (création de poste de police dans les lycées, vidéosurveillance, etc.) et par l’expérimentation sur les rythmes scolaires dans 124 collèges et lycées où les cours auront lieu uniquement le matin avec une après-midi consacrée au sport. On pourrait croire à de l’esbroufe mais selon Stéphane Bonnery, professeur en sciences de l’éducation à l’université Paris VIII de Saint-Denis, il s’agit là d’un moyen pour transférer la responsabilité d’une partie du temps jusque là scolaire vers les collectivités territoriales et les familles. C’est le début de la fin de l’Education nationale en tant que garante de l’accès aux savoirs pour tous.
Mais une rentrée aussi mobilisée !!
De leur côté les syndicats ne comptent pas en rester là. Face à « la gravité des attaques dans lesecond degré » et au fait que « la réussite de tous n’est plus un objectif » selon leurs propres termes, ils ont appelés à la grève et à la manifestation partout en France dès la première semaine de reprise des cours (6 septembre), se joignant notamment à la journée d’action du 7 septembre.
Cynthia Traoré
UNIVERSITÉ : LA TRIPLE PEINE
La rentrée universitaire arrive, et avec elle son lot de dépenses. Cette année encore, la précarité touche de plus en plus largement les étudiants, et pèse de plus en plus lourd sur leur quotidien.
Précarité des conditions de vie, précarité des conditions d’études, précarité dans la recherche d’un emploi… de tous les cotés, la crise et les politiques de la droite font des jeunes une génération sacrifiée !
Précarité des conditions de vie.
Comme tous les ans, le coût de la rentrée augmente : 3,3% cette année! Le logement, premier poste de dépense d’un étudiant, continue d’être l’objet d’une spéculation forcenée de la part des bailleurs privés (+8,1% en Ile-de-France, +5,6% en Province), alors que l’offre publique du CROUS voit ses loyers augmenter et son nombre de places stagner de manière dramatique. Et comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement ne se contente pas d’être inactif sur le terrain social, il aggrave la situation. Frais d’inscription, ticket-U, sécurité sociale, etc. : tout augmente. Il a également tenté de remettre en question les APL, dans le cadre de la « politique de rigueur ». Un étudiant aurait ainsi dû choisir entre son aide au logement ou une réduction d’impôt pour ses parents. Mais face à la lever de bouclier qu’a provoqué ce projet, Sarkozy a été obligé de renoncer.
Précarité dans les études.
Avec l’application des dernières mesures gouvernementales, pour mieux « accompagner les étudiants» selon l’objectif énoncé, c’est le contrôle continu permanent qui s’organise, sans recours pour ceux qui sont obligés de travailler. Les rattrapages, déjà trop souvent réduits à des sessions « seconde chance » sans réel temps de préparation, sont maintenant remis en question. D’un autre côté, aucun recrutement d’enseignants, aucune amélioration de l’encadrement ne sont prévus, et l’autonomie promet à beaucoup d’universités de lourdes difficultés budgétaires. Les étudiants sont ainsi plus que jamais seuls face à eux-mêmes !
Précarité dans l’accès à l’emploi.
Même si le diplôme reste un moyen de trouver plus rapidement du travail, sa reconnaissance est de moins en moins garantie. Les contenus disciplinaires des enseignements diminuent au profit de« compétences générales » censées favoriser l’insertion professionnelle, alors que les jeunes diplômés n’ont jamais été autant soumis à la précarité et au chômage à leur entrée dans le monde du travail !
Le gouvernement voudrait entériner l’idée que le chômage des jeunes est dû à la « non adaptation de nos formations aux besoins du marché », alors que le patronat l’organise pour accroître ses profits et que le marché est, lui, inadapté aux besoins de la société.
Conditions de vie, études pour tous, diplômes de qualité et accès à l’emploi : les moyens existent (400% de production supplémentaire de richesses par personne d’âge actif depuis 1949) pour que cette une génération ne soit pas sacrifiée.
Jérémie Giono




