SORTEZ LES AMATEURS !… ET LES VOYOUS ?
juillet 2, 2010 by Rédaction
Filed under loisirs/culture
C’est le mot d’ordre à la mode en matière de football, voire de sport en général. La débâcle de l’équipe de France est devenue une affaire d’Etat qui dépasse largement les enjeux du sport.
Nicolas, les supporters du PSG, et la main de Dieu… Deux millions de licenciés, des milliers de téléspectateurs et de places dans les tribunes : le foot est un sport populaire. Par conséquent, tout ce qui touche au foot touche des millions de gens, à commencer par les jeunes. C’est ainsi que des bagarres de quelques supporters amènent des préfets à entraver la liberté de circuler de milliers de gens, qu’une main dans une surface de réparation relance la frénésie de techno surveillance qui nous impose des caméras partout, qu’une insulte peut prendre des proportions plus importantes qu’un choix de société comme la réforme des retraites.
L’impossible moralisation du capitalisme
Pour ses amis, le gouvernement ne s’arrêtera pas à la redistribution des primes, au départ de Raymond ou à quelques caméras ici et là. Pour les capitalistes, le sport est un enjeu financier majeur qu’ils veulent s’accaparer au détriment des services publics et des associations. Le sport n’est plus un loisir, il devient un marché dont les clubs sont cotés en bourse, où les maillots et les places coûtent 75€ et les résultats des matchs font les profits d’entreprises de paris.
C’est le chantier en place depuis 2002 qui touche à l’organisation du sport professionnel, du sport amateur, et, bien sûr, de l’accès au sport. L’Etat se désengage, désinvestit, décentralise vers des régions et des villes qui n’ont pas les moyens de prendre le relais. Dans les fédérations le pouvoir passe peu à peu des mains des « amateurs » aux mains des « professionnels ».
Nicolas Sarkozy convoque des états généraux du football à la rentrée. Il ne sera nullement question de redonner toute sa place au sport, dans nos villes, pour le loisir, la santé, la formation des futures stars des équipes nationales. L’UMP fera comme à son habitude : démanteler un dispositif qui a fait ses preuves pour laisser les Aulas, Bouygues et Pinault s’approprier un peu plus notre quotidien.
Pour la Fédération Sportive et Gymnique du Travail (FSGT), « des attaques sans précédent témoignent de la volonté de l’Etat de détruire l’ensemble du système sportif et éducatif de notre pays et de le livrer au secteur marchand ». C’est pourquoi cette organisation qui regroupe plus de 4300 associations locales et qui œuvre depuis près d’un siècle pour le développement d’activités physiques et sportives accessibles à tous appelle à signer la pétition « Sauvons nos clubs » sur le site : sauvonsnosclubs.fsgt.org !
Nicolas Bescond
ISRAËL/PALESTINE : À L’ASSAUT DE LA SOLIDARITE
juillet 1, 2010 by Rédaction
Filed under International
Il y a quelques semaines de cela, plusieurs flottilles transportant à leur bord plus de 600 militants venus des quatre coins du monde ainsi que du matériel humanitaire sont parties de Chypre afin d’atteindre Gaza. Elles ont essuyé l’attaque de l’armée israélienne.
Gaza, cette petite bande de terre accueillant 1 500 000 Palestiniens, est isolée de l’actuel Israël et de la Cisjordanie par la force militaire. Cet espace est dit sous blocus depuis 2007 puisque rien ni personne ne peut y rentrer ou en sortir sans le consentement de l’occupant.
Pourquoi cette situation ?
Depuis que le Hamas (abréviation arabe de « Mouvement de résistance islamique » créé en 1987) a gagné les élections à Gaza en 2006 (de façon légale), l’Etat israélien, passant outre tout respect de la démocratie interne palestinienne, a déclaré le blocus. Israël considère en effet l’implantation du Hamas trop importante et trop dangereuse pour que celle-ci ne représente pas un danger. C’était donc une façon de stopper l’extension imaginée du Hamas.
Pourtant les flottilles n’étaient pas venues pour prêter main forte au Hamas, mais plutôt pour soutenir une population qui a connu en hiver 2009 la tristement célèbre opération « Plomb durci ». Ces attaques et bombardements meurtriers avaient provoqué la mort de presque 1 500 Palestiniens et de 13 soldats israéliens. En trois semaines, c’est un nombre incalculable de maisons, d’écoles, d’hôpitaux, etc. qui avaient été détruits. Le matériel sur les flottilles, qui transportaient notamment des fauteuils roulants, devait aider à la reconstruction.
Gaza, une prison à ciel ouvert
Israël, événement après événement, fait la démonstration de son obstination à faire de Gaza un territoire impénétrable. Rappelez-vous il y a six mois, quelques jours après Noël, plus de 1 500 per sonnes, là encore des militants de nombreux pays, ont tenté de montrer au monde à quel point cette situation était intenable pour les Gazaouis. A quel point cette politique est cautionnée par les grandes puissances qui se contentent de regarder, parfois de condamner par la parole mais jamais d’agir en faveur de la liberté. Le but de leur marche était d’atteindre Gaza par la frontière égyptienne. Pourtant, même au bout d’une semaine de forcing, il leur a été impossible de passer.
Un territoire symbole du conflit
Ces différents événements expliquent en partie la situation à la limite du supportable vécue par les Palestiniens de la bande de Gaza. Ce territoire semble être devenu un symbole. Pour l’occupant, il s’agit de démontrer sa toute puissance, sa capacité à mettre la pression sur le Hamas et à maîtriser, à volonté, la vie de milliers d’hommes et de femmes sans devoir aucune explication aux instances internationales. Pour l’occupé, il s’agit de tenir bon et de continuer à vivre à Gaza et en Cisjordanie, sur ses terres, en résistant chaque jour. Tout comme le reste de la Palestine, Israël, passant outre les résolutions de l’ONU, fait de Gaza un territoire sous domination, privant sa population de toute liberté.
Mejdaline Mhiri
50e ANNIVERSAIRE D’INDÉPENDANCE DE PAYS AFRICAINS : UNE HISTOIRE SANS FIN ?
juillet 1, 2010 by Rédaction
Filed under International
Durant l’année 2010, plus d’une quinzaine de pays africains ont ou vont fêter l’anniversaire de leur cinquantième année d’indépendance. Où en sont ces pays ? Où en est leur indépendance ? Eléments de réflexion.
Une bataille de gagnée… Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, des voix de contestation se faisaient de plus en plus entendre pour l’accession à l’indépendance des pays colonisés. Des hommes et des femmes ont lutté pour la décolonisation, à l’intérieur tout comme à l’extérieur de ces pays colonisés. La résonance en Europe de ces combats a eu pour effet l’appropriation par les forces progressistes de la lutte pour le droit des peuples à dis poser d’eux mêmes. Le MJCF en France, aux cotés de la Fédération Mondiale de la Jeunesse Démocratique (FMJD), les partis communistes d’Europe ont ainsi contribué à mener une lutte historique contre le colonialisme et pour l’indépendance totale des pays d’Afrique ou d’Asie appartenant aux grands empires coloniaux français, britannique ou portugais. Un demi siècle plus tard, l’accès à l’indépendance a-t-il débouché sur l’autodétermination des peuples africains ? Cette lutte historique contre le colonialisme est-elle terminée ?
Une France à fric, toujours d’actualité
Les mouvements de libération ont massivement été réprimés par les armées coloniales. Au début des années soixante, lorsque la décolonisation était inévitable, les puissances coloniales, avec en tête la France de De Gaulle et de Guy Mollet, ont dû accepter cette indépendance. Elles ont néanmoins appuyé des successeurs despotiques soutenant les intérêts impérialistes en Afrique. Aujourd’hui, la méthode est à peu près la même, sauf que les dictatures ont été peintes aux couleurs de la « démocratie ». La falsification des fichiers électoraux, l’emprisonnement de journalistes, la corruption, la répression sanglante de l’opposition, la présence de troupes militaires étrangères sont autant de leviers pour appuyer le pouvoir de ces dictateurs, tellement amis des dirigeants européens. Le dernier fait en date remonte au 31 mai de cette année avec le 25e sommet Afrique-France organisé à Nice. Un certain nombre de dictateurs africains étaient présents, d’Ali Bongo (Gabon) à Paul Biya (Cameroun) en passant par Faure Gnassingbé (Togo) et Blaise Compoaré (Burkina Faso). Tous ces « grands démocrates » sont venus pour entretenir des liens « fraternels » avec la France et surtout pour troquer leurs marchés et les ressources de leur pays contre « un plat de lentilles » ! Nicolas Sarkozy a exprimé tout l’intérêt que représente ce genre de rencontres, notamment en ce qui concerne leur ouverture aux « opérateurs privés » (Total, Areva, Bolloré…). La Françafrique, voyant son gâteau s’échapper au profit de la Chine ou de l’Inde, s’empresse de faire du zèle pour garder la mainmise sur l’uranium, le gaz naturel, le pétrole, le cobalt, etc.
« Plan d’austérité » un refrain bien connu en Afrique
En plus du soutien inconditionnel dont bénéficient les despotes africains, la communauté internationale reste immobile face aux désastres que provoquent le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). La dette des pays africains, maintes fois remboursée, enfonce tous les jours un peu plus le continent dans la non-souveraineté et la pauvreté. Les diktats de ces organisations financières empêchent les pays africains de tendre vers un développement social et environnemental puisque les marchés sont ouverts à qui possède assez d’argent. Ce sont ces mêmes dogmes libéraux, appelés plans d’austérité, qui se mettent en place aujourd’hui en Grèce, en Espagne, au Portugal ou en France!
Ourouk Jawad
RETRAITES : UN AVANT-GOÛT DE LA FIN DE LA SÉCU
Au-delà de la question des retraites, le gouvernement veut s’attaquer à un ensemble plus global : la Sécurité sociale. Cette institution, composée de trois branches (maladie, vieillesse, famille), est régie par les principes d’universalité, de démocratie et d’égalité. C’est un obstacle pour le projet de société de la droite et du patronat. Explications.
Profitant de la crise systémique du capitalisme, les tenants du pouvoir remettent en cause ces acquis sociaux qui constituent une référence mondiale au moment de leur fondation et encore à l’heure actuelle. Dans l’après-guerre, dans une situation économique catastrophique où tout est à reconstruire et alors que le niveau de richesses créées est bien inférieur à ce qu’il est de nos jours, la Sécurité sociale est instaurée. Elle est issue du programme du Conseil National de la Résistance et est mise en place par le ministre communiste du travail de l’époque, Ambroise Croizat.
De chacun selon ses moyens à chacun selon ses besoins
L’objectif est d’assurer un minimum vital à tous. Alors que les risques liés au travail ou aux aléas de la vie étaient autrefois supportés par les individus, la solidarité nationale a été mise en place pour garantir le recouvrement des besoins. Concrètement, cela s’est fait par le biais des prélèvements sur les richesses créées (système des cotisations sociales). C’est bien ici que le bât blesse pour les tenants du système capitaliste. Pensez donc : non seulement on utilise les richesses pour répondre aux besoins sociaux (diminuant ainsi la part des profits) mais en plus les travailleurs ont leur mot à dire puisqu’ils gèrent à parité avec le patronat les divers organismes du système de sécurité sociale !
La Sécu attaquée !
Sortir des logiques marchandes pour répondre aux besoins collectifs, une logique révolutionnaire impensable voire terrifiante pour certains qui vont sauter sur toutes les occasions pour la mettre à mal. Les années 1970 avec la crise du modèle de production fordiste permettent l’orientation des politiques publiques dans une logique néolibérale. Les divers systèmes de protection de la Sécurité sociale vont être attaqués en étant présentés comme des coûts et comme un frein à la compétitivité des entreprises du fait des cotisations présentées comme des « charges sociales » ! On met également l’accent sur les « fraudeurs », « les profiteurs du système », les fameux « privilégiés » qui bénéficient de régimes spéciaux. Autant d’astuces pour masquer la baisse des salaires dans la part des richesses créées et la part croissante des profits qui part vers les transactions financières et non plus vers l’investissement. On veut ainsi ouvrir de nouvelles sources de profit : par exemple, pour compléter sa maigre retraite, autant ouvrir un plan épargne auprès d’une banque. Autant d’argent sacrifié pour le temps hors travail : les loisirs, la famille, etc. A la solidarité, on oppose le chacun pour soi avec l’assentiment des divers gouvernements qui se sont succédés et qui ont entériné la baisse continuelle des cotisations patronales et creusé des déficits facilement résorbables.
Crise et potentialités
La crise financière de 2008 est l’occasion pour Sarko et consorts d’enfoncer la brèche : en plus de faire croire que l’argent n’existe pas pour financer les besoins sociaux (alors qu’il existe pour les banques), ils essaient de faire passer un choix de société pour inéluctable. Il n’est pas surprenant que tous les plans d’austérité en Europe visent en premier lieu les systèmes de retraites. Faire échec aux ressorts de cette réforme, qui constitue la première étape d’un démantèlement généralisé des droits sociaux, permettrait au peuple d’imposer un autre choix de société, celui de la solidarité.
Nordine Idir
LE POINT DE VUE… DE JEAN-CHRISTOPHE LE DUIGOU*
Jean-Christophe Le Duigou est représentant de la CGT au Conseil d’Orientation des Retraites,
Avant Garde: En quoi la réforme des retraites est un vrai marqueur dans la politique sociale du gouvernement? En quoi est-ce une vraie question de société?
Jean-Christophe Le Duigou : La question des retraites est au cœur du contrat intergénérationnel. En fait, ce dont on parle aujourd’hui lorsque l’on débat de la « réforme » c’est de la retraite des jeunes générations. Un système de retraite concerne 4 ou 5 générations successives et se gère sur des décennies, voire sur le siècle. Le choix est clair. Si l’on ne répond pas aux besoins de financement du système, on accroîtra automatiquement la part de l’épargne individuelle dans la constitution de la retraite. On va préparer des injustices majeures pour les plus jeunes. La capacité d’épargne des 10% de Français les plus modestes est 15 fois plus faible que celle du décile supérieur ! Quelle sera la retraite des premiers ? C’est pourquoi il importe de conforter un système solidaire qui est avant tout mis à mal par la crise, la chute de l’emploi et de la masse salariale. La puissance publique a sauvé l’année dernière le système financier. N’est-il pas légitime de demander aux hauts revenus, aux grandes fortunes, aux entreprises de faire un effort ?
AG : Concrètement, qu’est-ce que ça va changer dans la vie des salariés et notamment des jeunes?
J-C. LD. : Pas grand-chose dans l’immédiat bien sûr. Mais les décisions d’aujourd’hui vont déterminer les droits à la retraite dans 40 ou 50 ans. Vos droits à vous jeunes, sont attaqués de 2 manières. D’un côté vous ne rentrez que tardivement dans un emploi stable, ouvrant des droits pour la retraite. De l’autre les gouvernements rallongent la durée de cotisation exigée pour toucher une retraite. Résultat la crédibilité de la retraite pour assurer un revenu de remplacement n’est plus évidente. Comme le montrent les statistiques, un jeune de 30 ans n’a en moyenne accumulé que 7,5 années de cotisation. C’est sans doute moins encore pour les étudiants et les jeunes précaires. Avec une durée de cotisation portée à 42,5 années il ne pourra prendre sa retraite qu’à 65 ans, à supposer qu’il ne connaisse pas d’accident dans sa vie professionnelle ! On le mesure bien, ce n’est pas la démographie qui pose le plus de problème mais la situation de l’emploi et du travail.
AG : Comment devrait être conçue la retraite? Comment la financer pour être à la hauteur de l’ambition que l’on peut y porter?
J-C. LD. : Grâce à l’augmentation de l’espérance de vie la retraite est devenue une période de vie à laquelle tout un chacun peut accéder. Il faut conforter cette liberté. Nous proposons que tout jeune soit intégré tôt dans le système. Pourquoi ne pas prendre en compte toutes les périodes d’apprentissage, de recherche d’un premier emploi, et un certain nombre d’années d’études ? Nous nous battons pour un partage de la valeur ajoutée plus favorable au travail. Cela passe par une politique globale du travail et de l’emploi, une dynamique salariale et une plus large contribution des entre- prises qui sont quand même celles qui utilisent les salariés pendant toute leur vie active. Supprimons les exonérations de cotisations sociales, réformons le mode de calcul de la contribution des entre- prises… Le problème de financement est une réalité. Il n’est pas insurmontable.
*J.C. Le Duigou est auteur avec Pierre-Yves Chanu aux Éditions de l’Atelier de : « Le petit livre des retraites, à l’usage de ceux qui veulent les défendre» 10 €
LA RETRAITE : en quelques chiffres…
LA SITUATION ACTUELLE
- 25% des jeunes de moins de 25 ans sont aujourd’hui au chômage
- 41% dans les quartiers populaires.
- 28% c’est l’augmentation du chômage des jeunes depuis 2008
- 10% des jeunes travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté.
- 400% de production supplémentaire de richesses par personne d’âge actif depuis 1949
- 27 ans c’est la moyenne d’âge d’accès à un emploi stable 63 ans c’est l’espérance de vie en bonne santé
À MÉDITER…
- 1 million d’emplois ne seront pas ouverts aux jeunes parce que leurs parents devront travailler plus longtemps.
- 30 milliards d’euros c’est ce que rapporterait la fin des exonérations de cotisations patronales
- 22 milliards d’euros c’est ce que rapporterait une cotisation sur les revenus financiers
- 100 000 emplois représentent 2 millions d’euros de cotisations
UNE RÉFORME, UN CHOIX : CONSTRUIRE OU DÉTRUIRE
Dans un contexte de crise, de précarité accrue, est-ce que la réforme des retraites ne peut être qu’une réforme de casse des acquis sociaux ? Rien n’est moins sûr.
Le raisonnement équivoque de Sarko and co. Le gouvernement présente sa réforme comme une fatalité à cause de l’allongement de la durée de la vie, opposant ainsi jeunes et anciens. Le financement des retraites pose en réalité la question de la répartition des richesses entre les travailleurs qui les produisent et le patronat. Celui-ci a, depuis les années 1980, capté une part croissante des fruits de la production. Les travailleurs créent chaque année plus de richesses : entre 1949 et 2009, leur production a crû de 645% en volume, soit une croissance de 400% par personne d’âge actif. Ces richesses supplémentaires doivent financer les retraites, pas engraisser le capital ; c’est-à-dire assurer les droits sociaux de ceux qui les produisent plutôt que servir aux spéculateurs, responsables de la crise.
En ce sens, des mesures immédiates peuvent être mises en place pour garantir le droit à la retraite à 60 ans pour les jeunes générations. Citons deux des alternatives les plus emblématiques : la suppression des exonérations patronales sur les cotisations sociales (30 milliards d’euros pour 2010) et la création d’une cotisation sur les revenus financiers à la même hauteur que celle fixée pour le travail (22 milliards d’euros).
L’emploi et les salaires d’aujourd’hui sont les retraites de demain.
Les jeunes sont pour le gouvernement les rats de laboratoire de la précarité : chômage, stages, intérim, bas salaires, contrats bidons… Aujourd’hui, un quart des jeunes est au chômage et l’accès au premier CDI est de plus en plus tardif. La société de demain est pourtant celle de la jeune génération qui, si rien ne bouge, devra payer les effets dévastateurs des régressions portées par le patronat et mises en œuvre par la droite. En revanche, si, par leur mobilisation, le peuple, les jeunes obtiennent une situation meilleure aujourd’hui, c’est la pérennité du système de retraites pour l’avenir qui serait assurée. En effet, des propositions en ce sens existent. Une politique volontariste de lutte contre la précarité et le chômage des jeunes par exemple. 100 000 emplois représentent 2 millions d’euros de cotisations ! De la même façon, il semble normal de prendre en compte les périodes de stage, d’apprentissage et d’étude dans le calcul de la retraite quand les études s’allongent. Enfin, un SMIC à 1500 euros et une augmentation des salaires permettraient de vivre dignement aujourd’hui et de garantir les retraites de demain car de leur niveau dépend le niveau des cotisations sociales. Ainsi, contrairement à ce que martèle le gouvernement, des mesures pour une réforme qui garantisse la solidarité et le progrès social sont envisageables, y compris financièrement. Au-delà, le débat sur les retraites pose la question du pouvoir en économie qui implique pour y répondre une transformation profonde de la société.
Léo Purguette
PARTIR EN VACANCES?
juillet 1, 2010 by Rédaction
Filed under loisirs/culture
42% des français ne partiront pas en vacances cet été !Parmi ceux qui partent : c’est 81% des catégories aisées et seulement 34% des catégories modestes. De là à conclure que le problème vient des fins de mois difficiles…
Source : sondage TNS Sofres réalisé les 9 et 10 juin 2010 pour Le Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi.
LES SANS-BAHUTS, TOUJOURS À LA MODE !
Juillet approche, les vacances arrivent ? Pas pour tous. Parmi celles et ceux qui ne profiteront pas de leurs vacances, se trouvent des milliers de jeunes qui se voient refuser une place dans la filière de leur choix, faute de moyens, de politiques ambitieuses.
Tous les ans, des sans-bahuts plus nombreux. Quelques chiffres pour 2009 (recensement fait par des associations locales) : en Seine-Saint-Denis et dans les Alpes-Maritimes 1500, en Haute-Garonne 500… Mais aucun chiffre officiel au niveau national, des milliers de jeunes qui se retrouvent sans école à chaque rentrée, c’est sans doute un peu gênant pour le gouvernement…
En 2010, on prend les mêmes et on recommence ?
La rentrée de septembre ne sera pas épargnée. Châtel, ministre de l’éducation nationale, a annoncé 16 000 suppressions de postes, la suppression de la carte scolaire et la mise en œuvre de la réforme des lycées pour les classes de seconde. Autant de mesures qui contribuent à augmenter les effectifs par classe, abaisser la palette de choix des filières dans les établissements, rendre pratiquement impossible les changements d’orientation, faire du redoublement une « exception »… Alors pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi 150 000 jeunes sortent du système scolaire chaque année. Suivre des études devient un parcours du combattant. Sans oublier que certaines filières sont construites en entonnoir. Par exemple, si tous les élèves de BEP Carrières Sanitaires et Sociales souhaitent poursuivre leurs études, ce qui est un droit, c’est matériellement impossible.
Finalement, le gouvernement mise sur l’abandon des élèves (souvent en difficulté) pour trouver des places aux sans bahuts. À partir de juillet, la plupart d’entre eux sont contraints d’attendre le désistement ou l’abandon d’autres élèves pour pouvoir intégrer une classe, qui ne sera pas forcément celle souhaitée. Alors pourquoi lutter contre le décrochage scolaire puisque c’est une aubaine pour réaliser les économies prônées par les plans d’austérité. Mais là encore, la « relance du pays » se fait sur le dos de ceux qui ne pourront poursuivre leurs études en dehors du service public. Quel intérêt pour la droite ? Se conformer aux objectifs fixés à Lisbonne : « 50% d’une génération à bac + 3 ». Pour y arriver, tout en réduisant les moyens pour l’école, la seule solution est de commencer l’écrémage dès le lycée. Une éducation qui coûte de moins en moins cher, des élèves plus spécialisés mais dans un seul domaine, des jeunes qui arrivent sur le marché du travail sans connaître leurs droits, etc. Bref, l’objectif est de mieux former une partie de la future main-d’œuvre (sans qu’elle soit ni mieux payée ni plus émancipée) et de laisser les autres sur le carreau.
L’éducation : un droit ?
Et pendant que Nicolas Sarkozy parle de « sécurité » au lycée, fait croire que des caméras, quelques policiers vont tout changer… des associations, comme Réussir sa Rentrée dans le 93, ou des institutions, comme le Conseil Général du Val de Marne avec SOS Rentrée, se battent aux côtés des sans bahuts et revendiquent le droit à l’éducation pour tous. L’éducation est un droit reconnu par les conventions internationales ratifiées par la France. Elle ne doit ni être soumise à des objectifs de rentabilité, ni aux exigences des agences de notation ! Le gouvernement est capable de verser des milliards aux banques, il doit se donner les moyens de garantir ce droit à tous.
Mylène Cala
RIEN N’EST IMPOSSIBLE
juillet 1, 2010 by Rédaction
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« Nous sommes en train de faire un effort énorme pour regagner la crédibilité des marchés » dixit le gouvernement grec. La voilà l’ambition des libéraux : se plier aux intérêts des marchés, s’agenouiller religieusement devant les sacro-saints principes économiques et sacrifier les peuples sur l’autel du capitalisme. Voilà le nœud du problème, plus personne ne s’en cache : l’argent roi dicte sa loi.
En France, Fillon n’hésite pas à pousser le cynisme en annonçant que l’on est «loin d’un plan de rigueur». Peut-être a-t-il oublié que les cigares, les jets privés et les chambres d’hôtel de luxe ne sont pas le lot de tous. Peut-être a-t-il oublié ses propres annonces concernant le gel des salaires des fonctionnaires, le gel des dépenses publiques sur les trois prochaines années entraînant le démantèlement aggravé de l’éducation, de la santé, des transports, du logement…
Peut-être n’a-t-il pas entendu M. Baroin, ministre du budget, déclarer qu’il n’avait pas « d’états d’âme à affirmer qu’il faudra passer le rabot d’une manière ou d’une autre » en parlant de la perte pour une partie des étudiants de leur APL. Amnésie ou surdité, en tout cas une idée fixe symbolise toute cette politique : la réforme des Retraites. Il s’agit d’un choix de société, de civilisation : solidarité ou chacun pour soi. Évidemment, c’est l’individualisme que le gouvernement veut imposer comme une fatalité : recul de l’âge de départ, pénibilité remise en cause, augmentation de la part de capitalisation… Autant de sacrifices demandés à ceux qui sont déjà pris à la gorge. Pourtant la couleuvre a du mal à être avalée.
Cette réforme est aussi le symbole des résistances qui grandissent. À l’instar de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce, de la Roumanie, le 24 juin dernier 2 millions de personnes se sont retrouvées dans la rue en France. Les rangs de la contestation grossissent.
Tout est possible et les mobilisations ne doivent rien lâcher pendant l’été et s’amplifier à la rentrée, pour faire plier les gouvernements et imposer d’autres réformes, solidaires celles-ci : contribution des entreprises, des revenus financiers, nouveaux droits pour les salariés, plan d’urgence pour l’emploi des jeunes. Les propositions ne manquent pas !
Tout est possible et l’espoir gagne du terrain, notamment avec la récente victoire arrachée de haute lutte par les travailleurs sans papier. Les 6 250 grévistes ont, en effet, obtenu de nouveaux critères de régularisation par la force de leur mobilisation, la détermination des syndicats et associations engagés dans la bataille, et la solidarité organisée autour de leur mouvement. Ils nous ont prouvé que nombreux, motivés et organisés, rien n’est impossible.
Julia Hamlaoui


